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24/01/2007

Peine perdue , Laurent Rochut

medium_Laurent-Rochut.jpgVoilà un écrivain qui a le goût de la polémique ; ce qui ne peut que révolter les bien-pensants. Il a d’ailleurs été formé à la bonne école : L’idiot International , la revue de feu Jean-Edern Hallier. Peine perdue est une lettre cinglante de rupture à sa mère, un règlement de compte « familial » et aussi un réquisitoire contre l’idéologie soixante-huitarde. C’est un roman mais comme tout roman il y a une part de soi-même. On en vient même à se perdre ; est-ce son autobiographie ou un roman ?

On sent dans son écriture une énergie débordante, une volonté d'en découdre avec la gauche moralisante.

Peu à peu, vous avez appris à faire votre travail de pions, de kapos des consciences. Vous êtes devenus experts en procès d'intention, en comités de vigilance, en professions de foi. C'était une version socialo-opportuniste de la révolution culturelle. Il n'y aurait de place au soleil qu'à ce prix.
Terroriser la pensée, la fliquer dans la moindre de ses manifestations d'indépendance ou de virilité. Mettre au pas l'opinion, d'une dénonciation l'autre, telle aura été votre sale besogne.

Il y a aussi de la foi dans ce livre.

L’humanité est malade de la mort de Dieu. Elle est veuve du sacré et s’invente des mystères de tireuse de cartes. Lorsqu’il parle de Dieu , c’est un dieu qui part en croisade, libère Jérusalem, châtie les médiocres et non celui qui pardonne, qui écarte les bras pour mieux nous étreindre.

Violente charge contre la presse : Un de ces procès expéditifs qui se bâclent en un éditorial commandé. Les chroniqueurs sont les commissaires politiques du nouvel ordre mondial.

Il raconte l’histoire de ce jeune homme poursuivi pour avoir participé à une manifestation contre l’avortement.  Plusieurs CRS l’ont poursuivi jusque dans un immeuble où il s’était réfugié. Il a refusé d’obtempérer et a ouvert la fenêtre du palier, au dernier étage. Il s’est faufilé sur la corniche et a glissé. Il venait d’avoir 22 ans. Sa mort n’a pas ému un journaliste. Je me souviens très bien de cette anecdote ; cela doit faire plus de 10 ans. C’est à cause de cela que ma vision des médias et de la politique s’est radicalement transformé.

Ce roman est aussi celui d'une génération sacrifiée. « Nous sommes un paradoxe vivant, un plissement d'histoire, un noeud gordien, trop vieux pour avaler les couleuvres du modernisme épuré que nous préparent les thuriféraires du XXIe siècle et trop jeunes pour nous sentir coupables du passé. »

 

Ce que j’aime aussi dans ce livre, c’est son écriture fluide, ses phrases claires, courtes « Dans ce monde surveillé, je suis un passager clandestin. Je ne joue pas le jeu. Je ne joue pas. Je ne suis pas un animal social. Je suis l'esprit d'enfance entré en résistance. »

J’attends vraiment avec impatience son prochain roman car Laurent Rochut fait partie de ces belles surprises de ces dernières années.

Peine perdue , Laurent Rochut, Phébus

20:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature

Commentaires

Merci pour ce conseil de livre.

(Je crois que tu devrais "reprendre" le lien vers le site où s'exprimera Dantec, car il y a un bogue qui place tout ton blog en "lien".)

Écrit par : Stéphane | 24/01/2007

Si de lire trois ou quatre lignes d'un roman t'excite au point d'attendre impatiemment le suivant, c'est que celui-ci, le premier, doit être quelleque part décevant...

Écrit par : edmont | 28/01/2007

J'ai bien lu tout le roman et non 4 lignes.

Écrit par : Fabrice | 29/01/2007

Les commentaires sont fermés.