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02/11/2005

Violences dans les banlieues : l’arme du pouvoir

Depuis quelques années la délinquance est devenu l’un des problèmes principaux de la société française. Des évènement rappellent périodiquement que ce phénomène qui  gangrène la société française n’est toujours pas résolu.   Mais veut-on vraiment combattre la délinquance ?
Les rues se vident, l'espace public se délite, chacun se replie sur sa sphère privée, meuble ses soirées en regardant la télévision: quoi de plus favorable à l'exercice de l'autorité ? En laissant les délinquants agir à sa place, le pouvoir fait d'une pierre deux coups.
L'ordre se défait, mais le désarroi même qui en résulte débouche paradoxalement dans une relégitimation du pouvoir, car le pouvoir apparaît comme l'ultime rempart contre le désordre triomphant
(1)

La politique de Nicolas Sarkozy faites d’ annonces tonitruantes et de déplacements spectaculaires dans ces banlieues sensibles n’ont pas du tout apaisé ces quartiers. Bien au contraire. Le numéro du Canard Enchaîné du 20 juillet 2005  était sorti de cette bien-pensance, qui caractérise la presse française, en osant établir le véritable bilan de Nicolas Sarkozy en tant que Ministre de l’intérieur. Pas très reluisant ! Et même désastreux !  « DÉFENSE de donner les vrais chiffres ! L'ordre vient du cabinet du ministre, et il a été répercuté à la police et aux pompiers après la vague d'incendies volontaires de voitures qui a enflammé les banlieues avant, pendant et après le 14-Juillet(...) »

L’insécurité n’est donc pas combattu. La fonction actuelle de la police n’est pas de combattre l’insécurité ; elle est ce qui est différent, de contrôler et de surveiller les personnes.(2)

Ainsi depuis quelques jours à Clichy-sous-Bois (93), l’ électrocution de deux adolescents qui  s’étaient réfugiés dans un transformateur ont entraîné plusieurs nuits d’émeutes.

Face à ces évènement les médias font preuve d’une indignation très  sélective. La différence de traitement est choquante et flagrante entre la mort certes accidentelle, mais dans laquelle ils ont leur part de responsabilité, de ces deux adolescents de Clichy et celle de ce père de famille atrocement exécuté par des jeunes à Epinay-sur Seine parce qu’il avait eu le tort de s’aventurer dans ce  quartier.  Selon Libération « Les jeunes l'ont passé à tabac, sous les yeux de sa femme et de sa fille, restées dans la voiture. Sous les yeux aussi d'un certain nombre de témoins qui ne sont pas intervenus. Une supérette, un bar-PMU et une pharmacie contribuent en effet à rendre ce secteur plutôt animé. «Personne ne lui est venu en aide», commente-t-on chez les enquêteurs. » Commentaire assez étonnant. L’état n’arrive pas à maintenir l'ordre ; un simple citoyen le peut-il ? Si vraiment quelqu’un était intervenu et aurait réussi à maîtriser les agresseurs.  Que se  serait-il passé ? La justice aurait-elle défendu cet acte d’autodéfense ?  Comme le signalait Eric Werner dans le dernier numéro d’Eléments :

 Ce que craignent les dirigeants , leur véritable hantise en fait, ce n’est pas l’insécurité, ce sont les réactions éventuelles face à l’insécurité. Car là ils ne plaisantent pas. Les lois en la matière sont appliquées dans toute leur rigueur. C’est le seul domaine où elles le sont, mais là elles le sont. Le moindre écart dans ce domaine se paye au prix fort. La législation sur le port d’armes et l’acquisition d’armes à feu est également devenue très restrictive. La conséquence en est que les actes de légitime défense, à plus forte raison encore d’autodéfense, se font aujourd’hui de plus en plus rares. Il y a trois ans, une lycéenne de 15 ans, bonne élève et sans histoire, tua son agresseur, un individu «  bien connu des services de police », en lui plantant un coup de couteau. Le procureur la fit aussitôt incarcérer. « Face à un acte aussi grave, il était difficile de ne pas marquer le coup », déclara-t-il. Effectivement, c’est exceptionnel. En règle général, les victimes préfèrent ne pas se défendre. C’est ce que voulait dire le procureur. Il est exceptionnel également que d’éventuels témoins se portent au secours des victimes. Quand, sur certaines lignes de transports en commun, des voyageurs se font frapper, racketter, etc., les gens se plongent aussitôt dans leur journal ou regardent ailleurs. On explique ordinairement cette attitude par la peur, peur d’être soi-même frappé ou blessé si l’on intervenait. Mais l’explication est insuffisante. Il faut aussi prendre en compte la perception que les gens ont de l’attitude du pouvoir en la matière. Les gens sentent en effet très bien que le pouvoir n’est que modérément contre l’insécurité mais plutôt pour.(3)
 
