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25/10/2004

Le Génie du Communisme

Jamais je n'avais lu un si mauvais livre. Je pensais, avec un tel titre Le Génie du Communisme,  avoir affaire à un essai mais Arnaud Viviant  a pris soin de mentionner en dessous de celui-ci  roman ; en quatrième de couverture il est bien précisé que   "Dans la forme comme dans le fond, Le Génie du Communisme est un roman communiste." On ne peut appeler cela vraiment un roman, c'est  assez bizarre au niveau de la forme, c'est plutôt une tentative d'écriture d'un roman. Ce qui fait que l'on a  plusieurs début de romans. Ecrit en quelques jours, il ne faut donc pas en espérer une qualité littéraire, mais pour autant ce n'est pas une excuse. "Je lui (Sollers)laisse un message pour lui dire que je rendrai mon manuscrit à Gallimard le 25 avril 2004. Une impulsion, comme ça,  car, en vérité, nous sommes à la mi-mars, et je n'ai pas encore écrit une seule ligne de ce livre." 
On y trouve des phrases à peine achevées : "Je t'envoie au cas où mon petit questionnaire sur le sexe." , des méls écrits dans un langage télégraphique.

Sur le fond ce livre est sans doute communiste. Ce qui lui permet d’avoir toutes les faveurs des éditeurs, et l'on comprend mieux pourquoi Arnaud Viviant a pu publier chez Gallimard ces élucubrations tandis que celui-ci a refusé la publication du dernier livre de Dantec. 

Il me fait rire en reprenant une citation de Cravan que Guy Debord cite aussi dans commentaires "Dans la rue, on ne verra bientôt plus que des artistes, et on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme" Encore une citation que Viviant n'a pas compris,  car avec son canard,  les Inrocks, qu'il m'arrive parfois d'acheter (surtout pour les CD), il fait l'apologie de l'artiste, des fêtes, de cette ère hyper-festive. Les spectacles n'arêtent pas, même ici à Angers ;  tout est prétexte à la moindre fête.
 
Arnaud Viviant se demande "comment dévisser toutes ces mécaniques mélancoliques qui aboutissent à cette bien-pensance des institutions et des intellectuels". C'est assez comique de voir cet imbécile prétendre combattre la bien-pensance tout en ne  cessant  de dénoncer ceux qui osent s'élever contre celle-ci dans son mag les Inrocks qui  est un des rouages de cette bien-pensance.

18/10/2004

Salon de la revue, art contemporain...

Week-end assez rempli  commencé par un vernissage d'une expo d'art contemporain autour de Michel Blais vendredi soir. Cela m'amuse de voir ce public plutôt bobo essayant de s'intéresser à ces différentes oeuvres. J'ai ainsi pu voir un homme essayant de chercher ce que les différentes sculptures devant lui  représentaient  et ensuite interpeller l'artiste afin de savoir s'il avait la bonne réponse. Elle lui a répondu ironiquement que l'on pouvait voir beaucoup de choses à travers ses différentes sculptures.

C'est toujours la même question que se pose un spectateur devant une oeuvre d'art contemporain: "qu'est-ce que cela représente ?"  alors que c'est plutôt sur  le sens de l'oeuvre qu'il faut s'interroger.
J'aime plutôt l'art contemporain pour son côté surprenant ; les oeuvres des musées classiques m'ennuient. Par contre avec l'art contemporain on est sûr de se trouver face à quelque chose de nouveau. Quelque fois il faut le reconnaître c'est très mauvais. Là est le problème,  il est impossible en France de critiquer une oeuvre d'art contemporain. On peut discuter de la qualité d'un livre, d'un film mais il ne faut surtout pas émette la moindre critique d'une oeuvre d'art contemporain.

Ce qui est intéressant dans un vernissage c'est le buffet. Ce soir-là nous avons été gâtés :  Bonnezeaux, Anjou, fromages,gâteaux, galettes.

Samedi lever de bonne heure pour Paris avec ma chère Hideko. Repas succulent
pris chez une amie japonaise qui nous a parlé de cette  nostalgie de nombreux japonais pour leur pays. Et elle aussi me semblait remplie de désillusion. Beaucoup sont déçus de la France, alors ils repartent. Ils pensaient que la vie y était facile mais il n'en est rien. Les japonais pensent trouver à Paris les images véhiculés par les films de laNouvelle Vague. Je crois que tout voyageur connaît  cette sensation, ces
contrastes entre ce qu'il voit et ce qu'il attendait; il recherche la confirmation d'une image intérieure, même s'il sait que cette image est une falsification.  Comme lorsque je suis allé au Japon, j'avais une image très moderne de ce pays avec ces buildings, cette frénésie. J'étais loin d'imaginer cette luxuriante nature, ces petites maisons, ces traditions...
Et Mishima, là bas il vaut mieux ne pas en parler. J'ai vu les visages de mes interlocuteurs changer lorsqu'il m'entendait parler de Mishima.

