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02/11/2006

Du grain à moudre : Les émeutes de novembre 2005

Ecouté  mardi 31 octobre 2006 l’émission Du grain à moudre sur France-Culture. Le thème : Les émeutes de novembre 2005 avaient-elles un sens ? Furent-elles des émeutes ? Furent-elles politiques ? 

Après les bavardages habituels des sociologues, Jeanne-Hélène Kaltenbach ose sortir de la bien-pensance  et raconter un fait divers grave occulté par nos médias. Voici les quelques rares moments où cette femme réussit à parler. (Pour écouter ce mp3 appuyer sur podcast et non sur lecture ou tout simplement cliquez sur http://ungraindesable.hautetfort.com/files/grainamoudre-e...)
podcast

Des époques où la vérité peut non seulement devenir dangereuse pour ceux qui la disent mais aussi pour ceux qui l’entendent, sont foncièrement malsaines. Arthur Schnitzler

Commentaires

Le couvercle idéologique qui pèse sur les esprits, et particulièrement lorsqu'il s'agit de commenter les "émeutes", risque de produire les mêmes effets électoraux qu'en avril 2002, c'est bien ce que ces autistes ne voient pas. Je me rappelle le dimanche matin qui a suivi l'immolation de la jeune sénégalaise de Marseillaise (pardon française d'origine sénégalaise), la manière totalement honteuse dont la journaliste a présenté l'évènement : "une stupide histoire de vengeance! Des jeunes blessés par le fait que le chauffeur de bus ne les avaient pas laissés monter à l'aller, se sont vengés en brûlant le bus... ". Ces gens sont vraiment de vrais salauds. J'aimerais aussi comprendre quelque chose dans le déferlement actuel de mauvaise foi : d'un côté on nous serine que la société est très très méchante avec ses jeunes désespérés, et qu'il doit s'ensuivre un Grenelle de je ne sais trop quoi afin d'en finir avec les discriminations, et de les mêmes nous répètent que non, il n'y a qu'un % infime de moutons noirs qui dérivent et que la plupart réusissent à s'en sortir mais que ceux-là les médias n'en parlent jamais...

Écrit par : OrnithOrynque | 03/11/2006

Le podcast est inaudible.

Écrit par : GRD | 05/11/2006

Il faut appuyer sur Podcast et non sur lecture ou aller sur ce lien
http://ungraindesable.hautetfort.com/files/grainamoudre-emeutes.2.mp3

Écrit par : Fabrice Trochet | 05/11/2006

Ecouté J.-H. Kaltenbach. Remarquable. Tiens, sinon, un extrait de l'hebdo Marianne du 4/11, article de Guy Konpnicki : Guy Konopnicki : Essayons d'imaginer ce qui se produirait si des commandos réputés d'extrême droite s'en prenaient aux travailleurs, dans les transports en commun, à ceux qui les conduisent comme à ceux qui les empruntent. Que dirait-on si ces fascistes affichaient leur mépris de la collectivité en incendiant de autobus indispensables au service public ? Et si, d'aventure, une étudiante noire, immigrée venue du Sénégal, se trouvait victime d'une de ces agressions? Nous verrions s'exprimer la colère légitime de tout un peuple. Tout ce que la France compte de dirigeants de gauche et d'extrême-gauche, de syndicalistes et de responsables associatifs se disputerait la tête des manifestations. On ferait même une journée de grève nationale, en solidarité avec les salariés, les usagers des transports en commun, avec les habitants des quartiers "sensibles", que l'on isole un peu plus en les coupant de ce précieux fil qui les relie à la ville. Et les foules défilant pour défendre les travailleurs contre les voyous brandiraient le portrait de Mama Galledou, figure emblématique des jeunes Africains venus étudier à Marseille. Bonne élève du lycée de Dakar, elle a voulu devenir médecin, travaillant au passage dans un hypermarché... Seulement Mama a été victime des "victimisés" ! Elle n'a droit qu'à des petits mots navrés, noyés dans un flot de déclarations exprimant la compassion pour ces jeunes que l'on n'a pas toujours écoutés, un an après les fameuses émeutes des banlieues.

