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28/11/2005

Finkielkraut : Le procès

 Commencé la journée par l’écoute des matins de France-Culture   d’un débat très tendu et très animé  entre deux producteurs de France Culture, le philosophe Alain Finkielkraut ("Répliques") et le directeur adjoint de la rédaction des Inrockuptibles Sylvain Bourmeau ("La Suite dans les idées"), autour de l’affaire Alain Finkielkraut . Je n’ai jamais entendu un débat aussi houleux. Ce fut une sorte de procès où l’accusé était Alain Finkielkraut. Bourmeau de très mauvaise foi  reprochait à Finkielkraut de ne pas regarder la réalité en face. C’est justement parce qu’il disait  la réalité qu’il a été poursuivi par tous les bien-pensants. D’ailleurs Finki trouvait risible que l’on y apporte des remèdes ethniques. Tout cela est très contradictoire. Bourmeau a ressorti l'affaire Camus. Cela ne l'a pas déstabilisé mais au contraire il a exprimé sa fierté de l'avoir défendu.

Soulignons aussi la réaction d'Alexandre Adler : Je tiens à dire qu’il y a des pétitions et des mouvements publics demandent qu’Alain Finkielkraut soit chassé de France Culture. S’il devait l’être, je ne mettrais pieds ni dans cette émission ni dans cette chaîne de radio.


Lecture ce soir Le nihilisme culturel imprègne les émeutes banlieusardes   par Robert Redeker paru dans le Figaro dont voici quelques extraits
 
« Les événements enflammant les banlieues françaises en cet automne sont d'un genre inédit (...) La violence s'est déchaînée contre la culture, écoles et bibliothèques ont été brûlées, comme en temps de barbarie alors que les mouvements de révolte, par le passé, reconnaissaient dans la culture un ordre des choses inviolable.
L'absence de sens caractérise ces événements. (...) La justification est venue des médias et des commentateurs, faisant dire à ces événements ce qu'ils ne disaient pas par eux-mêmes. Dans les médias, la révolte des banlieues, comme elle était muette, a été ventriloquée. Elle a été commentée en voix off, ou, en sous-titrage sur un film muet. On a ainsi accompagné un mouvement aussi violent que muet du discours habituellement tenu par les révoltes sociopolitiques. Ce silence de la théorie et des revendications dans le fracas des nuits d'affrontements est pourtant une des données les plus stupéfiantes de ce mouvement.
Il s'agit également des premières émeutes postprogressistes, n'exprimant pas l'attente d'une société parfaite, d'un avenir radieux où toutes les causes de déchirements entre les hommes auraient été effacées.(...)Cette déferlante de violence se situe à l'extérieur de ce que l'histoire de notre pays connut en guise d'extrémisme politique. Même les attentats anarchistes de la fin du XIXe siècle – la sanguinaire «propagande par les faits» (Ravachol) – se voulaient explicitement une page de ce grand récit. (...)
La réponse en termes sociaux est vouée à l'échec dans la mesure où ces émeutes n'expriment aucun programme. Ce type de réponse fait écho non pas aux émeutiers mais au sous-titrage par lequel les médias accompagnèrent leurs forfaits. Les violences urbaines, au rebours de ce que la réponse sociale attendrait, s'en prennent avec une rage destructrice aux symboles de ces mêmes programmes sociaux : crèches, pompiers, ambulances, cabinets médicaux, cabinets dentaires, écoles et bibliothèques. La réponse sociale se formule dans le langage de l'imaginaire de l'État français, mais elle manque de prise sur l'imaginaire des émeutiers. La réponse sociale s'incruste dans une vision historique. Du coup, elle ne peut se révéler efficace qu'à la seule condition que les jeunes issus de l'immigration s'incorporent à l'histoire de France, finissant par admettre que l'histoire de France est, jusqu'au plus profond d'eux-mêmes, leur histoire. Autrement dit : que l'histoire, de nationale, devienne leur histoire personnelle.
(...)
Ils ne cessent de rendre la France non désirable. Comment s'étonner de la non-intégration, alors que ces jeunes se sentent justifiés dans ce qu'ils sont, autorisés à refuser les règles de la citoyenneté puisque tout est légitimé ? Dans ce cadre, il devient impossible de poser des idéaux régulateurs : un modèle idéal de l'homme, un modèle idéal du citoyen. Les définitions de l'homme et du citoyen entrent, du fait du pluralisme culturel, en concurrence aux dépens des jeunes de banlieue, qui ne savent plus à quoi il faut essayer de ressembler puisqu'on leur a enseigné que tout se vaut. Le nihilisme est la situation d'égalisation des cultures dans laquelle le travail social enferme depuis trop longtemps les populations des banlieues.
Ce n'est pas la pauvreté, c'est-à-dire une situation sociale, qui engendre la violence anomique et insensée, mais le nihilisme, c'est-à-dire une construction culturelle. Par la faute d'un type d'intervention culturelle trop complaisant avec toutes les différences, les jeunes de banlieue ne disposent plus d'aucun concept du citoyen ou de l'homme pouvant faire office d'idéal régulateur(...) Caractérisées par l'absence de sens, les émeutes des banlieues s'expliquent avant tout par le nihilisme auquel a conduit une politique culturelle inspirée de la sociologie plutôt que de la philosophie. »

