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18/11/2008

Etranges sabotages SNCF

20081113autonomesinsideok.jpgSuite à l’affaire des sabotages des lignes SNCF on a pu lire dans les médias que les dix auteurs présumés seraient  membres d'un groupe d'ultra-gauche, et que l’un des théoriciens du groupe serait l’un des fondateurs de la revue  Tiqqun sous-titré "Organe conscient du parti Imaginaire "  Il se trouve que je possède les deux numéros de cette excellente revue. A les lire, cette prose serait plutôt proche des situationnistes même si le 2° numéro était beaucoup plus politique (celui-ci était sous-titré "Organe de liaison du parti Imaginaire ")  c'est sans doute cela qui a  étonné les journalistes peu habitués à ce genre de littérature. Thibault ISABEL  créateur du bulletin gratuit de réflexion mensuel Anaximandre (le dernier numéro  est une réflexion sur le statut de l’écriture, de l’érudition et de la pensée dans le monde moderne), me disait dans un de ces e-mails qu’il exprimait publiquement toute sa «  sympathie aux animateurs de la revue Tiqqun et du « Comité invisible ». Quoi qu’ils aient fait, et quelle qu’ait pu être la légitimité ou la pertinence de leurs actions, je tiens à rendre hommage à leur courage, leur intégrité et la rigueur qu’ils manifestent dans la mise en pratique de leurs idées. Le jour où tous les « délinquants » et les « terroristes » de la terre s’exprimeront dans une langue aussi sophistiquée que la leur, et développeront une pensée aussi subtile et élaborée, je suis persuadé que la civilisation humaine aura accompli un grand bond en avant… »

 

Cette revue osait citer Bloy ,Valéry, Jünger, Goethe, Arendt, et tant d’autres qui ont toute mon affection, elle prônait une critique radicale de cette société et percevait que « la distraction sous toutes ses formes deviendrait absolument vitale pour maintenir l’ordre social » Elle s’en prenait à ces pseudos rebelles et ont d’ailleurs «  rendu publique la première critique honnête Bourdivine ».

 

Jean-Yves Camus sur Rue 89 lui avait ressenti « Des textes aux relents d'extrême droite ». Il utilise une méthode très usité pour discréditer un mouvement ou une personne :  l’affubler du terme d’extrême droite.

Il avait repéré dans le passage suivant tiré du «  "L’Insurrection qui vient" un « "retour aux racines", voire "la terre et les morts", thèmes chers à l'écrivain d'extrême droite Maurice Barrès. »

 

Et de qui sont ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? La vérité, c’est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu’il résulte de cela, en même temps qu’une inédite disposition au tourisme, une indéniable souffrance. Notre histoire est celle des colonisations, des migrations, des guerres, des exils, de la destruction de tous les enracinements.

C’est l’histoire de tout ce qui a fait de nous des étrangers dans ce monde, des invités dans

notre propre famille. Nous avons été expropriés de notre langue par l’enseignement, de nos chansons par la variété, de nos chairs par la pornographie de masse, de notre ville par la police, de nos amis par le salariat.

 

 

Ce livre commence ainsi :

Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus. À ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui. Ceux qui prétendent détenir des solutions sont démentis dans l’heure. C’est une chose entendue que tout ne peut aller que de mal en pis. « Le futur n’a plus d’avenir » est la sagesse d’une époque qui en est arrivée, sous ses airs d’extrême normalité, au niveau de conscience des premiers punks.

La sphère de la représentation politique se clôt. De gauche à droite, c’est le même néant qui prend des poses de cador ou des airs de vierge, les mêmes têtes de gondole qui échangent leurs discours d’après les dernières trouvailles du service communication. Ceux qui votent encore donnent l’impression de n’avoir plus d’autre intention que de faire sauter les urnes à force de voter en pure protestation.

On commence à deviner que c’est en fait contre le vote lui-même que l’on continue de voter. Rien de ce qui se présente n’est, de loin, à la hauteur de la situation. Dans son silence même, la population semble infiniment plus adulte que tous les pantins qui se chamaillent pour la gouverner. N’importe quel « chibani » de Belleville est plus sage dans ses paroles qu’aucun de nos soi-disant dirigeants dans toutes leurs déclarations. Le couvercle de la marmite sociale se referme à triple cran tandis qu’à l’intérieur la pression ne cesse de monter. Parti d’Argentine, le spectre du Que se vayan todos ! commence à sérieusement hanter les têtes dirigeantes.

