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12/12/2004

Louis Calaferte L’aventure intérieure

Emprunté hier, à la bibliothèque deux livres de Louis Calaferte dont un constitué d’entretiens intitulé « L’aventure intérieure » que je viens de terminer.

Noté quelques propos intéressants.

Il faut savoir que devant le Mal, nous avons l’arme du refus. Les victimes du Mal ce ne sont pas les victimes de Dieu. Ce sont les victimes du Mal.

Il faut affirmer qui l’on est et dire que le Mal est le Mal. Nos sociétés font comme si le mal n’existe pas. On l’étouffe.

Il ne faut pas courber le dos devant lui, il faut l’affronter, en sachant que c’est le Mal et le dénoncer.



A la question de Jean-Pierre Pauty — Même si je vous dis que «la mystique n'est qu’une béquille pour l'homme»?...
Je pourrais répondre qu'il vaut mieux marcher sur une béquille que de ne pas marcher du tout...
Qu'est-ce que l'homme ? Tout est là ! N'en déplaise aux matérialistes, aux athées, aux rationalistes agnostiques, etc. — je ne formule pas de critiques, je respecte la liberté de pensée, chacun pense ce qu'il veut —, n'en déplaise donc à tous ces gens-là l'homme, pris dans sa totalité, si l'on veut bien réfléchir à cette totalité, demeure tout de même un immense mystère et, avec lui, la création entière Pourquoi une graine détient-elle une floraison future? Moi, je ne sais pas. Tout ce qui est rationnel, scientifique, explicatif me semble en dessous de la question. Si certains se contentent de cela, très bien. Qu'ils qualifient l'approche mystique, spirituelle du monde comme une absence de compréhension du monde, comme une béquille, cela me paraît être, à moi, la vraie infirmité dans laquelle baigne l’immensité de nos contemporains. Infirmité qui aboutit à ce monde de cruauté, d'inconscience, de mal métaphysique avec un grand M.

Je crois aux miracles parce que la vie elle-même est un miracle.

10/12/2004

Tokyo Petits portraits de l’Aube de Michaël Ferrier

La collection L’infini dirigée par Philippe Sollers vient de publier un nouveau petit roman sur le Japon: Tokyo Petits portraits de l’Aube. L'auteur, Michaël Ferrier connaît le Japon et veut nous le faire savoir : « De tokyo, le voyageur pressé ne verra que ceci : trains et métros en files d’attente bien rangées, emballages soigneusement étiquetés, personnel attentionné (...) Mais sous les apparences, dans les marges ou sur les côtés (...) s’agite tout un peuple de fainéants, de buveurs, de rieurs et de lézards, de chanteurs improvisés sur des morceaux de comptoir. »
C’est vrai que ce pays est rempli de contrastes. L’auteur en connaît les recoins, plutôt les bars de nuit propices aux rencontres et à la discussion l’alcool aidant.
Selon la quatrième de couverture, il vit à Tokyo depuis dix ans où il enseigne la littérature. Il connaît davantage ce pays que les touristes qui y passe un mois, ce qui est normal. Ecrire sur un pays dans lequel on habite et écrire sur un pays dans lequel on n' habite pas c’est le jour et la nuit.

09/12/2004

La crise du Parler Vrai dans notre société.

Hier soir, je suis allé à la conférence de Timothy Radcliffe, ancien maître général de l’ordre des Dominicains. Je ne pensais pas qu’il allait attirer autant de monde : la magnifique salle du Centre Saint-Maurice était archi-comble. J’ai dû assister à cette conférence dans une arrière petite salle ; j’apercevais ce dominicain par une porte légèrement entrouverte et donc de dos, c’était très bizarre.

Il y a un an, je n’aurais jamais assisté à ce genre de conférence mais ma curiosité m’a poussé à franchir ce pas. Cette association Foi et cultures propose vraiment des débats intéressants. Ainsi deux semaines auparavant j’ai assisté à une conférence et à un débat revigorant sur la Turquie avec Franciscus Andiessen, ancien ministre des Pays-Bas et ancien Vice-président de la Commission européenne.

Pour en revenir à cette dernière conférence, le thème était la crise du Parler Vrai dans notre société. Pour Timothy Radcliffe c’est une crise qui menace la vie politique et notre humanité. On a perdu cet amour de la vérité. Pourtant on parle de plus en plus de transparence mais on a l’impression qu’ « on nous cache quelque chose ». Une culture de la transparence totale peut nous dissuader de penser vrai.
Dans la constitution européenne, on parle des racines grecques et romaines mais on oublie l’apport de la tradition chrétienne. D’ailleurs lorsque je suis arrivé à Angers j’ai été frappé par le nombre de croix, églises, calvaires... Il suffit de regarder des peintures dans un musée, nombres d’entres elles sont inspirées de la religion chrétienne.

