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21/07/2009

Les Carnets d'un vaincu de Nicolas Gomez Davila

Excellente critique lu sous la plume de Pierre Poucet dans le Ring à propos de Les Carnets d'un vaincu de Nicolas Gomez Davila.

J’ai eu l’occasion de lire ses deux précédents livres traduits en français dont les titres résument très bien sa pensée : Les horreurs de la démocratie et Le Réactionnaire authentique. Il a vraiment l’art de l’aphorisme.

Voici donc un petit extrait de cet article

 

"(...)

« L'idée improvisée brille et s'éteint ». Point à la ligne, aphorisme suivant : « Des catastrophes individuelles et sociales les plus graves, les victimes n'ont bien souvent pas conscience : les individus s'abêtissent et les sociétés s'avilissent inconsciemment ». Point... à la ligne... aphorisme suivant... « En réalité, seul vaut le fruit spontané de méditations oubliées ».... « Je ne comprends pas comment on peut être de gauche au sein du monde moderne où tout le monde est plus ou moins de gauche »...

(...)

Je disais réaction. Parce que c'est aussi indubitable que l'histoire des miettes : Gomez Davila est loin d'être de gauche, pour faire court. C'est un de ces réactionnaires de charme qui flirtent élégamment avec l'antimodernité, qui la connaissent, la pensent et la pratiquent. Tout tient en une phrase : « La racine de la pensée réactionnaire n'est pas sa défiance à l'égard de la raison mais sa défiance à l'égard de la volonté ». Gomez Davila sait de quoi il parle, n'a pas besoin d'une démonstration scientifique. Il assène (« Le terroriste est le petit-fils du libéral », une de mes favorites), frappe (« L'homme moderne n'est mû ni par l'amour, ni par la faim mais par la luxure et la gourmandise »), percute (« Rien ne devient plus rapidement obsolète que ce qui s'avère être le plus audacieusement moderne »). Le tout avec la force de l'arbitraire (« N'est intéressant que ce qui implique une transcendance »)."

 

 

Je n’irai pas plus loin ce sont ses aphorismes qui me semblent plus important ; j’en ai fait une petite sélection d’après ce que j’ai pu en lire de cet article :

 Le moderne croit vivre dans un pluralisme d'opinions tandis qu'il ne règne aujourd'hui qu'une unanimité asphyxiante.

 

 

L'histoire semble se réduire à deux périodes alternatives : soudaine expérience religieuse propageant l'avènement d'un modèle humain nouveau ; lent processus de démantèlement du modèle .

 

Je ne vivrais pas une fraction de seconde si je cessais de sentir la protection de l'existence de Dieu.  

 

 Je ne veux pas d'une sérénité stoïquement conquise mais d'une sérénité chrétiennement reçue.

 Au cours des siècles spirituellement désertiques, seul se rend compte que le siècle est en train de mourir de soif celui qui capte les eaux souterraines

 

 Le vaincu ne doit pas se consoler des possibles représailles de l'histoire, mais de l'excellence nue de sa cause 

 

 Critiquer un présent au nom d'un passé peut se révéler vain, mais l'avoir critiqué au nom d'un futur s'avère bien souvent ridicule lorsque ce futur survient 

 

 

 Le moderne n'a pas de vie intérieure : tout juste des conflits internes

 

La relativité du goût est l'excuse qu'adoptent les époques qui en sont dépourvues 

 

Si nous oublions momentanément la valeur dont il participe, l'objet se parcellise sans fin 

 

La civilisation perdure dans un pays tant qu'il lui reste des traces de coutumes aristocratiques.

 

Les fragments du passé qui survivent font honte au paysage moderne au sein duquel ils s'élèvent.

 

Appelons « rationalisme » l'attitude intellectuelle qui ne considère rationnel que ce qui participe à notre bien-être physique 

  

 

Dans Les horreurs de la démocratie un livre qui m’avait frappé par sa pensée, par ses propos clairs et vraiment non-conformistes,  on pouvait lire ceci Le réactionnaire est l’instigateur de cette insurrection radicale contre la société moderne que la gauche ne cesse de prôner, mais qu’elle élude avec soin dans ses farces révolutionnaires.

L’adhésion au communisme est le rite qui permet à l’intellectuel bourgeois d’exorciser sa mauvaise conscience sa abjurer sa condition de bourgeois.

Pour la défense de la liberté, il suffit d’un soldat ; l’égalité, pour s’imposer, a besoin d’un escadron de policiers.

 

 

18:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, aphorismes

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