(...)L’impasse du présent, partout perceptible, est partout déniée. Jamais tant de psychologues, de sociologues et de littérateurs ne s’y seront employés, chacun dans son jargon spécial où la conclusion est spécialement manquante. Il suffit d’entendre les chants de l’époque, les bluettes de la « nouvelle chanson française » où la petite bourgeoisie dissèque ses états d’âme et les déclarations de guerre de la mafia d’Evry, pour savoir qu’une coexistence cessera bientôt, qu’une décision est proche. 

Ce texte est signé d’un nom de collectif imaginaire. Ses rédacteurs n’en sont pas les auteurs. Ils se sont contentés de mettre un peu d’ordre dans les lieux communs de l’époque, dans ce qui se murmure aux tables des bars, derrière la porte close des chambres à coucher. Ils n’ont fait que fixer les vérités nécessaires, celles dont le refoulement universel remplit les hôpitaux psychiatriques et les regards de peine. Ils se sont faits les scribes de la situation. C’est le privilège des circonstances radicales que la justesse y mène en bonne logique à la révolution. Il suffit de dire ce que l’on a sous les yeux et de ne pas éluder la conclusion.

Continuons avec d’autres extraits

(...) Qu’on ne nous parle plus de « la ville » et de « la campagne», et moins encore de leur antique opposition.

Ce qui s’étend autour de nous n’y ressemble ni de près ni de loin : c’est une nappe urbaine unique, sans forme et sans ordre, une zone désolée, indéfinie et illimitée, un continuum mondial d’hypercentres muséifiés et de parcs naturels, de grands ensembles et d’immenses exploitations agricoles, de zones industrielles et de lotissements, de gîtes ruraux et de bars branchés : la métropole.

Il y a bien eu la ville antique, la ville médiévale ou la ville moderne; il n’y a pas de ville métropolitaine.

La métropole veut la synthèse de tout le territoire. Tout y cohabite, pas tant géographiquement

que par le maillage de ses réseaux.

C’est justement parce qu’elle achève de disparaître que la ville est maintenant fétichisée, comme Histoire. Les manufactures lilloises deviennent des salles de spectacle, le centre bétonné du Havre est patrimoine de l’Unesco. À Pékin, les hutongs qui entourent la Cité interdite sont détruites, et l’on en reconstruit de fausses, un peu plus loin, à l’attention des curieux. À Troyes, on colle des façades à colombage sur des bâtiments en parpaing, un art du pastiche qui n’est pas sans évoquer lesoutiques style victorien de Disneyland Paris. Les centres historiques, longtemps sièges de la sédition, trouvent sagement leur place dans l’organigramme de la métropole. Ils y sont dévolus au tourisme et à la consommation ostentatoire. Ils sont les îlots de la féerie marchande, que l’on maintient par la foire et l’esthétique, par la force aussi. La mièvrerie étouffante des marchés de Noël se paye par toujours plus de vigiles et de patrouilles de municipaux. Le contrôle s’intègre à merveille au paysage de la marchandise, montrant à qui veut bien la voir sa face autoritaire. L’époque est au mélange, mélange de musiquettes, de matraques

télescopiques et de barbe à papa. Ce que ça suppose de surveillance policière, l’enchantement !

Ce goût de l’authentique-entre-guillemet, et du contrôle qui va avec, accompagne la petite bourgeoisie dans sa colonisation des quartiers populaires.

Poussée hors des hypercentres, elle vient chercher là une « vie de quartier » que jamais elle ne trouverait parmi les maisons Phénix. Et en chassant les pauvres, les voitures et les immigrés, en faisant place nette, en extirpant les microbes, elle pulvérise cela même qu’elle était venue chercher.

Sur une affiche municipale, un agent de nettoyage tend la main à un gardien de la paix ; un slogan : «Montauban, ville propre ».

 

(...)L’écologie, c’est la découverte de l’année. Depuis trente ans, qu’on laissait ça aux Verts, qu’on en riait grassement le dimanche, pour prendre l’air concerné le lundi. Et voilà qu’elle nous rattrape.

Qu’elle envahit les ondes comme un tube en été, parce qu’il fait vingt degrés en décembre.

