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18/06/2005

Le Non n’appartient à personne, sinon aux Français qui l’ont fait gagner.

Un nouveau texte est diponible sur le site d'Immédiatement Le Non n’appartient à personne, sinon aux Français qui l’ont fait gagner. dont voici un extrait :Stop la lutte des classes. Les sirènes de l'extrême-gauche hurlent à mort. Mais, peine perdue, ces enragés ne nous feront jamais croire qu'ils chantent la France du Non. Tous les scrutins de ces dernières années nous ont montré l'ultra-marginalisation de leurs mouvements d'extrême-gauche. Plus encore que le Front National, ils exploitent sans vergogne la misère des exclus. Ils assouvissent leurs appétits révolutionnaires sur le dos des pauvres gens. L'ampleur du Non dépasse largement leur sale besogne(...)

Commentaires

Ce texte sonne faux…
La langue de bois ne sert à rien : le non appartient surtout aux perdants de la mondialisation, à ceux dont les salaires sont les plus faibles (plus l’on monte dans l’échelle des salaires, plus la proportion de Français ayant opté pour le oui augmente).
En l’occurrence, 15 millions de Français ont voté non, dont 5,5 millions votent habituellement pour JMLP. Le reste « appartient » au « peuple de gauche », comme on dit. Accesoiremment, on peut noter que les partisans de Philippe de Villiers ont majoritairement voté « non », mais le vicomte Le Jolis de Saintignon représentait à peine 1 430 000 voix aux élections présidentielles de 1995, autant dire que ce n’est pas ça qui a fait la différence…
Quant « aux scrutins de ces dernières années », ils n’ont pas mis en avant une ultra-marginalisation de l’extrême-gauche… A la limite, on pourrait parler de marginalisation si l’on s’en tenait aux élections cantonales, régionales et européennes de 2004 (l’effet « vote utile » a joué en faveur du PS, ce parti ayant malheureusement réussi à faire peur sur le thème quasiment comique du retour-de-la-peste-brune, un 21 avril 2002 est passé par là…). Mais les élections présidentielles de 2002 ont, au contraire, été marquées par une poussée de l’extrême-gauche : Daniel Gluckstein (PT) , Arlette Laguiller (LO) et Olivier Besancenot (LCR) ont récolté 2 900 000 voix (Jospin : 4 300 000).
Quant au fait que l’extrême-gauche exploiterait « sans vergogne la misère des exclus », cela m’a bien fait rire. L’extrême-gauche et le FN ont les voix des exploités tout simplement parce que ce sont les seuls partis dont les discours s’adressent aux perdants de la mondialisation. Il y a bien longtemps que la gauche caviar et la droite néolibérale feignent de croire à cette fable selon laquelle il n’y a plus d’ouvriers en France… Bref, dire de l’extrême-gauche qu’elle « exploite sans-vergogne la misère des exclus » parce qu’elle cherche à obtenir leurs voix à chaque élection est à peu près aussi sensé que d’affirmer que le Parti Socialiste « exploite sans vergogne » la confiance en l’avenir des cadres supérieurs…
Du reste, si l’auteur avait pris la peine de regarder plus en détail les positions de l’extrême gauche, il ne pourrait pas décemment affirmer que celle-çi prétend représenter tout ceux qui ont voté non… Arlette Laguiller est parfaitement consciente que le non n’est pas uniquement un non communiste révolutionnaire, et pas même uniquement un non de gauche. D’ailleurs, la Fraction de LO appelait à l’abstention, notamment au motif que les bulletins de vote « non » de quelques centaines de milliers de communistes révolutionnaires seraient forcément mêlés avec ceux des électeurs du FN…
Et toute une soupe de contre-vérités pour, au final, aboutir à cette conclusion bateau : le Non est l’expression de la souveraineté populaire ! Ahurissante découverte ! Le peuple est d’ailleurs tellement souverain qu’il revotera sur ce même TCE après les présidentielles de 2007, de la même façon que les Irlandais ont voté deux fois pour Nice, les Danois deux fois pour Maastricht et les Norvégiens deux fois sur leur éventuelle entrée dans l’UE…Comme dirait le vicomte précité: l’UE a un plan « D »… comme « dictature » !
Conformiste jusqu’à la dernière ligne, le triste texte se termine, cela va de soi, par une once d’européisme : « Le Non, demain, appartiendra à celles et à ceux qui voudront bien persévérer dans l’effort pour construire une Europe respectueuse de la réalité sociale, culturelle et religieuse de notre pays. » Obnubilé par l’extrême gauche, le malheureux auteur semble ne pas s’apercevoir que, pour bon nombre d’exploités, la solution ne réside pas dans la vieille antienne d’une « autre Europe » mais dans la séduisante optique d’une France hors de l’UE… Mais, arrêtons-nous ici, car, avec ces questions d’usufruit et de nu-propriété relatifs au résultat d’un referendum, il n’y a indéniablement pas de quoi fouetter un chat…fut-il trotskiste.













« Il est donc admis de discuter – sans d’ailleurs que cela porte à conséquence- le rythme ou les modalités d’instauration de ce royaume divin sur terre. Il faut bien qu’Histoire se passe- de même, les illusions démocratiques. En revanche, critiquer le principe même de la construction européenne paraît aussi incongru que si l’on décrétait tout à trac que l’on refusera désormais d’inhaler de l’oxygène. On ne choisit pas plus d’adhérer à l’idée européenne qu’on ne choisit de respirer. »
Elisabeth Levy

Écrit par : megacatastrophemondiale | 19/06/2005

Pour info je te signale qu'Elisabeth Lévy a écrit ou plutôt interrogeait Murray dans cette revue Immédiatement.Sans doute ce texte est excessif mais il a le mérite d'appuyer sur ce point : le non n'appartient à personne ni à la droite ni à la gauche.

Cette élection démontre que notre régime parlementaire ne représente pas le peuple, c'est un grave problème. Je pense que la solution passe dans la proportionnalité.

Écrit par : Fabrice Trochet | 19/06/2005

Je ne voudrais pas avoir l'air passéiste, mais Immédiatement... c'était mieux avant.

Écrit par : Bonjour | 20/06/2005

Sûr Ph.Cohen ou JC Michéa ne risquent plus d'écrire dans Immédiatement nouvelle mouture... qui coédite "Vivre et penser comme des Chrétiens", le spectre de la revue s'est quelquepeu réduit ...

Écrit par : Daryl | 25/06/2005

Oui, je suis assez déçu... J'aimais beaucoup cette revue quand elle était animée par Luc Richard, qui était un garçon fantastique... En son absence, ses petits camarades sont redevenus ce qu'ils étaient : une droite lyonnaise, un peu cultivée, peu intelligente et qui se croit incorrecte quand elle n'est que sottement passéiste.

Écrit par : Bonjour | 27/06/2005

Les commentaires sont fermés.