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29/11/2006

Etre de droite-Un tabou français

medium_brunet.jpgCe livre passionnant met en évidence un des graves tabous de la société française : l’impossibilité de se déclarer de droite sans avoir l’impression de comparaître au tribunal.  Ainsi les écrivains, journalistes, chanteurs, comédiens prêchent hypocritement  des idées de gauche « pas par conviction(..) mais par réalisme. Pour la promo. » 

Charlotte R. attaché de presse de comédiens  « Je n’en peux plus d’Emmanuelle Béart. Depuis son coup d’éclat médiatique, nombre de  comédiens et de comédiennes dont je m’occupe me supplient de leur trouver une cause. »

Le pire est sans doute le cas de Jérôme Deschamps qui pratique un double discours : très à gauche sur les plateaux et pourtant en privé il est à l’opposé jusqu’à mettre  son enfant dans un pensionnat non mixte où tous les élèves sont en uniforme.

Un penseur sérieux doit porter un masque : « Une pensée de droite affirmée serait aujourd’hui totalement disqualifié. »    
« Aujourd’hui, peu d’intellectuels se disent de droite, alors que les publications de gauche foisonnent. On invente des pis-allers » : anticonformiste, à contre courant, anarchiste de droite.

Le manque de partialité des journalistes français est connu ; les anglais disent « Les journalistes français : toujours à la pointe de la désinformation »
Le cas de Roger Aunque est évoqué, ce journaliste retenu en otage au Liban, pendant près d’un an au Liban. Ayant la foi et n’étant pas de gauche, il se voit souvent barrer des portes lorsqu’il postule des postes à responsabilité.

« Nous sommes les seuls à persister à appeler des terroristes des résistants. ( ...) La plupart des journalistes français sont pro-palestiniens et défendent la cause arabe, celle des guérillas et des milices.(...) Quand je faisais des correspondances pour les radios canadiennes, les rédacteurs en chef québécois m’écoutaient et laissaient passer mon papier tel quel, sans une censure.(...) En revanche, avec les radios françaises c’était plus cadré. Les journalistes de Radio-France, par exemple, intervenaient pour me demander de cesser de parler de la « guérilla irakienne ». (...)Moi je ne veux pas suivre cette pensée unique, médiatiquement correcte. Il faut être de gauche, il faut comprendre les exactions en banlieue, le mariage gay, l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, il faut être contre les Américains, contre Israël. » R . Aunque

A l ‘école il faut être de gauche, voire d’extrême gauche. « La recherche universitaire est un territoire complètement infiltré par la gauche » Ainsi le courant libéral français (Contant, Say, Bastiat) connu et étudié dans le monde entier à l’exception de la France. Aux élections au conseil d’administration des lycées, très souvent il n’y a pas de pluralisme, le seul choix : Snes-Sgen.

L’auteur nous raconte l’histoire de cette étudiante boursière, ancien membre de Démocratie libérale  en DESS de gestion des institutions culturelles de Paris-Dauphine, une des facultés les plus prisés de France dans le 16° arrondissement . Elle fut ostracisé par cette promotion « franchement gauche caviar » et aussi par les professeurs qui lui donnèrent même une note éliminatoire dans un TD collectif auquel elle avait participé à 100%. Evidemment  celles qui étaient avec elle ont eu la moyenne. Un des membres du jury a confirmé que c’était bien à cause de ses idées qu’elle fut sanctionné. 

L’auteur nous raconte d’autres histoires aussi édifiantes que celle ci-dessus : Le cas d’Yves Roucaute intellectuel de droite qui ne peut avoir de promotion à l’université à cause de ses convictions politiques ; un chauffeur de bus contraint de prendre sa carte à la CGT pourtant hostile à ce syndicat mais pour pouvoir vivre enfin en paix, etc.

« Une droite qui ressemble à la gauche et une gauche conservatrice : voilà la véritable exception française. »  L’auteur en conclue : « La droite française est à reconstruire ».

 Etre de droite-Un tabou français, Eric Brunet , Albin Michel

19:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : Littérature, UMP, UDF, FN

23/11/2006

Nouvelle revue "Le magazine des livres

Parution d’une nouvelle revue littéraire Le magazine des livres . Beaucoup de chroniques de livres rédigé par des medium_magdeslivres.gifblogueurs. Cela permet de découvrir de nouveaux auteurs et notamment le phénomène Max Monnehay.  Retrouvé Frédéric Vignale qui y publie une  chronique  élogieuse  de  David Abiker collaborateur  de l’émission Arrêt sur images. Je ne savais pas que celui-ci était aussi écrivain. 

