Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/01/2009

L’art contemporain se fout-il de nous ?

 Valérie Amarou et Eric Naulleau recevaient Alain Soral dans l'émission StarMag sur TPS Star sur l’art contemporain. Emission à encourager que je vous invite à regarder. A noter l’excellente prestation de Soral. 

 art-contemporain.jpgPeut-on critiquer l’art contemporain ?

La revue Particules N° 21 d’octobre 2008 avait publié sous la plume de Gaël Charbeau un intéressant article intitulé Est-il interdit de juger dans le milieu de l’art ?

(Couverture ci-jointe du N°20 de Particules avec la reproduction de l'acrylique d'Arnaud Labelle-Rojoux peint avec la bite , 1993 exposé à la galerie Lovenbruck)

Dans la présentation de cet article l’auteur soulignait que si vous êtes par ailleurs un lecteur de la presse artistique, combien de fois avez-vous pu lire des compte-rendu « négatifs » sur les expositions comparé à l’ensemble des papiers qui y sont publiés ? Admettons que la proportion est infime... Cela signifie que quasiment tout est bon dans l’art contemporain, ou existe-t-il une mystérieuse omerta propre au milieu de l’art , en comparaison avec celui de la musique ou du cinéma par exemple ?

LE TRAVAIL DU CRITIQUE D'ART

Tout d'abord, considérons qu'un artiste est un individu qui a la capacité de rendre riche de sens la perception que nous avons d'un objet. Cette richesse consiste à provoquer chez le spectateur un certain nombre de déplacements de la pensée. Percevoir une œuvre, la décrire, l'analyser, la «verbaliser» sont des opérations, des cheminements intellectuels qui tentent de remonter la «démarche» de l'artiste.

Le critique d'art cherche les mots qui donnent un équivalent dans le langage à l'expérience qu'il fait de l'oeuvre. C'est ce qui Se différencie de l'«amateur» qui n'a pas, a priori,à produire ce travail d'écriture qui consiste à rendre présent dans la pensée une forme que le lecteur n'a pas sous les yeux. Mais plus encore, le critique d'art tente d'interpréter ce qu'il décrit et, finalement, d'émettre un jugement.

C'est en somme un exercice ancestral que rejoue (ou devrait rejouer) en permanence la critique: notre tendance naturelle à exprimer nos goûts et nos dégoûts, nos inclinations, à justifier nos préférences, à argumenter nos désaccords. Elle nécessite des confrontations, et permet à une variété de tendances esthétiques antagonistes de coexister aujourd'hui dans l'art actuel. La présence de ces antagonismes est la garantie qu'un débat est toujours ouvert sur l'art, ce qui est une très bonne nouvelle.

Mais pour je ne sais quelles raisons, il semble toutefois qu'un certain nombre d'individus rechignent à accepter que l'art et que l'artiste soient au centre des prises de position, au centre du débat critique. De la «communication » sur l'art, oui, de la critique, non. Comme s'il y avait une peur, ou en tous cas une gêne à imaginer qu'on puisse discuter de la validité d'une œuvre.

Habitués aux consensus cocktailisés des vernissages, aux brosses à reluire et autres «c'est extraordinaiiire», un certains nombre de nos contemporains ont oublié qu'en matière d'art, nous nous confrontons à l'univers de la Pensée,et que, même s'il est tentant pour nos cerveaux harcelés de verser dans la branchitude cool qui évite de trop réfléchir, il n'en reste pas moins que nous parlons d'un domaine où se sont illustrés des artistes, des écrivains, des journalistes, qui ont dû affronter bien des pensées molles et communes à leur époque pour laisser au reste de l'humanité que nous sommes des œuvres qui fondent désormais notre culture.

