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23/07/2006

La tyrannie médiatique

La Fondation Polémia vient d’éditer un passionnant ouvrage  «  La tyrannie médiatique » bref et clair, disponible en format PDF.  Cette brillante étude décrit  la grille de lecture que nous impose les média , mélange de connivences, de mimétisme et de paresse intellectuelle sous le regard permanent et inquisitorial del’idéologie « politiquement incorrecte »

 

 

 

« Le primat de l’émotion dans les reportages prend parfois des formes involontairement comiques et

 

sans grandes conséquences quand des radios ou des télévisions interrogent des sportifs, par exemple ; mais il habitue aussi à affaiblir les capacités de réflexion des spectateurs et les rend ainsi plus perméables aux grandes actions depropagande (pardon : de communication !) visant à susciterl’adhésion à des politiques. Il faut se méfier du recours àl’émotion audiovisuelle car l’émotion est souvent le levier de la manipulation.(...)

 

 

 

Il y a un syndrome de la salle de rédaction chez les journalistescomme il y a un syndrome de Stockholm chez les otages. Avec  des résultats statistiques stupéfiants : en avril 2001, l’hebdomadaire Marianne avait fait réaliser un sondage d’opinion sur les 31 000 journalistes professionnels français ; il en ressortait que seuls 6 % votaient à droite, soit neuf fois moins que l’ensemble des électeurs(...) . Une telle situation ne va pas sans poser un réel

 

problème en termes de liberté et de démocratie.

 

 

 

(...)Le deuxième élément, c’est la double culpabilisation de la France mais, au-delà de la France, de l’ensemble de l’Europe continentale, en s’appuyant à la fois sur la Deuxième Guerre mondiale et sur la colonisation

 

 

 

(..)  une civilisation s’inscrit dans la durée, le monde médiatique, lui, privilégie l’instant.

 

Les règles de civilisation ont été sélectionnées au cours d’une longue évolution historique, alors que ce qui plaît à

 

l’univers médiatique, c’est ce qui change. Ainsi le bougisme médiatique s’oppose à la tradition civilisationnelle. Ce qui explique que les règles de l’univers médiatique s’opposent aux constances de référence du monde européen et chrétien (comme d’ailleurs des autres grandes civilisations).

 

 

 

(...) la capacité des sociétés modernes à contrôler les réactions de l’opinion (..) et à fournir pour tout événement les clés d’interprétation compatibles avec les dogmes ambiants : ainsi la reconnaissance par les grands médias du caractère ethnique des émeutes des banlieues françaises  s’est accompagnée d’un discours légitimant une révolte qu’on a expliquée par les discriminations dont souffriraient les minorités ethniques. »

 

 

 

Le pouvoir médiatique n’a plus de contre-pouvoir comme comme le suggèrait le titre d’une émission  sur France-Culture « Le premier pouvoir » où Elisabeth Lévy y disséquait chaque semaine le poids exorbitant des médias. Evidemment cette émission écoutée par de plus en plus de personne a dû être supprimée. Une émission de ce genre là ne pouvait rester surtout sur une radio publique où le politiquement correct y sévit à longueur de journée.

 

 

 

A tous ces maux, Polémia propose des pistes d’émancipation : « Concrètement, le sens critique doit être particulièrement développé à chaque fois qu’est mis en avant comme facteur explicatif ou aggravant d’un événement le racisme(...) Le sens critique doit être aussi développé à chaque fois que s’impose dans le vocabulaire courant un oxymore comme « développement durable » (...)« discrimination positive» (puisque par nature celle-ci est la contrepartie d’une discrimination négative).Enfin le sens critique doit évidemment s’appliquer à l’analyse des images reçues. »

 

 

 

 Polémia y voit  aussi une réponse technologique :  Internet  peut progressivement apparaître comme un altermédia. « Internet garantit une réelle diversité sur tous les sujets : les pensées et les opinions dissidentes

 

y sont beaucoup plus facilement accessibles qu’à travers les journaux, les librairies et a fortiori la télévision(...)Internet permet enfin un accès direct aux sources et est donc un moyen pratique de lutter contre l’à-peu-près. Il peut donc s’avérer pour les pouvoirs médiatiques d’aujourd’hui aussi dangereux que l’invention de l’imprimerie pour les clercs de la fin du Moyen Âge.(...)