Revenons au  but de ce voyage à Paris qui était  le salon de la revue. Un nombre impressionnant de revues.Acheté le dernier numéro de la revue Tissage dont je suis un fidèle lecteur depuis le premier numéro.Commencé à lire les dernières pages consacré à la critique de livres. Agréable lecture .
Acheté aussi la revue Le Philosophoire  sous-titrée laboratoire de philosophie, un numéro consacré à la religion. J'ai connu cette revue grâce à un des membres du conseil de rédaction Lucas Degryse qui avait publié sur mon site Le grain de sable un texte intitulé LA GUERRE DES SEXES ou L’Histoire comme scène de ménage 
J'ai aussi pu rencontrer Alain Santacreu le directeur de Contrelittérature et acheter le dernier numéro de cette publication car les articles sur Dantec et Nicolas Gomez Davila m'intéressaient.

11/10/2004

la liberté d'opinion n'existe pas en France

Lecture de l'univers contestationnaire de Béla Grunberger et Janine Chasseguet-Smirgel  initialement paru sous le pseudonyme d’André Stéphane après les évènement de mai 68 Relevé cette citation toujours actuelle: Tous ceux qui sont politiquement actifs se rangeront  à Gauche, l'apolitisme étant alors considéré comme « droitier » et stigmatisé comme tel, ce qui aboutit à la situation paradoxale signalée par l’un de nos collègues qui affirmait que la liberté d'opinion n'existait pas en France car il y est interdit à un intellectuel de n'être point « de Gauche », et que  si cet intellectuel a, en outre, quelque sympathie pour le gouvernement en place , il ne peut l'affirmer que dans l'isoloir.
 Cela m'a fait pensé à Derrida qui dans un entretien du numéro des Inrocks du 31 mars 2004 , à  la question : Pourquoi avoir gardé le silence ?,répondait "Je votais toujours à gauche, bien sûr, je marquais dans mes textes assez clairement quelles étaient mes préférences. Je ne voulais pas paraître de droite."
 
Ce livre n'a pas pris une ride. Assez étonnant d'ailleurs que ce livre écrit en 3 mois à chaud après ces évènements soit d'une particulière actualité : l'évitement du complexe d'Oedipe (attaquer le  père le détruire,rejet de l'autorité).
Sur Israël : il a suffit d'une victoire pour que cette sympathie se transforme en opposition ouverte.

01/10/2004

Tam-Tam et Person Magazine

Un nouveau magazine d'information vient de naître à Angers , Tam-Tam censé "démêler les fils de la communication et de l'information" . Dans ce premier numéro , aucune révélation, aucune information ne viennent troubler les travers de la société civile et politique angevine. On y lit une petite critique sur les  Accroche-Coeurs, ce festival qui n'a pas convaincu les spectateurs. D'ailleurs même le maire d'Angers interviewé par RCF au  lendemain de cette fête était lui aussi peu enthousiaste à l'issue de ces spectacles et tiendrait compte des critiques lors du prochain festival. Pour ma part, j'ai trouvé cette année que les spectacles étaient de qualité. J'ai apprécié la compagnie "Les Têtes d'atmosphère" qui ont réalisé un savoureux spectacle de dialogues et de chansons autour du comportement amoureux des femmes et des hommes. Bien sûr ce n'était pas le seul spectacle que j'ai aimé : La tortue magique, Les cousins, etc. 
Dans Tam-Tam on y trouve en fait les principales nouvelles répercutés par la PQR angevine.Cela peut éviter d'acheter quotidiennement le journal. J'espère ques les numéros suivants seront plus incisifs.
 
J'ai reçu une revue très personnelle :Person Magazine. Le plus intéressant est d'y lire des extraits du journal intime du seul rédacteur de cette revue. Hélas cela se lit trop vite et l'abonnement me parait élevé pour 3 numéros : 10 €.
Il est vrai qu'il est de plus en plus facile de créer des revues grâce aux outils informatiques et à la baisse des photocopies mais la multiplication de ces productions entraîne un choix.
J'avais d'ailleurs reçu il y longtemps Décapage sous-titré "Laboratoire primitif pour jeunes plumitifs" de très bonne qualité : belle mise en page, qualité rédactionnel et un prix attractif : 1 € mais j'ai laissé tomber. C'est dommage car elle était tres originale par le choix des lectures et des textes.
 
Pour moi une revue devrait parler de livres ou de sujets dont on ne parle pas ailleurs, inciter, fabriquer de la curiosité.
Le week-end dernier à Orléans j'ai trouvé une nouvelle revue littéraire et philosophique Inculte. Celle-ci propose un long entretien avec William Gibson, un dossier sur w. G. Sebald, des notes de lecture.