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06/01/2005

Charles Juliet

Achevé la lecture de Charles Juliet, d'où venu ? d'Anne Lauricella, une biographie de cet auteur intimiste. Cela fait peu de temps que j'ai pris connaissance de son oeuvre mais elle m'a profondément touché, principalement ces journaux intimes. Charles Juliet exprime ses pensées d'une grande limpidité dans un langage clair, précis. Il arrive à exprimer des pensées que j'aurais pu avoir mais que je n'aurais jamais pu écrire.
Très beau témoignage de Karine Ciupa Le quotidien, nos tâches, nos fonctions nous éloignent d'une aventure intérieure qui marginalise, exige solitude et volonté. La provocation et la transgression sont mieux acceptés que la quête de soi.

Commentaires

Merci de votre visite à mon défunt blog.
Continuez le combat, je reste votre lecteur.

Écrit par : Noval | 08/01/2005

Je crois qu'on a tous eu envie de laisser tomber notre blog. Et comme le dit si bien Jean-Claude Boudais dans son journal http://www.jcbourdais.net/journal/04jan05.htm "Ce travail quotidien, fait au coeur de chaque nuit prend beaucoup de temps. On en arrive forcément à se demander à un moment ou un autre : " À quoi bon ? À quoi ça sert ? Pourquoi continuer ? " questions qui reviennent ensuite comme des bulles qui crèvent à la surface de la mare.
Temps pris sur la lecture, le cinéma, la campagne et les travaux quotidiens, le sommeil, les enfants, le courrier à répondre, etc.
Plus grave encore et perturbant pour moi : temps pris sur l'écriture du livre entamé, des films à monter, de la peinture abandonnée.
Y a-t-il un choix à faire ou tout fait-il partie d'un Tout ?"

Écrit par : Fabrice Trochet | 08/01/2005

Excellente analyse. Je dois avouer aussi que les textes de Noval me manqueront... Mais je laisse le lien en place sur mon blog : sait-on jamais qu'il change d'avis.
Et suberbe bio d'un poëte mal connu. je constate toujours avec plaisir que vous avez de bonnes lectures...

Écrit par : Vebret | 08/01/2005

Bonsoir, Sentiment d'étrangeté à trouver Charles Juliet dont je connais l'oeuvre et Louis Calaferte ...Ces deux écrivains se sont côtoyés à une époque où Charles était en pleine "aventure intérieure" . C'est d'ailleurs une expression qu'il emploie volontiers... Mais il n'y a presque aucune compatibilité possible entre ces deux hommes. Le premier est humble, discret, parle "à voix basse", le second était plutôt tribun, hyperactif et séducteur... Je ne sais lequel des deux a été le plus désespéré mais leur écriture en porte les marques...
Je n'aime pas celle de CALAFERTE malgré mes bonnes intentions de départ... il y a quelque chose de trop machiste et d'impétueux dans son regard... je ne crois pas à l'efficacité de la violence et de la prose cathartique en littérature...
J'aime les écritures "contenues", celles qui savent se tenir tout en permettant à l'imaginaire d'inventer ce qui n'est pas dit crûment... Il est si facile de proférer des insanités pour faire réagir... ou imposer son angoisse aux autres... il est plus difficile d 'écrire avec "tact"...

La biographie de Charles JULIET par Anne LAURICELLA
est très réussie, toute en finesse et en précision. Elle est très complémentaire de tout ce qui a été fait jusqu'ici.

Écrit par : Marie.Pool | 12/01/2005

J'ai pu constater que les journaux intimes de Calaferte étaient différents de ceux de Juliet (beaucoup moins discrets) mais son livre d'entretiens sur son aventure intérieure me semble très interessant.
Mais grace à Calaferte j'ai découvert le journal de Miguel Torga dont l'écriture et ses propos me semble plus proche de ceux de Charles Juliet.

Écrit par : Fabrice Trochet | 14/01/2005

Charles Juliet est aussi un lecteur attentif de TORGA qu'il cite dans le cinquième tome de ses journaux "L'Autre Faim",P.O.L.,2003, ( page 191-193).

"20 Août [1991]
Claire Cayron s'est prise de passion pour l'œuvre de Miguel Torga et a entrepris de la traduire. Quand était paru "En franchise intérieure", un important choix de notes de « Journal », je l’avais lu avec un intérêt des plus vifs, et m’étais aperçu que j’avais certaines affinités avec cet écrivain ;
Il est né en 1907 dans un petit village du Tràs-os-Montes, une région de hautes collines au nord du Portugal. Ses parents étaient des paysans misérables et analphabètes. Après avoir passé un an dans un séminaire, il s’est embarqué à douze ans pour le Brésil où pendant six ans il a été garçon de ferme. Revenu au Portugal, il a pu entreprendre des études secondaires, puis tout en travaillant, mener à bien des études de médecine.Après avoir exercé trois ans dans un village, il a ouvert en 1939 un cabinet à Coimbra, en tant que spécialiste d’oto-rhino-laryngologie.
A la fin de la même année est paru le troisième tome de « La Création du monde « , un roman autobiographique. L’ouvrage a été interdit, retiré es librairies, son auteur jeté en prison.
Sous cette dictature de Salazar qui a duré près d’un demi-siècle –1926-1974 – Torga a vécu en « exilé de l’intérieur » et en rebelle… »[…]

Écrit par : Marie.Pool | 15/01/2005

Je voudrais dire à Marie Pool que "il n'est pas si facile de proférer des insanités pour faire réagir" et que dans le cas de Calaferte, l'engagement dans l'écriture va au-delà de "l'insanité". Insanité : ce qui n'est pas sain ?
Qu'est-ce qui est sain pour dire cet étrange attachement qui régit les vies humaines à travers le sexe ?
Il faut lire aussi "Rosa Mystica" si l'on veut avoir toute la sensibilité et l'émotion de Calaferte par rapport à l'érotisme.

Écrit par : luneau | 25/01/2005

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