HYPOTHESES

Pourquoi s'interdit-on de porter trop «ouvertement» des jugements ou de montrer en public qu'on pense par soi-même? Formulons quelques hypothèses:

1| L'esprit «corporatiste»: on se sent déjà tellement affaiblis qu'on ne va pas se tirer une balle dans le pied. L'art contemporain serait une sorte de cause commune, toujours menacée par des ennemis (au choix: des associations, des réacs, l'extrême droite, etc.). Discuter de la validité intellectuelle de telle ou telle œuvre contemporaine, c'est donc fourbir les armes de tous les détracteurs de l'art contemporain, c'est faire le jeu de l'ennemi, trahir. Dans une toute autre mesure, c'est une situation que décrivait George Orwell dans Où meurt la littérature, en 1946. Commentant la mauvaise foi

des journalistes anglais de l'époque, il explique pourquoi ces derniers masquaient la réalité en effaçant de leurs papiers nombre de crimes que commettait l'Union soviétique: pour ne pas briser l'Idéal, pour ne pas faire naître le doute chez des lecteurs qu'il fallait emmener comme un troupeau vers le communisme.

2) Le sens du business : ça peut nuire aux affaires de discuter de l'intérêt réel des œuvres.

En effet, la tendance au gigantisme et au clinquant, seule qualité de certaines des pièces qui atteignent des sommets internationaux depuis quelques années, peut ne pas durer. Un peu comme le célèbre Hummer américain,qui connaît une baisse de ses ventes de 60 % depuis mai 2007 (Général Motors reconnaît à mots couverts que la clientèle est de plus en plus sensible aux questions écologiques-de plus en plus «écocitoyenne»-et consciente de l'inutilité de la frime), le milieu des «gros collectionneurs» pourrait lui aussi être pris de remords... Et il y a fort à parier que si certains d'entre eux se mettaient à réfléchir au sens et à l'intérêt des pièces qu'ils achètent, quelques artistes risqueraient de sombrer dans un anonymat rapide.

3| L'instinct de la carrière: discuter de l'intérêt d'une œuvre ou d'une exposition cautionnée par l'État, par exemple, c'est mettre en cause la machinerie institutionnelle et tout un système de jurys, d'arbitrages, de carrière, de subventions, et chercher à comprendre le fonctionnement de ce système conduit parfois à des découvertes stupéfiantes en termes de renvois d'ascenseurs, de décisions politique, de règlements de compte, de stratégies bien éloignées du monde «idéal» de la création...

Conséquence pour le monde de la critique comme il n'est pas possible de gagner sa vie en tant que «critique d'art» en France, il est nécessaire d'établir en permanence différent projets au sein du milieu, du moins, si l'on veut vivre financièrement dans l'art. Dès lors, il faut bien ménager son univers, bien connaître les réseaux et du coup bien apprendre à se taire (en public) si l'on veut obtenir (un commissariat, une subvention, un poste, une mission, un financement, bref une place quelque part...)

4| Le respect du commanditaire: enfin, discuter de l'intérêt d'une œuvre et en tirer de conclusions négatives lorsque celle-ci est subventionnée par une entreprise privée, c'est très mauvais pour la communication de l'entreprise... Si les sponsors et les marques interviennent de plus en plus dans l'univers de l'art, ce n'est pas, on s'en doute, pour se farcir des polémiques et des débats, mais bien in  fine pour donner une image sophistiquée, up to date et dynamique de l'entreprise. Comme pendant le Tour de France, lire dans un quotidien à grand tirage que l'artiste que l'on présente est mauvais ou dopé, c'est toujours délicat à présenter dans le petit dossier de presse qu'on remet aux conseillers du big boss de l'entreprise.

 

(...)"

 

19:18 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : art contemporain

26/01/2009

Quelques sites à découvrir

Aujourd'hui, je me permets de faire un peu de publicité pour le nouveau site dédié à l'anticipation et déjà bien rempli de nombreuses critiques d'ouvrages originaux traitant ce thème.
N'hésitez pas à jeter un oeil sur la conquête de l’espace!"

 

Je lis parfois le blog de Polydamas où je découvre toujours de passionnants sites comme ces surprenantes conférences de Samarie que l’on peut télécharger.

