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29/01/2007

Maurice G. Dantec : American Black Box 2

medium_Dantec-blackbloc.2.gifTerminé la lecture d’American Black Box de Dantec. Si les premières pages m’avaient plutôt enchanté ( voir ma première impression) la poursuite de cette lecture me procure un jugement plus nuancé. En fait, je suis plutôt déçu, je pense même que je ne conserverai pas ce livre. Beaucoup de répétitions, de violence, des phrases de ce style  « Pendant que les microbes parisiens s’amusent dans leurs madréporaires raclures de bains de pieds, qu’ils ingurgitent en proportion de volume de papier-journal putrescible qu’ils sécrètent, le sort du mode est suspendu (…) »

Je suis souvent d’accord avec ses propos sur l’islam même s’il est vrai que je ne vais pas aussi loin que lui. J’avais reçu une lettre d’insulte de sa part, sans doute mal conseillé ,cela m’avait déçu car je ne le considère pas comme un ennemi. Pourtant, Maurice G.Dantec fait référence à Carl Schmitt qui considère que la distinction entre l’ami et l’ennemi est primordiale en politique. Il faut avant tout savoir qui sont nos ennemis. Pour Dantec cela ne fait aucun doute, les islamistes en font partie et ceux qui les soutiennent.

« Et l’Islam est un nihilisme, si ce n’est le nihilisme par excellence. (…) L’islam ce communisme du désert » Je ne pense pas aussi que l’islam est une religion, d’ailleurs cette idéologie est soutenu en France par des athées.« L’aveuglement des nihilistes occidentaux au sujet de l’islam semble un condensé de tous les aveuglements successifs de l’Occident depuis deux siècles. Sur le danger jacobin, sur le danger marxiste, positiviste, bolchevik, puis nazi, tiers-mondiste, maoïste, post-moderniste. »

Par contre Maurice G. Dantec aurait pu insister sur l’anti-christianisme en France où les profanations d’églises et de cimetières se passent dans le silence des élites et malheureusement des prélats.

Maurice G. Dantec raconte sa conversion au catholicisme et en bon catholique défend les croisades. Je rappellerai d’ailleurs que ne sont pas les croisés qui ont envahi les terres musulmanes, ils ont été défendre les chrétiens d’Orient et les lieux saints de la chrétienté. La première croisade est un élan de foi. Léon Bloy a écrit : « la folie des croisades est ce qui a le plus honoré a raison humaine » J’ai eu l’occasion d’écouter Mgr Brizard directeur de l’œuvre d’Orient dans une de ces remarquables conférences organisées par l’association Foi et Culture à Angers. « Notre foi s’appuie sur le tombeau vide. Rendre visite au Saint Sépulcre, c’est faire l’expérience de la foi. Les croisades sont motivés par la défense du Saint Sépulcre. »

On pourrait aussi parler de l’Inquisition médiévale. Je commence à comprendre cette époque où l’emprise de la religion était très importante. Il suffit de transposer le délit d’opinion du domaine religieux au domaine politique. Dans un ou deux siècles on se moquera peut-être de notre époque si moralisante : on peut être condamné pour une parole de travers.

Dans ce livre par rapport à ces précédents journaux , Maurice G. Dantec parle peu de littérature. Il cite tout de même des écrivains que l'on peut  taxer de réactionnaires dont Dominique de Roux (Je n'y ai jamais trouvé un intérêt à le lire) et évidemment des mystiques. Ainsi dans American Black Box alternent des citations de Nicolas Gomez d'avila et de G. K. Chesterton.

Au niveau musique  seuls Johny Cash Richard Pinhas,Recoil ou  Nine Inch Nails trouve grâce à ces yeux  Plus cet objet (...) Ezékiel un groupe de Lyon pour moi totalement inconnu mais qui me sidère, au sens strict dès la première écoute.Sans doute le seul groupe made-in-France qui à ma connaissance, puisse se hisser- et dès le premier opus! - à la hauteur des artistes susnommés.

On y découvre Dali qui lui aussi avait des opinions très mal-pensantes.

Ce livre se termine par les émeutes de novembre 1995, venant confirmer son analyse de la situation française.

Je terminerai ce texte par cette citation de Cioran qui résume bien le thème principal de ce livre « La complaisance pour l’adversaire, signe distinctif de la débilité, c’est-à-dire de la tolérance, laquelle n’est en dernier ressort qu’une coquetterie d’agonisant »

American Black Box : Le théâtre des opérations 2002-2006

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : littérature, Dantec

Commentaires

Ta critique, même si elle fait un certain nombre de reproches à M.G. Dantec, donne envie de lire ce livre.

Peut-être M.G. Dantec lui même viendra intervenir ici, dire ce qu'il pense de ton analyse. Ce serait formidable, non ?

