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12/03/2006

Laurence Cossé

Assisté à une conférence  ce mercredi avec Laurence Cossé dans le cadre du cycle  «  Les écrivains face au mystère » organisé par l’association Foi et Cultures à Angers. Cela m’a permis de découvrir cet écrivain et ainsi d’emprunter à la bibliothèque un de ces livres Le coin du voile  un polar théologique dont le sujet est basé sur la preuve de l'existence de Dieu. Passionnant, plaisant à lire et drôle. Relevé ce passage « Il voyait comment, en quelques semaines, la preuve de l’existence de Dieu peut ruiner l’équilibre laïc. Car l’équilibre tient à l’incertitude de l’existence de Dieu. L’absence de preuve de l’existence de Dieu oblige à respecter les incroyants ; mais l’absence de preuve de l’inexistence de Dieu oblige à respecter les croyants. »

 
Je suis toujours étonné de voir une assistance peu nombreuse à ces conférences et pourtant les thèmes sont forts intéressants. Pour info,  la prochaine conférence aura lieu le mercredi 19 Avril  avec pour thème « Dostoïevski, le message évangélique » par Madame Comorovski, professeur honoraire à l'université de Bucarest.
Laurence cossé, une petite femme,  très mince m’a semblé très à l’aise avec le public. Elle a critiqué le milieu de la critique qui se préoccupe  plus du   sujet du livre que du  style. Ces livres sont souvent traités comme des essais.
Je m’en suis aperçu avec Renaud Camus. Ce que j’aime chez lui c’est principalement la forme. Certains critiques quand ils en parlent, c’est au contraire, pour lui reprocher un style trop classique. Chez d’autres écrivains,  cela ne passe pas ;  mais chez Renaud Camus son style parfaitement maîtrisé font de lui un des meilleurs écrivains contemporains.

18:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

11/03/2006

Soupe identitaire

Point de vue interessant paru le magazine antifasciste radical REFLEXes  à propos des soupes identitaires

(...)En lançant une « soupe identitaire au cochon » il y a deux ans, les époux Bonnivard - et au delà d’eux le Bloc Identitaire - avaient-ils l’intention de faire œuvre humanitaire ?(...)

(..) Pendant deux ans, il n’y a eu de soupe qu’à Paris (...) La seule stratégie possible pour les antifas était donc soit directement de renverser la marmite, soit de ne pas en parler et de laisser tout ce petit monde s’épuiser dans un travail dont toute personne l’ayant pratiqué sait qu’il est ingrat.

 

On pouvait compter sur le sens politique des associations « antiracistes » pour analyser la situation en ces termes. On se trompait lourdement. En ce début d’hiver 2005-2006, que ce soit à Nice ou à Strasbourg ou même indirectement à Paris, ces associations ont su trouver l’oreille complaisante des autorités pour décréter la soupe « identitaire » discriminatoire. Parce qu’elle servirait du cochon et que cela empêcherait donc des SDF musulmans d’y accéder ! Fichtre la belle affaire ! Ce faisant, nos « antiracistes » se sont placés dans une situation intenable qui voit les Identitaires pouvoir se poser en résistants charcutiers et démontrer le côté ubuesque de la répression : des compagnies de CRS mobilisées pour traquer une soupe prohibée. Au delà de cette erreur tactique grossière, la nature de l’argumentation des associations pose bien sûr gravement problème. Va-t-on décréter que les boucheries de supermarché sont discriminatoires parce que la viande qui y est servie n’est ni hallal ni casher ? Va-t-on dans la même veine décréter qu’il faut que toutes les piscines de France aient des plages horaires non mixtes pour ne pas être discriminatoires envers les musulmans pratiquants ? Le trait est outré mais il n’est finalement qu’une conséquence possible de cette logique qui voit le caractère religieux primer sur une situation normale. Et la situation normale est pour nous de pouvoir blasphémer et se moquer des interdits divins, quels qu’ils soient et en particulier alimentaires. Nos prédécesseurs libertaires ne se sont pas battus contre l’emprise du christianisme pour que nous cédions face à une autre religion tout aussi - sinon plus - contraignante sous prétexte de souci « humanitaire » ou « d’intégration ». La position de ces associations, de la LICRA à la LCR, est d’autant moins tenable qu’elles espèrent et qu’elles en appellent à l’action des pouvoirs publics, incapables qu’elles sont d’emêcher elles-mêmes ce qui leur semble un scandale. Donc oui ces soupes sont discriminatoires mais pas parce qu’elles servent du cochon. Elles sont discriminatoires tout simplement parce que même amateur de cochon un SDF basané n’aurait que fort peu de chances de se faire servir, l’allure générale des militants présents suffisant généralement à dissuader les importuns... C’est d’ailleurs sans doute pour éviter un « testing » fatal que l’association SDF s’est doté d’une couverture juridique imparable : elle ne sert qu’à ses adhérents et pour être adhérent il faut être parrainé par deux membres dirigeants de l’association. La boucle est bouclée.(...)

