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19/12/2011

Hainons-nous vivants !

Couv62_MaJiKer_w.jpgEmporté le dernier Longueur d’Ondes sous-titré Le mag qu’on n’achète pas . Il n’est pas le seul, on en trouve à foison en France comme je l’ai déjà écrit sur ce blog. Je me précipite toujours sur l’Edito de Jean Luc Eluard qui a toujours une plume peu consensuelle , peu politiquement correct, en tout cas des écrits que Bénabar doit vouer aux gémonies.

Voici  cet édito :

Hainons-nous vivants !
J’aime beaucoup Éric Zemmour. Personnellement, je ne l’ai jamais vu puisque la richesse de ma vie intérieure me permet de me passer de télé sans pour autant envisager le suicide par overdose d’ennui et je ne sais donc qu’assez vaguement ce qu’il professe. Sans doute, si j’étais amené à débattre avec lui, ce que jamais personne ne me proposera puisque tout le monde s’en bat l’oeil de ce que l’on peut bien avoir à se dire, finirais-je par ressentir un besoin irréfragable de lui coller mon poing dans la gueule. Il n’empêche : j’aime beaucoup Éric Zemmour. Carquelqu’un qui suscite autant de haine juste quand il ouvre la bouche et qui, pour autant, ne cesse de l’ouvrir, un tel garçon ne peut être foncièrement mauvais. Il est devenu le maître-étalon de la détestation gratuite, la référence ultime en matière d’emmerdement pour les bonnes âmes, le type dont on sait par avance qu’on ne va pas être d’accord avec lui quand bien même il ne ferait que dire qu’il fait beau lorsque le baromètre est tout en haut de sa courbe. Éric Zemmour est le type que l’on aime détester et il en viendrait à découper au couteau à beurre le contenu entier d’un car scolaire en chantant l’intégrale de Michel Sardou qu’il ne susciterait pas plus de réprobations que lorsqu’il donne son avis sur la qualité fluctuante du camembert fermier.


Les gens bien intentionnés que l’on trouve souvent rassemblés en grappes dans les associations visant à défendre la démocratie par l’interdiction de l’expression de toute idée contraire à leurs doctes opinions viendront m’objecter, car ils ont toujours une bonne tarte à la crème à objecter : “Oui… c’est odieux… c’est avec des discours comme les siens que l’on provoque insidieusement des massacres comme en Norvège.”
Comme je ne suis pas du genre à me laisser marcher sur les pieds ni à laisser quiconque venir mettre ses postillons dans mes rubriques, fussent-elles émises entre guillemets pour ne pas contaminer la prestance altière de mon raisonnement que je partage avec moi-même et quelques psychopathes, je signalerai juste à leur attention que les gens n’ont pas besoin des discours de Zemmour pour se massacrer. La plupart de ceux qui, comme en Norvège, buttent les autres, ne s’encombrent généralement d’un prétexte idéologique que pour s’auto-justifier : ils ont juste envie de flinguer quelqu’un et ils trouveront toujours une bonne raison pour le faire. Avant que n’existe le nationalisme, on massacrait pour Dieu, pour le Roi, par superstition ou par habitude, mais ça n’empêchait pas les gens de s’étriper. Et avec nettement plus de fougue qu’un blondinet chétif et vaguement siphonné. Le nationalisme, c’est juste plus simple que Dieu parce qu’on n’a pas besoin de s’enquiller des arguments théologiques abscons qui font mal à la tête et ne sont réellement compris que par quelques exégètes
fumeux et passablement allumés. Un type qui a envie de dézinguer ses contemporains trouvera toujours un bon prétexte sans que Zemmour ou même La Pen n’aient besoin de le lui trouver. Dans un monde aimable et consensuel, où tout le monde serait habité par l’esprit de Noël, de Disney et la tolérance limitée aux acquêts des bonnes moeurs en cours, il s’en trouvera bien qui défourailleront leur artillerie pour se débarrasser de ceux qui veulent que Bambi meure à la fin du film alors qu’eux-mêmes veulent un remake où il survit pour devenir star du porno dans des films d’animation zoophiles
sponsorisés par Royal Canin.


