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26/11/2004

Petit tour dans les kiosques

Fin de semaine ; j’en profite pour faire un petit tour dans les kiosques à journaux. Feuilleté le journal de la culture qui est sorti maintenant sous un beau format revue. Belle critique de Raphael Juldé à propos du dernier livre de Nabe J’enfonce le clou écrite dans un style agréable, précise, claire. Décidément j’aime de plus en plus son écriture. Je ne comprends pas que Nabe s’offusque de cette critique et en même temps se plaint d’être boycotté.

Heureux de constater que Tant Pis pour Vous est paru et d’y voir que mon article sur les marchés à Angers a été publié. Ce magazine est très éclectique, peut-être un peu trop, mais a le mérite de parler de sujets que l’on parle peu ailleurs. On y trouve un dossier sur l’herbe et le shit avec une interview d’un dealer et des consommateurs ainsi qu’une enquête sur ceux qui cultive le chanvre. J’ai vraiment apprécié le carnet d’un veilleur de nuit. Bon texte de Charlie Bauer sur Jacques Mesrine.

Feuilleté aussi Tam-Tam un périodique d’info angevine dont j’avais déjà parlé dans une précédente note. Ce bimensuel s’arrête pour le moment, faute de lecteurs. Cela confirme ce que j’avais déjà écrit : une revue de ce style ne peut exister que si son ton est pertinent.

21/11/2004

Sarinagara, Philippe Forest

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Voilà un livre qui avait tout pour me plaire : le portrait de trois artistes japonais. Dans ce roman, Philippe Forest raconte l’histoire de trois vies : celles de Kobayashi Issa poète du début du XIXème, de Natsume Sôseki , inventeur du roman moderne japonais, et de Yamahata Yosuke, le premier à photographier les victimes de Nagasaki. Je ne connaissais pas Kobayashi Issa, un des derniers grands maîtres du haïku ni d’ailleurs Yamahata Yosuke, le premier photographe à avoir témoigné des dégâts de la bombe atomique. Tous ces artistes ont en commun la perte d'un enfant tout comme Philippe Forest. Le titre de ce livre provient du dernier mot d’un des poèmes les plus célèbres de littérature japonaise : sarinagara qui signifie cependant.

Je me suis intéressé à Natsume Sôseki, un auteur que je connais un peu pour avoir lu quelques-uns de ces ouvrages. Sôseki est un des plus grands et surtout un des plus populaires écrivains japonais. Il figure même sur le billet de 1000 Yens ou plutôt il figurait car depuis ce premier novembre il est remplacé par le bactériologiste Noguchi Hideyo.
Sôseki est appelé par son prénom. L’auteur explique que « la coutume réserve aux seuls maîtres le privilège d’être appelé par son prénom ». C’est vrai mais ce n’est pas uniquement cela car on n’appelle pas tous les grands maîtres par leurs prénoms. Cela dépend de la sonorité, du prénom aussi et de tas d’autres choses. Sôseki a vraiment un prénom particulier. Il a beaucoup décrit le quotidien de la vie japonaise toujours d’actualité. C’est ce qui le rend familier aussi bien parmi les milieux populaires que parmi les milieux intellectuels et c’est pour cela qu’on utilise son prénom. Ainsi Kitano Takeshi est appelé par son prénom Takeshi car lui aussi est un personnage familier.
Sôseki aurait écrit que « les textes japonais se lisent de bas en haut en commençant par la droite, on lit les livres occidentaux de gauche à droite, horizontalement. » Cela m’étonnerait qu’il ait écrit cela car si le japonais se lit bien en commençant par la droite, il ne se lit pas de bas en haut ; bien sûr le japonais se lit verticalement mais de haut en bas. Il aurait pu ajouter que l’on commence à lire un livre par la dernière page pour un occidental (La première page pour un japonais).
Philippe Forest essaye d’expliquer la langue japonaise qu’il ne maîtrise pas : photographie ne se dit pas sashin comme il le prétend mais shashin. Et toutes ces fautes comme Kunamoto au lieu de Kumamoto, ville où Soseki a enseigné. Je ne vais pas faire la liste de toutes les erreurs de ce livre mais c’est assez exaspérant de la part d’un professeur.
Bien sûr il a raison de souligner qu’il « ne connaît personne en France pour qui Tôkyô ne soit synonyme d’enfer. Les gens vous diront : la pollution, les masques posés sur le nez et la bouche, les embouteillages les trains et les métros bondés, les employés chargés de pousser les voyageurs dans les wagons pour permettre la fermeture automatique des portes. Et encore : la pègre contrôlant la ville, le crime et la prostitution, la foule lobotomisée, la fourmilière des grandes compagnies la servitude volontaire du travail salarié, l’esclavage consumériste, la misère grossissant dans les coulisses de la société-spectacle. Tout cela existe sans doute mais je ne connais aucun voyageur de bonne foi qui l'ait vu En revanche, essayez de dire : le luxe dune société polissée, l’ éducation généralisée, la curiosité à l'égard du monde. Ou encore : le bonheur vrai de se retrouver libre à marcher la nuit dans les quartiers de Shinjuku et de Shibuya. II ne se trouvera personne pour vous croire où que vous viviez dans la pauvre petite province française. » Concernant la misère, j’ai pu voir de nombreux clochards (homeless en japonais) tout au long des rives de la Sumida.
L’auteur m’a fait sourire lorsqu’il souligne « qu’on se trompe toujours sur le Japon, non pas parce qu’il y aurait –comme le prétendent les faux experts (...)- un secret à élucider mais précisément parce qu’un tel secret n’existe pas ». Il en rajoute « Là-bas, c’est comme ailleurs et partout, c’est pareil.» A la lecture de ce roman on sent pourtant qu’il n’a pas approché l’âme japonaise.