Commentaires

Il est clair que c'est d'un véritable procès dont Finkielkraut va maintenant être l'objet...le but étant non pas de juger mais bien évidemment d'abattre.
J'ai pour ma part entendu hier au "Masque et la Plume" les ridicules propos de l'horripilant comparse de Bourmeau (tout aussi rockompu) : Viviant, Arnaud de son prénom. Pour ce nain brughelien, toute personne qui n'appréhende pas les émeutes à travers le prisme exclusif du social est un débile et accompagne le retour des années 30...Pour avoir affirmé que l'antiracisme serait le communisme de demain, Viviant conseillait à Finkielkraut, avec toute l'arrogance de son nanomètre, d'aller se recueillir au Mont-Valérien pour méditer ses paroles! Evidemment aucune critique argumentée, des affirmations assénées...M. Viviant et ses semblables n'ont pas l'air de comprendre leur part active dans la progression de la colère, de par l'omerta idéologique qu'ils pratiquent. Ils musèlent la parole depuis leurs rédactions, et voudraient ensuite qu'on ne puisse même pas le dénoncer! Heureusement qu'ils sont là les Finki, les Camus, les Muray pour appporter un peu d'H2O!
Des fois on se prendrait à souhaiter une vraie guerre civile pour voir où on les retrouverait tous ces héros de terrasses! En train de picorer dans la main de leurs nouveaux maîtres, à n'en pas douter...
Hasard, feuilletant Outrepas l'autre jour, je suis précisément tombé sur le passage où Camus évoque le soutien de Finkielkraut.

Bien à vous.

Écrit par : OrnithOrynque | 28/11/2005

Oui, notre ami Kinkelkraut a quelques problèmes avec les bien pensants et les autres. Mais, le moins qu'on puisse dire, c'est que son argumentation est emberlificotée, compliquée... voire injustifiable.
Il dit par exemple (du moins c'est ce que j'ai compris): les anti racistes sont tolérants à l'égard de ceux qui se disent les dominés et qui pratiquent le racisme à l'égard des dominants (autrement sit, pour simplifier, le racisme anti blanc), et c'est pourquoi je suis contre les anti racistes (l'anti racisme sera au 21ème siècle ce que le communisme, etc.).
Et à cela j'aimerais répondre à Finky: vous êtes donc contre le racisme (anti dominé ou anti blanc), pas contre l'anti racisme. Vous êtes donc anti raciste sans vous l'avouer...
Mais avec Alain Finkelkraut les choses sont toujours un peu plus compliquées que ça!

Écrit par : eric Mainville | 28/11/2005

Y'a que grandiloquence dans tous ces commentaires, y'a qu'affirmations péremptoires assujetties aux "mots" supposés d'importance comme: "nihilisme"...

Des mots "oriflammes" qui sonnent comme les clairons sur les champs de bataille...

Mais qui, en tant que "clairons", ne tempêtent sur nos fronts que pour les pousser hors de leurs limites...

C'est fou comme le dérèglement qui a fait s'embraser la banlieue, a pu pousser un nombre important de "moyennement" penseurs à se croire obligés d'exposer aux foules sensées ne pas penser par elles-mêmes, l'expurgeat de leur libido relativement mal ficelée...