 

  Le potentiel d’Internet pour remettre en cause la tyrannie médiatique de la télévision est donc considérable.

10/07/2006

Elisabeth Lévy virée de France-Culture

David Kessler,le patron de France-Culture, a décidé d'arrêter l'émission d'Elisabeth Lévy, 'Le premier pouvoir",consacrée au médias et qui rencontrait un franc succès.


Diffusée le samedi matin de 8h10 à 9h, l'une des meilleures audiences de la station, "Le Premier pouvoir", consacré aux médias, décortiquait chaque semaine le fonctionnement de ce "contre-pouvoir devenu pouvoir à part entière".

Joint par téléphone par Le Quotidien Perm@nent novelobs.com au sujet des motifs de sa décision, David Kessler avance qu'une "émission hebdomadaire sur les médias ne permet pas d'entretenir un rapport rationnel à l'actualité, et se trouve nécessairement prise dans le tourbillon de l'immédiateté". "Je reconnais que cette émission était très écoutée, ajoute le directeur de la station. Mais l'audience n'est pas le critère essentiel de France-Culture.
Notre priorité est la cohérence des programmes et la définition des sujets qui ont de l'importance. Il y a des sujets dont on ne parle jamais: l'économie de la culture, par exemple. Je compte y remédier prochainement."

Assez étonnant ! Une journaliste virée alors qu’elle faisait de l’audience. C’était peut-être là le véritable objet de ce licenciement. Elisabeth Lévy était l’une des rares voix à réaliser une véritable critique des médias, à faire entendre un ton différent idéologiquement. Elle osait aborder les vrais problèmes dont l’un comme le suggèrait le titre de cette émission : le poids exorbitant des médias. En fait elle était « politiquement incorrect » comme certains disent ; pour parler dans un langage plus clair, elle n’était pas de gauche.

04/07/2006

Jean GABARD Le féminisme et ses dérives

Une réflexion intéressante sur la féminisation de la société et des dérives d'une idéologie féministe dominante  sans épouser les excès d’un pamphlet. Un sujet délicat car comme il le précise en quatrième de couverture « Oser critiquer un certain féminisme valait, il y a peu, d'être taxé de réactionnaire, mais aujourd'hui le sujet peut être traité sans oeillères. cet essai vient relancer le débat. » Pour l’auteur, cette idéologie a commencé à vraiment se manifester au XVème siècle. C’est à cette époque qu’on a eu les « premiers doutes sur le sacré qui fond(ait) le pouvoir patriarcal » Au XIX° siècle l’industrialisation avec la mécanisation a modifié la place de l’homme dans la société : sa force physique n’étant plus aussi indispensable. 

L’auteur brosse ainsi toutes ces évolutions qui ont permis le triomphe de la féminité et de l’idéologie féministe au 20 ème siècle. C’est aussi le début d’une « nouvelle pensée dominante » qui défends les dominés jusqu'à l'obsession. « Tout ce qui est opposé au grand en place, devient beau et bon. » D’ailleurs, nous entrons dans une société qui nie les différences des sexes et  qui  veut même supprimer toutes différences.

L’auteur se penche sur les religions qui ne sont pas d’un apport aussi négatives que ce que l’on nous asséne, elle permettent de distinguer le bien du mal ou tout du moins puisque maintenant ces mots semblent bannis du discours dominant, elles permettent de distinguer ce qui perturbe de ce qui permet de mieux vivre.

Jean Gabard ne s’arrête pas là : il fait de cette féminisation de  la société , l’indice d’une crise beaucoup plus grave : recherche du plaisir furtif, repli dans l’individualisme, manque d’aspiration collective, crise de l’éducation. 

  Dans nos sociétés occidentales l’autorité paternelle est de plus en plus mis à mal. Pourtant l’autorité peut être bénéfique pour l’enfant. Cela peut justement enrayer la violence et préserver l’harmonie.      

L’ouvrage de Jean Gabard, riche et exigeant, mais très accessible grâce à une écriture alerte, s’avère très stimulant pour le lecteur soucieux de mener une réflexion sur le bien commun et l’avenir de notre société. 

Jean GABARD « Le féminisme et ses dérives » Les Éditions de Paris

   

20:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature, féminisme