Ce qui m’a le plus interessé dans ce livre c’est l’histoire de Yamahata Yosuke celui qui fut le premier à photographier les victimes et les ruines de Nagasaki.Hélas ce livre s’apparente plus à un cours de littérature, l’écriture n’a rien de romanesque ; pourtant ce livre a reçu le prix Décembre, qui entend souligner son engagement "pour la vraie littérature d'aujourd'hui". Son jury comprend Frédéric Beigbeder, Pierre Bergé, Michel Crépu, Jérôme Garcin, Patricia Martin, Dominique Noguez, Philippe Sollers et Arnaud Viviant (président).
Lorsque l’on voit que la plupart des membres de ce jury (Pierre Bergé, Jérôme Garcin, Dominique Noguez, Philippe Sollers et Arnaud Viviant) publient leurs romans chez Gallimard, on comprend tout.

Sarinagara, Philippe Forest, éd Gallimard

Article paru dans Tant Pis Pour Vous N°5

10:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

16/11/2004

Islam , islamisme Van Gogh

Reçu le journal REEL sous-titré le journal qui prend la parole en psychologie et en écologie de vie. Rien de bien intéressant ; on y parle de spiritualité sans religion. Le plus étonnant est d'y trouver une lettre de Noël Mamère qui dénonce les profanations de tombes juives et musulmanes mais oublie les tombes des cimetières catholiques. Cela m'énerve que l'on tape sans cesse sur la religion chrétienne et qu'on n'ose pas prendre sa défense lorsqu'elle est attaquée. Nombre de cimetières catholiques sont profanés et les médias restent étonnamment silencieux. La religion catholique serait dominatrice dans notre pays. Ce qui est de la désinformation. Même Beigbedder constate "Une chose m'a choqué quand j'animais L'hypershow : on pouvait faire des sketches contre Jésus mais pas contre Mahomet. Comme si le seul racisme autorisé était le racisme antichrétien" Je crois. Moi non plus, dialogue entre un évêque et un mécréant.

Il faut toujours prendre des pincettes lorsque l'on critique l'islam...excusez-moi l'islamisme. Ce n'est pas la même chose. On ne me fera pas croire que l'islam est exempt de responsabilité dans la montée de l'islamisme. C'est aussi vrai que toutes les religions sécrètent du fanatisme. On met en avant le fanatisme chrétien avec ces croisades ; c'est un peu trop commode pour dédouaner le fanatisme des musulmans aujourd'hui. Évidemment tous les musulmans ne sont pas des terroristes. Mais lorsque des crimes sont commis pour des motifs religieux comme celui du cinéaste Theo Van Gogh, il est important de les dénoncer. En France nos intellectuels n'ont pas eu ce courage. A ma connaissance seul Maurice G. Dantec La seconde mort de Van Gogh a eu ce courage. Hélas c'est une voix que l'on veut interdire.

10/11/2004

Racistes/antiracistes

Dimanche soir en regardant les journaux télévisés, j'ai pu voir les régulières manifestations contre le racisme ; toutes ces organisations anti-racistes n'ont pas voulu défiler ensemble. Ainsi la LICRA explique qu'il «est nécessaire et indispensable de mobiliser tous les français pour dire leur rejet et leur dégoût de l'antisémitisme et de tous les racismes», mais qu'elle «n'ira pas aux côtés d'organisations adversaires déclarées de la loi républicaine sur la laïcité (...) car elle ne souhaite pas que l'école de la République devienne le champ clos des prosélytismes religieux ou politiques». La LICRA ajoute qu'elle «n'ira pas, car elle sait que ce sont souvent les
mêmes qui entretiennent un climat de violence dans certains quartiers, provoquant les agressions contre les lieux de cultes et véhiculant un antisémitisme violent au prétexte d'un antisionisme qui ne trompe personne».
S.O.S. racisme n'a pas voulu s'associer aussi à ces manifestations.