 Polydamas note :

Au prime abord, très étonné par le ton, décalé et très inhabituel, du conférencier, j'ai été vite séduit ensuite par le discours, la clarté, la culture et la grande charité du père Rouvillois. A l'écoute, on se surprend à se redécouvrir catholique. Accessible sans être simpliste, n'éludant aucune question qui fache, ne cherchant pas à tergiverser, il est un orateur catholique de premier ordre, j'ai rarement entendu de tels accents par le passé. A tel point qu'il a été repéré par les grands de ce monde, puisqu'il lui arrive régulièrement de donner des conférences aux chefs d'entreprise, via le Medef.

Via Polydamas découvert le très corrosif  site du Pélicastre Jouisseur dont les thèmes et la plume se rapprochent de feu Philippe Muray.

 

13:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

10/01/2009

Incendie dans le château d'Angers

Aujourd’hui, un incendie ravage le château d’Angers. Les pompiers à deux pas de là ont l’air d’avoir mis beaucoup de temps pour rejoindre cet édifice (En même temps se déroulait une manifestation pour un cessez-le-feu en Palestine ; cela a créé un embouteillage monstre dans les rues d’Angers et a empêché toute circulation automobile) , de plus leur matériel n’était pas adapté , les lances à incendie n’arrivaient pas à atteindre le toit d’une partie du château.

 

14:59 Publié dans Angers | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : angers, incendie, château

07/01/2009

Mishima « Yûkoku, Rites d’amour et de mort »

3346030019894.jpgJ’avais pris connaissance de l’existence de ce film de Mishima grâce à ces quelques lignes parues dans le livre de Jean Perol Tôkyô « Mais un des souvenirs de Mishima qui reste pour moi lié de la manière la plus aiguë à Tokyo est la vision de son film, Yûkoku (Tourment du Pays ou/et Patriotisme) dans lequel Mishima tenait le premier rôle, et que j'ai vu dans une petite salle souterraine, détruite depuis, de Yurakucho, près de Ginza. Ce film m'avait alors paru si beau, si fort, que j'ai marché longtemps dans la nuit, le long des remparts du palais impérial pour cacher, sous l'obscurité des arbres, ces larmes qui s'entêtaient à revenir chaque fois que resurgissaient en moi de si récentes images, quelques-unes des plus insistantes. La nuit entière où j'avançais devenait elle-même cette encre de sang et d'amour, dans laquelle l'héroïne trempait le bas de son kimono pour tracer sur les tatamis, avant de se tuer elle-même, la large, souveraine et mortelle calligraphie de la passion. »

Yûkoku, l’unique réalisation de Mishima, produit en 1966 que l’on croyait disparu est ressorti au Japon grâce à une copie miraculeusement retrouvée en 2005.

Ce film prophétique (Yukio Mishima s'est suicidé en 1970) décrit de façon spectaculaire le seppuku d'un patriote japonais déshonoré, très efficace et minimaliste sur le plan  visuel est d'une pureté esthétique similaire à ces propres oeuvres écrites.

  Ce DVD est enrichi d’un passionnant entretien avec le journaliste français Jean-Claude Courdy malheureusement trop court où il s’exprime en français et en japonais sur l’homosexualité, la mort, le suicide, le mariage, la littérature, l’engagement,  Dali ... quelques extraits :   « Dali n’est jamais  ridicule, il est sublime . (...) Au Japon il faudrait qu’un révolutionnaire agisse sous le signe de la tradition. (...)»

Le livret de 32 pages  qui accompagne ce CD réalisé  par Stéphane Giocanti , auteur d’un passionnant roman Kamikaze d'été constitue un magnifique document sur la vie de cet écrivain et la réalisation de ce film.

J’en conviens : ce film pourra rebuter certains et pourtant il restera inoubliable de  part son intensité de ses scènes d’amour et de son extraordinaire seppuku.

Mishima , Yûkoku, Rites d’amour et de mort, Editions Montparnasse  

19:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, japon, mishima