Écrit par : daniel | 29/11/2005

Tout cela se rapproche du nihilisme dans le sens le plus négatif. Il n'y a pas besoin d'être un penseur pour voir cette réalité. C'est une des rares époques où on éprouve plus de compassion pour les tueurs que pour les tués.

Écrit par : Fabrice Trochet | 30/11/2005

...avec le taux de fécondité des français, ces jeunes auraient du mal à remplir les rues! Mais je ne vois pas phénomène communautaire, rien ne le montre: pas de revendications, des boutiques arabes brûlées comme des écoles, et aussi de jeunes franco-français. le seul point commun, il faut le dire a Finkielkraut, c'est que nous avons construit de vrais ghettos!
Comme dans tous ghetto, zone de non droit, les pauvres agressent les pauvres, leurs voitures, leurs filles, les gens dans le RER, racket etc....
ce sont des territoires abandonnés de la République, et d'ailleurs, la police n'a pas fait de bavures parce qu'elle ne les pas pris d'assaut, elle les a entourés seulement.

Alors je pose trois questions:
1 - comment nos technocrates sur-sélectionnés de droite comme de gauche les ont-ils laissé se constituer, ces ghettos? serait-ce parce qu'ils n'ont aucune valeur électorale? Comment châtier cette bande-là, en col blanc??
2 - une politique d'urbanisme demande 20 ou 30 ans. A supposer (avec optimisme!) qu'on trouve un plan B, en attendant, qu'est-ce qu'on fait? On vote Sarko???
3 Et pour Finkielkraut, d'abord courage! pour lutter contre les bien-pensants
(dont les voitures ne brûlent pas et qui donnent des leçons d'antiracisme tout en évitant de proposer quoi que ce soit pour permettre que les gens de "couleur" dont les biens sont brûlés toutes les nuits voient leurs droit à la liberté, à l'intégrité physique, à la protection des biens, garantis par un Etat qui remplisse ses fonctions )
question donc: ces ghettos sont effectivement abandonnés, et sont un terrain d'exploitation pour les groupes "identitaires" à commencer par les différentes tendances musulmanes. Alors, s'il semble trop tard pour avoir encore de la république, de la loi, de l'intégration, comment va-t-on s'y prendre pour poser dans l'opinion française les vrais débats? Je veux dire, peut-on forcer le débat? Ou bien est-ce que c'est Sarkozy qui va le poser?

Écrit par : yodalf | 30/11/2005

Je suis entièrement d'accord avec l'analyse de Redeker : "Ce n'est pas la pauvreté, c'est-à-dire une situation sociale, qui engendre la violence anomique et insensée, mais le nihilisme, c'est-à-dire une construction culturelle. Par la faute d'un type d'intervention culturelle trop complaisant avec toutes les différences, les jeunes de banlieue ne disposent plus d'aucun concept du citoyen ou de l'homme pouvant faire office d'idéal régulateur(...) Caractérisées par l'absence de sens, les émeutes des banlieues s'expliquent avant tout par le nihilisme auquel a conduit une politique culturelle inspirée de la sociologie plutôt que de la philosophie".
Retrouvons la fierté de ce que nous sommes, c'est-à-dire de nos origines et de notre histoire, en un mot de notre identité !

Écrit par : Pierre | 03/12/2005

le NIHILISME, vieille idéologie russe, repose sur le refus de la société à partir d'un réflexion de type anarchiste. S'il y a un nihilisme des banlieues, je le verrais plutòt comme le résultat d'un double abandon. Evidemment la politique sociale et culturelle inqualifiable de nos gouvernements, dont les motifs resteraient à analyser. Enfermés dans de véritables ghettos, qualifiés comme ZEP ou autres territoires, les habitants ne peuvent s'intégrer ni à une école qui les subit plus qu'elle ne les éduque, ni au travail, vus les types d'emploi ou de chômage qui s'y rencontrent, ni par le service militaire qui a disparu, et PAS D'INTEGRATION, dans un pays dont la légitimité se dissout dans l'UE, dans l'OMC, fondu dans le néolibéralisme, qui laisse se développer les trafics, laisse brûler u nombre "raisonnable " de voitures chaque semaine; au total, un premier ensemble d'abandons.

MAIS, par ailleurs, les traditions d'origine des ces immigrés se DESINTEGRENT. L'autorité du père musulman, ou africain, s'est évaporée avec l'éloignement, et avec le chômage. C'est un deuxième abandon. Il en résulte une perte de valeurs, et un vide total.

