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27/05/2008

Festival de Cannes : la fin du cinéma

Comme l’avait promis le président du jury, Sean Penn, cette dernière édition du festival de Cannes, fut un « palmarès politique ». Entre les murs, de Laurent Cantet a donc remporté logiquement cette Palme d'or puisqu’il répondait à tous les critères de l’idéologie dominante.

 Nicolas Domorand sur France-Inter dans le sept-dix du lundi 26 mai a posé cette question aux deux productrices de ce film :  ça a été difficile de le financer ?

La réponse Paradoxalement ça a été très facile. C’est plutôt le contraire qui aurait été un paradoxe car toutes les élites intellectuelles, artistiques, sportives et financières glorifient la banlieue.

Ainsi le cinéma n’est plus destiné à nous distraire mais est devenu un lieu de propagande de l’idéologie dominante.

21:53 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : cinéma, politique

Commentaires

"Ainsi le cinéma n’est plus destiné à nous distraire mais est devenu un lieu de propagande de l’idéologie dominante. "

Ce qui n'est d'ailleurs pas contradictoire, au contraire, et c'est bien là sa force.

Écrit par : Ludovic | 30/05/2008

D'ailleurs tout le monde parle de ce film sans l'avoir vu, puisqu'il ne sortira pas avant le mois d'octobre. C'est rigolo, non ?

Écrit par : stéphane | 01/06/2008

Un nouveau site littéraire en gestation : http://avenirdufutur.ovh.org/forum

Écrit par : stéphane | 01/06/2008

Ca y est mon roman est paru !

Écrit par : stéphane | 03/06/2008

Il faut que j'aille voir cela. En même temps je te signale un nouvel article sur le grain de sable http://www.legraindesable.com/

Écrit par : Fabrice | 03/06/2008

Palme d'or pour une syntaxe défunte, par Alain Finkielkraut
LE MONDE du 03.06.08 http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/06/03/palme-d-or-pour-une-syntaxe-defunte-par-alain-finkielkraut_1053101_0.html


Pour François Bégaudeau, auteur du livre Entre les murs (Verticales, 2006) et acteur principal du film qui en a été tiré, la Palme d'or du Festival de Cannes est un véritable conte de fées. Sa joie, partagée avec le metteur en scène Laurent Cantet et les élèves du collège Françoise-Dolto, qui jouent leur propre rôle, fait plaisir à voir. On lui pardonne même son brin de suffisance : comment garder la tête froide dans un moment aussi inattendu et aussi exceptionnel ?


Bégaudeau n'a pas le triomphe modeste, soit. Mais pourquoi l'a-t-il acrimonieux ? Pourquoi cette vindicte à l'égard des professeurs qui ne partagent ni ses méthodes, ni ses objectifs, ni son optimisme ? Pourquoi être si mauvais joueur quand on a gagné la bataille, et s'acharner contre les derniers récalcitrants quand on a, à ses pieds, le président de la République, la ministre de la culture et celui de l'éducation nationale ? Et pourquoi faut-il que Le Monde (le 28 mai) alimente cette étrange aigreur en dressant le repoussoir des "fondamentalistes de l'école républicaine" qui prônent "l'approche exclusive de la langue française par les grands textes" ?

Fondamentaliste, la lecture d'A la recherche du temps perdu, de Bérénice ou du Lys dans la vallée ? Fondamentaliste, l'expérience des belles choses, l'éventail déployé des sentiments et le tremblement littéraire du sens ? Le fondamentalisme est arrogant, catégorique et binaire ; la littérature problématise tout ce qu'elle touche. Le fondamentalisme enferme l'esprit dans le cercle étroit d'une vérité immuable ; la littérature le libère de lui-même, de ses préjugés, de ses clichés, de ses automatismes. Le fondamentalisme est une fixation ; la littérature, un voyage sans fin.

On jugera le film de Laurent Cantet lors de sa sortie en salles. Peut-être sera-t-on intéressé, voire captivé par cette chronique d'une année scolaire dans une classe de quatrième à travers les tensions, les drames, les problèmes et les imprévus du cours de français. Mais s'il est vrai qu'après s'être vainement employé à corriger la syntaxe défaillante d'adolescentes qui se plaignaient d'avoir été "insultées de pétasses", l'enseignant finit par utiliser certaines tournures du langage des élèves, "plus efficace que le sien", alors on n'aura aucun motif de se réjouir.

Car la civilisation ne demande pas à la langue d'être efficace, d'être directe, de permettre à chacun de dire sans détour ce qu'il a sur le coeur ou dans les tripes, à l'instar de ce magistrat qui a conclu son réquisitoire contre un accusé terrifiant par ces mots : "A gerber !" La civilisation réclame le scrupule, la précision, la nuance et la courtoisie. C'est très exactement la raison pour laquelle l'apprentissage de la langue en passait, jusqu'à une date récente, par les grands textes.

Naguère aussi, on respirait dans les oeuvres littéraires ou cinématographiques un autre air que l'air du temps. Sean Penn, le président du jury, a remis les pendules à l'heure en déclarant, dès la cérémonie d'ouverture du Festival et sous les applaudissements d'une presse enthousiaste, que seuls retiendraient son attention les films réalisés par des cinéastes engagés, conscients du monde qui les entoure. Sarabande, Fanny et Alexandre, E la nave va, In the Mood for Love, s'abstenir. Un conte de Noël, ce n'était pas la peine. Le monde intérieur, l'exploration de l'existence, les blessures de l'âme sont hors sujet. Comme si l'inféodation de la culture à l'action politique et aux urgences ou aux dogmes du jour n'avait pas été un des grands malheurs du XXe siècle, il incombe désormais aux créateurs de nous révéler que Bush est atroce, que la planète a trop chaud, que les discriminations sévissent toujours et que le métissage est l'avenir de l'homme.

L'art doit être contestataire, c'est-à-dire traduire en images ce qui est répété partout, à longueur de temps. Big Brother est mort, mais, portée par un désir de propagande décidément insatiable, l'idéologie règne et veille à ce que notre vie tout entière se déroule entre les murs du social.

Écrit par : Fabrice | 05/06/2008

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