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19/10/2006

Affaire Redeker : le silence des intellectuels

Un lumineux article est paru sous la plume de Chantal Delsol dans le Figaro dont vous pouvez retrouver l’intégralité ici  . Je vous livre quelques extraits :

  Dans la France de 2006(...)un intellectuel est l'objet d'une fatwa. L'affaire Redeker est suffisamment grave pour que la police lui ait conseillé de changer de domicile chaque soir. La fatwa elle-même confirme ce qu'elle infirme. C'est le procédé le plus violent qu'on puisse imaginer. Nous sommes replongés dans les siècles obscurs.

Je suis chrétienne. Je souffre quand je vois des images ridiculisant le Christ sur la croix, (...). Je suis étonnée de voir alors autour de moi si peu d'indignation.

À force de nous cacher volontairement sous le voile du mensonge, d'affirmer qu'il pleut quand on nous crache à la figure, notre peuple de couards finira par faire volontairement tout ce qu'il ne veut pas. Il s'autocensurera de plus en plus, gommant volontairement la liberté de penser, et sera un jour ou l'autre enjoint de vivre à l'encontre de ses propres convictions, à force d'avoir refusé de les défendre. Dans certaines banlieues, dans certaines écoles, ce renoncement a déjà commencé. 

  lorsque l'on amalgame si fréquemment l'Église à son Inquisition (très ancienne et clairement récusée par les instances catholiques d'aujourd'hui), on nous explique qu'un comportement comme la fatwa ne concerne que quelques personnes auxquelles il ne faudrait pas réduire l'islam en son entier. J'en conviens, naturellement. Mais alors je m'étonne de ne pas voir les autorités musulmanes de notre pays s'indigner les premières et voler au secours du banni. Il y a des silences qui sont des acquiescements.

Nous avons sur notre sol une querelle de cultures qui peut se terminer en guerre sanglante si nous continuons de récuser l'évidence de la différence. (...) L'accepter différent, c'est enclencher déjà un processus de parole par lequel seulement nous pourrons tenter de vivre ensemble sans heurts dans la même société. Mais pour cela, il faut laisser la parole ouverte. Et un débat dans une démocratie ne se contrôle pas. Si l'on peut parler de la différence, il y aura des excès de langage. Il y aura aussi des discours sereins qui mettront en conflit les interprétations. 

je suis bouleversée de voir un certain nombre de mes compatriotes, et certains parmi les plus haut placés, laisser entendre avec perfidie que Redeker a mérité ce qui lui arrive. Cela signifie tout simplement qu'ils ont déjà admis la légitimité de la procédure de fatwa. Et que, tremblants de peur, ils finissent par donner raison aux ordonnateurs du ban, afin de ne pas être les prochains sur la liste. Et je ris en pensant que les mêmes nous donnent à longueur de journée des leçons de résistance à propos d'une guerre vieille d'un demi-siècle, où leurs comportements présents montrent bien qu'ils auraient couru, de trouille, pour approuver servilement les envahisseurs de l'époque.

Je dirai enfin que Redeker est un converti. À ce titre il déborde de ferveur et il peut avoir le verbe excessif. (...) 

(...)Mais je ne puis accepter qu'une frousse de petits bourgeois nous incite à réduire en poudre la liberté d'esprit dont nous faisons des gorges chaudes quand le temps est clair. Le débat entre les différences, que j'appelle de mes voeux, a pour première condition la fermeté inébranlable dans la défense de l'État de droit, c'est-à-dire un État où la terreur n'a pas sa place. 

Moi aussi , je suis de plus en plus étonné de la peur de nos intellectuels qui sont prêt à combattre le fascisme virtuel mais lorsqu’ils sont face au véritable fascisme , ils n’osent pas s’offusquer. Au contraire ils pactisent avec lui avec une sorte d’indulgence par le silence qui se voudrait supérieur ; mais ce sont là des attitudes de vaincus, qui servent la progression du mal, de cet islamisme radical, lui aplanissant le chemin.

Bernard-Henry Lévy remonte aussi dans mon estime; dans sa chronique parue dans Le Point du 05/10/06 «  Plus tard, peut-être, je dirai ce que je pense, sur le fond, du texte de Robert Redeker paru dans Le Figaro du 19 septembre.

 

Pour l'heure, le principe est simple et doit être affirmé sans nuance.

On ne discute pas avec un homme à terre, on le relève.

On n'engage pas une dispute avec quelqu'un qui, à cause d'un article, se voit menacé de mort, traqué, stigmatisé - on lui tend la main, on le défend et, quand on est un gouvernement, on le protège, on protège sa famille, on le reloge.

