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06/11/2005

Point de vue des médias arabes

Interessante analyse parue dans Arab.news intitulée France’s Ticking Time Bomb écrit par Amir Taheri (publie la revue française Politique Internationale) parue aussi dans le THE NEW YORK POST du 4 NOVEMBRE sous le titre "Pourquoi Paris brûle-t-il ?

Traduction CID - http://www.cid-online.be

Quand la nuit tombe, les « incidents » commencent -- et le scénario est toujours le même.

Des bandes de jeunes en passe-montagne commencent par mettre le feu à des voitures en stationnement, ils cassent les vitres des devantures à coups de battes de base-ball, ils vandalisent les cabines téléphoniques et mettent à sac les cinémas, les bibliothèques et les écoles. Quand la police arrive sur les lieux, les émeutiers les attaquent à coups de pierres, de couteaux, de battes de base-ball.

La police réagit en tirant des grenades lacrymogènes et, à l'occasion, des coups de feu à blanc en l'air. Parfois les jeunes ripostent -- avec de vraies balles.

Ce ne sont pas des scènes venues de la bande de Gaza, mais de 20 villes françaises, la plupart proches de Paris, plongées dans une version européenne de l'intifada qui semble incontrôlable au moment où j'écris ces lignes.

Les incidents ont commencé il y a une semaine à Clichy-sous-Bois, une banlieue défavorisée à l'est de Paris. Nicolas Sarkozy, le tonitruant ministre de l'Intérieur français, a réagi en envoyant plus de 400 policiers lourdement armés pour "imposer les lois de la République" et a promis d'écraser les "racailles et autres hooligans" le jour même. Il n'a cependant pas fallut longtemps pour que ceux qui ne se mettent pas la tête dans le sable comprennent qu'il ne s'agissait pas d'une "explosion d'éléments criminels" qui pourrait être traitée par un mélange de rond de manche et de matraques.

Le lundi suivant tout le monde à Paris parlait d'une "crise sans précédents". Sarkozy et son patron, le premier ministre Dominique de Villepin, se sont vus obligés d'annuler leurs voyages à l'étranger pour accorder toute leur attention aux émeutes.

Comment tout cela a-t-il commencé ? On s'accorde à dire que, la semaine dernière, un groupe de jeunes gens de Clichy se sont adonnés à un de leurs sports favoris : voler des pièces détachées sur les voitures en stationnement.

Normalement, rien de dramatique ne se serait passé, car cela fait des années que la police ne met plus les pieds dans cette banlieue.

Le problème est survenu quand une habitante, quidam témoin d'un de ces vols, pris son téléphone pour signaler à la police qu'une joyeuse razzia se déroulait sous ses yeux juste en face de chez elle. La police s'est donc vue contrainte à faire quelque chose -- ce qui voulait dire pénétrer dans une ville qui leur avait été interdite depuis longtemps.

Pour ces jeunes -- qui avaient régné sur Clichy pendant des années sans être inquiétés --, l'arrivée de la police sur les lieux représentait une véritable provocation. Une brève poursuite eut lieu dans la rue, et deux jeunes, que la police ne pourchassait même pas, cherchèrent refuge dans l'enceinte d'un transformateur électrique dont l'accès était barré par une clôture. Tous deux furent [mortellement] électrocutés.

Une fois répandue la nouvelle de leurs morts, tout Clichy était aux armes.

Aux cris de "Allah Akbar", des bandes de jeunes armés de tout ce qu'ils avaient pu trouver entamèrent un saccage généralisé et mirent la police en fuite.

Les autorités françaises, ne pouvait permettre qu'une bande de jeunes chasse la police d'une portion du territoire français. La riposte ne se fit pas attendre - on envoya les CRS en camions blindés et avec des instructions d'extrême fermeté.

En quelques heures, la raison première des incidents était déjà oubliée et la querelle pris la forme de l'exigence par les représentants des émeutiers que la police française se retire des "territoires occupés". Dès le milieu de la semaine, les émeutes s'étaient étendues à trois des départements de la périphérie parisienne comportant 5.5 millions d'habitants.

Qui sont les gens qui habitent les zones concernées ? A Clichy même, plus de 80% des habitants sont des immigrés musulmans originaire principalement d'Afrique Noire et d'Afrique Arabe. Dans les autres villes touchées, la communauté musulmane immigrée représente entre 30 à 60% de la population. Mais ce ne sont pas les seuls chiffres à prendre en compte. Le taux de chômage moyen dans ces zones est estimé à environ 30%, et, pour ce qui est des jeunes en âge de travailler, il atteint 60%.

Dans ces villes de banlieue, construites dans les années 50 sur le modèle des logements sociaux soviétiques stalinien, les gens vivent entassés les uns sur les autres, parfois plusieurs générations dans le même appartement minuscule, et ne voient la "vraie vie française" qu'à la télévision.

