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23/09/2004

Le journal de la culture Bordel

Commencé la lecture du journal de la culture. Malgré une mise en page
austère, on y trouve quelques articles intéressants dont celui de Raphael Juldé consacré au journaux intimes et à ses auteurs favoris que j'apprécie comme Nabe, Renaud Camus. Dommage de ne pas parler d'auteur tel Charles Juliet qui tient un journal d'une intense vie intérieure! Je pense qu'un des journaux intimes les  plus bouleversants est celui d'Etty Hillesum avec ce magnifique journal "une vie bouleversée". Raphael Juldé évoque ces journaux en ligne et cite quelques blogs que j'aime lire, mais ce sont pas vraiment des journaux intimes. On ne peut  atteindre  cette liberté d'expression dans l'écriture d'un journal intime sur Internet.
Dans cette revue on y trouve un long entretien avec Émile Brami à propos de Céline qui nous apprend qu'il n'était pas si pauvre. Cet écrivain avait réussi à obtenir un contrat mirifique avec Gallimard. La légende de Céline pauvre est donc fausse. Bon article d'Asensio sur Dostoïevski et aussi une entretien intéressant avec Dutourd.
 
Feuilleté le dernier Bordel. Des signatures prestigieuses, mais peu de textes intéressants, même les articles de Houellebecq et de Dantec m'ont déçus. On y trouve aussi un article de Costes qui devient de plus en plus à la mode.

13/09/2004

L'imbécile Houellebecq

Poursuite de la lecture de l'excellente revue L'imbécile. Un dossier passionnant sur le grand absent de cette rentrée littéraire qu'est Michel Houellebecq.  Article très intéressant de Frédéric  Shiffter qui souligne que "lorsque Michel Houellebecq fait tapage, ce n'est jamais, comme on le prétend, pour étalage d'obscénité ou violence verbale, mais pour proposer une peinture assez précise de nos moeurs et pour tenir à leur sujet des considérations de bon sens." C'est le"seul auteur actuel à renouer ouvertement avec le "naturalisme" ou le "réalisme", et ainsi, à exceller dans l'art d'aiguiser chez ses contemporains le sentiment d'une existence décevante, même si elle tient toujours ses promesses de malheur."
J'avais déjà écrit à la sortie de Plateforme un texte toujours d'actualité .

On y trouve aussi un étonnant article sur le dernier prix Nobel de littérature John Maxwell Coetzee "Un  blanc pas très clair" . Pour recevoir ce prix l'écrivain doit tenir un discours rempli d'humanisme et d'espérance. Tout le monde s'attendait à ce que cet écrivain s'exprime sur les grand bouleversements de son pays, la fin de l'apartheid en Afrique du sud,  mais au lieu de cela il lut une nouvelle interminable, Lui et son homme "qui laissa ses auditeurs perplexes"
 
Dans cette revue Romain Slocombe prend la défense de Battisti et fait référence au livre de Fred Vargas La vérité de Cesare Battisti. Hélas l'intervention de Fred Vargas dans l'émission d'Ardisson Tout le monde en parle ne m'a pas convaincu, bien au contraire. Selon elle, Cesare Battisti sert de monnaie d'échange pour l'achat d'Airbus par le gouvernement italien. Le gouvernement aurait fait un deal avec D. Perben. Fred Vargas y voit un moyen pour Berlusconi de ressouder sa majorité. Ce que je trouve bizarre c'est que même des journaux de gauche  en Italie n'approuvent pas l'attitude de la presse française à l'égard de Battisti

05/09/2004

La France otage des islamistes

Voici  un texte que j'ai reçu dont je partage les grandes lignes, malheureusement je ne connais pas l'auteur. En ce moment nous assistons une fois de plus à une pensée unique, une pensée formatée qui empêche toutes voix dissidentes de s'exprimer. Je pense donc qu'il est utile de porter ce texte à votre connaissance.

 

Chirac a mis en avant la position de la France sur l'Iraq pour sauver les otages... cela marchera-t-il ?

La politique de Chirac vis-à-vis de la terreur islamiste, qui ne vaut guère mieux que celle de Daladier dans les années 30 face au nazisme, ne sauvera pas plus la France aujourd’hui que le traité de Munich de 1938 ne lui a évité la guerre hier.

 

Certes, les choses iront sans doute encore bon train dans les heures qui viennent, et le déplacement de Barnier en Iraq est sans doute la garantie du paiement d’une bonne rançon qu’il sera difficile, même aux plus ignobles des terroristes de refuser, et que les attestations de « bonne conduite » délivrées par les plus fidèles alliés de la France, de Yasser Arafat à la Ligue Arabe, en passant par quelques autres du même genre, jusqu'à Al Jazeera même, devraient, de plus, accréditer d’une mention de recevabilité moins honteuse.