Si d’aventure les discours en eux-mêmes pouvaient susciter des massacres, il faudrait quand même qu’ils soient prononcés par des gens qui ont un minimum de prestance et d’influence sur les autres. Autant dire que cela disqualifie directement Éric Zemmour qui affiche le charisme d’une huître de Marennes en période d’ovulation : rassembler sur un même personnage la dernière mèche de cheveux sans implants de PPDA et le regard morne d’un bovidé femelle broutant mélancoliquement son foin
en attendant confusément la venue putative d’une saillie tauromachique, ne prédispose pas à remuer les foules extatiques en quête d’un messie vengeur. Tout au plus peut-il espérer fonder un jour une secte rassemblant quelques désespérées sur le retour attendant en tressaillant d’effroi la fin du monde et de l’Occident, et espérant perdre par la même occasion une virginité qu’elles lui offriraient comme preuve de leur dévotion. Lorsque ce jour viendra, je le prierai d’oublier la phrase liminaire de cet article. Je veux bien mourir dans d’atroces souffrances pour fêter la fin du monde, mais il y a des limites. Et elles sont plus étroites que la liberté d’expression que l’on se doit d’accorder à tous, y compris aux représentants conchylicoles.
Jean Luc Eluard

09/12/2011

Jean-Louis Murat l'interview choc dans Serge

Interview décoiffante de Jean-Louis Murat  dans le magazine Serge,S71.jpgA la question
C’est le système qui domestique les chanteurs ?
Ils se domestiquent tout seuls. J’ai tellement peu de respect pour mes camarades de la profession. Entre les putes et les camionneurs, il y a le côté putassier, ce travail acharné pour faire des tubes (…)

Sur Aznavour
Charles Aznavour ? Aznavour, c’est pas possible. J'étais serveur dans un restaurant où il avait l'habitude de venir, j'étais minot, et je servais à l'assiette, et une fois je lui ai servi des sardines et il y en a eu un tout petit peu sur le pantalon de Monsieur Aznavour. Il a piqué une crise de nerfs, il a convoqué les patrons et il a dit : “Vous me le virez immédiatement celui-là !”

Sur le succès du tube de Zaz "Je veux"  C'est la chanson la plus opportuniste du XXIème siècle. C'est de la démagogie comme on n'a jamais poussé la démagogie aussi loin. Le triomphe de cette chanson, c'est le triomphe de la merde. Désolé pour Zaz, elle n'y est pour rien mais dans cinquante ans, sa chanson, ce sera l'hymne du sarkozysme.

Sur l’Auvergne
 (…) L’auvergne traditionnelle court à sa perte. Dans les conseils municipaux, ce sont les commerçants, les agents du tourisme qui ont pris les postes. Ils ne voient pas d’autres développements que le développement touristique. Alors que l’on sait que c’est ça qui a tout tué : va demander à Tahiti ou à Saint Tropez ce qu’ils en pensent du développement touristique ! En Auvergne, à cause de cela , il reste peu de paysans et l’agriculture va disparaître .
(…)

Et surtout ne rien filer à un artiste, ne pas acheter les journaux du système. Sachez que les journalistes et les artistes sont les pires collabos de ce système. Il ne faut pas oublier qu'ils furent les pires propagandistes  de la collaboration lors de la seconde guerre mondiale.

La musique, les journaux, les films, ça ne se paye pas. Il faut accélérer la chute du système et ne rien payer. Il faut qu’on arrive au chaos pour aller vers autre chose. La crise est totale, de la diminution de la production de sperme chez les mecs aux suicides chez les paysans. A côté, les suicides à France-Télécom, c’est de la douce rigolade. Je suis entouré de fermes où les mecs se sont suicidés dans l’indifférence générale. Soyons des agents de décomposition de tout ce bordel ! Ne nous intéressons pas à la politique et aux nouvelles technologies et vandalisons le système pour accélérer sa décomposition. Moi je n’achète rien, je suis pour qu’on vole tout !