Les Français aimaient se flatter du succès de leur politique d'intégration, supposée à même de transformer en une seule génération les immigrés du monde entier en "Français authentique".

Cette politique a fonctionné tant que les immigrants arrivaient en France au compte-gouttes et s'intégraient au courant dominant. Ce mécanisme ne peut fonctionner lorsque, comme dans la plupart des écoles des banlieues concernées, moins de 20% des élèves sont francophones de naissance.

La France a aussi perdu un autre puissant outil d'intégration : le service militaire obligatoire, aboli dans les années 1990.

Plus le nombre d'immigrés avec enfants augmente à un endroit donné, plus les résidents français de naissance le quittent pour des "endroits plus calmes", rendant ainsi l'intégration encore plus difficile.

Dans certains endroits, un immigré peut passer toute sa vie sans devoir parler le français - sans parler de se familiariser avec la culture française.

Le résultat est souvent l'exclusion. Ce qui permet aux islamistes radicaux de propager leurs idées de ségrégation religieuse et d'apartheid culturel.

Certains d'entre eux réclament même que les zones où les musulmans forment la majorité soient réorganisées sur le modèle du système du "millet" de l'empire ottoman : chaque communauté religieuse (millet) jouirait du droit d'organiser sa vie sociale, culturelle et éducative en accord avec ses croyances religieuses.

Dans certaines parties de la France, ce système est de facto déjà en place. Dans ces zones, toutes les femmes sont obligées de porter le "hidjab" islamiste standard et la plupart des hommes portent des barbes de la longueur prescrite par les cheiks.

Les radicaux sont parvenus à chasser les commerçants français qui vendaient des boissons alcoolisées et des produits à base de porc; ils ont contraint les "lieux de perdition" tels que dancings, cinémas et théâtres à fermer; et ils ont pris le contrôle d'une bonne part des administrations locales.

Un reporter qui a passé le week-end dernier à Clichy et dans les villes voisines de Bondy, Aulnay-sous-Bois et Bobigny a entendu cet unique message récurrent : les Autorités Françaises n'ont rien à faire ici.

"Tout ce que nous exigeons, c'est qu'on nous laisse tranquilles", déclare Mouloud Dahmani, un des "émirs" locaux engagé dans des négociations visant à persuader les Français de retirer les forces de police et à permettre à un comité de cheiks, pour la plupart issus des "Frères Musulmans", de négocier la fin des hostilités.

Le président Jacques Chirac et son premier ministre de Villepin sont particulièrement ulcérés car ils avaient cru que leur opposition au renversement de Saddam Hussein en 2003 aurait pourvu la France d'une image héroïque au sein de la communauté musulmane.

Cette illusion est désormais en morceaux -- et l'administration Chirac, qui traversait déjà une crise politique profonde, semble n'avoir pas la moindre idée de la manière de désamorcer ce que le quotidien parisien France-Soir appelle "une bombe à retardement".

Il est maintenant clair qu'une portion substantielle des musulmans de France non seulement refuse l'intégration à une "culture française supérieure", mais en outre croit dur comme fer que c'est l'Islam qui offre la plus haut degré de culture auquel tout le monde devrait aspiré.

Quelle est la solution ? L'une d'entre elles, proposée par Gilles Kepel, conseiller de Chirac aux affaires islamiques, est la création d'une "nouvelle Andalousie" dans laquelle Chrétiens et Musulmans vivraient côte à côte et coopéreraient afin de créer une nouvelle synthèse culturelle.

Le problème avec la vision de Kepel c'est qu'elle fait l'impasse sur le problème important du pouvoir politique. Qui dirigera cette nouvelle Andalousie : les Musulmans ou les Français largement laïques ?

La politique française redevient tout à coup très intéressante bien que ce soit pour les pires des raisons.

Commentaires

Pourquoi le gouvernement n'envoie t'il pas l'armée ? les émeutiers si on peut les appeler ainsi car pour moi, je suis d'accord avec mon ministre de l'intérieur, ce sont des voyous en un mot des racailles qui foutent le bordel pour pouvoir continuer leur commerce de drogue, de prostitution, et ainsi continuer leus trafics. Pourquoi attendre qu'il y ait des morts dans le rang des forces de l'ordre? Pour leur donner une médaille à titre posthume? Alors messieurs du gouvernement, agissez, vite et fort envoyer l'armée avant que les vrais citoyens se révoltent.

Écrit par : Bonnardel | 07/11/2005

Il m'a fait trop rire cet article, c'est une vraie caricature surtout ce qu'il raconte sur Gilles Kepel,
oh le pov' Képel, il doit s'arracher les cheveux quand il apprendra qu'il est non seulement un défenseur de l'Andalousie musulmane, mais qu'en plus il appelle à l'instauration d'une andalousie muslamne en France
Mdrrrrr

allez ciao, vive l'ignorance

Écrit par : z. | 08/11/2005

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