J’aime plutôt les auteurs discrets. C’est dommage d’y retrouver des articles sur des auteurs si médiatiques que  Marc Lévy, Philippe Delerm.  Concernant les inédits de Jean-Edern Hallier, je m’attendais à un texte mais on y parle plutôt de ces dessins.  J’y ai tout de même appris qu’un blog  lui est consacré : Jean-Edern 's Blog Je pense qu'un article intéressera beaucoup d’entre vous, sur ces 2 millions d'écrivains ou plutôt ces 2 millions de français qui aspirent à être édité. On y apprends que 50 % des manuscrits lus en comité de lecture arrivent par « réseaux ». Bien sur cela n’étonnera personne que la plupart des manuscrits sont mal écrits. D’ailleurs même les livres que  je reçois parfois  en service de presse des petites maisons d’éditions sont très mauvais. Je n’y ai rien appris de nouveau car un article du même genre était paru dans La Croix, certes celui-ci est beaucoup plus étoffé.

La Croix, justement  le jeudi est particulièrement intéressant grâce à son supplément littéraire. On y  apprend qu’un roman  inédit de Georges Orwell sortira en janvier. Dans ce supplément on peut y lire un beau portrait d’Ernst Pawel

   

19:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, revue

21/11/2006

Le Pen à 20 %

Ecouté encore aujourd’hui ce 21 novembre l’émission Du grain à moudre sur France-Culture. Le thème : Et pourquoi pas des primaires à droite aussi ?

Interessant mais le plus surprenant fut les propos de l’animateur Brice Couturier que vous pouvez entendre ici   :  (...)en attendant Le Pen dans les sondages des déjeuners de journalistes , je ne parle pas des sondages qui sont publiés dans la presse faits pour apaiser les craintes, mais les vrais sondages,  est donné à pas moins de 20 %(...) 

 

Ce journaliste insinue donc que les sondages publiés par la presse sont mensongers ?

14/11/2006

Charles Juliet à Angers

Vendredi soir soir assisté à une rencontre avec Charles Juliet au T’es Rock Coco  à Angers. Assistance comble. medium_Charles-Juliet.jpgBeaucoup n’ont pu y entrer. Je ne m’attendais pas à voir une telle foule mais j’ai appris que maintenant ses oeuvres sont étudiés au lycée. Entretien très bien mené où l’auteur est au centre de la discussion. On est loin des émissions littéraires où l’auteur est sans cesse interrompu. J’ai été frappé par la douceur de sa voix. On ressent une profonde bonté en le regardant . J’avais déjà évoqué cet auteur au travers de la biographie d'Anne Lauricella qui lui étaut consacré lors d'une note précédente.

 

J’aime particulièrement ses journaux intimes qui se caractérisent par une profonde quête intérieure et une forte tonalité mélancolique. Il se met à « l’écoute de cette voix intérieure ». Il s’est interessé à tous les mystiques : «  il serait facile de mettre côte à côte les extraits de ces textes pour montrer qu ‘avec les mêmes mots, ils disent la même chose » Dans un de ses journaux intimes Accueils à propos des mystiques «  Certains textes que j’aime, que je relis, ils ont pour auteurs des mystiques (dettes, traditions), des sages, des taoïstes, des maîtres Zen...Me frappent en eux la clarté, la précision, la concision, la sobriété de la forme laquelle donne à deviner une pensée claire, ordonnées, ferme, à la fois ample et aiguë, affranchie de toute subjectivité , capable d’aborder les plus complexes (...) »

 Dans l’autre faim il avait écrit « Ma solitude elle a curieusement pris fin il y a plusieurs années quand j’ai découvert l’oeuvre de Zhuang Zi. Dans les textes qu’il a laissés, j’ai retrouvé maintes choses que j’avais pensées ou écrites, et j’ai alors compris que si j’étais en accord sur l’essentiel avec un philosophe qui a vécu il y a 24 siècles, dans une tout autre société, une tout autre culture, il n’était pas possible que je me sois fourvoyé »

Je note ces extraits car en l’écoutant j’ai remarqué que tout ce que Charles Juliet avait dit se trouvait dans ses journaux intimes.

Lors de cette rencontre il a évoqué Camus « Ces textes sont de toutes beauté » et nous a conseillé de lire ces textes parus dans Combat.