 

Libérés, l’opération sera un peu de bonus pour tout le monde : pour Chirac qui n’aura pas céder sur la loi, et permis de sauver la vie des otages français grâce à la « bonne » attitude sur l’Iraq et autres conflits internationaux où la France s’est démarquée par une hostilité obstinée à la politique Américaine ; pour les UOIF et autres CFCM français qui, certes, devront se tenir calmes sur le voile – du moins pendant quelques mois – mais qui ont largement donné le change et sont même apparus soudés au gouvernement presque en défenseurs zélés de la République et de la vie des deux journalistes français ; d’autant plus qu’ils seront aussi apparus comme des médiateurs, indispensables, pour ne pas dire obligés, pour que la France puisse continuer à échapper à la furie islamiste internationale - ce qui ne sera sans doute pas sans "retour" et "bénéfice" à terme ; une bonne opération enfin pour les islamistes eux-mêmes qui vont pouvoir légitimer leur action par une mansuétude vis-à-vis de
 ceux qui se comportent comme des français, en alliés, et sans pitié pour ceux qui sont leurs ennemis, renforçant ainsi leur message et leur volonté de diviser le monde occidental, comme ils l'avaient fait en torpillant les élections espagnols de Mars; enfin, et justement, les opposants de Bush, Blair, Berlusconi et Howard (Australie) ne manqueront sans doute pas eux aussi d'en tirer quelques arguments pour dénoncer l'intervention occidentale en Irak et le prix à payer dont a su s'épargner la France.

 

La radio, ce matin, ne faisait d'ailleurs rien d’autre que de légitimer cette position bien singulière, avec une étrange complaisance qui faisait dire tout autant à son journaliste qu’à son interlocuteur irakien, qu’exécuter des français serait « contraire à l’islam, tant les français se sont toujours bien comportés vis-à-vis du monde arabe », alors que la tuerie d’Américains et autres occidentaux alliés de Bush était « justifiée »par une sorte de devoir de « résistance à l’invasion et à l’occupation » de l’Iraq. Surréaliste ! Mais c’est pourtant bien là que se situera probablement la libération des otages français, charge à Barnier de porter la "bonne parole" du message présidentiel de Chirac : la France ne mérite pas ça, car la France s’est " bien comportée" sur l’Iraq. Certes nous ne pourrons évidemment que nous réjouir de la vie sauve des deux journalistes, mais la leçon est claire :

 

La France est bien le troisième otage de ce groupe islamiste, qui ne fait que rappeler le piège de la politique internationale dans laquelle elle s'est enfermée depuis, notamment, trois ans, avec même une rare obstination. Les appels émanant du monde arabe, tranchant avec le silence de plomb des occidentaux, montre bien à tous ceux qui ne l’avaient pas encore compris, toute l’étendue de ce piège, de la dimension historique et irréversible de la « politique arabe » de la France. Irréversible car cette crise montre ce qu'il en coûterait à Paris de changer d'orientation, à moins qu'elle n'accepte d'en payer le prix, car tout changement serait inévitablement perçu comme une "trahison" et susciterait un retour de bâton plus fort encore de la part des terroristes islamistes. Irréversible aussi, car il est clair, et cette affaire le démontre brutalement, que le "retour" dans le monde occidental sera difficile, tant les liens d'amitiés semblent brisés comme le démontre le contraste
 saisissant entre d'un côté la mobilisation tous azimuts à travers le monde arabo-musulman en faveur des otages français (on est loin du silence du même monde arabo-musulman lors des précédentes exécutions sauvages d'otages occidentaux), se fixant en fait sur les choix diplomatiques qu'a fait Paris, et de l'autre côté le silence de plomb des grandes puissances occidentales, sinon des positions polies de circonstances et de principes, mais qui marquent par leur froideur et même leur indifférence, comme l'écho du fossé qui nous séparent désormais de nos anciens alliés.

 

Ce fossé n'a existé qu'une fois dans l'histoire de notre pays, lorsque la France a choisi le 17 juin 1940, son camp, dans un même unanimisme d'ailleurs que celui qui a prévalu sur l'Iraq, et qui avait donné alors les pleins pouvoirs à Pétain.  Et si l'on peut se réjouir pour la vie de ces hommes, on ne peut être néanmoins totalement satisfait tant leur libération possible ne sera du en fait qu’à la profondeur et à l'obscure immoralité de notre déshonneur. Et cela, l'histoire devra bien le juger.

 

Enfin, et quoi qu’il en soit, tout cela ne nous sauvera pas, pas plus que Vichy n'a sauvé la France, car céder au chantage de la terreur n’a jamais sauvé aucun pays. Au mieux, nous n’aurons obtenu, à travers la vie de ces deux hommes, qu’un sursis supplémentaire. Et si vraiment, ce groupe islamiste en venait au pire, par haine, manque de calcul politique, aveuglement, fanatisme, ou tout cela à la fois,  il ne ferait qu’entériner ce que nous avons toujours pensé : nous n’échapperons pas au pire, ce n’est que le début, et nous serons seuls pour l'affronter.



