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14/11/2006

Charles Juliet à Angers

Vendredi soir soir assisté à une rencontre avec Charles Juliet au T’es Rock Coco  à Angers. Assistance comble. medium_Charles-Juliet.jpgBeaucoup n’ont pu y entrer. Je ne m’attendais pas à voir une telle foule mais j’ai appris que maintenant ses oeuvres sont étudiés au lycée. Entretien très bien mené où l’auteur est au centre de la discussion. On est loin des émissions littéraires où l’auteur est sans cesse interrompu. J’ai été frappé par la douceur de sa voix. On ressent une profonde bonté en le regardant . J’avais déjà évoqué cet auteur au travers de la biographie d'Anne Lauricella qui lui étaut consacré lors d'une note précédente.

 

J’aime particulièrement ses journaux intimes qui se caractérisent par une profonde quête intérieure et une forte tonalité mélancolique. Il se met à « l’écoute de cette voix intérieure ». Il s’est interessé à tous les mystiques : «  il serait facile de mettre côte à côte les extraits de ces textes pour montrer qu ‘avec les mêmes mots, ils disent la même chose » Dans un de ses journaux intimes Accueils à propos des mystiques «  Certains textes que j’aime, que je relis, ils ont pour auteurs des mystiques (dettes, traditions), des sages, des taoïstes, des maîtres Zen...Me frappent en eux la clarté, la précision, la concision, la sobriété de la forme laquelle donne à deviner une pensée claire, ordonnées, ferme, à la fois ample et aiguë, affranchie de toute subjectivité , capable d’aborder les plus complexes (...) »

 Dans l’autre faim il avait écrit « Ma solitude elle a curieusement pris fin il y a plusieurs années quand j’ai découvert l’oeuvre de Zhuang Zi. Dans les textes qu’il a laissés, j’ai retrouvé maintes choses que j’avais pensées ou écrites, et j’ai alors compris que si j’étais en accord sur l’essentiel avec un philosophe qui a vécu il y a 24 siècles, dans une tout autre société, une tout autre culture, il n’était pas possible que je me sois fourvoyé »

Je note ces extraits car en l’écoutant j’ai remarqué que tout ce que Charles Juliet avait dit se trouvait dans ses journaux intimes.

Lors de cette rencontre il a évoqué Camus « Ces textes sont de toutes beauté » et nous a conseillé de lire ces textes parus dans Combat.

Il a rappelé lors des questions du public que les textes sacrés ont eu pour lui un fort impact. « Les textes de la Bible sont très beaux et l’enseignement de l’Evangile(...) Il faut que j’écrive un texte sur l’Ecclésiaste(...).

Je me suis fait dédicacer un de ses journaux intimes que j’avais emporté « Pour Fabrice ce journal d’une recherche de soi, de l’autre, de la vie... »

 

Commentaires

ENVOI DU 19 NOVEMBRE 2006:

Il me semble qu'aujourd'hui nos oreilles, notre esprit, aspirent au silence!

Nous sommes devenus comme les travailleurs des espaces verts, obligés de
porter un casque anti-bruit!

Cela fait longtemps que les singes hurleurs ont quitté la forêt profonde et
se sont répandus dans la cité, dans la campagne aussi.

Cela fait trop longtemps que justement nos oreilles n'en peuvent de leurs
cris et s'épuisent à délivrer un message plutôt inexistant à notre esprit
resté demandeur privilégié.

Partout, dans tous les arts, dans tous les médias, dans tous les systèmes
organisés autour de la parole, seuls les plus bruyants se font entendre,
afin d'en tirer célébrité avant tout.

L'homme sincère n'a plus de repères...

Il existe pourtant une mine immense et bien mal explorée: celle des gens qui
parlent à voix douce, à voix basse, parce que le plus souvent ils se sont
parlés à eux-mêmes et que chacun sait qu'au sein de nous, en notre cœur et
en notre âme, il n'est nul besoin de crier pour être écouté!

C'est uniquement de ces gens-là que l'on a encore à d'espérer apprendre et
decouvrir: les aventures intérieures sont difficiles à transcrire dans un
téléfilm, par contre elles sont incroyablement plus riches et marquent plus
profondément les esprits!

Elles sont l'essence pure de toutes les vraies littératures, de tous les
arts essentiels!

Pour en revenir à la métaphore simiesque, préférons les lémuriens aux singes
hurleurs!

Daniel
--
Les Petits Fruits de Daniel DURET
16360 LE TÂTRE
T: 05 45 78 48 33
F: 05 45 78 65 62
Site: "http://www.petitsfruits.com"

Écrit par : edmont | 19/11/2006

Ici à Lyon, Charles Juliet continue à enraciner ses thèmes d'écriture dans un langage patient et de plus en plus fluide. La distance prise avec sa propre biographie qui l'amène à l'évoquer parfois comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre lui évite désormais ces bouffées d'émotion silencieuses et brutales qui déconcertaient parfois les auditeurs non avertis. Charles Juliet prend plaisir aujourd'hui à évoquer son parcours à la fois personnel et littéraire. Cela donne ce que vous avez perçu si justement : un accord total entre ce qu'il a écrit et ce qu'il dit en public. Il reste un lecteur insatiable et il a élargi de façon significative son champ d'investigation de la "chose" humaine à prendre en compte. La mise en scène de Lambeaux , son récit sur "les deux mères" par la compagnie 3 HUIT de Lyon et magistralement interprétée ( première partie) par Anne de Boissy marque aujourd'hui , à mon sens, un tournant aussi important que la notoriété trouvée avec " L'année de l'éveil " récit adapté au cinéma par Gérard Corbiau. Les Journaux sont comme les balises de cette gestation d'une écriture de haute exigence, faussement simpliste et qui va à l'universalité de la condition humaine en explorant soigneusement "l'intime" du soi ... Ce sont les poèmes qui concentrent peut-être le plus, la sève très nourrissante de cette très belle écriture. Ceux et celles qui ne retiennent que le thème de la mélancolie et de la nostalgie chez Charles Juliet ne l'ont pas encore assez approché. Je le leur souhaite bien cordialement. Ne manquez pas Lambeaux si cette pièce passe dans votre région. Elle est à Paris à la Maison de la Poésie pendant un mois, et il est probable que le nombre de places disponibles sera vite épuisé. Votre note montre que vous avez apprécié autant l'homme que l'écriture et cela me fait très plaisir. Une telle qualité de présence est à partager...

Son dernier recueil de poèmes L'OPULENCE DE LA NUIT vient de sortir chez P.O.L. et je le trouve aussi très démonstratif de sa trajectoire...

http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6114

Écrit par : Mth Peyrin | 21/11/2006

brisures les longues pluies
d'automne
arrachement qui me coupent
du monde
saccages

et remontant journée de silence
dans ta grotte et de bien être
en deça
de ce dont l'oeil fouille
je procède l'interne

parmi trouvant
granits et quelques pépites
porphyres

j'entreprends
ma genèse (Eclats, in L'opulence de
la nuit, POL, p.79)
tente
d'engendrer
la sphère
qui m'engendra

(L'oeil se scrute
in Fouilles, POL, p.120)

Écrit par : A.D | 22/11/2006

il y an eu une erreur de disposition...

Écrit par : A.D | 22/11/2006

...

Charles JULIET ne s'est pas fourvoyé
sa quête intérieure nous le montre beau et bon
vrai

je ne l'ai jamais rencontré
mais je crois bien
qu'il est tel qu'en ses livres

rare

...

Écrit par : sylvie lauzel | 22/11/2006

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