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06/03/2005

Réponse de Jean-Pierre Brard

Suite à ma note Liberté de culte menacée en France , et à un courrier adressé à Jean-Pierre BRARD, j'ai reçu une lettre de sa part dont voici un extrait :

(...)Comme bon nombre de personnes j'ai été choqué par l'article, «Une irruption du maire de Montreuil provoque la colère des protestants », publié par le journal Le Monde le 11 février dernier. Choqué car, comme j'ai été conduit à le faire savoir à monsieur TERNISIEN, journaliste qui a signé cet article, le choix du vocabulaire donne une connotation délibérément brutale à une relation très inexacte des faits.
Ainsi, contrairement à ce qui a été écrit, la visite effectuée, dans le cadre de mes pouvoirs de police administrative, à l'Assemblée évangélique du Rocher de la rue Salvador Allende, a été faite sans interruption du culte. D'ailleurs, je note avec intérêt que cette version des faits est confirmée par l'hebdomadaire La Réforme (n°3115 du 17-23 février 2005) qui, donnant la parole aux fidèles de ce lieu de culte le vendredi 11 février, indique : « Pourtant rares sont ceux qui se sont aperçus de l'agitation causée par la venue du maire. « Je n 'ai rien vu, j'étais en prière », affirment ainsi Mariane, Gisèle et Hélène. Dadi, lui, insiste pour raconter ce qu'il a vu. Assis derrière sa batterie, il était face à la porte, contrairement aux autres fidèles. « Le maire est arrivé un peu fâché, puis le pasteur et lui sont sortis pour parler. Encore, si le maire était entré joyeux, comme tout le monde, il aurait pu passer inaperçu, quoique nous soyons tous noirs... alors, un Blanc, ça se remarque...».
Pourquoi ces faits, présentés par cet hebdomadaire protestant, n'ont-ils pas été pris en compte par monsieur TERNISIEN qui a parlé d' « irruption », de « trublion », d' « interruption » ? Pourquoi ne pas avoir fait savoir que seul le batteur qui était sur scène et donc face à nous qui étions au fond de salle puis à l'extérieur du bâtiment, avait été le seul à se rendre compte de notre présence ? Pourquoi, monsieur de CLERMONT ou le pasteur de l'Assemblée évangélique ont-il fait abstraction des ces faits et propos qui ne sont pourtant pas la version du maire de Montreuil mais ceux de leurs fidèles eux-mêmes ? Monsieur TERNISIEN a-t-il pris soin de vérifier ses informations avant de les publier, comme l'a visiblement fait le journaliste de l'hebdomadaire La Réforme ?

Que penser alors du reste des affirmations énoncées par monsieur TERNISIEN ? Elles sont tout à fait inexactes. Contrairement à ce qu'il écrit je n'avais pas prévenu la préfecture. A quel titre l'aurais-je fait ? « Une descente de police devait avoir lieu ». D'où tient-il donc cette information fantaisiste ? Il écrit, par ailleurs, que M. de CLERMONT serait intervenu auprès de moi. D'où tient-il cette affirmation ? D'où tient-il encore que j'aurais juste « eu le temps de téléphoner aux policiers pour leur demander de ne pas se déplacer » ? Je n'ai pas eu à passer ce coup de fil imaginaire, puisque je n'avais pas demandé aux policiers de se déplacer à l'Assemblée évangélique.
Par contre, j'ai effectivement été assisté, dans un autre lieu, de la présence passive et muette de trois fonctionnaires de police en civil, compte-tenu de l'agressivité du responsable lors d'un premier échange.
A l'ensemble de ces questions, que j'ai fait parvenir par courrier à monsieur TERNISIEN, je n'ai toujours pas obtenu de réponse
(...)


