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06/07/2011

Guy Debord, Georges Laffly, Léon Bloy, de belles connexions

Guy DebordLecture d'un numéro d'Archives et Documents Situationnistes (N°3). Si le premier numéro m'avait déçu, j'avais dû y consacrer un petit article sur ce blog, celui-ci regorge de notes, lettres inédites et quelques fois étonnantes ; ainsi ce commentaire de Ricardo Paseyro sur Debord  d'où j'ai extrait les passages les plus passionnants
"Comme Guy le prévoyait, nous avons disséqué l'Establishment, et vérifié nos goûts respectifs : ils coincidaient -et nos éthiques aussi ; nous détestions les arrivistes, les pédants, les avares , les plagiaires...Entre nous, il n'y aura jamais le moindre malentendu.
Autant Guy méprisait les sots et la pacotille, autant son esprit ouvert appréciait les excellents auteurs situés aux antipodes de lui. Quand Georges Laffly  hésita à lui adresser son livre, mes écrivains politiques ,je le transmis à Debord .Il en résulta , le 12mars  1993 une lettre singulière qui étonnera peut- être les sectaires.  En voici des fragments :
<<Cher Ricardo ,
J 'ai lu avec beaucoup d'intérêt le livre de votre ami Georges  Laffly , les catholiques extrémistes  sont les seuls qui me paraissent sympathiques , Léon Bloy notamment. Cest un livre comme on en rencontre très peu : il a un air de parfaite sincérité .>> Il s'explique :<<...Du point de vue de l'auteur  je considère comme cohérent qu' il attribue tant de malheurs à la disparition de  Dieu ; e t je ne dirai certes pas improbable que tout finisse par  quelque abominable "meilleur  des  mondes". Mais enfin nous sommes  embarqués.N'était-il pas dans notre essence d'être imprudents ?">>

Superbe chute , ä laquelle Debord ajoute  une douzaine de lignes relatives à lui_ même ,(...)Ni pessimiste ni optimiste : clairvoyant ,il ressentait le poids à peine supportable de la vie actuelle ,plus chaotique chague matin .Excédé un jour par le bruit et l'inconfort  de Paris,que je voulais fuir,Guy déclara ma plainte vaine, car toutes les métropoles sécrètent maintenant à peu près les mêmes foules hybrides, le même "urbanisme" démentiel, les mêmes moeurs et usages: impossible d'échapper à l'uniformité. (...)"

Retrouvé dans ma bibliothèque ce petit livre de Georges Laffly mais le vrai  "Mes livres politiques". Sur Wikipédia on précise bien que "Ce livre évoque plusieurs auteurs dont Guy Debord qui lut le livre en 1993 et en parle dans une lettre à Ricardo Paseyro (cf. Correspondance, volume 7, Fayard, 2008, page 397)." Dans Rivarol le critique PL Moudenc avait même rendu compte des Mémoires politiques et littéraires, de Ricardo Paseyro . Je vous recommande ce savoureux livre de Laffly d'une grande liberté intellectuelle.


Robert Steuckers, n'en déplaise à Christophe Bourseiller, a bien raison :  on ne peut enfermer Debord dans"le cadre restreint et désuet  d'un gauchisme pieux et bon teint." .
Dans un texte intiulé "La planète malade" qui est aussi le titre d'un de ces livres, Guy Debord avait très bien analysé le thème de la pollution et de sa représentation. Ce texte commence ainsi :


"La <<pollution >> est aujourd'hui a la mode, exactement de la même maniere que la révolution : elle s'empare de toute la vie de la société, et elle est representée llusoirement dans le spectacle. Elleest bavardage assommant dans une pléthore d'ecrits et de discours erronés et mystificateurs, et elle prend tout le monde a la gorge dans les faits. Elle s'expose partout en tant qu'idéologie, et elle gagne du terrain en tant que processus reel.
Ces deux mouvements antagonistes, le stade suprême de la production marchande et le projet de sa négation totale, également riches de contradictions en eux-mêmes, grandissent ensemble. Ils sont les deux cotés par lesquels se manifeste un même moment historique longtemps attendu, et souvent prevu sous des figures partielles inadequates : l'impossibilité de la continuation du fonctionnement du capitalisme.
L'époque qui a tous les moyens techniques d'altérer absolument les conditions de vie sur toute la Terre est egalement l'epoque qui, par le meme developpement technique et scientifique separe, dispose de tous les moyens de controle et de prevision mathematiquement indubitable pour mesurer exactement par avance ou ène - et vers quelle date - la croissance automatique des forces productives
alienees de la societe de classes : c'est a dire pour mesurer la dégradation rapide des conditions memes de la survie, au sens le plus géneral et le plus trivial du terme."

18:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

01/07/2011

Grande braderie des livres du Petit Pavé

Samedi dernier passé faire un tour à la Grande braderie des livres du Petit Pavé, une maison d'Edition située à Saint-Jean-des-Mauvrets. Par ces grosses chaleurs, dans ces magnifiques jardins,le lieu était idéal ; la nature, les livres, tout ce que j'aime.
Qui dit braderie, dit livres à petit prix. J'aime fouiller, découvrir des livres. Je passe peut-être plus de temps à rechercher des livres qu'à les lire. Pour 1 euro, je me suis procuré Au goutte à goutte  de Yvon Péan , un recueil de citations, réflexions, notes de lectures en rapport avec le christianisme.
Plus loin, on proposait l'Anjou laïque. Je les ai un peu titillé en affirmant que la religion ne posait plus de problèmes aujourd'hui. Là, ils m'ont plutôt surpris en parlant d'une nouvelle religion qui monte.


Passé  ensuite au stand du Grognard où j'ai acheté un livre  de Stéphane Beau  la semaine des quatres jeudis, un recueil d'aphorismes, dont certains ont  déjà été publiés dans sa revue Le Grognard Photo 056.jpg, une revue orientée vers  les anarchistes individualistes. Acheté par la même occasion un numéro consacré spécialement à Han Ryner. Stéphane Beau m'a offert un autre exemplaire de sa revue en souvenir de quelques e-mails échangés. Voici quelques uns de ces aphorismes empruntés de son livre:

J'ai  une pensée émue pour tous ceux qui,toutes les semaines ,sont obligés d'acheter Télérama pour savoir ce qu'ils  devront  lire,écouter ,regarder et penser ,jusqu'à la semaine suivante .

Si je suis anticonformiste ? Bien sûr ! Comme tout le monde !

C' est sans doute parce qu'aujourd' hui la quantité  prévaut sur la qualité que les oeuvres d'art tendent de plus en plus au gigantisme.Les artistes  espèrent sans doute compenser,par un excès de matière ou d'espace, leur manque d'âme  et de profondeur.l

17:56 Publié dans Angers, Livre, Revue | Lien permanent | Commentaires (3)