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27/07/2005

« Martyr imaginaire » de Guy Dardel.

Dans le milieu des années 90 Didier Daeninckx soupçonnent certains antifascistes - d’avoir été révisionnistes. Gilles Perrault sera sur cette liste ; une violente polémique éclatera entre ces deux protagonistes. En 2001, Guy Dardel, écrivain et directeur de la radio associative Fréquence Paris Plurielle sera lui aussi victime de calomnies et de rumeurs, ce qui le déterminera après de nombreuses péripéties à écrire un livre afin de contrer le dispositif mis en place par le romancier d’Aubervilliers.

Ce livre se veut être un essai qui tente d’expliquer le cheminement de cette dénonciation plutôt qu’a polémiquer.
L’auteur revient sur la campagne « rouge-bruns » autour de l’Idiot International qu’il qualifie de torchon et son directeur Jean-Edern Hallier de clown médiatique. Dardel écrit un essai mais par ces mots il attaque un journal qui fut un espace de liberté dont on ne trouve plus d’équivalent aujourd’hui. D’ailleurs plus les années passent, plus les journaux sont lisses et propres. Il suffit de lire les journaux du début du 20° siècle pour voir cette évolution.

Daeninckx serait obnubilé par le passé car selon cet inquisiteur nous sommes responsables, outre de notre propre passé mais aussi de celui de nos amis et de nos parents ; ce qui permet de disqualifier nombre de personnes ; c’est d’ailleurs une des critiques que l’on peut faire à la gauche et surtout à l’extrême gauche : regarder le passé et non dans l’avenir.
Bien sûr en se penchant un peu plus sur le cas Daeninckx, on ne peut être que troublé par le côté parano de ce type.
Guy Dardel étudie aussi le site de cet écrivain : amnistia.net qui présente nombre de fausses informations mais cela ne l’aide pas en dénonçant la participation de Daeninkx à un jury du Prix du polar européen crée par Le point considéré par Dardel comme « le plus réactionnaire des grands magazines hebdomadaires ». Réactionnaire : un qualificatif donné sans justification que Bernard Henry Lévy chroniqueur dans ce magazine emploie aussi pour désigner ses adversaires. C’est assez étonnant de la part de l’auteur de ce livre car il fait une critique de l’utilisation de la calomnie et la création d’un bouc émissaire qui ont de profondes racines dans la société française.

« Martyr imaginaire » de Guy Dardel. Edition No Pasaran. Distribution Co-Errances

La politique et le sacré de Falk Van Gaver.


J’avais lu beaucoup d’éloges sur le livre de cet auteur catholique et apprécié ses articles dans Immédiatement. J’étais donc très impatient d’entamer la lecture de cet essai. Hélas le début de celui-ci m’a un peu ennuyé car il est émaillé de trop nombreuses citations tirées de la Bible , de théologues et d’écrivains catholiques . Ce qui est dommage car la deuxième partie plus personnelle me semble plus réussi.
Citant le cardinal Henri de Lubac « Le catholicisme est essentiellement social. Social, au sens le plus profond du terme (...) Social à tel point que le terme de catholicime social aurait toujours dû paraître un pléonasme »
Mais lorsque Falk Van Gaver ose prendre sa plume, il n’est pas tendre et affirme ses convictions« La dénonciation hystérique et régulière du prétendu retour de l’ordre moral est la hantise de voir se former une force cohérente née d’un ras-le-bol et d’un dégoût avant tout moraux – toute révolution politique partant d’une révolte morale...
La grande peur des bien-pensants est celle d’une politique populaire fondée sur une morale populaire. »

21/07/2005

André Blanchard Impasse de la défense

Découvert récemment les carnets (1993-1995) d’André Blanchard Impasse de la défense. A priori il me semble peu connu ; il fait parti de ces auteurs qui publient leurs journaux personnels. J’aime cette forme d’écriture constituée d’aphorismes de notes, de réflexions écrites en toutes sincérité. J’aime moins son aspect très anti-catholique primaire assez conventionnel. Il a l’air d’avoir beaucoup de ressentiment envers le catholicisme.
Il note son quotidien, ses passions, ses haines, ses lectures mais est très souvent déçu car « virulence et pertinence sont en perte de vitesse aujourd’hui ». Il hait « cette littérature dite minimaliste, qui peine à aligner sujet, verbe, complément (...) quel paradoxe que ce soit celle-là dont la modernité et le métissage culturel font leur dada, elle qui incarne l’exclusion. » Sourcilleux de la ponctuation, de gauche il sait qu’il peut être aussi accusé de réactionnaire mais il s’en fiche.
Il n’est pas très enthousiaste par François Bon dont « quelques-uns de ces livres recopient un moment de son aventure estampillée prolo, laquelle fut un détour d’intello. »
Beaucoup de lectures : Green, Mauriac, Flaubert., Bobin(là il s’en prend à son catholicisme), Juliet qu’il trouve brouillon ( Avec raison pour ces premiers livres mais ces deux derniers sont de meilleur qualité).

Il aime tout de même quelques écrivains catholiques comme Bloy et d’autres de la même veine dont je ne me souviens plus du nom ; en fait Blanchard aime ceux qui combattent l’hypocrisie, le mensonge de ce monde.

08/07/2005

JO 2012 : Une fête ratée

Une fois de plus la crédulité de nos journalistes n’est plus à démontrer. Crédulité ou soumission ? Eux qui avaient annoncé la victoire probable de la candidature de Paris pour les jeux olympiques de 2012 ont dû revoir leur copie : ils avaient oublié que Londres avaient autant d’atouts sinon plus. Cette unanimité des médias que je ne cesse de dénoncer ne choque presque plus personne.

