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02/04/2007

Catholiques et Français pour toujours ?

Écouté la semaine dernière la toujours excellente émission sur France-Culture : Du grain à moudre ayant pour thème Catholiques et Français pour toujours ?

Voici un extrait de la présentation de ce sujet sur le site de cette émission

(…)Un récent sondage publié par Le Monde des Religions (…) montre que seuls 51 % des Français se reconnaissent aujourd’hui comme catholiques – contre 67 % encore en 1994 -. Encore faut-il relever que seule, une moitié de ces « catholiques » déclarés professe une croyance en Dieu – ce qui est tout de même le minimum. On a donc affaire à un vague reste de catholicisme culturel et sans engagement. En outre, il ne reste plus que 4,5% de la population française pour assister régulièrement aux offices des dimanches. Plus grave pour l’Eglise de France, à peine 2% des jeunes de ce pays se déclarent encore catholiques. Les catholiques vont enfin pouvoir demander le statut envié de minorité sympathique et à protéger, comme les autres…
Aujourd’hui, nous voici devenus autonomes, post-modernes, frivoles et désenchantés en diable, nous n’avons certes pas renoncé à toute forme de croyances. En effet (citation, ouvrez les guillemets) : « Quand les gens cessent de croire en Dieu, ils ne croient pas en rien pour autant. Au contraire, ils sont prêts à croire en n’importe quoi. » C’est ce qu’écrivait G.K. Chesterton, un des ces Anglais suffisamment excentriques pour se convertir au catholicisme. De nouvelles formes de sacré se manifestent de manière anarchique et païenne : consultez sur ce chapitre Régis Debray ou Michel Maffesoli. Reste qu’une société comme la nôtre, où les institutions politiques se sont édifiées dans une rivalité symétrique avec celles de l’Eglise catholique, la déchristianisation a des effets politiques qu’avait bien prédit Marcel Gauchet : faute d’adversaire, l’idéal laïc et républicain dépérit. Notre vie politique s’en trouve anémiée.
En un mot, l’étrange crise d’identité qui ronge, ces jours-ci, la Grande Nation n’aurait-elle pas aussi des origines religieuses ?

 

Quelques extraits de cette émission

 

« Les intellectuels français ont joué un rôle extrêmement important au début du XX°siècle : De Péguy à Mauriac en passant par Mounier, Bernanos. Cette tradition est pratiquement exsangue on a beaucoup de mal à trouver des intellectuels catholiques aujourd’hui » Brice Couturier 

« C’est le catholicisme qui a éclaté…les catholiques sont extrêmement pluriels aujourd’hui (…) je regrette que les intellectuels catholiques soient discrets »Jean-Louis Schlegel. 

Julie Clarini souligne que René Rémond disait : « s’affirmer catholique c’est se discréditer sur le plan intellectuel »

« Après tout, les intellectuels se réclament d’un label anti-conformiste. Les catholiques devenant une minorité comme les autres dans ce pays, ils allaient peut être bénéficier des privilèges qui sont accordés dorénavant à ces minorités qu’on tend à protéger contre le risque de dissolution (…) N’est-ce pas une carte que pourrait jouer les intellectuels catholiques aujourd’hui. Cela pourrait être une forme de posture (…)Après tout, il n’y a pas plus banal que les propos tenus par Michel Onfray qui sont du niveau de la croyance de l’homme du métro. » Brice Couturier

« A force d’ épouser le siècle, l’Église ne s’est-elle pas perdu? »Brice Couturier

« Le catholicisme hiérarchique, autoritaire d’hier a disparu et c’est ce catholicisme là que dénonce Michel Onfray. Son livre a du succès car il dénonce la violence des religions et c’est ce qui préoccupe nos contemporains. » Jean-Luc Pouthier

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