 (1)     Eric Werner "L'avant guerre civile" ( l’âge d'homme 1999)

(2)Entretien avec Eric Werner dans Eléments N°118 (Automne 2005)

(3)Entretien avec Eric Werner dans Eléments N°118 (Automne 2005)

Commentaires

Entendu Villiers ce matin sur RTL. Pour lui tout cela provient de l'immigration, de l'islam. Il veut faire appel à l'armée pour résoudre cette violence. Je ne sais pas s'il est sincère mais il a un message clair

Écrit par : stef | 03/11/2005

Le Figaro d'aujourd'hui http://www.lefigaro.fr/debats/20051103.FIG0083.html?071037
Violences urbaines, crescendo dans la barbarie

Par Jean-François Mattei *


Les émeutes de Clichy-sous-Bois, depuis le 27 octobre, bientôt étendues à d'autres villes du département mettent en lumière quatre traits accusés de notre société. Dans leur exaspération mutuelle, ils nous incitent à nous interroger sur l'état présent du modèle français qui dérive allègrement vers la barbarie, c'est-à-dire la régression intellectuelle et sociale. Sa spécificité tient à la conjonction de la banalisation de la violence, de la trahison de la langue, du renoncement de l'Etat et de la démission des élites responsables.

1. La banalisation de la violence : incivilités quotidiennes, violences sur les personnes et les biens, agressions physiques et sonores, trafics de stupéfiants, cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, cailloutages des policiers et des pompiers, incendies volontaires, règlements de comptes et assassinats crapuleux : la litanie de la violence s'amplifie à un point tel, dans certains quartiers réputés «difficiles», que l'on ne doit plus parler de guérilla, mais bien de barbarie urbaine. Personne n'ose réfuter les statistiques officielles dont nul n'ignore qu'elles sont sous-évaluées. D'après l'Institut des Hautes études de la sécurité, 31% des violences physiques seulement font l'objet de dépôts de plaintes. Quant aux violences sur les biens, leur étiage est toujours aussi élevé, même si la police se félicite du fait que, dans l'agglomération lyonnaise, 800 voitures seulement ont été incendiées de janvier à septembre, ce qui représente une baisse de 8% par rapport à la même période de l'année précédente. Dans la Seine-Saint-Denis, de 20 à 40 véhicules sont incendiés chaque nuit, et l'on nous annonce que 9 000 voitures de police ont été caillassées depuis le début de l'année.

2. La trahison de la langue : quand on n'ose plus regarder les choses en face, on prend la parole pour mieux les occulter. Appliquons les modifications du sens habituel des mots aux violences que nous connaissons dans les banlieues urbanisées et en d'autres lieux. On ne parlera plus en France d'«émeutes», mais d'«actions de harcèlement» ; de «délinquants», mais de «jeunes» ; de «policiers», mais de «provocateurs» ; de «trafic de stupéfiants», mais d'«économie parallèle» ; d'«acte de piraterie», mais de «détournement de navire» ou de «récupération de bien national» ; de «zones de non-droit», mais de «quartiers sensibles» ; d'«atteinte au droit du travail», mais de «mouvement de revendication légitime», etc.

P ar peur d'affronter les difficultés de notre société, on n'ose plus appeler un chat un chat et Rollet un fripon, en oubliant que, selon Boileau, on ne peut rien nommer «si ce n'est pas son nom». «racaille» «tolérance zéro», «ultrarépressif» «volontariste» «martiale». «racaille» «populace méprisable».