03/09/2004

Derrida, encore un effort

Derrida s'améliore un peu. Son interview paru dans Le Monde du 18 août 2004 "Je suis en guerre contre moi-même"  constitue une petite surprise. "[...] la responsabilité aujourd'hui est urgente : elle appelle une guerre inflexible à la doxa, à ceux qu'on appelle désormais les "intellectuels médiatiques", à ce discours général formaté par les pouvoirs médiatiques, eux-mêmes entre les mains de lobbies politico-économiques, souvent éditoriaux et académiques aussi."

Derrida semble avoir compris l'importance de la doxa. Mais quelle est cette doxa ? La simple déploration ne saurait suffire. D'ailleurs il ne semble pas très inquiété par cette doxa. Il  est souvent de toutes les pétitions comme le dernier Appel contre la guerre à l'intelligence lancée par les inrocks. Ce qui lui a permis de faire la une de ce mag où dans un entretien du numéro du 31 mars 2004 , à  la question : Pourquoi avoir gardé le silence ?, il répondait « Je votais toujours à gauche, bien sûr, je marquais dans mes textes assez clairement quelles étaient mes préférences. Je ne voulais pas paraître de droite. Je n'étais pas de droite. C'est donc un silence que je n'ai rompu explicitement que très tard, c'est-à-dire après la chute du communisme, quand j'ai écrit Spectres de Marx. A la fin des années 70, au début des années 80, tout en ayant un jugement négatif sur une certaine théâtralisation de ces intellectuels, ceux qu'on appelle aujourd'hui les "intellectuels médiatiques", je ne pouvais pas non plus les condamner. »


La phrase-clef est celle-ci : "Je ne voulais pas paraître de droite."
Un véritable intellectuel devrait être libre de ces mouvements. Il peut même défendre des idées de droite si elles paraissent justes et vice-versa.

Dans ce même entretien, il poursuivait : « Je pourrais faire l'histoire de mes silences obligés. Il y a eu des moments où, bien que "de gauche", comme on dit et comme je l'ai toujours été, je ne pouvais ni souscrire à la politique marxiste officielle du parti communiste, au marxisme donc, ni même à l'althussérisme, mais je ne voulais pas non plus, à tort ou à raison, m'y opposer publiquement, me faire l'allié "objectif" d'un anticommunisme à mes yeux tout aussi suspect, dans une situation donnée. Donc je l'ai fermé pendant très longtemps. Mais certains savaient interpréter mes silences à travers ce que je publiais. »

Il ne veut surtout pas être suspect, se démarquer. Cela me rappelle Lindenberg qui a voulu mettre en garde tout esprit indépendant qui ose s'élever contre ce nouveau discours ambiant : ce nouveau moralisme avec son livre Le Rappel à l'ordre.

01/09/2004

Pour en finir, avec Guy Debord

Jef  Tombeur vient de  m'apprendre la sortie de son livre Pour en finir, avec Guy Debord   chez Talus d'approche
Signalons dans  cette petite maison d'édition La véritable biographie maspérisatrice de GUY-ERNEST DEBORD considérée sous ses aspects orduriers,
cancaniers, folkloriques, malveillants, nauséabonds, fielleux, et notamment vulgaires et du manque de moyens pour y remédier…  
par Toulouse-la-Rose dont voici quelques extraits
"En 1952, pour fêter la mort du cinéma, notre homme réalise un film, Hurlements en faveur de Sade, où entre ses propos tenus sur fond d’images (...) il plonge écran et salle, à treize reprises, dans le noir le plus complet : (...) (À ce propos, on peut se demander ce qu’attendent les responsables du Service Public pour passer ce film à la télévision. Il est en effet rare, dans le cinéma contemporain français, de trouver une œuvre qui ait prévu pendant sa projection ses propres espaces pour pauses publicitaires.)"
 
"Vigoureusement aigri par son errance contrariée, Debord, plus que jamais, va
diriger l’IS d’une main de fer dans un gant de béton, n’hésitant pas, tel un vulgaire Cavanna, à gifler dans la gueule le premier qui ose lui porter la contradiction. Cela dit, c’est grâce à la terreur qu’il inspire chez ses camarades que ceux-ci,
en perpétuelle idolâtrie devant leur pape incontesté, reconnaîtront publiquement le rôle éminemment historique tenu par Debord dans l’élargissement de l’IS aux restes du Vieux-Monde, jusque dans la propagation de ses idées les moins bien
fondées, voire fondues."