Les médias disent souvent que l’Eglise est fixé sur la question du sexe, ce qui les arrange pour l’enfermer dans une case prédéterminée, alors que pour un chrétien traditionnel, comme Timothy Radcliffe se définit, le mensonge est un péché beaucoup plus grave. « Le mensonge pollue notre environnement ment

07/12/2004

Nobody knows de Hirokazu Kore-eda

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas vu un si beau film : Nobody knows de Hirokazu Kore-eda.

nobody_knows.jpgL’histoire : une mère de famille de quatre enfants dont la capacité mentale n'est probablement pas plus élevée que l’aîné, Akira (Yagira Yuya) ,loue un appartement avec ce dernier. Akira est le seul enfant qu'elle peut présenter car les autres n’ont pas été déclarés. Elle les passe en « contrebande » dans des valises lors du déménagement dans cette nouvelle maison. Seul Akira peut sortir ; tous ses enfants, de pères différents ne sont pas scolarisés.
La mère part pendant des semaines poursuivre sa propre vie, laissant Akira s'occuper de la famille. Son absence devient bientôt perpétuelle, laissant Akira tout à fait seul avec ses petites sœurs Kyoko (Ayu Kitaura), Yuki (Momoko Shimizu) et son frère Shigeru (Hiei Kimura). Ils ont à peine de quoi survivre n’ayant presque plus d’argent au fur et à mesure que passent les jours.

Le plus étonnant est que cette histoire est inspirée d’un fait véridique. C’est un fantastique huis clos jamais larmoyant, plutôt tendre et très poignant. Ces quatre enfants très soudés, abandonnés de tous, maintiennent avec une dignité étrange, une véritable vie de famille. C’est cela qui rend ce film si attachant.
Ils acceptent d’être à la frange de la société tout en restant dignes.
Ces enfants ont toujours des rêves : Akira rêve de jouer avec de vraies battes de base-ball.
Kyoko joue sur un petit piano-jouet et rêve d’un jour où elle aura son propre piano. Mais, au tout premier ennui financier de sa famille elle donnera tout l'argent qu'elle a économisé.

04/12/2004

Dantec censure le grain de sable. Le Stalker

Je n’ai rien pu noter cette semaine. Ce n’est pas l’envie qui m’a manqué mais le temps, comme toujours. Ce blog est donc un pâle reflet de ce que je voudrais dire et surtout de ce j’ai envie de dire.
Le stalker s’inquiète qu’on l’ait laissé seul « face à ce redoutable adversaire qu'est François Rastier » (voir ce billet) qui a écrit ceci dans un article consacré à Steiner : « Pour la relève, soulignons la présence de Juan Asensio, auteur du premier essai publié en français sur Steiner et par ailleurs collaborateur du site d’ultra-droite Subversiv.com. On peut y lire notamment des articles sur Dantec dont il justifie les lettres de soutien au groupe Bloc Identitaire et les propos sur le « gauchisme » de Le Pen par le précédent des liens entre Steiner, Rebatet et Boutang (Dantec devant les cochons, janvier 2004, note 4). »
D’après son blog, cette note est parue le 2 décembre, c’est donc avec à peine 2 jours de retard que j’apprends cette nouvelle. Hélas, je ne consulte pas tous les jours mes e-mails, ni Internet faute de temps ; je ne veux pas m’imposer de contraintes.
Revenons à cette petite polémique ; je pense que Rastier a dû survoler très rapidement Subversiv.com pour y déceler un site d’extrême droite ( Cela devient une habitude trop fréquente : diaboliser l’adversaire afin d’éviter le débat) alors je ne vais pas m’étendre sur le reste qui est du même acabit et je sais que le Stalker est bien meilleur que moi pour répondre à ce genre d’attaque.

Le pire est lorsque les attaques viennent de son propre camp, ou tout du moins de personnes que j’estime. Ainsi il y a plus d’une semaine l’Agent littéraire de Maurice G. Dantec m’a demandé de supprimer un « article odieusement diffamant envers Maurice ainsi que cette photo qui n'a jamais eu l'autorisation de Maurice pour paraître. » intitulé Implosion du "Staline sous Valium" Par Riton V. C’est assez bizarre car cet article est paru auparavant dans le No 175 de la revue Spirale, Montréal, Québec et n’a fait l’objet d’aucune attaque judiciaire. C’est aussi un des rares articles a avoir présenté Dantec sous l’allure d’un gauchiste.
Je suis déçu par cet écrivain (il pratique les mêmes méthodes que ceux qu'ils dénoncent ) car je l’ai toujours défendu ( voir mes articles consacrés à Dantec sur mon site le grain de sable) mais cela ne m’empêchera pas de continuer à le lire.