(...)Et quant à ceux qui, enfin, soutiennent Redeker mais du bout des lèvres, quant à ceux qui ne le défendent qu'après avoir pris la peine de dire l'antipathie qu'il leur inspire, quant à ces gens qui, au MRAP par exemple, osent parler de « provocation » qui « génère l'inacceptable » et renvoient ainsi dos à dos l'inacceptable « agression » islamophobe et l'inadmissible menace de mort des islamistes qui lui « répondent », quant à tous ceux qui, çà et là, insinuent que si, ce qu'à Dieu ne plaise, ce « plumitif nauséabond » venait à subir le sort d'un Theo van Gogh à Amsterdam et était « puni » pour son « blasphème », il n'aurait que ce qu'il a cherché et serait la vraie cause du geste qui le tuerait - ceux-là, donc, c'est peu de dire qu'ils donnent la nausée : ils prennent le risque, et de justifier le crime, et d'affaiblir la République.

Car nous n'avons d'autre choix, au point où nous en sommes, que de défendre inconditionnellement le chroniqueur du Figaro, par ailleurs membre du comité de rédaction des Temps modernes.

Le contenu de son article, son caractère possiblement polémique ou injurieux, n'a, je le répète, strictement plus rien à faire dans un débat où ce qui est en cause, c'est, outre la vie d'un homme, ce principe de laïcité conquis de haute lutte, au fil des siècles, contre les abus de pouvoir, l'intolérance, d'autres Eglises.(...)"

 

Commentaires

Il fallait suivre l'émission de Calvi, mots croisés il y a deux jours. Invités, discussion, illustration filmés, tout était remarquable.

Écrit par : Jean Christophe Bataille | 19/10/2006

Je me suis endormi devant cette émission! Non pas qu'elle n'était pas une émission intéressante mais l'heure tardive et la fatigue de la journée ont eu raison de moi.
Il fallait être matinale pour suivre le lendemain "les quatre vérités" sur France2 où Brighelli s'est exprimé au sujet de Redecker entre autres:

http://les-4-verites.france2.fr/?date=2006/10/19&id_article=553

Écrit par : Jersan Romcho | 22/10/2006

J'ai bien aimé la fin où il traite le MRAP de gros enfoiré.

Écrit par : Fabrice Trochet | 22/10/2006

Désolé de vous préciser que le courage de dire devient subitement liberté d'expression quand il s'agit d'injures ouvertes envers l'Islam. Et dès qu'il s'agit de dénoncer la barbarie sioniste en Israel (les massacres de libanais, la destruction de tout un pays, ami de sucroît, le massacre incessant des palestiniens etc...), le silence devient de mise et "vive la courdise"!!!
La liberté d'expression est un leurre, un mensonge, une hypocrisie balaise.La liberté d'expression est malheureusement devenue un outil au service de viles intentions. On l'encense quand elle agit dans le cadre d'un agenda politique sournois et perfide. Et dès qu'elle heurte des intérêts bien installés en France, elle devient un délit. Que de gens honnêtes ont été intimidés, poursuivis en justice et très souvent relaxés pour avoir oser dénoncer les sionistes et leur barbarie. Aujourd'hui un raciste déclaré Liberman (son parti est membre du gouvernement israelien) est au pouvoir. Qui de ces intellectuels a dénoncé pareille offense à la démocratie? Personne en France ne l'a fait.
Tout le monde en France tremble face au terrorisme intellectuel et idéologique sioniste sauf quelques juifs éclairés qui osent briser le silence.
Facile d'attaquer une religion dont des centaines de milliers de fidèles sont morts pour la France et des millions d'autres ont souffert dans les mines et dans les colonies pour assurer la prospérité de la France.
Le devoir de mémoire serait-il aussi biaisé au point d'oublier ces millions de fidèles qu'aujourd'hui tout le monde (sous l'influence sournoise de meneurs sionistes) fustige en raison des agissements débiles d'une infime minorité

Écrit par : Marcel | 14/11/2006

"Le contenu de son article, son caractère possiblement polémique ou injurieux, n'a, je le répète, strictement plus rien à faire dans un débat où ce qui est en cause, c'est, outre la vie d'un homme, ce principe de laïcité conquis de haute lutte, au fil des siècles, contre les abus de pouvoir, l'intolérance, d'autres Eglises."

--> Venant de BHL, ça me surprend, mais c'est très juste.
100% d'accord.

Écrit par : megacatastrophemondiale | 14/11/2006

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