IL est erronné de dire, comme Finkielkraut, qu'¡l y a une révolte ethnique, en laissant à penser que des idéologies propres à des ethnies non françaises sont à l'oeuvre pour détruire la République. C'est plutôt l'inverse: le néolibéralisme, la cohabitation, l'apathie des élites, la nullité du débat politique détruisent la république, tandis que nos enfants d'immigrés qui voient leurs traditions s'effondrer cherchent leur identité et, donc, ne rencontrent que le vide (et notre télé en est une image tragique).
Et, comme partout dans ces circonstances, on trouvera une identité. une place dans une hiérarchie, plus facilement dans le succès (Rap, sport, muscles), et surtout la délinquance et les bandes, avec leurs codes, lesquelles finissent par structurer un territoire que la police ne tient pas, et apparaissent comme un susbitut, modeste, mais présent, qui donne un sens au vécu quotidien.

Écrit par : yodalf | 05/12/2005

"Ce pays [la France] mérite notre haine : Ce qu'il a fait à mes parents était beaucoup plus violent que ce qu'il a fait aux Africains. Qu'a-t-il fait pour les Africains ? Il n'a fait que le bien."
Alain Finkielkraut


--> Où l'on comprend la nécessité de lire L'industrie de l'Holocauste, de Norman Finkelstein...

Où l'on voit qu'il n'y aucun besoin de connaître l'Histoire pour "philosopher" : la France n'aurait rien fait de mal aux Africains !

Pas non plus besoin d'être cohérent. "Ce pays mérite notre haine" dit Finkielkraut, invoquant la Shoah. Et que disent les racailles qui détruisent les quartiers populaires ? Exactement la même chose, mais eux le font en invoquant les crimes du colonialisme !

"Ce pays mérite notre haine" : on croirait entendre jacter BHL.

Et soudainement l'on s'aperçoit que Finkielkraut, grand ennemi du manichéisme quand ça l'arrange, ne sait lui-même pas compter jusqu'à trois. Même les crimes de masses contre les Juifs commis par les nazis et leurs complices, crimes régulièrement invoqués pour faire taire ceux qui critiquent la politique israélienne, ne rentrent pas dans une grille de lecture Bien/Mal. Erhard Milch, d'origine juive, n'en a pas moins joué un rôle important dans l'armée de l'air nazie. Et le Dr Rudolf Kastner, juif hongrois mais également sioniste notoire, a envoyé dans les camps de la mort 476 000 juifs...

Écrit par : megacatastrophemondiale | 07/12/2005

"Et le Dr Rudolf Kastner, juif hongrois mais également sioniste notoire, a envoyé dans les camps de la mort 476 000 juifs..."

Accusation fausse et même diffamatoire. Ce sont les nazis qui ont envoyé les Juifs hongrois en camp, pas Kastner.
Quelles sont vos preuves ?

Écrit par : Igor | 07/12/2005

Sarkozy juif hongrois sioniste facho
finkielkraut juif polonais sioniste facho


Tout compte fait je préfere Lepen , il est facho mais au moins il est gaulois!!

Écrit par : Marcus von brown | 11/12/2005

le problème, c'est que même des gens qui sont peu recommandables peuvent dire parfois des choses justes...
que des salauds d'exploiteurs racistes comme Schindler peuvent sauver la vie 'a des gens, une fois, sans doute, mais une fois bien précieuse.
... que sarko a raison de dire qu'il y a des problèmes de délinquance et que l'assistanat ne marche pas,
...et que herr markus von Braun vote LePen, mais a raison de dire que Sarko est quand même un S.....d
... que le même a raison de critiquer Finkie, mais que Finkie a raison de désigner les problèmes de nos GHETTOS
... que moi même ne suis peut être pas un saint, mais que j'ai sans doute raison de dire qu'il serait urgent de regarder la réalité du naufrage de notre république dans ces mêmes ghettos et dans le néolibéralisme, avant qu'il ne soit trop tard...

Écrit par : yodalf | 11/12/2005

"Accusation fausse et même diffamatoire. Ce sont les nazis qui ont envoyé les Juifs hongrois en camp, pas Kastner.
Quelles sont vos preuves ?"

--> Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem.
Ralph Schoenman, L'histoire cachée du sionisme.

