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03/08/2009

Jean-Charles Pichon , Reliefs

Feuilleté le dernier Spectacle du monde et évidemment commencé la lecture par la page Culture. Remarqué la critique de  Reliefs de Jean-Charles Pichon sous la plume de Michel Marmin

 

 

EAN9782846082440_CouvReliefsW.jpgUne lueur paraît dans la nuit de l’histoire de la littérature française contemporaine… Grâce à la persévérance et, il faut bien le dire, l’abnégation des éditions Edite, l’œuvre gigantesque de Jean-Charles Pichon (1990-2006) sort de l’oubli. Le lecteur va découvrir un prosateur français comme on n’en avait vu guère depuis Nerval, c’est-à-dire à la fois concret et inspiré. Or, cette œuvre est d’une originalité et d’une profondeur vertigineuses. Dans ses écrits autobiographiques, qui évoquent irrésistiblement le Rousseau des Confessions, dans ses romans, dans ses poèmes dont les plus beaux ne sont pas indignes de Maurice Scève ou de Mallarmé, dans ses passionnants essais d’exégèse mythologique, ésotérique ou historique (son Saint Néron a fait date), Pichon a conçu progressivement une vision cyclique et prophétique de l’univers, fondée sur le principe de complémentarité des contraires : ce qu’il appelle la «machine », le concept s’appliquant aussi aux grandes créations de l’esprit qui en sont l’image et la clé, notamment ces « machines » littéraires que sont, par exemple, les œuvres de Rabelais ou de Kafka. La lecture de Reliefs, un journal inédit rédigé au soir de sa vie, permet d’avoir une parfaite illustration de la méthode de Pichon. De l’introspection autobiographique à la formulation mathématique, de l’intuition à la raison, le lecteur verra, en effet, comment prend forme la « machine », avec des digressions fulgurantes sur Edgar Poe, double spectral de l’auteur, et sur Heidegger.

 

 

"Toute civilisation matérialiste présente les caractères suivants : la peur de la mort et le triomphe du médecin, la peur de manquer et une consommation accrue, la peur de l'immobilité et l'avènement de la vitesse, la peur de la nuit et le culte de la lumière." Jean-Charles Pichon

 

"Je n'ai rien écrit de personnel depuis 1980 (La Terrasse du Dôme). Depuis la mort de ma mère, rien n'était venu troubler la retraite paysanne où nous vivions, Geneviève, sa soeur Hélène et moi. Mais, en avril, Hélène est morte; le mois suivant, un voyage d'une quinzaine de jours nous a menés à travers la France, de Nantes à Limoges, d'Eymoutiers à Cognac, de Nîmes aux Saintes-Maries-de-la-Mer, chez nos filles, leurs enfants et leurs amis. Puisque, enfin, quelque chose s'était passé, j'avais de nouveau quelque chose à dire... que ce journal ne dit pas, car il n'y est question ni de la mort d'Hélène ni du voyage. Mais la mort et les chemins y sont partout présents. ... J'interromps très vite mes journaux, entrepris trop tard ou comme dans l'attente d'un événement qui ne se produit jamais pendant leur écriture. Comme si l'oeuvre, en effet, interdisait la vie. Celui-ci doit être le dizième - ou le douzième - mais la plus grande part en a disparu, perdue dans un déménagement, une fuite, ou, passée dans un roman, un conte, une autobiographie, qui en récupérait le meilleur. ...Si je le dis le dernier, c'est que la mort approche, que la fatigue s'alourdit, que la souffrance gagne, que je me sens vraiment vieux, à ce point qu'un escalier fait peur, le soleil fuir... Ce journal, je l'intitulerai : Reliefs et m'en expliquerai peut-être au terme, bien que, déjà, la partie achevée explicite assez clairement le mot. Il se compose de quelques récits, de méditations inachevées, de certitudes contredites et de références littéraires, nombreuses, à l'Œuvre de Poe et au dernier ouvrage de Martin Heidegger, ainsi que des traces, à peine esquissées, de deux séjours imbriqués, à l'île de Ré et à Saintes."

Commentaires

Dommage que ses livres ne soient pas disponibles dans ma bibliothèque municipale

Écrit par : Eric | 04/08/2009

Oui c'est aussi ce que j'ai constaté dans ma bibliothèque, ces livres sont exclus du prêt

Écrit par : Fabrice | 04/08/2009

Les commentaires sont fermés.