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18/06/2008

De l’idéologie malsaine du film Phénomènes

the_happening_usposter.jpegDe l'idéologie malsaine du film Phénomènes par Maurice Gendre sur Le grain de sable.

La dernière « œuvre » de M. Night Shyamalan (Sixième sens, Le Village, Incassable…) intitulée Phénomènes (The happening en anglais) possède un très grand mérite : afficher au grand jour l’anti-humanisme radical de certaines thèses écologistes.

Que raconte ce long-métrage ?

New York de nos jours. Une matinée comme tant d’autres dans les allées de Central Park. Soudain, les promeneurs se figent. Très vite, ils tiennent des propos incohérents. L’instant qui suit, ils se suicident. Quelques « blocks » plus loin, les ouvriers d’un chantier se jettent sans aucune explication d’une toiture.

Dès les premières minutes, on évoque une attaque terroriste et l’évacuation de la Big apple est organisée. Mais rapidement d’autres villes du nord-est des Etats-Unis sont touchées. La piste terroriste est donc abandonnée au regard de la superficie concernée par le « phénomène ». On essaie de trouver des réponses. En vain. suite

19:32 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Comment des articles de science-fiction sur ce blogue ?! Mais, c'est pas possible ! Il faut faire quelque chose ! ;-)

Je vais contacter Maurice Gendre.

Écrit par : stéphane | 19/06/2008

Je n'irai pas voir ce film. Les précédents de M. Shyamalan m'avaient déjà trop déçu...

Écrit par : CCRIDER | 18/07/2008

Intéressante cette analyse du film par Maurice Gendre, comme quoi on peut regarder un film et passer complètement à côté de celui-ci. Toutefois j’ai quand même envie de vous livrer ma version du film, j’en interprète le sens différemment et je suis certain qu’au final ma lecture de « Phénomènes » vaut bien celle de Maurice Gendre.

On connaît M. Shyamalan pour ses films traitant de la difficile relation à l’autre, de la paranoïa (je pense notamment au « Village »). Je ne pense pas que « Phénomènes » parle d’autres choses que de cela sauf qu’ici la dimension apocalyptique entre en jeu et que M. S. essaie donc d’aborder la fin des temps.

Pour moi il ne fait aucun doute que l’Apocalypse est l’œuvre du Mal. Que ce dernier agisse à travers les catastrophes naturelles, le terrorisme ou bien des gouvernements suspects importe peu puisque au final je vois le Mal dans tout ce qui détruit l’homme.
Cette question de savoir d’où vient le mal est posé dans ce film à travers les allocutions des média qui tantôt accusent le terrorisme puis évoquent la thèse conspirationniste en imputant le gouvernement, et finissent par déplorer une catastrophe naturelle, le tout sans jamais donner le sentiment qu’ils maîtrisent leur sujet, je dirai donc que les origines du fléau sont un peu toutes les raisons évoquées ou du moins que M. S. nous laisse suffisamment dans le vague pour imaginer ce que l’on veut, car au fond le Mal n’est il pas multiforme.
C’est pour cela que « Gaïa vengeresse » est une idée intéressante néanmoins je pense que les intentions de M. S. vont bien au delà.

Tout d’abord lorsque on regarde les faits bruts on constate que les « phénomènes » se déroulent ainsi :
- Dans un premier temps deux personnes communiquent ensemble (dans un parc, lieu propice aux rencontres, à l’échange mais également à la flânerie solitaire), puis une des deux semblent se perdre dans ses paroles, délitescence du verbe traduit par une répétition d’une phrase puis d’un mot, s’ensuit le suicide de cette dernière sous les yeux stupéfaits de la personne saine.
- Ensuite la contamination a lieu sur les personnes alentour.
- Ce « phénomène » touche des groupes de personnes contraintes de se diviser pour ne pas être atteintes.

Difficile de ne pas voir ici une allégorie du processus de désindividuation et d’atomisation des êtres, processus ô combien mortifère puisque conduisant à la disparition de l’homme.
M. S. sous-entend pour moi que la désagrégation du langage est à l’origine du Mal ou bien l’inverse évidemment.
La perte du contact avec l’autre est récurrent dans le film : Un langage appauvri, vide de sens, symptôme du mal en action mais aussi contacts téléphoniques, radiophoniques, télévisuels incessamment coupés.
On frémit également devant ce lien rompu avec le réel : annonces discordantes des média sur l’origine des faits ; puis la scène de « la maison d’exposition » où ce qui semble réel ne l’est pas tant que ça ; et pour finir l’épisode de « la folle » recluse dans un monde parallèle.

Le fait que l’individu atteint par le mal finit par se suicider tend à responsabiliser les hommes de cette situation ; en effet l’acte ultime est l’œuvre de l’individu au final. d’ailleurs je note que la violence n’est pas seulement le fruit de « la Chose » (j’emprunte ce terme à dessein j’y reviendrai) – il suffit de se rappeler la scène la plus violente du film, celle où une personne (que l’on ne verra pas et entendra si peu) refusant l’aide à un groupe abat deux enfants sans état d’âme ; mais également la scène de la « folle » enfermée dans son imaginaire malade – ces faits sont là pour nous rappeler le rôle déterminant que l’homme joue dans cet Apocalypse. Pour moi M. S. nous signifie que pauvreté intellectuelle et de l’âme conduit à la perte de l’homme qui finit par s’autodétruire.
D’ailleurs précisons les conditions dans lesquelles trois protagonistes sont sauvés à la fin du film : alors que séparés par « la Chose », enfermés dans des bunkers respectifs soit disant salvateurs, ils décident de se réunir (au nom de l’Amour ? Préférant finir leur vie par un acte libre que mourir lentement, seuls, esclaves du Mal pardon de « la Chose » qui les contraint à la division ? Hehe) et étrangement ils restent vivants, ahaha.

Il ne fait aucun doute que pour moi ce film s’inscrit dans la droite lignée des films hollywoodiens traitant de l’Apocalypse et des derniers hommes contraints, car au pied du mur, de choisir entre le Bien et le Mal.
Je trouve ce film assez intelligent au final, une belle allégorie de la fin des temps.
Je pense que le cinéma américain est bien plus influencé par les évangélistes que par les groupuscules écolo-terroristes dont nous parle Maurice Gendre. Il est et il le restera.

Au fait l’allusion à « la Chose » m’est venu en pensant à Grande Jonction de Maurice G. Dantec, qui désigne ainsi par le biais de ses personnages ce qui en fait ne peut se nommer : Le Mal Absolu.
Quelques similitudes étranges entre ces deux œuvres d’ailleurs…
Le “calcul…calcul…calcul” de la petite fille qui ponctue ainsi une liaison téléphonique avant de se suicider, le héros scientifique qui pense pouvoir s’en remettre aux chiffres pour sauver le monde…

"C’est l’Humanité en tant que forme dévolutive générique qui est la Chose" Grande Jonction, Maurice G. Dantec.

Écrit par : Jersan Romcho | 22/07/2008

Interessante aussi si cette analyse. Je n'ai pas vu ce film ; je ne sais pas qui se rapproche le plus de la réalité ou de ce qu'en a voulu interpréter le réalisateur.

Votre analyse donne plutôt envie de voir ce film.

Si cela ne vous dérange pas, je peux mettre ce texte sur le grain de sable qui en donne une autre version.

Écrit par : Fabrice | 22/07/2008

Je vous laisse le soin alors de corriger les quelques fautes qui font mal aux yeux :-)

Écrit par : Jersan Romcho | 24/07/2008

Je prolonge le débat sur mon blogue !

Écrit par : stéphane | 01/08/2008

Les commentaires sont fermés.