Écrit par : megacatastrophemondiale | 14/12/2005

Ralph Schoenman est tout sauf une référence mon cher megamachin ! Son torchon antisioniste est truffé d'erreurs (regardez sur amazon.com les critiques de lecteurs).

Écrit par : Igor | 17/12/2005

"Ralph Schoenman est tout sauf une référence mon cher megamachin ! Son torchon antisioniste est truffé d'erreurs (regardez sur amazon.com les critiques de lecteurs)."

--> Et Hannah Arendt ? "Tout sauf une référence", elle aussi ? Quoi ? Ne me dites pas que vous n'avez pas lu Eichmann à Jérusalem...

Écrit par : megacatastrophemondiale | 18/12/2005

Sur Amazon.com, il y a des commentaires positifs, d'autres négatifs - ces derniers étant écrits par des sionistes américains (notamment le genre de tarés christiques persuadés que tant que tous les Juifs ne seront pas retournés en Palestine, le messie ne pourra pas revenir).

Cela dit, l'idée de Schoenman selon laquelle il faudrait bombarder les camps d'extermination est complètement idiote. Connaissant la chirurgicale précision des frappes américaines -des écoles serbes en passant par les marchés irakiens et les mariages afghans- ces bombardements n'auraient abouti qu'à massacrer les détenus en même temps que leurs bourreaux. Mais ce n'est pas le point central du livre.



On admire la finesse de l'analyse politique d'un des sionistes qui a posté un commentaire sur amazon.com. Traduit en français, il signifie à peu près ceci :

"Le livre fait bien d'autres constats pareillement stupides qui sont trop nombreux pour être énumérés ici. Si vous êtes un fan autoproclamé de Chomsky ou Trotsky, alors c'est votre bible."

Comme si un bolchevik ukrainien refroidi en 40 et un anarchiste américain contemporain pouvaient avoir les mêmes positions sur le Proche-Orient ! A n'en pas douter, l'auteur du commentaire ne s'est intéressé ni à l'opinion de l'un sur le sujet ni à celle de l'autre.

Écrit par : megacatastrophemondiale | 18/12/2005

LE BERGER

Berger, va faire paître loin de mon éden policé tes moutons sales. Je déteste tes mains calleuses, je fuis ton odeur douteuse, me méfie de tes airs de bohémien.

Ta barbe longue m'inspire dégoût. Quelle femme honnête chercherait l'ivresse dans tes baisers ? Ta face hirsute effraie les enfants, fait rire les belles gens de la ville. Tu es un sauvage berger. Un coureur de pâturages, un vieux cerf puant, un fumeur de tabac bon marché. Tu n'es qu'un va-nu-pieds, tandis que ma semelle à moi est hautaine, claquante, luxueuse. Les gens de ton espèce dorment sous l'étoile, étendus dans leur peau de bête. Pire qu'à la cloche. Et tu te crois libre parce que ton matelas est fait d'herbes sèches, toi le vagabond ? Pâtre, tu es un sot, un ignare, un benêt et un pouilleux. La laine crottée de ton troupeau est une offense à la civilisation, à la Beauté, et même aux bonnes moeurs.

Tu avances dans ta montagne mais tu régresses dans ta tête, pauvre pasteur ! Sais-tu lire au moins ? Tu ne connais que des boniments, vieux cancre ! Au lieu de rêvasser sous les étoiles, tu ferais mieux d'ouvrir un livre. Ou de retourner à l'école apprendre l'alphabet. L'Arcadie est un mythe berger. Tu n'as rien d'un héros antique. Tu n'as ni allure ni profondeur, et aucune sentence immortelle ne sort de ta bouche muette. Incorrigible solitaire, tu es pitoyable sous la pluie comme au soleil. En réalité tu n'es qu'un misérable et nul artiste n'aurait l'idée ni le coeur de peindre tes haillons.

Je n'ai pas besoin de tes services, berger. Je me vêts de dentelles et mange les fruits de mon potager. Mon jardin est droit, carré, propre. L'ivraie n'y a pas droit de cité, le loup n'y rôde pas, et la rose l'embaume.

Éloigne tes bêtes stupides de mes sillons. Je ne veux pas entendre les sots braiments des hôtes de ta drôle d'étable. Le chant de la laine est épais comme l'enclume. Va t'en berger ! Que les bêlements de tes quadrupèdes ne viennent jamais troubler la beauté furtive de l'aube...