Un quart des espèces de poissons a disparu des océans. Le reste n’en a plus pour longtemps.

Alerte de grippe aviaire: on promet d’abattre au vol les oiseaux migrateurs, par centaines de milliers.

Le taux de mercure dans le lait maternel est de dix fois supérieur au taux autorisé dans celui des vaches. Et ces lèvres qui gonflent quand je croque dans la pomme – elle venait pourtant du marché.

Les gestes les plus simples sont devenus toxiques. On meurt à trente-cinq ans « d’une longue maladie » que l’on gérera comme on a géré tout le reste. Il aurait fallu tirer les conclusions avant qu’elle ne nous mène là, au pavillon B du centre de soins palliatifs.

Il faut l’avouer : toute cette « catastrophe », dont on nous entretient si bruyamment, ne nous touche pas.(...)

 

L’Occident, aujourd’hui, c’est un GI qui fonce sur Falloudja à bord d’un char Abraham M1 en écoutant du hard rock à plein tube. C’est un touriste perdu au milieu des plaines de la Mongolie, moqué de tous et qui serre sa Carte Bleue comme son unique planche de salut. C’est un manager qui ne jure que par le jeu de go. C’est une jeune fille  qui cherche son bonheur parmi les fringues, les mecs et les crèmes hydratantes. C’est un militant suisse des droits de l’homme qui se rend aux quatre coins de la planète, solidaire de toutes les révoltes pourvu qu’elles soient défaites. C’est un Espagnol qui se fout pas mal de la liberté politique depuis qu’on lui a garanti la liberté sexuelle. C’est un amateur d’art qui offre à l’admiration médusée, et comme dernière expression de génie moderne, un siècle d’artistes qui, du surréalisme à l’actionisme viennois, rivalisent du crachat le mieux ajusté à la face de la civilisation. C’est enfin un cybernéticien qui a trouvé dans le bouddhisme une théorie réaliste de la conscience et un physicien des particules qui est allé chercher dans la métaphysique hindouiste l’inspiration de ses dernières trouvailles.

(...)Il n’y a pas de « choc des civilisations ». Ce qu’il y a, c’est une civilisation en état de mort clinique, sur laquelle on déploie tout un appareillage de survie artificielle, et qui répand dans l’atmosphère planétaire une pestilence caractéristique. À ce point, il n’y a pas une seule de ses « valeurs » à quoi elle arrive encore à croire en quelque façon, et toute affirmation lui fait l’effet d’un acte d’impudence, d’une provocation qu’il convient de dépecer, de déconstruire, et de ramener à l’état de doute.

L’impérialisme occidental, aujourd’hui, c’est celui du relativisme, du c’est ton « point de vue », c’est le petit regard en coin ou la protestation blessée contre tout ce qui est assez bête, assez primitif ou assez suffisant pour croire encore à quelque chose, pour affirmer quoi que ce soit. C’est ce dogmatisme du questionnement qui cligne d’un oeil complice dans toute l’intelligentsia universitaire et littéraire. Aucune critique n’est trop radicale parmi les intelligences postmodernistes, tant qu’elle enveloppe un néant de certitude. Le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd’hui dans toute affirmation qui ne tremble pas. (...)

Bien entendu, l’impérialisme du relatif trouve dans n’importe quel dogmatisme vide, dans n’importe quel marxisme-léninisme, n’importe quel salafisme, dans n’importe quel néo-nazisme, un adversaire à sa mesure : quelqu’un qui, comme les Occidentaux, confond affirmation et provocation. (...)

18:16 Publié dans Livre, médias, | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

J'attendais avec impatience cette article de votre part. Les extraits choisis pour présenter ce "Comité invisible" sont pertinents...
Je m'interroge sur les actes qu'ils projetaient d'accomplir ; pourquoi s'en prendre à des "innocents"?
Quel intérêt pour ce "groupe" de passer à l'action "terrorisante"?
Je comprends ce dégoût envers l'Occident, cette déception de voir s'éloigner de plus en plus toute expression d'intelligence, d'absolu, de vérité, au profit d'une propension vertigineuse à se vautrer dans des divertissements de plus en plus débiles, malsains, pervers.
Mais il va falloir plus d'imagination pour interpeller la population, se mettre au même niveau que le premier taliban venu ne résoudra rien, et ce, quelque soit l'intelligence d'esprit qui motive leurs actes.