Voici un extrait d’un texte intitulé M. de Clermont victime ou activiste que le maire de Montreuil m’a envoyé
(..)M. de Clermont, ainsi campé en victime, n'a d'ailleurs pas tardé à battre le fer tant qu'il était chaud et à dévoiler ses véritables objectifs politiques qu'il a détaillés dans une tribune pâme dans le Monde du 16 février. Sa cible est la loi de 1905, avec l'objectif de lui faire dire ce qu'elle ne dit pas, à savoir : « faire entendre que, au-delà de la séparation des Eglises et de l'Etat, il faut aujourd'hui développer une véritable liberté d'exercice des cultes, telle qu'annoncée par la loi ». Ainsi, pour M. de Clermont, nous ne serions pas, aujourd'hui en France, dans une situation de véritable liberté d'exercice des cultes ! L'affirmation est énorme ! Elle heurte le vécu de nos concitoyens et menace les acquis d'un siècle d'histoire qui avait vu l'apaisement des conflits. Dans le même élan, (interview dans Histoire et Patrimoine, numéro 1), M. de Clermont tonne et fustige : « Nous n'acceptons pas que les religions et la loi soient cantonnées dans l'ordre de l'intime et du privé. L'expression de la foi est forcément publique, elle détermine tous les choix de la vie ». C'est clairement l'expansion de la religion dans la sphère publique qui est exigée, au nom de la véritable liberté d'exercice des cultes. Mais ce débat a déjà eu lieu au Parlement, pas plus tard qu'au mois de février 2004. La préservation de la neutralité et de la sérénité de l'espace public, en l'occurrence de l'école, vis-à-vis des manifestations vestimentaires des diverses fois religieuses, a été au cœur de la discussion qui a été tranchée par un vote (...)

Jean-Pierre Brard a tort car la religion ne peut relever uniquement de la seule sphère privée. Pratiquer sa religion conduit à un comportement de type public.

Commentaires

Mais la foi est vraiment personnelle,intime. La manifestation de celle-ci par des signes est-elle indispensable ?

Écrit par : julien | 07/03/2005

La religion est un phénomène public. Les églises se trouvent dans le domaine public. La religion organise le temps, détermine notre calendrier (Saint Julien, Saint etc), marque les fêtes (beaucoup de jours fériés sont des fêtes religieuses).

Écrit par : Fabrice Trochet | 09/03/2005

« La religion organise nos temps ? » laquelle au fait ? ;) Il faudrait bien préciser pour qu’on puisse comprendre : les saints qui marquent nos jours (même féries) sont pour la plupart des païens voire des types inexistant, le calendrier crée artificiellement à partir d’une date fantaisiste et improbable ne fait ni chaud ni froid à la plupart des gens…

« La religion » serait un « phénomène public » au vu des nombreuses églises observées, mais en fait la religion ne gère rien vu qu’elle n’a plus d’échos ni de pouvoir véritable dans la population française qui pratiquent plus, et même chaque année ces chères églises se vident… c’est dire !

Écrit par : Scar | 10/03/2005

Bonjour Scar,
Justement les églises ont tendance à se (re)remplir.

Écrit par : julien | 11/03/2005

Appelons ces églises "mosqués" n'ayont pas peur des mots Julien ;) , car ceux sont elles qui se remplissent le plus...

Écrit par : Scar | 11/03/2005

Attention aux dérives les gars !!
Ce n'est pas parsque ces églises sont a majorité dites "éthenique"qu'il faut y voir une altération des valeurs chrétiennes,je m'étonne et crois qu'il s'y cache une raison improprement "Raçiste"et de non compréhension humaine,lorsque dans les citées ça crame on se plaint,et l'orsque des gens louent Dieu en chantant on les accuse de tapages !!!

Écrit par : Bill Jésus | 26/03/2005

En lisant Réforme http://www.reforme.net du 17 mars que j'ai pu avoir au salon du livre, une plainte va être déposée contre ce maire qui a interrompu un culte le 6 février 2005

Écrit par : Fabrice Trochet | 29/03/2005

Les commentaires sont fermés.