« De même, lors des élections présidentielles américaines de novembre 2004, les médias français avaient pris position en faveur de John Kerry et prédisaient sa victoire. Ainsi, le jour même des élections, alors que les médias américains annonçaient déjà la large avance dont disposait George W. Bush, les radios et les télévisions françaises continuaient encore à proclamer, contre toute logique, la victoire de John Kerry, et ce jusque tard dans la nuit. On observe donc une tendance des médias français à s’auto intoxiquer par des anticipations qu’ils souhaitent voir se réaliser.
De plus, rappelons que l’objectif des médias d’information devrait être de retranscrire la réalité et non de prévoir le futur ou de chercher à l’influencer. »
Media-Ratings

La France avait fait de ces jeux un projet politique, un projet qui redonnerait le moral aux français. Seul un projet festif peut mobiliser tous les français, peut susciter une « union sacrée ». Même les syndicats suivaient ce projet. Dans le mauvais film de présentation de la candidature de Paris réalisé par Besson , on y voyait Bernard Thibaud de la CGT affirmer qu’il n’y aurait pas de grève. Même si tout est politique cela était de trop pour les membres du CIO stupéfait de voir que la politique est bien trop omniprésente en France. L’Angleterre y a vu plutôt la fête du sport. Hélas cette fête a été gachée par ces attentats meurtriers ; ce qui a ravit Les grandes gueules sur RMC « Il aurait fallu faire cela deux jours plus tôt » et sans doute quelques intellectuels et écrivains non-conformistes mais ceci est une autre histoire.

04/07/2005

Où est le pouvoir ?

« Il peut y avoir plus de courage et de tempérament à attaquer un charretier qu’un roi » Karl Kraus

J’ai l’impression que cet aphorisme devient de plus en plus d’actualité. Aujourd’hui il est même obligatoire d’attaquer Chirac ou Sarkozy mais s’en prendre à n’importe quel quidam peut nous entraîner devant des tribunaux.
Pierre Assouline, dans son blog, s’insurge contre le dessinateur Georges Wolinski qui vient d’être promu chevalier dans l'ordre de la légion d'honneur , lui l’ancien de Hara Kiri. Mais notre époque a bien changé ; le pouvoir n’est plus du côté des hommes politiques.

L'imbécile Philippe Muray

Achat du dernier numéro de L’Imbécile. Je me suis précipité sur le bloc-note de Philippe Muray, toujours aussi talentueux, qui revient sur le non et analyse avec justesse cette droite qui essaye d’imiter la gauche. Voici un extrait :

(..)À ces pauvres expédients s'ajoute l'effort du joufflu Hollande pour faire peser sur Chirac et sur la droite le poids de la débâcle ; ce qui apparaît très injuste tant la droite s'évertue à être comme la gauche. Il y a d'ailleurs un mystère de la droite qu'il faudra bien percer un jour, et ce mystère réside dans la seule chose qu'elle ait jamais réussi : elle plaît moins que la gauche. Ce qui est absurde puisqu'elle en est l'imitation. Or l'imitation, d'ordinaire, plaît davantage que l'original. Le faux, c'est connu, est toujours bien plus beau que le vrai. Il a sur celui-ci l'avantage de la fraîcheur, du brillant, de la patine artificielle et de la possibilité d'être répété à l'infini. Avec lui, et puisqu'il part du vrai toujours préexistant, on n'a pas à redouter l'impro-visation, les innovations hasardeuses inhé-rentes au vrai dans sa quête sans fin de lui-même. On sait où on va. Le faux est un vrai de tout repos. La droite, de ce point de vue, du moins dans la période récente, se pré-sente comme une petite gauche de confort : à l'instar de la vraie gauche, elle piétine l'ordre, l'autorité, la famille, la hiérarchie, la stabilité, l'héritage des valeurs religieuses, les anciennes institutions, tout ce qui la composait du temps où elle n'était pas encore l'imitation de la gauche. Elle se rit du vieux conservatisme social et moral. Elle appartient à ce grand parti du mouvement qui lamine les antiques solidarités, disloque les liens naturels, jette le soupçon sur toute pudeur et toute fierté, ridiculise toute dignité. Elle participe de la grande aventure occidentale de la décrispation et de la mise à nu. Elle est européenne. Comme tout le monde. Comme Villepin, dont on ne voit pas non plus pourquoi la gauche lui tombe dessus avec une telle sauvagerie (...)

03/07/2005

Marché de la poésie à Rochefort

Retourné cette après-midi au marché de la poésie à Rochefort sur Loire. Je ne lis pas de poésie mais tout ce qui touche la littérature m’intéresse. Impressionnante lecture par Lucien Suel de sa belle voix basse, chantante. Cela m’a rappelé le slam. Sa lecture était très dynamique, d’une telle intensité qu’il a réussi à transmettre ses émotions. Je suis passé des larmes aux rires.

Il y avait aussi un salon de l’édition où l’on pouvait trouver de nombreux petits éditeurs. Je me suis attardé sur le stand des éditions Jacques Brémond qui dispose tout de même d’un catalogue de 300 titres. Ces ouvrages entièrement typographies sont des oeuvres d’art ; ils sont souvent publiés sur des papiers inattendus : chiffon, coton ou lin, etc.
Je me suis laissé tenté par un livre de Jacques Imbert « Les jours et les autres » C’est un journal, un recueil de notes sur 10 années (1984 à 1994). Relevé cette citation qu’il a emprunté à Pierre Dhainaut « un langage, un regard. Rien de tel que le livre de bord pour entretenir leur acuité à la condition de ne pas nous croire obligés d’y écrire ».