Au fait qualifier ce groupuscule "d'ultra-gauche" me fait bien sourire : En effet vous n'entendrez jamais le qualificatif "ultra-droite" pour désigner un mouvement "terrorisant" aux idées proches de l'extrême-droite...

Écrit par : Jersan Romcho | 18/11/2008

Je ne suis pas très satisfait de cet article mais je voulais présenter quelques extraits de ce pertinent livre ce que vous avez bien vu.
Quant à cet acte soit disant terroriste , on ne sait pas vraiment s'ils sont coupables et d'ailleurs la surveillance de ce groupe par la police présent même sur les lieux de ce crime est encore plus qu'étrange. Pourquoi les a-t-on laisser faire.
Ce groupe voulait -il prouver qu'il suffit de peu de choses pour enrayer le système ?
Quant au terme d'Ultra, c'est parce que ce groupe a surpris les médias et la police par leur prose totalement différente de la LCR ou de LO.

Écrit par : Fabrice | 19/11/2008

Il est certain que l'affaire est trouble, pour ma part j'ai du mal à imaginer que ce "Comité invisible" se soit fourvoyé dans les pièges du nihilisme qu'il dénonce lui même avec talent.
Il n'aurait jamais assumé un tel acte.
De plus il annonce lui même une guerre civile, déjà en cours d'ailleurs, alors pourquoi ne pas attendre sagement en essayant d'établir une "conduite" à tenir?

"Quant au terme d'Ultra, c'est parce que ce groupe a surpris les médias et la police par leur prose totalement différente de la LCR ou de LO."
Je pense surtout que le but est de ne pas salir l'image de l'extrême-gauche en se démarquant de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à de la violence...

Écrit par : Jersan Romcho | 19/11/2008

Prose très intéressante. On dirait du Philippe MURAY sans le projet littéraire, sans humour en fait. Le problème, c'est que le sérieux des déclarations fait tendre l'ensemble vers le drame et même le mélodrame. C'est pour cela que ce ne serait pas étonnant qu'ils aient eu l'idée de ces actions sympathiques. Le terrorisme est la manifestation de la vulgarité des romantiques. Pour être vrai, il faudrait aimer la tragédie et son air comique. Un acte tragique serait un meurtre , voire mieux, un suicide ! Mais en choisissant l'action directe, ils font du Lamartine, de la flaque (plus que du lac.) Mais disons le tout de même : Ils ont raison, c'est certain. Il faut leur dire le plus rapidement possible pour qu'ils passent à autre chose. Un peu de métaphysique ne leur ferait pas de mal. Une bonne petite crise existentielle où ils se fouteraient du monde occidental comme de sa critique, où ils ne seraient qu'un contenant imitant la méduse, entre deux souffles d'air, pauvres enveloppes sans aspirations. Le premier des actes terrorisme que nous avons à mener est à l'encontre de tout ce qu'il y a de moderne en nous, tout ce qui est jeu. Avant d'agir, il nous faut décroître !

Écrit par : Maximilien FRICHE | 24/11/2008

Oui Muray savait manier l'humour, c'est pourquoi ces chroniques étaient encore plus pertinentes que ce texte.

Écrit par : Fabrice | 25/11/2008

Ces "terroristes" sont des jeunes gens qui s'emmerdent tellement dans leur vie de favorisés qu'ils échafaudent des théories révolutionnaires brutales et romanesques qu'ils ne mettent jamais en pratique. Ils se sont laissé prendre au jeu du pouvoir, se sont laissés désigner comme boucs émissaires commodes et ils font le jeu de ceux qu'ils croyaient combattre. Cela permet de détourner le regard des vrais problèmes que sont la précarité et la pauvreté, les pauvres étant chassés des centre-villes, y compris dans les municipalités de gôche.
Quand on a lu Hannah Arendt, on sait très bien que le projet idéologique d'extrème droite finit par rejoindre celui de l'extrème gauche qui est la création d'une humanité nouvelle. Et ce n'est pas parce que les uns sont plus sympathiques que les autres que cela remet en cause cette constatation de bon sens. C'est assez curieux d'ailleurs de mélanger Bloy et Muray et les situs dans un salmigondis sans aucune autre signification que la culpabilité de ces braves petits de n'avoir jamais souffert de la faim. Leurs écrits sont des actes manqués, la solution c'est d'agir comme certains parmi eux l'ont fait en créant une épicerie coopérative je crois...

