22/10/2009

Lucien Noullez une vie sous la langue

9782825139202_1.jpgEn quatrième de couverture de ce livre on peut lire ceci :  Pourquoi publier son journal?

Si le poème est une main tendue par un aveugle, et le roman un fleuve où chacun va chercher son eau, le journal, qui est bien plus une pratique qu'un genre littéraire, en dit peut-être moins sur celui qui l'écrit que sur ses lecteurs. Le journal, c'est un miroir brisé. Chacun peut s'y reconnaître ou non, selon les fragments, les dates, les humeurs, les goûts, les obsessions et les libertés de l'auteur. Car, ici comme dans tous les autres livres, c'est du lecteur qu'il s'agit, ce lecteur quelquefois ébloui par le miraculeux surgissement d'une connivence. 

C’est vrai je le reconnais, j’aime retrouver dans un livre ce que je ne peux dire, ce que je n’arrive pas à dire : « Cette faculté de reconnaître dans un livre comme l’écho de sa propre voix ». Les écrivains et plus particulièrement les diaristes expriment souvent nos envies, nos émotions, nos préoccupations avec talent. Les livres que nous lisons nous donnent des nouvelles de nous-mêmes. 

 

Il nous parle de ses lectures, pour Lucien Noullez une journée sans lecture est une journée perdue . Giono, Dhôtel, et beaucoup de diaristes comme Léautaud, Charles Du Bos, Jouhandeau et plus particulièrement Julien Green l’accompagnent tout au long de ces notes.   

Une belle page est consacré à Christian Schoenaers, un  écrivain qui édite à compte d’auteur et qui est pour lui « une lecture spirituelle ». Cela ne l’empêche pas d’avoir quelques réactions négatives comme sur Roger Munier qui fait des pensées ; c’est presque toujours ennuyeux, un peu fat avec ci et là, de l’inspiration, de la lumière.  Là aussi je me retrouve dans ses propos.

la Bible est très présente, il ne cache pas sa foi chrétienne à travers ses prières et la messe. La musique occupe une grande part dans sa vie.

Je retrouve aussi quelques moments de l’auteur qui fait que l’on se sent proche de lui, ainsi tout comme moi , c’est grâce à l’armée qu’il a découvert les joies du sport, de courir.

Ces notes sont moins denses que celles d’autres diaristes, plus légères mais c’est peut-être cela qui fait aussi leur attrait.

 

 

Lucien Noullez une vie sous la langue Editions L'Age d'Homme

08/10/2009

Un prophète de Jacques Audiard (bis)

audiard.jpgJe suis enfin allé voir Un prophète dont j’avais parlé dans une note précédente . Effectivement c’est un grand film, très fort, un des meilleurs films français que j’ai pu voir  depuis quelques années ; pas une minute de répit, grandiose, un film parfait qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin . Un chef-d’oeuvre.  Audiard est vraiment le digne successeur de son père.

29/09/2009

Michel Ciry

ciry-journal-92-93_small.jpgPetit tour à Paris samedi dernier, j’en ai profité pour aller au marché aux livres du Parc Georges Brassens . Trouvé le journal de Michel Ciry Regardons les étoiles avec cette dédicace Pour toi, mon cher Stéphane, mon ami de toujours Michel. Celui-ci me semble plus intéressant que son dernier journal Soyons des rebelles paru chez les Editions Ellebore . L’étonnant est que cette maison d’Editions n’en fait même pas mention sur leur site. Ils ont l’air d’être fâché avec lui.  J’ai lu quelques pages de son dernier journal mais je n’arrive pas à continuer la lecture, ce n’est donc pas avec ce dernier journal qu’il faut découvrir cet auteur. Souvent je découvre un auteur par ses derniers écrits , ce qui peut paraître bizarre pour un journal de ne pas suivre l’ordre chronologique mais souvent ce n’est pas cela qui importe.

J’ai d’ailleurs découvert récemment Claude-Michel Cluny par l’intermédiaire de son dernier journal L’or des dioscures aux Editions de la Différence, J’aime sa prose et les sujets qu’il aborde : les voyages (Même le Japon) et la littérature.

27/09/2009

Journal de Jules Renard

Lecture sur Causeur de  Quoi de neuf ? Jules Renard ! Profitons de la rentrée littéraire pour relire un bon Journal sous la plume de Basile de Koch.  