Il a rappelé lors des questions du public que les textes sacrés ont eu pour lui un fort impact. « Les textes de la Bible sont très beaux et l’enseignement de l’Evangile(...) Il faut que j’écrive un texte sur l’Ecclésiaste(...).

Je me suis fait dédicacer un de ses journaux intimes que j’avais emporté « Pour Fabrice ce journal d’une recherche de soi, de l’autre, de la vie... »

 

13/11/2006

Les Contes de l'An 3000, Raoul Lebon

Agréable surprise que ce livre ! Dans une soixantaine de contes brefs impeccablement ciselés autour de sa vision du 3éme millénaire Raoul Lebon fait ressortir les absurdités, les contradictions et le caractère cruellement délétère de ce 21éme siècle ; en cela la science-fiction est un genre qui permet d' extrapoler nos époques, d'explorer les bouleversements à venir, de montrer les précipices et de mettre l'accent sur les plaies d'un monde malade.

Si la description de notre future peut paraître atterrante, les multiples actes que l'on voit actuellement montre que nous sommes hélas très proches du système qu'il nous décrit. La tolérance y est poussé à l'extrême , les élections sont une vaste farce ( le gouvernement est appelé Le Grand cirque ), la propagande est très intense ( le " perturbateur " du système y est ostracisé) ,etc. Evidemment ces contes effaroucheront les bien-pensants car ils sont loin d'être politiquement corrects mais la science-fiction permet justement de ne pas subir les foudres de nos juridictions.

La lecture de ce recueil de textes remplis d'humour est très agréable grâce à un ton ironique et une écriture alerte, simple et sans fioritures avec son regard avisé délicieusement décalé.

Raoul Lebon, Les Contes de l'An 3000, Editions Thélès

16:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature

09/11/2006

Le coeur de la France

Interessant article paru sous la plume de Michel Volle à contre-courant du pessimisme ambiant intitulé le coeur de la France

Souvent les étrangers qui visitent la France s’étonnent : comment se fait-il, disent-ils naïvement, que dans ce pays « décadent » où les semaines de travail sont courtes alors que les grèves, les vacances et les repas sont si longs, dans ce pays où « rien ne marche », finalement, tout marche ? Que ces Français si « peu sérieux » soient, finalement, si efficaces ?

Il se peut que cette décadence dont on parle tant, que ce fameux manque de sérieux, ne soient que des couches superficielles qu'il faut décaper pour approcher la réalité. (...)

Mes clients cessent souvent d'écouter lorsque je dis qu'il convient d'être attentif à la qualité des rapports humains dans l'entreprise. Ils croient que le secret du succès réside dans la qualité de l'organisation ; elle y contribue, mais la meilleure des organisations n'aidera en rien si elle n'est pas animée par des personnes de bonne volonté.

Lorsque les spécialités se diversifient comme elles le font aujourd'hui, toujours tentées de se fermer l'une à l'autre, restaurer la capacité d'écoute est une pure question d'efficacité. Si au passage les rapports humains s'améliorent, tant mieux !

*     *

Mon admiration va donc à ces personnes fines et généreuses qui font marcher les choses sans faire de bruit et que j'appelle les « animateurs », ou encore les « vertébrés » : elles apportent à l'entreprise son style, sa personnalité, son âme enfin. Je crois que c'est grâce à elles que notre pays fonctionne ; on les connaît mal parce qu'elles sont discrètes et que leur mode d'action est subtil.

J'an ai rencontré à tous les niveaux de la hiérarchie. Je me rappelle une secrétaire dans un ministère, un vendeur dans un grand magasin, un plâtrier, une dame qui fait tourner les services administratifs d’une université, un facteur, une jeune femme qui s’occupe des vieux dans une maison de retraite, un directeur d'agence à l'ANPE, un informaticien à Air France, un couturier, un artisan chocolatier etc.

Indiquons un ordre de grandeur : la part des animateurs dans la population active me semble être de l'ordre de 10 à 20 % . Cette élite est donc à la fois minoritaire et relativement nombreuse. Je voudrais esquisser ici son portrait.

*     *

Les animateurs sont des personnes modestes et, le plus souvent, peu conscientes d’un rôle qu’elles remplissent avec un grand naturel. Alain Desrosières, à l’INSEE, diffusait avec une générosité infatigable des photocopies d’articles intéressants et mettait assidûment en contact ceux qui avaient des idées à échanger : pour lui cela allait de soi, mais il était le seul à agir ainsi.