Écrit par : Amaury | 06/12/2008

J'en conviens; vous n'avez pas tort mais ces jeunes gens n'ont pas vraiment l'air de terroristes. Ils vivaient en pleine campagne de peu de choses, de lectures...Ils n'agissaient sous aucun sigle politique. Dans Tiqqun ils écrivaient "Le fonctionnalisme et le matérialisme inhérents à la modernité marchande ont produit un vide.." Justement eux parlaient de métaphysique, du sensible. Moi je les rejoindrais en parlant plutôt de spriritualité.
Eux aussi citait Hannah Arendt et justement ne rejoignaient pas les idéologies d'extreme droite ou d'extreme gauche

Écrit par : Fabrice | 06/12/2008

Ce ne sont pas des terroristes, ce n'est d'ailleurs pas ce que j'écris. J'ai d'ailleurs été en colère contre tous ces sites d'ultra-gôche qui considéraient cette accusation comme un fait acquis, c'était les désigner un peu plus à la vindicte, sottement, car ils n'ont rien fait. Ils se sont laissés avoir comme de nombreux groupuscules.
A partir du moment où on combat le consumérisme et l'économie marchande, on se place dans un camp, qu'on le veuille ou pas. De mon expérience au Proche Orient, je dirais même que l'on ne peut pas être objectif en présence d'iniquités objectives quant à elles.
Ils citent Hannah Arendt, fort bien, mais ils rêvent malheureusement de cette humanité nouvelle. Et leur discours est un mélange idéologique assez confus, je maintiens.
Cela me rappelle, ce discours, cet ami qui mélangeait Marx et Saint Augustin, persuadé que la cité de Dieu d'Augustin et le manifeste du parti communiste c'était pareil.

Écrit par : Amaury | 06/12/2008

Jacques de Guillebon dans La Nef (tendance catholique traditionaliste) n°199 de décembre 2008 prend aussi leur défense et fait même une allusion à la doctrine sociale de l'église
http://www.lanef.net/t_article/tous_en_garde-a-vuejacques_de_guillebon.asp?page=1
"(...)Julien Coupat et sa bande ont le tort d’avoir tenté de mettre en place une forme de vie alternative, plus autonome, déconnectée de l’appareil technique du temps présent ; ils ont eu le tort de devenir incontrôlables pour quelque temps. Heureusement, les bonnes gens peuvent, rassurées, se rendormir, la technologie qui nous gouverne tous ne les a pas oubliés bien longtemps ; oh non, ils n’auront pas échappé plus de quelques mois au « biopouvoir » qu’ils dénonçaient : un mouchard placé par des flics sous leur voiture après transfert d’information par le FBI suffirait, nous dit-on, à les confondre. Leur arrestation est la preuve même de l’existence de cette surveillance totale que leurs écrits stigmatisaient. (...)

En effet, on ne savait pas que la police, c’est cet organe qui vous arrête dans une ferme de Corrèze sans preuves et brandit vos écrits comme pièce à conviction, parce qu’à l’évidence cela permet à quelqu’un de déstabiliser une extrême-gauche gênante.
Alors, dans ce cas, disons-le tout net : nous méritons tous la garde-à-vue, moi le premier. Parce que, je l’avoue, j’ai longtemps lu, il y a plusieurs années, ce qu’écrivaient certains des jeunes gens qui sont aujourd’hui en détention provisoire, qui ne sont d’ailleurs pas plus d’ultra-gauche que je ne suis archevêque. On y trouvait les éléments d’une critique prodigieusement fine et intelligente du monde moderne. Comme on en trouve une, avec des arguments un peu différents, dans la Doctrine sociale de l’Église. Mais chercher à comprendre les motifs d’un appel à l’insurrection, voilà qui est trop fatigant pour nos contemporains.
Regarder Mesrine, Bastien-Thiry et Bonnot à la télé, voilà ce qu’on aime dans ce pays, qui est somme toute, devenu un pays de lâches. Un pays de Fouquier-Tinville.."

Écrit par : Fabrice | 06/12/2008

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