Mais qui est le plus à blâmer : celui qui est indigne de considération pour ses paroles ou celui qui est digne de mépris pour ses actes ?signifie, pour le député socialiste qui a consulté son dictionnaire, Faut-il alors ne pas «réprimer» les actes racistes et les exactions antisémites ? Faut-il abandonner dans les domaines du chômage, de la maladie et de la pauvreté toute «volonté» politique au profit d'une aboulie sociale ? Ou devons-nous plutôt respecter, avec la rectitude des mots, la justesse des choses ? Arnaud Montebourg s'étonne que Nicolas Sarkozy utilise des termes dégradants pour ceux à qui ils s'adressent. Mais il ne se demande pas si ces termes conviennent ou non à des trafiquants, des incendiaires et des criminels. Le mot de et et de sa tonalité ou bien se scandalisent de son discours et de Les beaux esprits s'offusquent lorsque le ministre de l'Intérieur parle de 3. Le renoncement de l'Etat : en abandonnant à des bandes organisées ou volatiles le monopole de la violence physique légitime, pour reprendre la définition de Max Weber, l'Etat renonce à exercer sa fonction régalienne comme à assurer la sécurité de ses citoyens. L'Etat de droit se soumet insensiblement à l'état de fait lorsque ceux qui en ont la charge n'ont plus le courage de dire ce qui doit être dit et de faire ce qui doit être fait. C'est ce qu'avaient pressenti aussi bien Hannah Arendt qu'Alexandre Soljenitsyne quand ils considéraient «le déclin du courage» comme le trait politique majeur des sociétés contemporaines.

4. La démission des responsables : la trahison de la langue et la perte du courage conduisent invinciblement les hommes qui assurent de hautes responsabilités, en d'autres termes les élites proclamées, à se démettre de leur vocation première : celle d'être appelés à répondre de leurs paroles et de leurs actes. En premier lieu, devant les plus faibles et les plus démunis. Or il est irresponsable de continuer à qualifier de «jeunes» ceux qui sont des délinquants, en jetant ainsi l'opprobre, d'une part, sur toute une classe d'âge, d'autre part, sur tous les jeunes gens qui habitent les quartiers pauvres. Lorsque Julien Dray déclare que «des centaines de jeunes» sont victimes de discrimination, et que «ce ne sont ni des voyous ni des racailles», il fait preuve de la même irresponsabilité que SOS-Racisme qui dénonce «l'amalgame fait entre jeunes des quartiers et délinquants». Il est tout aussi irresponsable de minimiser les violences de Clichy-sous-Bois et d'autres cités, en en faisant porter le poids sur un ministre de la République, et non sur leurs auteurs, comme l'a fait un ancien premier ministre de la République en accusant Nicolas Sarkozy d'instaurer «un climat terrible» dans les banlieues. Une marche de 500 personnes, en mémoire des deux jeunes gens électrocutés, à la suite d'un accident, a eu lieu à Clichy-sous-Bois en présence du maire de la commune. On ne sache pas qu'une même émotion ait conduit les habitants d'Epinay-sur-Seine et, plus généralement, les médias à accorder le même hommage au père de famille de 56 ans qui est mort massacré en 90 secondes, sous les yeux de sa femme et de son enfant, à la suite d'un assassinat. Lui non plus n'avait rien à se reprocher, hormis le fait de prendre une photo d'un lampadaire avec un appareil numérique. Il sera mort pour rien, sans susciter de réactions de ces responsables patentés qui ne se sentent, et ne se sentiront jamais, ni responsables ni coupables.

* Philosophe, professeur à l'Institut universitaire de France et à l'université de Nice - Sophia-Antipolis.

Écrit par : un touriste | 03/11/2005

Pendant ce temps Chirac a fait un discours sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

Écrit par : Raoul | 03/11/2005

Blog américain sur l'Intifada à Paris selon sa nomination
http://littlegreenfootballs.com/weblog/?entry=18099_Paris_Intifada_Day_Eight#comments

Écrit par : stef | 03/11/2005

je peux faire un lien avec mon blog?
bon c'est fait...

Écrit par : j. | 05/11/2005

Aucun problème.

Écrit par : Fabrice Trochet | 06/11/2005

merci

Écrit par : j. | 06/11/2005

bonjour!!

Écrit par : .... | 07/11/2005

Parmi les religions, l'islam doit être comparé au bolchevisme plutôt qu'au christianisme ou au bouddhisme. Le christianisme et le bouddhisme sont avant tout des religions personnelles, avec des doctrines mystiques et un amour de la contemplation.

L'islam et le bolchevisme ont une finalité pratique, sociale, matérielle dont le seul but est d'étendre leur domination sur le monde»

(Sir Bertrand Russell, scientifique et philosophe pacifiste, Prix Nobel 1950)


http://www.lefigaro.fr/societe/20051109.FIG0091.html

Écrit par : Gérard | 09/11/2005

« Le fondamentalisme musulman est en train de devenir la principale menace pour la paix mondiale... c'est comparable à la menace constituée par le nazisme et le fascisme dans les années 30, et par le communisme dans les années 50. »

(Clare Hollingworth)

Écrit par : Tex | 09/11/2005

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