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04/07/2005

L'imbécile Philippe Muray

Achat du dernier numéro de L’Imbécile. Je me suis précipité sur le bloc-note de Philippe Muray, toujours aussi talentueux, qui revient sur le non et analyse avec justesse cette droite qui essaye d’imiter la gauche. Voici un extrait :

(..)À ces pauvres expédients s'ajoute l'effort du joufflu Hollande pour faire peser sur Chirac et sur la droite le poids de la débâcle ; ce qui apparaît très injuste tant la droite s'évertue à être comme la gauche. Il y a d'ailleurs un mystère de la droite qu'il faudra bien percer un jour, et ce mystère réside dans la seule chose qu'elle ait jamais réussi : elle plaît moins que la gauche. Ce qui est absurde puisqu'elle en est l'imitation. Or l'imitation, d'ordinaire, plaît davantage que l'original. Le faux, c'est connu, est toujours bien plus beau que le vrai. Il a sur celui-ci l'avantage de la fraîcheur, du brillant, de la patine artificielle et de la possibilité d'être répété à l'infini. Avec lui, et puisqu'il part du vrai toujours préexistant, on n'a pas à redouter l'impro-visation, les innovations hasardeuses inhé-rentes au vrai dans sa quête sans fin de lui-même. On sait où on va. Le faux est un vrai de tout repos. La droite, de ce point de vue, du moins dans la période récente, se pré-sente comme une petite gauche de confort : à l'instar de la vraie gauche, elle piétine l'ordre, l'autorité, la famille, la hiérarchie, la stabilité, l'héritage des valeurs religieuses, les anciennes institutions, tout ce qui la composait du temps où elle n'était pas encore l'imitation de la gauche. Elle se rit du vieux conservatisme social et moral. Elle appartient à ce grand parti du mouvement qui lamine les antiques solidarités, disloque les liens naturels, jette le soupçon sur toute pudeur et toute fierté, ridiculise toute dignité. Elle participe de la grande aventure occidentale de la décrispation et de la mise à nu. Elle est européenne. Comme tout le monde. Comme Villepin, dont on ne voit pas non plus pourquoi la gauche lui tombe dessus avec une telle sauvagerie (...)

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