Et que demeure intacte autour de mon verger la rosée du matin où viennent s'abreuver muses et poètes.

Raphaël Zacharie de Izarra

raphael.de-izarra@wanadoo.fr
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Téléphone : 02 43 80 42 98
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Écrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | 26/12/2005

TROIS TEXTES LUCIDES SUR LES BANLIEUES

Je prétends que le mouvement de révolte de nos banlieues est fondé. Pour autant je ne cautionne pas les violences ni d'ailleurs les crémations de véhicules, qu'elles soient symboliques, politiques ou crapuleuses. Je soutiens simplement tout ce qui réveille les consciences, ébranle les coupables inerties. Toute société est vouée à progresser, rien n'est jamais figé en ce monde, perpétuel mouvement des animés comme des inanimés (même les pierres changent, bougent, évoluent à l'échelle géologique).

Quoi qu'il en soit, le temps seul nous dira ce qu'il en est à propos du mouvement de révolte des banlieues... Je suis prêt à faire mon mea culpa si nécessaire.

Raphaël Zacharie de Izarra

1 - LES FLAMMES DE LA RAISON

Il me semble que la crémation des moyens de locomotion généralisée dans les banlieues du pays est le signe d'un grand bouleversement social, un mouvement de fond qu'une stupide répression policière ne saurait éteindre. Je ne cesse d'entendre que brûler des voitures, ça n'est pas une solution pour résoudre les problèmes des jeunes de banlieue...

Justement, je pense que c'est une solution. Sans ces heurts spectaculaires (toucher à la tôle sacrée du français moyen, ça choque toujours l'opinion publique sensible à la préservation de ses joujoux favoris), comment faire avancer les choses, faire prendre conscience aux privilégiés des centres villes et des campagnes de la gravité de la situation dans les banlieues ? Brûler des voitures est, à mon sens, la meilleure solution pour faire bouger les choses, contribuer à faire changer les mentalités, secouer les consciences endormies. Brûler une voiture est certes répréhensible sur le plan strictement légal, mais c'est précisément avec ce genre de geste illégal, acte fondateur par excellence du pionnier social participant au progrès humain, qu'évoluent nos sociétés.

Mieux vaut faire une révolution en brûlant des voitures plutôt qu'en portant des têtes coupées sur des piques. Brûler des voitures est par conséquent un acte potentiellement héroïque, pour peu que cela débouche sur une amélioration de la vie des révoltés, une capitulation du pouvoir qui reconnaîtra par la suite la révolte comme un légitime soulèvement des banlieues contre l'injustice sociale.

C'est ainsi qu'évoluent les mentalités, que se fait le progrès social : en pratiquant la désobéissance civile, en manifestant illégalement contre le pouvoir. Aujourd'hui conspués, demain qui sait si les brûleurs de voitures ne seront pas honorés par les mêmes qui les condamnent actuellement ? Comme les porteurs de têtes coupées de 14 juillet 1789 sont de nos jours acclamés. La crémation des voitures de banlieue, c'est leur 14 juillet à eux. Leur révolution est en marche. C'est en se rebiffant de la sorte contre l'ordre social inique que progresse toute société. Aujourd'hui les mentalités ont évolué, dans sa grande majorité le peuple ne verse plus le sang pour se faire entendre, il brûle des voitures, brise du mobilier urbain. N'est-ce pas déjà un énorme progrès par rapport aux révoltes barbares du passé ? De nos jours même les plus enragés des insurgés des banlieues respectent la vie humaine. Plus civilisés que nos aïeux, ils se révoltent avec les moyens appropriés à leur portée : l'incendie de voitures. Où est leur crime ? Leur combat me semble parfaitement légitime. A leur place, ne réagirions-nous pas de même ? Pour avoir vécu dans la banlieue et côtoyé un peu ses habitants, je comprends leur révolte.

Vive la révolution, vivent les âmes éveillées !

Raphaël Zacharie de Izarra

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2 - A MES DETRACTEURS POLITIQUEMENT FRILEUX

On ne fait pas l'Histoire sans casser des oeufs.