Écrit par : Cosmic Dancer | 07/11/2006

C'est curieux mais beaucoup de personnes doivent avoir le même sentiment que Konopniki, en plus exacerbé pour certains comme moi.
Suite à cet acte de barbarie supplémentaire survenant à Marseille et au billet de Fabrice j'ai commencé moi même à écrire sur ce sujet.
Pour moi il est clair que si un tel acte devait survenir nous entrerions dans une guerre civile certaine ou du moins nous serions obligés de reconnaître qu'elle était déjà bien présente dans certains quartiers.
A l'origine je voulais poster sur "Le grain de sable" puis j'ai renoncé car ne voulant pas porter préjudice à Fabrice.
Maintenant je vous donne quand même les quelques directions que prenait mon humeur :

- Une étincelle suffit à embraser un milieu instable :
- groupuscule d'extrême droite, vengeance personnelle (curieusement 2 cas récemment en peu de jours où des personnes ont tué en légitime défense !), folie meurtrière type mass-murder
- mais aussi un Nicolas Sarkozy élu président, un différend qui finirait mal entre une « voilée » et une occidentale, un petit maghrébin qui chuterait de vélo…
- Un acte ou une insignifiance pourrait conduire tout droit vers la guerre civile ou plutôt rendrait plus prégnante celle qui est déjà en cours.
- Un rien suffit à raviver des braises encore toutes chaudes, et le rien surviendra inévitablement.

Voilà, je pense que les sociologues manquent juste d’imagination et sont enfermés dans des concepts qui les éloignent chaque jour un peu plus de la réalité.
Personnellement j’ai arrêté mes études en psychologie sociale à cause de cela mais deux interventions en cinq ans de faculté m’auront cependant marqué et appris énormément :

Celle d’un psychanalyste, spécialiste des « quartiers chauds » où cela faisait 30 ans qu’il y travaillait, nous disant que les tournantes dataient depuis la création des banlieues où certains de ses habitants pouvaient être difficilement considérés comme appartenant encore à l’espèce humaine. Pour lui ce n’était pas une armée d’assistantes sociales (seulement capables de « repeindre les façades des maisons aux fondations détruites ») qu’il fallait envoyer comme c’est déjà le cas mais plutôt une armée de psychologues pour sauver ce qui peut l’être avant que se soit l’armée tout court qui se charge du reste !

Celle de mon directeur de mémoire qui sans doute guidé par un instinct de conservation me dit un jour que « violence et incivilités à l’école » viendraient tôt ou tard à l’université.

Écrit par : Jersan Romcho | 08/11/2006

Jersan, vous pouvez poster vos commentaires , vous ne me portez pas préjudice , d'ailleurs j'aime bien les lire.
En allant dans votre sens je viens de lire un article du sociologue Wieviorka dans l'Ouest-France du 6 novembre qui m'a l'air très pessimiste lui aussi "Le phénomène est particulièrement inquiétant, car il témoigne d'une escalade sensible.Demain il n'est pas impossible que des coups de feu soient échangés, que des blessés et ds morts soient le résultat d'un affrontement avec la police.(...) Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur dont les méthodes sont d'autant plus débattues que les efforts du gouvernenment depuis un an-aides aux associations, moyens supplémentaires pour les collèges placés en zone difficile, etc,_ n'ont rien réglé dans les banlieues.
(...) Jusqu'ici, notre pays a évité le pire -l'usage des armes à feu-et des policiers ont tout fait dans ce sens. Mais les choses sont parvenues à un degré extreme de tension."
En parlant de légitime défense, il y a eu un cas aussi en Vendée mais je ne sais pas si on en avait parlé.

