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19/02/2006

Au régal des Vermines Marc-Edouard Nabe

Le Dilettante a eu la judicieuse idée de republier Au  régal des vermines depuis longtemps épuisé. L’intérêt de cette parution est aussi la préface intitulé « Le Vingt-sept Livre » où Nabe nous livre de savoureuses avec son ancien voisin Michel Houellebecq . Coïncidence étonnante : ces deux écrivains ont habité à la même adresse. La plupart des livres parus sur Houellebecq sont ternes,  plein de ressentiments et surtout  sans intérêt ; celui-ci est très  jubilatoire Les anecdotes abondent. On rit de suivre Houellebecq passant  des heures au Monoprix à draguer une grande noire en vain.

Ce qu’on reproche le plus à Houellebecq ce n’est pas le texte par lui-même « Sur le fond, ta Possibilité d’une île ne dérange personne, Michel. Ce qu’il y a de plus « scandaleux » dans ton livre, c’est qu’il a du succès. La société marchande ne supporte pas qu’on lui montre qu’elle est. »

Nabe fustige toujours autant la médiocrité, le mensonge. D’ailleurs il ne flatte personne même pas ses fans.

« Quand à la vérité, qu’elle crève, cette conne ! Elle ne m’a apporté que des emmerdements ! Mentons ! » Peut-être est-ce son dernier livre comme il a l’air de le prétendre à la fin de cette longue préface.

 

A la sortie d’Au régal des vermines, Nabe fut considéré comme le parfait salaud.

« (...) je  sais pourquoi je suis un criminel : parce que je n’écris pas de livres normaux, bien objectifs, sériés, intelligents, cohérents et structurés. » Il se doutait que ce livre ne pouvait plaire à la société. « Voici un livre dangereux, pour moi, pour vous. »

Ce qui transparait dans ce livre c’est cette liberté de ton que l’on n’a plus l’occasion de lire. Nabe est vraiment un esprit libre, inclassable, irrécupérable donc dérangeant.

Dans ce livre on peut y lire des pages magnifiques sur le jazz, Léon Bloy, Céline et aussi Lucien Rebatet, un écrivain maudit  dont il a l’outrecuidance de proclamer son admiration.

Ses pages sur ces rebelles, ces faux subversifs de plus en plus envahissant sont toujours d’actualité.

Ce qui est le plus touchant chez Nabe et ce livre le confirme c’est sa sincérité, son courage, sa sensibilité, son impertinence,  le sens aigu de l’observation, son ambiguité comme tout être humain.

09:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : littérature

Commentaires

TRès juste. Excellent livre à cécouvrir pour tous ceux qui veulent changer de lecture et de monde.

Écrit par : Jean | 02/03/2006

Bof, bof, bof...
Je suis beaucoup moins convaincu que vous ne l'êtes, Fabrice.

Écrit par : Stalker | 08/03/2006

Nabe: petit plagieur celinien et insipide chroniqueur mondain.

Écrit par : Citrouille | 14/03/2006

Un authentique talent, un orfèvre de la plume.
C'est une hérésie de le comparer à Céline, un autre monstre sacré qui trône sur mon Panthéon. Le "Régal" est le meilleur lancement d'auteur qu'un auteur ait imaginé (remember Pivot ?). Depuis, Nabe a largement démontré son génie littéraire.

Seuls les cons aveugles se font un devoir de passer à côté...

Écrit par : kalle | 27/04/2006

Je suis fan de cet auteur qui manie si bien la plume!!! C'est un délice de lire ses critiques incisives..

Écrit par : piou | 10/06/2006

Les commentaires sont fermés.