Je n’avais encore jamais lu son journal mais cet article m’a incité à le lire. Basile écrit que « Avec tout son talent, le Renard romancier me touche infiniment moins que le diariste. Or tout le monde n’est pas Jules Renard, et plus personne ne tient son Journal. 

Je parle ici bien sûr du seul vrai Journal, celui à qui l’on peut tout confier : le posthume. Le dead man writing effraye à juste titre les survivants: il tire sur tout ce qui bouge sans se soucier des représailles. »

 

Joël Vernet a tenu les mêmes propos dans son « journal », ce en quoi je me répète, j’en vois tout de même un qui ne s’autocensure pas : Renaud Camus. Peut-être Michel Ciry mais quelquefois les noms des personnes qu’il critique  ne sont pas mentionnés et heureusement pour eux.

 

Basile concluait son article ainsi « “Il faut feuilleter tous les livres et n’en lire qu’un ou deux”, notait Renard en date du 15 août 1898. S’il avait raison, alors son Journal est l’un des deux. »

Hélas c’est peut-être vrai, on lit trop de mauvais livres...je n’ai même pas assez de temps pour lire les bons livres déjà parus.

 

14/09/2009

Michel Torga

torga.pngLecture de la page culture de Valeurs Actuelles et remarqué la critique du dernier journal intime de Michel Torga , un auteur dont j’avais déjà lu le journal intime En chair vive que j’avais apprécié pour la qualité de son écriture et son regard anti-conformiste. Voici donc la critique de ce livre paru dans le dernier numéro de Valeurs Actuelles sous la plume sous la plume d’Alfred Eibel

 

 

Michel Torga, écrivain universel

Michel Torga (1907- 1995) est l’un des écrivains majeurs du XXe siècle, un écrivain universel à l’égal d’un Charles-Ferdinand Ramuz. Médecin de profession, il dissèque les événements avec le tranchant d’un scalpel. À l’étroit dans son pays, il enrage: « je me démène dans une camisole de force et j’en fais craquer les coutures ».On le compare à Thomas Bernhard, cet autre insoumis. Pourtant, Torga partage avec Gottfried Benn, également médecin, quelques traits singuliers.Comme son confrère allemand, il élabore ses impressions dans un langage précis; possède une narration économique, robuste, voire familière. Très attaché à l’identité nationale, déterminé à s’imposer envers et contre tous, il enregistre dans son Journal les événements exemplaires sans appuyer ses commentaires; constate la déconfiture des régimes, des idéologies; signale la disparition de célébrités en Europe. Il est le prototype de l’écrivain qui ne s’en laisse pas conter. La nature le rassure. Clairvoyant et désabusé, il ne perd jamais de vue son enfance. Il est, selon ses propres termes, « le reporter inquiet d’un quotidien sans frontières ».

Éditions de La Différence, 374 pages, 25 €.

Charles Juliet Sagesse et blessures :réflexions sur l'Ecclésiaste et Lao-tseu

charles-juliet.jpgLors de la rencontre avec Charles Juliet à Angers en 2006 ( J’avais relaté cette rencontre ici) , celui-ci avait évoqué l’idée d’écrire un livre sur l'Ecclésiaste et c’est ce qu’il vient de réaliser avec  Sagesse et blessures : réflexions sur l'Ecclésiaste et Lao-tseu qui vient de paraître. Encore une petite idée de lecture.

05/09/2009

Hommage à Teddy Goldsmith

L’émission de France-Culture Terre à terre d’aujourd’hui samedi 5 septembre 2009 (que vous pouvez réécouter) , a rendu  hommage à Teddy Goldsmith qui vient de mourir le 21 août  en diffusant un passionnant entretien de cet écologiste de la première heure. Véritable écologiste, il se dit traditionnel, défend la famille, les communautés. Dans cet entretien, la journaliste formaté par le milieu médiatique  l’accuse d’être de droite, conservateur et lui reproche d’avoir participé à un colloque du GRECE. Et là au lieu de renier ses idées, il approuve ce qualificatif  de conservateur, peut-être de droite mais en totale opposition avec Bush, Thatcher et cerise sur le gâteau il approuve quelques idées du GRECE et souligne qu’Alain de Benoist a écrit d’excellents livres.  Teddy Goldsmith ne se laisse pas démonter en confirmant « J’ai le droit de parler où je veux. »