J'ai dit "LA MAJORITE des révoltés de la banlieue respectent la vie humaine". Je n'ai pas fait des cas particuliers une généralité. Les émeutiers dans leur ensemble ne massacrent pas leurs semblables, ils brisent les carreaux, brûlent la tôle, font trembler le béton et les bonnes consciences. Il y a certes des brebis galeuses parmi ces insurgés, qui n'hésitent pas à s'en prendre violemment aux personnes, discréditant le mouvement de révolte. Ceux qui ont commis ces crimes doivent de toute façon être arrêtés et châtiés.

A ceux qui insistent pour rétorquer sur tous les tons que brûler des voitures n'est pas une solution, je réponds que si justement, je crois que brûler des voitures est une solution (une parmi d'autres d'ailleurs) et j'ai expliqué pour quelle raison dans mon texte précédent. Il n'y a que par ce moyen, spectaculaire et périlleux mais efficace en termes de retentissement médiatique, que les révoltés de la banlieue pourront obtenir gain de cause. L'Histoire a toujours donné raison aux insoumis qui s'insurgent contre l'injustice établie en ordre étatique.

Raphaël Zacharie de Izarra

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3 - APPEL A L'INSURRECTION DES BANLIEUES

Ému par la gravité et le caractère révolutionnaire des événements sociaux qui agitent actuellement le pays, je m'adresse aux "fauteurs de troubles" en termes solennels.

J'en appelle à la poursuite acharnée de la rébellion, à la résistance héroïque face à l'oppresseur étatique. Cependant, convaincu que pour être légitime, tant sur le plan éthique que politique, le droit des populations au soulèvement contre l'injustice sociale doit s'établir sur des fondements moraux élevés, les moyens mis en oeuvre pour parvenir à cette fin ne doivent pas contredire cette exigence morale. Aussi je m'en remets aux bonnes volontés et incite les insurgés à abandonner leurs méthodes archaïques. Violence et bris de biens publics et privés doivent être proscrits au profit d'une attitude résolument pacifique et non-violente. Mais toujours ferme, déterminée. Je propose de grandes marches pacifiques avec encerclements des établissements républicains sensibles tels que Palais de l'Élysée, Préfectures, postes de police.

Pacifique, cet appel à l'insurrection n'en demeure pas moins réel.

Marches militantes et sièges des établissements publics non-violents mais éminemment séditieux, hautement subversifs. Le pouvoir doit fléchir sous la volonté souveraine du peuple. Tant que les décideurs aux commandes de l'État n'auront pas capitulé face au souffle juste de la révolte populaire, j'engage à la persévérance, voire à l'entrée officielle ou clandestine en résistance des éléments les plus combatifs, les plus braves selon la tournure que prendra le soulèvement, et ce afin de faire triompher la cause. Je rappelle avec insistance que les moyens engagés pour poursuivre la lutte, qu'ils soient individuels ou collectifs, officiels ou clandestins devront toujours être non-violents, pacifiques, respectueux des biens et de la sécurité d'autrui.

Courage camarades, la victoire est au bout de la rue ! Le peuple vaincra ! Vive la révolution, vive la justice, vive la liberté !

Raphaël Zacharie de Izarra, Le Mans, le 10 novembre 2005

Raphaël Zacharie de Izarra
2, Escalier de la Grande Poterne
72000 Le Mans
Tél : 02 43 80 42 98
raphael.de-izarra@wanadoo.fr

Écrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | 26/12/2005

Le pire c'est que certains prennent au premier degré vos commentaires.

Écrit par : Fabrice Trochet | 28/12/2005

LES CRUAUTES DE L'AMOUR, LES INCONVENIENTS DE LA NATURE

Dans le salon de Madame de la Brissolière je brillais comme d'habitude, jouant de la dentelle et du chapeau avec affectation. Lorsque je la vis. Blanche, triste, la taille fine, les poumons larges dans leur étoffe aérée, elle écoutait mes frivolités avec gravité.

Je continuai à débiter doctement mes fadaises aux convives qui étaient plus de vingt, feignant de demeurer insensible à cette vestale mamelue qui me fixait avec un air mélancolique et fantasque.

