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25/11/2008

Journées Gracq : Raphaël Sorin balance sur le monde de l’édition

Gracq5.jpgJ’ai assisté à de passionnants débats lors des premières Journées  Gracq à Saint-Florent-le-Vieil qui  se sont déroulées ce week-end autour du thème de « la cuisine littéraire ». Cuisine littéraire , c’est le cas de le dire lorsqu’a été abordé les prix littéraires. C’est encore pire que ce que je pensais. Tout est magouilles. Ainsi fut évoqué l’attribution du Prix Goncourt à Jean Rouaud contre toute attente suite à des manoeuvres contre Philippe Labro qui aurait dû l'obtenir pour des raisons qui n'étaient pas seulement littéraires.

Tout avait pourtant commencé tranquillement avec les propos insipides de la part du représentant des éditions Gallimard, Jean-Marie Laclavetine, à propos des manuscrits envoyés par la poste. Raphaël Sorin particulièrement brillant et en très grande forme ce dimanche après-midi préférant  la vérité déplaisante, s’est écrié « maintenant passons à la réalité (...)le comité de lecture est un alibi qui permet d'éliminer un manuscrit(...) , on publie un livre  parce que c’est la copine de machin(...) Chez Grasset , on n’a pas publié des manuscrits arrivés par la poste » . Ainsi sur les livres de Daniel Picouly : «  Il y a eu un énorme travail dessus (...)il a fallu un "quasi nègre"(...). Il a pu publier son premier roman grâce à Pennac. »

 

Raphaël Sorin regrettait l’époque où régnait une plus grande liberté dans le monde des lettres ; il  a évoqué comment  Fauvet  a recruté cette plume savoureuse qu’est Gabriel Matzneff pour Le Monde alors que maintenant il est  interdit partout.  (Son dernier livre Gabriel Matzneff Vous avez dit métèque ? est d’une qualité exceptionnelle et personne n’en parle.)

Pierre Assouline afin de s ‘éloigner du problème de la censure  a insinué que tenir ces propos  « C’était mieux avant » était réactionnaire. Assouline a l’air sympathique mais certains  sujets  ne doivent   pas être abordés avec lui. Lors de ce deuxième débat de cet après-midi consacré à la nouvelle critique ce  fut l’occasion de parler de l’Internet et j’ai ainsi pu découvrir le blog littéraire  d’Anne - Sophie Demouchy: La Lettrine. Quelques personnes étaient particulièrement remontés contre l’Internet, mais comme le suggérait Pierre Assouline, il faut y aller voir : « C’est comme dans une poubelle, on y trouve le pire comme le meilleur ». Ce n’est sans doute pas cette remarque qui fera changer l’avis de ces réfractaires à l’Internet !

Tous les participants étaient convaincu que des critiques de qualité peuvent aussi se trouver sur l’Internet. Moi aussi ! Dans  quelques petites revues (plus ou moins confidentielles ) sur papier peuvent  aussi se dénicher de très bonnes critiques qui nous permettent de découvrir de passionnants écrivains.

18:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature

Commentaires

Merci, c'est gentil d'avoir raconté cette journée Gracq.

Au plaisir de vous relire,

Écrit par : Anne-Sophie | 25/11/2008

Tout ceci confirme ce que je soupçonnais sur l'édition...

Écrit par : CCRIDER | 26/11/2008

Les concours littéraires devraient juger les écrits sans savoir leur auteur, pour préserver l'objectivité. En Belgique, je sais par expérience que la tricherie répandue casse des vocations. Quelques exemples pêle-mêle: les professeurs du Conservatoire de Liège falsifiaient systématiquement les résultats des examens pour garder leurs élèves lèche-bottes d'année en année. Les compétitions de karaté sont jugées par des chefs de clubs qui favorisent leurs membres. Pourtant n'importe quel idiot sait qu'on ne doit pas être juge et partie. Les emplois publics ne vont qu'aux larves qui rampent sous le parti socialiste, ou aux syndiqués qui rampent aussi. Pour avoir un permis de port d'arme, il faut être super-pistonné. Autrement on n'est qu'un sous-homme, un morceau de viande sans droit de vivre. Si la tricherie n'affectait que les écrivains ce serait déjà scandaleux mais elle inflitre tout. C'est devenu une institution, une tradition nationale. Je ne vis que pour voir cette institution satanique s'écrouler.

Écrit par : Ben | 28/11/2008

Cette "cuisine littéraire" ne manque en tout cas pas de sel. On sent toujours une certaine crainte par rapport à Internet... c'est étrange d'ailleurs que nos auteurs français s'emparent très mal de l'outil : verrouillés par le système ? Alors qu'ils devraient créer, échanger, mutualiser leurs échanges en prise directe avec leurs lecteurs. Eux aussi on à se décomplexer par rapport à l'outil.
Merci pour votre commentaire sur mon blog. J'ai prolongé la discussion ici :
http://chezplume.blog.lemonde.fr/2008/11/28/le-journalisme-est-il-soluble-dans-le-transfert-web-papier/

Écrit par : Plume | 28/11/2008

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