L’animateur semble porter en lui une source, ou une force, qui le rend invulnérable à l’ennui comme aux contrariétés. Il aime « que les choses avancent », il cultive la simplicité dans les procédures comme dans son langage que ne pollue aucun anglicisme, aucune concession au politiquement correct. Il est souple mais sa colonne vertébrale est ferme. Il travaille sans bruit, avec un léger sourire, et j'ai vu que cela déconcertait les Allemands qui croient que sourire au travail, ce n’est pas seriös.

(...)

Peut-être l’animateur a-t-il interposé entre le monde et lui un filtre qui protège sa sensibilité. Il détourne son regard des tags qui souillent les murs, des architectures qui déshonorent le paysage, du débraillé des bons sentiments. La prétention des médias, l’agitation futile des milieux de l’édition, l’exhibitionnisme des technoparades et autres gay prides, l’étalage de la pornographie glissent sur lui sans l’atteindre.

Sa simplicité, qui agit sans paraître effleurer les choses, s’appuie sur une lucidité sans illusion : il voit nettement les prostitutions du carriérisme, les cuistreries, scélératesses et perversités, la corruption, la prédation. Mais plutôt que de perdre son temps à s’en indigner il les traite comme des obstacles à contourner.

Je vois dans cette sagesse la vraie richesse, la grande ressource de notre pays. (...)

19:31 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : société, politique

06/11/2006

Marcella MALTAIS Notes d'atelier

Marcella Maltais dans cet essai remarquable d'intelligence et de clarté procède à une mise en accusation explosive de l'art contemporain dont voici un extrait pris au hasard.

ART ET POUVOIR IMPOSTURE DE LA MODERNITE


L'art dit "de rupture" ou "d'avant-garde", sera toujours encouragé par le Pouvoir, car contrairement à ce qu'on cherche à nous faire croire, cet art ne dérange absolument rien ni personne. (Picasso ne derange pas. Les impressionnistes dérangent encore.)
Cet art va dans le sens du commerce, de la nouveauté du gadget, de la médiocrité (...)
Ce genre d'art, relié à une esthétique de la laideur dépourvu de tout esprit religieux, de tout sens et tome globalité, sera prôné et popularisé au détriment d'un art de la Beauté, de la Totalité de l'être. Cet art de la Beauté et de la Globalité est celui qui gène vraiment. Il invite à réfléchir, à se poser des questions, à refuser les idéologies artistiques acquises. Si, par hasard, cet art était montré en force, il ne pourrait que renverser les valeurs officielles proposées à l'idolâtrie des foules, tout au moins les mettre en ballottage. Alors, on ne le montre pas.
Il faut en prendre son parti, jamais l'Etat ne s'intéressera à l'art réel, car ce n est pas là sa fonction. Et les lobbies d'argent proches du Pouvoir feront en sorte que la vitrine demeure ce qu'elle est : du commerce, de la publicité, des réseaux de circulation du capital.
Rien à voir avec l'art.
COMMERCE ET RUPTURE
L'idéologie du "modernisme avant-gardiste", c'est-à-dire le culte d'une rupture permanente, est typiquement commerciale. C'est le même matraquage publicitaire que celui qui pousse à changer de modèle de voiture tous les six mois et de système de son aussi souvent : ça fait marcher le commerce.
Les grands musées et le pouvoir culturel emboîtent le pas. Et on nous donne à voir, sous prétexte de nouveauté et d'avant-garde, les nullités les plus éculées, les plus répétitives. Autrement dit, on "pompiérisme" les recherches techniques qui se sont pratiquées au début du siècle. (...)

Tout art qui a un sens sera qualifié de rétro, de démodé, de classique sans intérêt, et il sera rejeté. Car il pourrait troubler le triomphe de la vacuité moderniste.

Je pourrai citer tout le livre tant ses notes sont remarquables de clarté, de synthèse, de sens, de lucidité. Peintre elle-même, Marcella Maltais sait de quoi elle parle puisque son initinéraire l'a conduite de la peinture abstraite à la peinture figurative. Elle met aussi en corrélation l'abandon de la spiritualité et du sacré avec cet art devenu superficiel et de plus en plus éloigné de la beauté.

Pour elle la peinture est un chemin, un moyen de connaissance, une ascèse. Les œuvres n'en sont que la trace, le résidu alchimique… La peinture n'est pas le sujet ou l'absence de sujet : la peinture, c'est la lumière… Incarnée par la couleur, la lumière est aussi la finalité de l'œuvre.

MALTAIS Marcella, Notes d'atelier, Écrits des Hautes-Terres, coll. " Calepins ", 2006, 114 p

17:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : art, littérature