L'antiracisme devient si ridicule et si incohérent qu'il se disqualifie lui-même. Il a dû mal à trouver des excuses à l'intégrisme musulman mais peut-être qu'il cherche de nouveaux ennemis.
Je me souviens de l'affaire Aïssa Dermouche, un attentat d'inspiration raciste selon le MRAP. Aussitôt les rituelles condamnations se sont déversées sur les téléscripteurs. Ensuite le silence a régné dans les médias. Depuis aucun n'ose révéler la vérité sur ce faux attentat. En contactant la presse officielle et même la presse alternative, je n'ai rien pu en tirer même La lettre à Lulu est restée silencieuse. Je pensais qu'en étant de Nantes cette lettre aurait pu en savoir davantage.
Cela donne aussi l'impression que ces organisations entretiennent le racisme comme si c'était une marchandise qu'ils ne cherchent surtout pas à voir disparaître, car cela les amènerait à disparaître eux aussi.


Le reportage suivant sur la chasse aux français en Côte d'Ivoire donnait un fort contraste avec ces manifestations antiracistes. La réalité raciste est venu frapper la gueule de ces bonnes consciences. Il n'y avait pas de demi-mesure. "A chacun son blanc"scandaient les manifestants. Mais le plus étonnant était d'entendre ces mêmes messages de haine à Paris. Je n'ai entendu aucun message d'associations antiracistes condamnant ces propos. On estime que ces personnes originaires de côte d'Ivoire n'ont pas les mêmes droits et les mêmes devoirs que d'autres français. C'est là que commence véritablement le racisme.
Les bonnes consciences, comme Olivier Duhamel sur France-Culture ce mercredi 10 novembre, reprochent à la France d'intervenir dans ce conflit ; mais si elle était restée absente ces mêmes belles consciences l'auraient critiqué. D'ailleurs lorsque la France ne fait pas assez comme au Rwanda on lui fait aussi un procès. Quoique l'on fasse, on mécontentera toujours quelqu'un.

04/11/2004

Bush vainqueur

Bush vient de remporter les dernières élections américaines. C’est une claque magistrale que nos médias ont reçue, très arrogant à l’égard de Bush. Ils n’y croyaient pas. Au lendemain de ces élections ils espéraient toujours une victoire de Kerry et étaient très réticent à donner le nom du vainqueur. C’est vrai que le dépouillement du scrutin en Ohio n’était pas complètement terminé mais Bush disposait d’une avance si considérable qu’il ne pouvait pas surmonter.

Dans les matins de France-Culture du 4 novembre Nicolas Demorand affirmait que " C’est une crise de la démocratie car le reste du monde aurait voté Kerry. "
« Bref, redisons-le : les Zéropéens n'ont pas voté pour Bush, tout simplement parce qu'heureusement ils n'en ont pas le pouvoir, et les Américains ne les ont pas imités, parce qu'eux, ils en avaient le devoir. » Maurice G. Dantec
 
 
Je crois que les Français comprennent de moins en moins l’Amérique. Le gouffre culturel est immense entre ces deux pays et ce n’est pas nos médias qui vont contribuer à une meilleure compréhension. Un journaliste, je ne sais plus qui, se demandait comment un pauvre pouvait voter Bush, un homme si riche. Justement Kerry est aussi riche que Bush.  La couverture de ces élections a été lamentable. Cela se résumait à « Tout sauf Bush ». Nos médias ont épargné Kerry et ont dénigré à jet continu Bush. Ils ont cru qu’ils pouvaient influer le cours de ces élections. Le ridicule a été atteint par l’hebdomadaire Marianne qui a lancé une pétition appelant le peuple américain à la non réélection de George Bush.

01/11/2004

Bush ou Kerry

 

Nous sommes à la veille des élections présidentielles aux États-Unis et c'est comme si elles se déroulaient en France. Chacun y va de son opinion ou plutôt chacun suit l'opinion des médias étrangement unanimes à soutenir Kerry.  Ce n'est pas si étrange que cela dans ce pays où le pluralisme de la presse n'existe pas. Les médias  n'en finissent pas de taper sur Bush. Il faut être contre lui. Et Kerry ? Peu d'informations n'est sorti sur ce candidat. Cela en est devenu exaspérant. Les français se demandent toujours comment on peut voter Bush. Ce ne sont pas les diverses émissions assénées par les différentes chaînes de télévision qui ont permis de mieux comprendre ces élections. Vue d'ici les États-Unis sont pour beaucoup une dictature. Je crois que les américains nous donnent plutôt une leçon magistrale de démocratie. Au moins là-bas il y a des débats retransmis et vus par de nombreux américains. Les candidats peuvent exposer leurs programmes, leurs bilans devant des millions de téléspectateurs. En France on ne peut imaginer cela.Le film anti-bush de Moore a été diffusé dans de nombreuses salles. Je ne pense pas que le même genre de film puisse se réaliser en France contre notre président de la République.Les américains sont donc très partagés.