Qui était cette juvénile créature aux imposants appas à demi dévoilés ? Prétextant une diarrhée subite, je m'éclipsai vers les lieux d'aisance, invitant la belle à me suivre d'un regard hautain accompagné d'un geste discret mais assez explicite pour qu'elle n'ignorât point mes desseins. Je n'eus guère longtemps à attendre. Deux minutes après ma sortie honteuse la triste demoiselle me rejoignit. Nul n'osa me porter secours dans mon état d'indisposition supposé... Et dans la surprise générale produite par ce mensonger mais fracassant aveu, qui se serait aperçu de la disparition de la muette ? Censé me vider les viscères loin de l'assemblée mondaine, j'avais l'assurance qu'on me laisserait en paix.

Nous nous éloignâmes immédiatement du cabinet de toilette. J'emmenai l'amoureuse dans la chambre de Madame de la Brissolière, occupée à faire bonne figure au salon. La porte était close mais je la défonçai sans peine.

L'alcôve était d'autant plus délectable que l'accès nous en était interdit. Là, la morose beauté me fit les honneurs du contenu de son corsage, ainsi que de son coeur, qui était plein de larmes.

- Quelle est la raison de ce chagrin en pareille circonstance, ma belle ?

- Mon beau Monsieur, mon cher, mon tendre ami, Ô Seigneur de la plume que vous êtes, vous qui êtes si fier de votre particule et qui savez si bien briller en légère société, ces larmes sont pour vous. Ce sont des larmes d'amour, car enfin mon coeur s'est enchaîné à votre haute personne ! Mais je n'ignore pas que vous êtes fort cruel Monsieur, et sais par conséquent que jamais vous n'acquiescerez à mes élans les plus chers. Votre égoïsme est légendaire, et votre odieux mépris pour la gent puérile anéantit tout espoir d'avoir de vous quelque digne progéniture. Je suis réduite à ne vous donner que ce que vous voudrez bien prendre de moi. Et vous ne voulez de moi que l'hymen et le giron. Ne suis-pas à plaindre ?

- En effet, aimable demoiselle. Vous êtes bien à plaindre. Mais descendons plutôt rassurer Madame de la Brissonière car mes humeurs en vous se sont répandues et la serrure de la porte de sa chambre est brisée. Je dois m'arranger pour faire porter la responsabilité de cet incident sur quelque domestique. Vous êtes bien jolie Mademoiselle, à la vérité. Mais réajustez votre corsage voulez-vous ? Vos tétins m'indisposent. Et puis cessez de sangloter, vous avez l'allure d'une fille de ferme avec votre joue enflée et votre toilette en désordre ! Et puis votre coiffure, est-elle bien laide ! Qui donc vous a si mal poudrée ? Changez de bonne ou bien entrez dans les ordres Mademoiselle ! Tenez, vous êtes si peu aimable que je sens sourdre en mes intestins quelque chiasse carabinée... Vous me faites bien mauvais effet. Ha ! ôtez-vous prestement de ma vue, scélérate, odieuse vipère, détestable catin !

- Monsieur, je vous aime tant...

- Taisez-vous et disposez vous dis-je ! Vous ne faites qu'empirer mon mal ! Votre présence m'importune et ma colique est violente. Allez plutôt annoncer aux belles gens d'en bas que le Maître es plume est en train de se vider les tripes, ainsi mon mensonge de tantôt n'en sera plus un et nul ne saura que nous avons fait commerce de chair sur le lit de notre hôte.

- Bien Monsieur.

Quelque temps après j'apparus dans le salon, éclatant de satisfaction, le teint frais, les intestins apaisés, les glandes séminales allégées.

Un audacieux osa tout haut la question que nul ne se serait permis, même tout bas :

- Alors mon cher, allez-vous mieux ?

D'un regard plein de morgue je lui répondis d'une voix forte afin que tous pussent m'entendre :

- Fort bien Monsieur. Je me suis dégorgé les couilles dans la chambre de Madame de la Brissonière avant de me vider les tripes dans ses chiottes.

Par dessus son épaule j'aperçus l'amante éplorée, les yeux fixés sur moi, qui de plus belle brûlait d'amour.

Raphaël Zacharie de Izarra
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Écrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | 04/01/2006

Monsieur l'ornithorynque, je vous cite: "Heureusement qu'ils sont là les Finki, les Camus, les Muray pour appporter un peu d'H2O!"
Pensez vous que vos (pp)références avec ou sans diminutif apportent de l'eau au moulin de votre pensée ou permettent d'aérer vos dicours et vos neurones embrumés?
Pour moi ce sera sans glaçon.

Écrit par : boldair | 23/01/2006

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