Autour de Philippe Muray

La mort de cet écrivain m’a vraiment attristé. Je n’ai pas le courage d’écrire un article sur lui ; d ’autres que moi l’ont d'ailleurs fait. J’ai sélectionné quelques articles.
 

Très bel hommage de Philippe Muray rempli de sincérité et de tendresse  par son éditeur Michel Desgranges .On peut y lire quelques confidences sur le milieu de l'édition

(...)Pour qui a de la fortune, ou un emploi qui lui laisse des loisirs, le souci ne se pose pas ; qui en est dépourvu se cherche alors une situation dans le domaine qu'il croit être le sien : la presse littéraire ou l'édition – il devient un professionnel des lettres, et consacre l'essentiel de son énergie à une stratégie d'entr'aide cauteleuse avec ses confrères du même trottoir : "j'écris un bon article sur ton livre et tu en feras écrire un ejusdem farinae sur le mien par un tel dont je sais qu'il te doit un service" ou "je publie avec une grosse avance ton roman (in petto : un roman de merde) et n'oublie pas que tu es juré d'un prix auquel je présente ma dernière œuvre" – rien de tout cela ne se dit à haute voix : cela va de soi. (Quoique... Un jour, Yves Berger, alors grand manitou littéraire de Grasset, m'invita à déjeuner pour me livrer cette confidence : "c'est désolant, Michel, mais nous ne pouvons plus publier que des auteurs qui peuvent nous rendre des services").

Philippe n'avait ni fortune ni emploi à loisirs rétribués et, même si son œuvre lui ouvrait déjà les portes du milieu (au sens d'Albert Simonin) intello-littéraire, sa simple honnêteté, et un élémentaire respect de soi, lui interdisaient d'être un atome, ou une étoile, d'un univers de compromissions constantes, de trahisons et de jalousies, de mensonges et de flatteries hypocrites...
    Ce qu'il décida fut digne : il fit le choix d'écrire discrètement plus de cent romans policiers populaires assez bêtas et plutôt rigolos (nous nous en amusions souvent) vendus à plusieurs dizaines de millions d'exemplaires (et je pense que tout Français a lu Philippe sans le savoir...) ; cela ne fut pas sans lui coûter de peine, cela lui permit d'être ce qu'il voulait être : un écrivain authentiquement libre.
    C'est sans hésiter que je révèle ainsi non pas tout, mais l'essentiel, du secret du discret Muray avare de détails, car pour moi qui sais combien il lui eût été, socialement, facile d'être l'une des vedettes médiatiques de la France des lettres, ce choix montre l'honneur de l'homme ; si lui n'en parlait pas, ce n'est pas par quelque honte, mais parce qu'il avait la conviction, fortement exprimée dans son œuvre, que tout individu a le droit fondamental de ne dire sur lui-même que ce qu'il estime pertinent de dire.(...)

 
Bel article de Sébastien Lapaque  paru dans L’Opinion indépendante

13:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

10/03/2006

L'ensauvagement : Le retour de la barbarie au XXIe siècle

L'ensauvagement : Le retour de la barbarie au XXIe siècle Thérèse Delpech

 

Un article paru dans l’Homme Nouveau décrivait ce livre comme  l’essai politique le plus important  de ces dernières années. En me procurant ce livre j’était un peu dubitatif  mais en achevant sa lecture, je ne peux que confirmer cet avis ; ce livre est effectivement un des essais  les plus brillants que j’ai eu l’occasion de lire.

