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28/09/2006

Le rédacteur en chef des Inrockuptibles contre la liberté de la presse

Ecouté aujourd’hui l’émission Du Grain à moudre dont j’avais vanté la qualité lors d’une précédente note. Cette émission avait pour thème le cas Libé. Cette fois-ci l’émission fut très décevante.

Il faut dire que les intervenants étaient tous journalistes et donc étaient incapables de  se remettre en question : si les journaux ne se vendent pas c’est qu’ils sont tout simplement mauvais. Ils nous assènent un discours hyper-moralisé et hyper-moralisateurs comme on a pu le voir avec les derniers évènements concernant l’islam.

Je vous invite à écouter les dernières minutes de cette émission .


podcast

 

Pour écouter ce mp3 appuyer sur podcast 

Les conclusions de Sylvain Bourmeau, rédacteur en chef des Inrockuptibles sont dignes d’un apprenti dictateur : « Si la presse va mal c’est à cause des gratuits » Il faut donc accomplir un  acte citoyen : « Prenez un paquet de 20 minutes ou de Métro et jetez les à la poubelle »

Sylvain Bourmeau incarne à lui seul ces trois plaies majeures qui  de tout temps, ont ravagé l’espèce humaine : autoritarisme, dogmatisme et conformisme et que l’on peut nommer censure.

Commentaires

Les gratuits sont des supports émanant de groupes de presse puissants et monopolistiques qui se concurrencent les uns les autres à tel point que les journaux dits classiques en viennent à tenter de se prendre de cours (Le Monde versus Le Figaro). Je ne vois personnellement pas pourquoi je mépriserais le travail de journalistes sous prétexte qu'ils oeuvrent dans des gratuits dont la qualité rejoint parfois celle des payants (je ne parle pas de Métro et de 20 mn). L'argument de Sylvain Bourmeau est irrecevable en ce sens.
Et pas seulement : si la liberté de la presse est menacée par le pouvoir des annonceurs (c'est une réalité), cela concerne également les journaux payants, soumis à des pressions tant financières que politiques (récemment, le limogeage d'Alain Genestar, par exemple). A partir du moment où un journal est censé enrichir ses actionnaires, il est foutu, soumis à une dynamique de rentabilité qui n'est pas sa vocation. La presse n'est pas un "produit" comme un autre, et dès lors qu'elle le devient, elle périclite. Et à double titre : d'une part, parce qu'elle est muselée par ses financeurs, d'autre part parce que ces mêmes financeurs se tournent vers de nouveaux espaces publicitaires (TNT, notamment).
La question de la perte du lectorat peut être liée à ce manque d'indépendance. D'ailleurs, les journaux indépendants se portent mieux que les autres (Marianne, Le Canard, Charlie...). Nombre de lecteurs ne se retrouvent effectivement plus dans les médias qu'ils achetaient (d'où, par exemple, Télérama nouvelle formule, qui tente de se recadrer sur un esprit critique et d'offrir des pages renseignant plus sur les programmes télé, vu leur profusion) car ce qui leur est proposé en reportages ou analyses est auto-censuré (ce désespoir des journalistes qui finissent par bloguer pour pouvoir s'exprimer).
Cela dit, la télé, les télévisions, connaissent un succès croissant, et les machines à décérébraliser, elles, ont leur public. Le problème ne provient donc pas uniquement des marasmes dans lesquels la presse française s'embourbe, ni des exigences déçues du lectorat.
Donc, en ce sens, ce geste de colère de Bourmeau est compréhensible ! Car les gratuits sont consommés quand les payants ne le sont plus : pourquoi payer la presse écrite quand allumer sa télé ne coûte qu'une redevance annuelle ? Mais si le problème devait se résoudre en brûlant les gratuits, il faudrait aussi interdire l'info sur le Net, dont seules les archives sont d'accès payant... Or, la diffusion de l'information n'est-elle pas un devoir absolu ?
Lorsque je disais que l'ai lu de bons articles dans des gratuits, cela ne signifie aucunement que je les considère comme des journaux dignes de ce nom. Mais comme de grossières caricatures de ce que sont devenus les payants, puisant leurs sources dans les rares agences mondiales que sont l'AFP, l'AP ou Reuters...
Ce cercle invertueux concerne aussi les conditions de travail des journalistes, à qui, faute de moyens (ou de décision), on n'accorde que rarement le temps de travailler : la précarité galopante de la profession et sa satellisation ne vont pas dans le sens d'une amélioration...
Je ne sais pas si j'ai été claire.

Écrit par : arianesurunfil | 29/09/2006

La Presse Payante et la Presse Gratuite...

Par chez moi, quand je me promène dans la rue, y'a jamais personne pour me proposer Metro ou 20mn ou..., par contre il me suffit d'entrer au bistrot boire mon petit café et d'y lire le Sud-Ouest! Si je veux lire un autre canard, je vais au Leclerc et là j'ai le choix!
Faut reconnaitre quand même que dans le "papier" les journalistes font encore leur boulot et les dépêches de l'AFP n'y sont pas systématiquement reprises comme c'est le cas dans les télés!
Mais bon, je suis pas un spécialiste du genre comme on en trouve tant à Paris et dans sa proche banlieue, mais je reste un assoiffé d'info de bonne qualité...
Et de diverses origines!

Écrit par : Edmont | 29/09/2006

Eh bien Edmont, pour ce qui concerne les infos monde, et particulièrement dans la presse quotidienne régionale (dont est Sud-Ouest), tout se fait à partir des dépêches AFP ! Seuls quelques nationaux tiennent aux envoyés spéciaux ou aux correspondants à l'étranger...
Par contre, multiplier les sources et croiser l'information, c'est la moindre des choses quand on essaie de comprendre, effectivement.

Écrit par : arianesurunfil | 29/09/2006

Juste trois mots, Fabrice, pour vous dire que j'agrée totalement à vos propos sur le blog d'Assouline, et sur votre blog aussi.

J'ose même pas mettre l'adresse de mon propre blog tellement le vôtre me donne des complexes ! :-)

Écrit par : Marie | 30/09/2006

Merci pour votre soutien. N'ayez pas de complexes, Marie, n'hésitez pas à mettre l'adresse de votre blog.

Écrit par : Fabrice Trochet | 01/10/2006

Les commentaires sont fermés.