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08/10/2012

« Je suis de droite »

 

« Je suis de droite » par Jean-Claude Adrian


« Je suis de droite » claque comme un drapeau planté au sommet d’un de ces lieux où souffle l’esprit, ma terrasse, par exemple, d’où Zadharian contemple la Ville en buvant du Bourgogne. Réveille les foules avec la joyeuse stridence de la trompette qui au lever du soleil annonce qu’un jour nouveau se lève.
IMG_2956.JPG- « Ah Ah Ah », vous esclaffez-vous. « Eh le trompettiste, qu’est-ce tu crois, T’as voté quoi toi déjà ? Sarko, en 2007, Marine en 2012 ? C’est de la trompette bouchée qu’tu joues, hein !
- Mes amis, mes amis, qui vous parle d’élection, de politique ? Etre de droite, ce n’est pas acquiescement à une théorie économique, à une doctrine politique. Ne confondez point tout et daignez m’écouter. Aujourd’hui encore, souvent, je m’oppose à mes amis de droite. Certes, leur vision est plus juste, leurs idées plus fermes, leur morale moins fade que celle des gens de gauche, mais à se recroqueviller sur leurs intérêts leur pensée s’anémie. Car ils n’ont accompli que la moitié du chemin. Ils confondent encore être de droite et voter à droite ; ce qui n’est pas toujours nécessaire et jamais suffisant, mes amis.
- Alors, pourquoi dis-tu qu’ils ont fait la moitié du chemin ?
- Parce qu’ils ont dépoussiéré leur esprit de toutes les erreurs qui encombrent les vôtres. Ils ne croient plus aux fausses idoles ; bientôt, ils penseront par eux-mêmes.
De la foule, s’élevèrent des cris :
- Tu t’es trahi, tu parles de fausses idoles, mais tu es un idolâtre de Zarathoustra, l’ennemi de la démocratie.
- Mes doux amis, je ne suis point l’un de ces doux oiseaux que vous capturez dans vos filets grossiers. Mais vous saisissez peut-être l’essentiel : être de droite, c’est avant tout une attitude. Nietzsche l’exprime dans une formule, l’une des plus importantes de son œuvre, « le courage veut rire ». Retournez et retournez cette phrase, mes amis ; elle aide à ne pas trop mal se tenir dans les temps difficiles. Elle contient l’amour de la vie, le refus de la compassion. Elle réunit Fanfan La Tulipe, le bretteur et le penseur qui clame l’amor fati.
Les anglais, plus renfermés, édictent, « never complain, never explain ». Pas de philosophie, une forme de grandeur hautaine – mais à laquelle manque le faste, la mise en scène.
Madame de Lambert, grande dame du XVIIIe a peut-être quintessencié la morale de droite, lorsqu’elle conseille à son fils de « n’abuser que de bonnes choses. » L’on pense aux tableaux de Watteau : jeunes gens et jeunes femmes libertinent, insouciants à la Révolution qui menace. Légèreté, égoïsme ? Goût du bonheur - « malgré tout », dirait Clément Rosset. Art de vivre difficile qui demande du chic, de la bravoure – et une pointe d’insolence.

 

19:10 Publié dans politique, Web | Lien permanent | Commentaires (0)

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