Dans le beau prologue sans complaisance sur notre époque, Thérèse Delpech met en lumière les maux de notre époque. « L’ancrage dans le passé, la transmission des valeurs, la continuité des générations, ce qui relie les hommes entre eux, tout cela est menacé par l’immédiateté dans laquelle nous vivons et par le chaos qui nous entoure »

Elle n’emploie pas la langue de bois et souligne  le danger de la banalisation de la violence : « La violence idéologique et sociale qui caractérise la crise du monde contemporain serait partout. C’est une façon commode d’exonérer le crime et de le justifier. »

Elle évoque aussi la dimension spirituelle en forte régression dans  nos sociétés. Malheureusement ce vide n’a pas été comblé.

« Le chaos intellectuel et spirituel partout perceptible a ses racines dans la fébrilité de société sans repères, dans l’ennui qui en résulte, dans la destruction de l’espoir en l’avenir, mais surtout dans la ruine de la confiance en l’esprit. »

 

Dans ce livre l’auteur invoque des écrivains et intellectuels qui ont eu un regard visionnaire sur les désastres du siècle écoulé et les maux du monde moderne : Léon Bloy, Berdiav, Franz Kafka, Georges Steiner, Dostoïevski, Georges Orwell, Tocqueville, Karl Kraus.

Hélas ceux qui ont dénoncé ces barbaries se sont retrouvés bien seuls « La société civile occidentale  a sa part de responsabilité : Les Habits neufs du président Mao de Simon Leys un des premiers livres à dénoncer la barbarie maoïste, a été brûlé à l’université de Vincennes. » Cela a même donné lieu à des procès comme celui intenté par les Lettres Françaises à David Rousset.

 
L’auteur souligne que nombre de grands crimes ont été commis au nom de la passion égalitaire en Russie, en Chine, en Corée du Nord ou au Cambodge « L’envie et le ressentiment ne peuvent déjà trouver d’issue au sein d’aucune société » 
 

Le monde occidental n’a pas vu ces catastrophes surtout l’Europe qui a de plus formé les élites intellectuelles tel les grandes figures des Khmers rouges et de la révolution iranienne. L’Europe trop tourné vers le passé veut échapper aux turbulences de ce monde. « (…)la passivité qui accompagne la montée de la violence est plus inquiétante encore que la violence montante. »

 

En 1900 on ne pouvait imaginer ce qui aller arriver cinq années plus tard Cinq ans plus tard pourtant, la guerre russo-japonaise, la première révolution russe et la crise de Tanger entre la France et l'Allemagne annonçaient la Grande Guerre et ses suites que seuls quelques observateurs perspicaces ont vues venir.Les mêmes symptômes en 1905 que sont le vide intellectuel et spirituel se retrouvent un siècle plus tard.

 

Elle lance quelques paris sur l’avenir. Nous aurons encore à lutter contre le terrorisme. « Cette lutte à long terme est bien une guerre. »

La principale faiblesse du camp occidental est la bataille des idées. « Nous ne croyons pas suffisamment à nos valeurs pour les enseigner et moins encore pour les défendre,  telle est la racine du problème, que les terroristes n’ignorent pas. »

Thérèse Delpech énumère  les dangers qui guettent la planète en ce début du  21eme siècle :  la Corée du Nord et l’Iran,  Le risque de l’effondrement de l’Afrique sous le poids de la misère , de la corruption, de la maladie et de l’incapacité des gouvernements en place, le conflit entre Israël et la Palestine, la Turquie et l’Europe, une guerre possible entre la Chine et Taiwan, le retour de grandes épidémies.

Face à tous ces dangers l’Europe reste immobile. Par contre les Etats-Unis sont plus présents dans ce monde et ont eu quelques succès en favorisant « l’éclosion de nombreuses organisations non gouvernementales dans les pays qui bordent la Russie.»

« L’expérience  historique du XX° siècle, riche en matière de dictatures, n’a pas mis fin à la maladresse légendaire des régimes démocratiques devant les formes les plus aberrantes du pouvoir politique. »

L’Europe pense être protégé face à la menace terroriste, mais pour les ennemis de l’Occident, la distance qui sépare l’Europe des Etats-Unis n’est pas si importante. D’ailleurs des  attentats ont eu aussi lieu en Europe.

Cet auteur pense que l’Europe aura besoin tout de même des Etats-Unis et vice-versa pour faire face à tous ces dangers qui menacent la planète.

 

Un livre essentiel, indispensable pour comprendre les dangers qui nous menacent afin d’y faire face avant qu’il ne soit trop tard.