Sinon j'avais déjà abordé le problème de la légitime défense sur le grain de sable http://www.legraindesable.com/html/violence_banlieue.htm


"Ce que craignent les dirigeants , leur véritable hantise en fait, ce n'est pas l'insécurité, ce sont les réactions éventuelles face à l'insécurité. Car là ils ne plaisantent pas. Les lois en la matière sont appliquées dans toute leur rigueur. C'est le seul domaine où elles le sont, mais là elles le sont. Le moindre écart dans ce domaine se paye au prix fort. La législation sur le port d’armes et l'acquisition d'armes à feu est également devenue très restrictive. La conséquence en est que les actes de légitime défense, à plus forte raison encore d'autodéfense, se font aujourd'hui de plus en plus rares. Il y a trois ans, une lycéenne de 15 ans, bonne élève et sans histoire, tua son agresseur, un individu « bien connu des services de police », en lui plantant un coup de couteau. Le procureur la fit aussitôt incarcérer. « Face à un acte aussi grave, il était difficile de ne pas marquer le coup », déclara-t-il. Effectivement, c'est exceptionnel. En règle général, les victimes préfèrent ne pas se défendre. C'est ce que voulait dire le procureur. Il est exceptionnel également que d’éventuels témoins se portent au secours des victimes. Quand, sur certaines lignes de transports en commun, des voyageurs se font frapper, racketter, etc., les gens se plongent aussitôt dans leur journal ou regardent ailleurs. On explique ordinairement cette attitude par la peur, peur d'être soi-même frappé ou blessé si l’on intervenait. Mais l'explication est insuffisante. Il faut aussi prendre en compte la perception que les gens ont de l'attitude du pouvoir en la matière. Les gens sentent en effet très bien que le pouvoir n'est que modérément contre l'insécurité mais plutôt pour." Eric Werner

Écrit par : Fabrice Trochet | 09/11/2006

Escalade des violences. L'idée qu'il ne soit déjà trop tard m'épuise littéralement.

Écrit par : Cosmic Dancer | 10/11/2006

Dans cette affaire nous sommes bien en présence d’ un cas de légitime défense. Il a été attaqué chez lui. Comme je l'avais déjà noté ci-dessus "Ce que craignent les dirigeants , leur véritable hantise en fait, ce n'est pas l'insécurité, ce sont les réactions éventuelles face à l'insécurité. Car là ils ne plaisantent pas. Les lois en la matière sont appliquées dans toute leur rigueur. C'est le seul domaine où elles le sont, mais là elles le sont. Le moindre écart dans ce domaine se paye au prix fort. La législation sur le port d’armes et l'acquisition d'armes à feu est également devenue très restrictive. La conséquence en est que les actes de légitime défense, à plus forte raison encore d'autodéfense, se font aujourd'hui de plus en plus rares. " Il ya un très grave problème de justice. On ne peut plus défendre quelqu'un qui se fait attaquer. Les voyous le savent très bien.

Evidemment Sarkozy n'aurait pas du s'immiscer pour prendre la défense de ce commerçant puisque la justice est indépendante. Mais tous les hommes politiques prennent position pour d'autres affaires ( actes pseudo-racistes, émeutes, etc)

Écrit par : Fabrice Trochet | 11/11/2006

Bonsoir, Fabrice,

Quand Sarkozy prend position, ça donne aussi l'embrouille de Roubaix pour les enquêteurs de Dijon (?), je crois. J'ai laissé mes infos ailleurs, mais on pourrait en reparler. C'est donc bien à juste titre, en tout cas, qu'on peut s'inquiéter du manque de rigueur et du traitement à deux vitesses des violences. Résultat : chacun voudrait s'armer et trouver justifiable de répondre à la violence par la violence. C'est bien le désastre qui nous attend, dans ces conditions.

Écrit par : Cosmic Dancer | 13/11/2006

Bonsoir Cosmic,

Je crois tout de même que l'on peut se défendre, répondre lors d'une attaque.

Écrit par : Fabrice Trochet | 14/11/2006

Cher Fabrice,

Ayant été agressée trois fois, dont une fois sous la menace d'un revolver et une autre fois sous celle d'un couteau, je peux de fait témoigner que se défendre dans de telles circonstances, c'est sauver sa peau.

Ce qui me gêne, c'est que dans les propos sur la légitime défense s'expriment des haines qui n'ont pas grand-chose à voir avec la réalité d'une telle situation.

Écrit par : Cosmic | 21/11/2006

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