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04/11/2004

Bush vainqueur

Bush vient de remporter les dernières élections américaines. C’est une claque magistrale que nos médias ont reçue, très arrogant à l’égard de Bush. Ils n’y croyaient pas. Au lendemain de ces élections ils espéraient toujours une victoire de Kerry et étaient très réticent à donner le nom du vainqueur. C’est vrai que le dépouillement du scrutin en Ohio n’était pas complètement terminé mais Bush disposait d’une avance si considérable qu’il ne pouvait pas surmonter.

Dans les matins de France-Culture du 4 novembre Nicolas Demorand affirmait que " C’est une crise de la démocratie car le reste du monde aurait voté Kerry. "
« Bref, redisons-le : les Zéropéens n'ont pas voté pour Bush, tout simplement parce qu'heureusement ils n'en ont pas le pouvoir, et les Américains ne les ont pas imités, parce qu'eux, ils en avaient le devoir. » Maurice G. Dantec
 
 
Je crois que les Français comprennent de moins en moins l’Amérique. Le gouffre culturel est immense entre ces deux pays et ce n’est pas nos médias qui vont contribuer à une meilleure compréhension. Un journaliste, je ne sais plus qui, se demandait comment un pauvre pouvait voter Bush, un homme si riche. Justement Kerry est aussi riche que Bush.  La couverture de ces élections a été lamentable. Cela se résumait à « Tout sauf Bush ». Nos médias ont épargné Kerry et ont dénigré à jet continu Bush. Ils ont cru qu’ils pouvaient influer le cours de ces élections. Le ridicule a été atteint par l’hebdomadaire Marianne qui a lancé une pétition appelant le peuple américain à la non réélection de George Bush.

Commentaires

Les français comprennent de moins en moins l'Amérique, mais le reste du monde non plus d'ailleurs.



D'autre part, les Etats-Unis comprennent de moins en moins le reste du monde (faut dire, on le leur explique de moins en moins bien, et de manière de plus en plus simpliste).

Le fait qu'ils ne connaissent pas la planisphère n'aide pas.



Je veux dire un peuple qui arrive à gober un président qui dit vouloir combattre le terrorisme islamiste et attaque un pays qui n'a rien à voir (l'Irak) et qui de surcroit est le seul pays arabe LAIQUE, c'est carrément hallucinant.

Je parle même pas l'argument sur les armes de destruction massives, il ridiculise les USA pour des années.



Calli.

Écrit par : Calli | 05/11/2004

Mots souvent entendus : « puisque nous sommes tous concernés par le résultat de cette élection, nous avons tous notre mot à dire ». Non allez, franchement. Un mot oui, une voix non, pas meme une pétition de merde. C’est un peu ça la principe de l’élection.

Écrit par : abel | 05/11/2004

(Genre demain les Lituaniens nous diront qui élire. Faut arreter le couscous hein.)

Écrit par : abel | 05/11/2004

Je ne pense pas que la compréhension soit ici de mise. On parle de politique. C’est bien si ça discute, si ça s’assoit autour d’une table pour convenir d’un accord. La compréhension, l’ouverture d’esprit, le dialogue – tout ça, ma foi, participe sans nul doute d’une politique intelligente, pragmatique, réfléchie. Mais il n’est pas grand besoin de satisfaire à ses exigences quand le « reste du monde » n’a pas les moyens de faire sa loi (aussi clairement que le font les américains). En quoi Bush manque-t-il de bon sens ? Ma foi, mises à part quelques pertes humaines et quelques dépenses en matériel de guerre, il s’en sort bien, le Bush. Bien sur, nous sommes nombreux à le trouver vilain (en plus, il croit en Dieu, pensez donc) mais le fait est que, concrètement, ça ne change pas grand-chose. Monsieur Bush serait idiot de gouverner comme il le fait si on avait le projet de le lui faire payer mais, hic ! – nous n’en avons pas le projet, et encore moins les moyens.



Quant au fait de sa réélection, on dira qu’elle fut l’effet d’une propagande sournoise parvenue à ses fins. Les américains auraient voté, dit-on, dominés par la peur et, on l’entend, par l’ignorance. Le vote pas démocratique du tout quoi, la voix manipulée, la voix de son maitre. Mais alors là on s’égare. Tant qu’on y est, dissertons sur l’opposition du moi « authentique » (l’etre vrai) au moi factice. A mon sens, les américains savent qu’ils ont voté sous l’effet de la peur (quand c’est le cas) ; ils le disent eux-memes, ils en sont pleinement conscients, ils n’ont rien de ces imbéciles qu’on s’ingénie à moquer. On vote Bush, pour que Bush nous rassure. En votant Bush, les américains ne prétendent pas voter uniquement contre le terrorisme, mais contre leur peur du terrorisme, dont ils redoutent qu’elle ne les étouffe complètement. Il s’agit là d’une forme de réalisme, tout de meme. Il arrive qu’il pleuve durant un match de foot : ça porte préjudice à tel joueur, quand cet autre joue à merveille. Ca fait partie du jeu.



Nous on se marre (on est pas des cons nous). Et on aborde le sujet avec la plus grande malhonneteté, y voyant surtout l’occasion de manifester notre esprit « rationnel » et clairvoyant. On voudrait expliquer aux américains qu’ils sont betes de se sentir menacés et de croire ce que Bush leur raconte, qu’ils sont fous de le réélire, qu’ils sont manipulés, (qu’ils sont gros, aussi) – et tout ceci sans la moindre réserve, sans la moindre humilité. C’est peut-etre bien ça qui porte le plus atteinte à l’intelligence des débats. Cette manie que nous avons, nous européens, de nous poser en grands freres des américains (tout en le leur reprochant), plus au fait des réalités de la vie, plus libres, plus ouverts, etc. Et cette arrogance nous rend tout simplement incapables de comprendre ceci : que les américains ont peur, qu’ils votent républicain, et que Bush remplit tout à fait son contrat en leur donnant le sentiment qu’ils sont protégés. Qu’en cela, l’élection de Bush reste parfaitement démocratique, autant que l’élection de Chirac en 2002 – ou alors il faudra m’expliquer en quoi les présidentielles de 2002 étaient antidémocratiques ? Monsieur Chirac n’allait pas changer son programme en apprenant le résultat du second tour, juste pour satisfaire les électeurs de gauche frustrés par l’échec de Jospin. Ca s’est donc joué entre la droite et la droite, la gauche ayant perdu, comme cela arrive souvent à d’autres sans que ceux-ci ne sentent le besoin d’aboyer.

Écrit par : abel (encore moi, mais sérieusement cett | 05/11/2004

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