Écrit par : Stéphane | 29/01/2007

Je suis en cours de lecture de ce dernier journal de Dantec, ce qui me donne d'ailleurs l'impression que j'ai toujours un Dantec en cours de lecture. Le journal n'est pas le genre que je préfère chez Dantec, il ne manifeste pas suffisamment la perte complète de l'auteur au profit du récit. Dans ses romans, une grâce s'exprime. Cette dernière tend à considérer cet auteur comme un élu. Effectivement son désir visible d'incorporer la totalité de sa compréhension de la Vérité dans la fiction, fait éclater au grand jour son humilité, son dévouement. Dans les journaux successifs, cette magie n'existe pas. On peut toutefois s'en délecter, il est même conseillé d'aller jusqu'à l'écoeurement. N'oublions pas que ces journaux sont des armes et personne n'a dit qu'une arme avait la grâce d'un outil.

Écrit par : Maximilien FRICHE | 31/01/2007

http://leschauffeursdelimousinepensentaussi.blogspot.com/ : ceci est une adresse de blog qui circule aujourd’hui partout sur le net (deux amis à moi l’ont reçue). Quelqu’un sait qui est l’écrivain qui se cache là-dessous ? À suivre en tout cas, tout cela m’intrigue…

Écrit par : Armand | 01/02/2007

Une adresse qu'est muette!

Écrit par : edmont | 01/02/2007

Deux choses ont changé dans l’univers de Maurice G. Dantec. Sa maison d’édition tout d’abord. Les initiés connaissent l’histoire : suite à un conflit entre l’auteur et l’éditeur, conséquent à quelques prises de positions politiquement incorrectes parallèles à une certaine correspondance avec un groupuscule d’extrême droite (les Identitaires), les deux parties, sur décision des éditions, ont mis fin à leur collaboration. Entre temps, un homme est passé par là. Il s’appelle David Kersan et c’est lui qui a intégré le sulfureux personnage chez Albin Michel, éditeur des trois derniers ouvrages de l’écrivain. Deux romans, et le troisième et, dit-on, dernier volet du Théâtre des Opérations.

American Black Box.

Justement, les habitués de Dantec, ceux qui le suivent, sinon depuis ses débuts, au moins depuis quelques livres, auront remarqué que son style d’écriture n’est plus tout à fait le même qu’à l’époque de ses œuvres passées. C’est la deuxième chose qui a changé : la narrativité. Nul besoin d’avoir suivi la branche littéraire au baccalauréat pour s’apercevoir qu’en effet, Babylon Babies et Cosmos Incorporated ont deux techniques narratives différentes. Les mauvaises langues trouveront qu’il a cessé les romans à intrigues multiples et complexes pour se cantonner à un espèce de statut d’auteur de livres de science-fiction, disons, plus « classique » -dans le sens où la description d’une société futuriste, comme dans Cosmos Inc. et Grande Jonction, est un exercice de science-fiction plus classique que ce que l’auteur sera parvenu à faire dans Villa Vortex et Babylon Babies, à savoir une confusion des genres ; polar, futurisme, suspense, intrigues, personnages hyper détaillés, etc.

Mais une chose, elle, n’a pas changé ; son punch. American Black Box, environ 700 pages d’une critique d’un monde en totale perdition, pourrissant, périssant, où la civilisation occidentale décline et préfère se lover dans le confort de l’orthodoxie onusienne-nihiliste pendant que l’héritage multimillénaire de ses Anciens disparaît aussi vite que passent les jours. On peut critiquer Dantec sur la forme, sur ses envolées qui décoiffent, mais le fond de son constat ne manque pas de faits (« divers ») pour être confirmé. Les deux premiers tomes de sa trilogie s’étaient davantage axés sur l’expression de visions philosophiques, métaphysiques, historiques, géopolitiques, littéraires et, très largement, musicales. Le troisième tome, lui, en cela aussi que l’actualité l’exigeait sûrement, met de côté cette multitude et braque son canon de précision sur la stricte politique, politique de résignation des dirigeants de toute l’Europe, et des peuples qu’ils ont endoctriné, tous abaissés, ou en cours d’abaissement, devant la déferlante islamique que l’on ose à peine nommer, et encore moins constater, tellement les nervis du système totalitaire associatif et médiatique sont là, comme autant de petits flicaillons de la pensée penchés au-dessus de votre épaule en attente d’un mot, d’un signe, qui pourraient créditer leur discours sur la « menace fasciste permanente ».

Les puristes, en lisant American Black Box, peuvent être déçus. Par endroit, même si évidemment son entourage le nie, certains passages semblent avoir été retouché, repris, refait, retravaillé. Là où la logique de son positionnement et de sa critique devrait lui faire dire « islamique » ou « musulmane », il écrit, assez étonnamment, « islamiste »...

Dans l’ensemble, lecture rythmée, au cours de laquelle nul ennui n’est possible. Ca bouge, ça dépote, bref, c’est du Dantec dans toute sa splendeur.

Écrit par : Maxime Claren | 01/02/2007

Désolant ce bouquin. Pas de style, pas de langue, des poncifs fascisants à la pelle, une permanence du délire paranoiaque propre à Dantec qui lentement s'enfonce dans sa psychose dont même le Christ ne le tirera pas. Chrétien comme Pinochet, pas plus...

Écrit par : Esnault | 26/02/2007

Ouf!
Merci Esnault!

Écrit par : edmont | 26/02/2007

Les commentaires sont fermés.