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26/08/2007

Jésus selon Proudhon

 

c745a0bb0ed1b77776bb03a607e91527.jpegVoici un livre étonnant qui nous permet de découvrir une autre facette d’une des figures les plus importantes de l’anarchisme. Dans un numéro d’Itinéraire consacré à Pierre-Joseph Proudhon, on y apprends qu’il était correcteur dans une imprimerie spécialisée dans les ouvrages de théologie et de patristique. « Mes vrais maîtres déclarera-t-il en 1848 , je veux dire  ceux qui ont fait naître en moi  des idées fécondes, sont au nombre de trois : la Bible d’abord, Adam Smith ensuite et enfin Hegel » Il a même entrepris l’étude de l’hébreu. C’est donc un fin connaisseur de la Bible,mais ce qui l’intéresse le plus est le personnage de Jésus et donc le Nouveau Testament. C’est vraiment une étude historique passionnante qui s’appuie particulièrement sur les Evangiles. Proudhon n’accorde guère d’intérêt pour l’évangile de Jean et préfère l’Evangile de Saint Matthieu. « L’Evangile de Jean a pour but d’affirmer la messianité de Jésus et son identité avec le verbe divin » « Jésus était ce qu’on appelle aujourd’hui (1848-1852) un révolutionnaire social, qui ne voyait dans l’idée messianique qu’un mythe, et qui le résolvait en en l’interprétant d’une réforme morale, sociale, politique même s’il pouvait. » Sa doctrine allie « liberté, égalité, fraternité » et « immortalité de l’âme » A propos de actes des apôtres,  Proudhon constate que le manque d’organisation sera fatal aux communautés primitives or « les êtres vivants sont des êtres organisés ; il en est de même en politique. »

Proudhon analyse le moment où le christianisme va se définir par rapport au judaïsme. Il indique que « Plus que les juifs, les païens dans le vide moral et religieux qu’ils connaissaient, étaient « mieux disposés » à accueillir le christianisme. »

Ce livre est intéressant sur plusieurs points : Le personnage de Proudhon bien sûr  mais surtout la Bible qui nous permet de la découvrir ou de la redécouvrir.

Jésus selon Proudhon La « messianose » et la naissance du christianisme , Gérard Bessière , Editions du Cerf

Commentaires

Intéressant ! Voir comment Proudhon prend ses sources dans le Bible est une chose, voir comment éventuellement il y revient en serait une autre. Il ne faudrait pas qu'il y trouve uniquement la caution nécessaire à ses raisonnements. Je ne connais pas suffisamment proudhon. Ce livre doit permettre d'identifier un chemin, une logique. C'est tentant de le lire.

Écrit par : Maximilien FRICHE | 27/08/2007

On ne peut faire vraiment une synthése de sa pensée avec toutes ces affirmations. L'accent est plutôt porté sur l'aspect historique.

Écrit par : Fabrice | 27/08/2007

Est-ce que l'on ne peut pas voir dans cette analyse de Proudhon des liens avec la réflexion de Renan sur le même sujet ?

Écrit par : Stephane | 29/08/2007

Justement il critiquait le Jésus de Renan qu'il trouvait trop mondain. Il aurait voulu publier un autre Jéus

Écrit par : Fabrice | 29/08/2007

Me gêne un peu cette vision d'un Jésus "doctrinaire".
Je m'explique : si pour Jésus les hommes sont égaux c'est par essence qu'ils le sont puisque qu'étant égaux devant Dieu ; présenter Jésus comme un quelconque révolutionnaire social me semble donc être une tromperie de plus ou du moins un contre-sens.

Écrit par : Jersan Romcho | 05/09/2007

Je ne pense que ce livre, d'après ce que j'ai compris de cette note, présente Jésus comme un révolutionnaire.
D'abord parce que Proudhon n'était pas un révolutionnaire...
D'autre part il semble qu'il soit question de son inspiration spirituelle.
Le passage du Judaïsme au Christianisme (ou plutôt l'absence de passage !) est un des moments les plus passionnants de l'histoire des religions.
Les Juifs s'étaient enfermés dans une religion de rites alors que la parole du Christ portée par Paul bouscule les rites...

Écrit par : Rosa | 06/09/2007

Je reste sur ma première idée, la parole de Jésus visait les hommes, l'homme, pas la société.
Politiser Jésus en faisant de lui un travailleur social me semble douteux.
Comme peut le faire un certain Hugo Chavez au Venezuela...

Écrit par : Jersan Romcho | 07/09/2007

de même, je trouve que le message de Jésus n'est pas politique (au sens changement social), mais bien individuel, car il appelle un changement du coeur. Une société a-t-elle un coeur? Peut-elle être sauvée de ses péchés?

Or, Jésus appelle clairement à chercher Dieu ET à aimer son prochain comme soi-même. Pas l'un sans l'autre. Et une société - ou une organisation politique - ne peut pas mettre ça en oeuvre.

Donc, la parole de Jésus visait les hommes.

Écrit par : lionEl | 09/10/2007

On parle de Jésus ici, mais, j'ai trouvé très intéressant l'article du Spitz japonais sur Mahomet :
http://lespitzjaponais.hautetfort.com/archive/2007/08/02/remi-brague-au-moyen-du-moyen-age.html

Écrit par : Stephane | 09/10/2007

Les commentaires sont fermés.