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21/07/2009

Marcel Conche Diversités Journal étrange IV

J’aime lire les journaux intimes des écrivains, j’ai donc feuilleté celui-ci édité dans la collection Encre marine en  grand format avec des pages non coupés, une belle typographie, un bel objet.

Dans son avant-propos, au dos du livre  et sur le site d’Encre Marine , on peut lire ceci :
Ce quatrième tome de mon
Journal est, comme les précédents, « étrange », en ce sens que je n'y relate pas ce qui m'arrive « au jour le jour », mais seulement ce qui me vient à l’esprit de façon imprévue et non préparée – et qui, la plupart du temps, m’entraîne fort loin de mes occupations du jour. Je vais à l’aventure, accueillant tout, dès lors que j’y trouve quelque trait piquant. C’est le vagabondage de mes pensées. Des observations sur des poètes, des écrivains, des Philosophes (d’Épicure à Clément Rosset) voisinent avec des réflexions sur des problèmes de métaphysique, de morale, d’éthique, de politique avec des échanges épistolaires et les lettres mêmes d’amis ou d’amies (Élodie, Julie, Émilie, Marilyne…). – Il y a toutefois une différence entre ce volume et les précédents. La suite des chapitres n’y est pas gouvernée par le seul hasard des pensées. L’on y trouve, en filigrane, une orientation, et c’est une orientation vers Émilie – qui d’ailleurs donnera son titre au tome V : Émilie. Journal étrange V..

 

En feuilletant son journal je m’aperçois que ce philosophe tient des propos que tout intellectuel ou tout homme médiatique doit assener ; ainsi Au nom de l'éducation et de l'instruction, il avoue de l'indulgence pour les régimes non démocratiques qui en font des priorités. Il juge que le capitalisme est un «scandale humain» et «une catastrophe planétaire», il parle  du racisme de «Tintin au Congo» , des communistes auxquels il donna sa voix à l'élection présidentielle au prétexte qu'ils étaient les seuls à demander la régularisation des sans-papiers.

 

L’autre soir lors d’un concert gratuit, très fréquent à Angers , le groupe Zel (sur le plan musical un des meilleurs  groupes angevins) tenait les mêmes propos. Le chanteur a profité de son  pouvoir sur la scène pour demander à ceux qui n’était pas d’accord avec cette société de lever la main. Je sentais l’esbroufe. Evidemment la plupart des spectateurs se sont sentis obligés de lever leur main. Et ainsi ce groupe a pu chanter une ode aux sans papiers . La solution, selon ce groupe, de tous nos problèmes serait de libérer les frontières . Un programme politique bien vide.

 

 

Commentaires

Il semble que, de plus en plus, à l'image d'un Marcel Conche qui use du carnet de notes sans plan, les diaristes du XXI e siècle négligent la datation comme simple structuration de leur écrit intime. Ils préfèrent Montaigne et ses divagations philosophiques à Amiel. Ne faudrait-il pas, un jour, penser l'étude de cette forme libre dans une autre catégorie que celle du "journal intime"? Car journal le carnet de notes ne l'est guère (qui dit qu'il est écrit au jour le jour? quel jour? quelle évolution datée?) et intime encore moins (la publication est là pour nous en convaincre). Certes j'ai peut-être une définition réactionnaire de l'intimité puisque je crois que celle-ci se loge dans nos secrets les plus profonds et les plus... difficilement communicables.

Écrit par : philippe amen | 23/07/2009

Je le concède, certains propos du bon Marcel peuvent déranger, mais ce ne sont là que quelques aspérités qu'on peut laisser sur le côté pour pénétrer dans une pensée extraordinairement riche et libre et qui a l'immense vertu de faire ... penser!

Écrit par : Marc | 23/07/2009

A philippe : Effectivement son journal n’est pas un journal intime et d’ailleurs il le précise « mon Journal est, comme les précédents, « étrange », en ce sens que je n'y relate pas ce qui m'arrive « au jour le jour », mais seulement ce qui me vient à l’esprit de façon imprévue et non préparée »
J’aime lire toutes ces sortes de journaux, carnets, notes, etc (Tous ces genres me paraissent difficile à classer dans des catégories différentes) mais je préfère moi aussi le journal intime et pouvoir ainsi lire des choses insignifiantes pour certains mais qui permettent de vraiment comprendre l’intimité de l’auteur. Je pense que ce sont parfois des choses insignifiantes qui peuvent transformer le cours de notre vie.

Écrit par : Fabrice | 28/07/2009

A Fabrice : En fait, ma manie de "catégoriser" vient de la précision du chercheur ! Le carnet de notes ou le Journal n'a sans doute pas la même fonction. Et la question de la temporalité est au cœur de toutes ces pratiques, je crois. Bien sûr, le lecteur, lui, aime flâner dans ces pages si merveilleusement informes, et c'est l'essentiel.

Écrit par : philippe amen | 01/08/2009

Le journal intime me semble le dernier endroit politique, à moins de chercher à se convaincre soi-même. Ce cher Marcel oublie probablement, ou ne veut pas penser que sans papiers, point d'écrivains. (J'ai conscience que ce bon mot ne veut rien dire, mais comme la plupart des annotations de nos scribes de l'intimité - après tout, comprendra que et qui voudra)

Écrit par : medellia | 01/08/2009

A Medellia : Écrire (un roman, du théâtre, un essai ou une saillie qui fera fragment) n'est-ce pas se convaincre soi-même... qu'on existe? Bon, je vais me coucher, ma phrase est tellement sentencieuse qu'elle me donne mal de tête !

Écrit par : philippe amen | 01/08/2009

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