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17/06/2013

Le déclin

David Engels,  comme le titre de ce livre l’indique établit une analogie troublante entre la crise de l’union européenne et la chute de la république romaine.

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Il ose dire que si l’identité européenne est assez forte alors  l’Union européenne résistera à toutes les crises économiques et politiques. » « Seule une identité réellement commune peut permettre aux individus de se sentir solidaires de leur passé et de se projeter ensemble vers l’avenir. (…) la tentative aussi désespérée qu’infructueuse de rejeter les valeurs traditionnelles du passé et de « construire » une « nouvelle » identité collective européenne basée sur des idéaux universalistes ressemble plus à un symptôme de la crise actuelle qu’à sa solution. »Ce n’est pas avec ces pensées aussi impersonnelles que ( « démocratie », « droits de l’homme », « « tolérance », « libre-échange » que l’Europe peut se construire, valeurs partagées par de nombreuses autres nations du monde. Cette Union européenne  n’a pas voulu assumer son histoire, sa tradition ni même ses références religieuses.
Comme le précise l’auteur  A l’origine, l’établissement d’une identification collective commence par l’identification de l’individu à  un groupe ethnique commun, et donc par l’exclusion de ceux qui n’y appartiennent pas . Inclusion et exclusion sont à la base  même de l’identité et là l’auteur cite Polkinghorne c’est par leur identité que les humains se définissent eux-mêmes et se différencient des autres.

Le Déclin. La crise de l'Union européenne et la chute de la République romaine, de David Engels, éditions du Toucan, 384 pages, 20 euros.

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15/01/2013

Limonov Par Edouard Limonov

limonov.jpgPetit tour hebdomadaire, hier, chez Emaüs ou j’ai déniché ceci : Limonov Par Edouard Limonov Conversations avec Axel Gyldén
Etonnant … je ne l’avais pas remarqué à sa sortie, il faut dire que ne fréquente pas le site de l’Express.
 En ce moment le public français découvre Limonov grâce à Carrère  « Il est certain que le succès de Carrère m’a bien servi. Mais j’ai aussi servi Carrère. Notre couple est comparable à celui de Régis Debray et Che Guevara. Sans le Français, qui a présenté le révolutionnaire au public européen, Guevara n’aurait probablement pas eu la même aura. Et voyez Jésus-Christ : sans la trahison de Judas, il serait peut-être tombé aux oubliettes de l’histoire. Je comprends très bien comment fonctionnent les choses : à l’image de Sibylle qui guide Enée vers les flammes, dans l'Énéide de Virgile, il faut être deux pour pénétrer aux Enfers.

Tout cela est très positif : la France s’intéresse de nouveau à mon œuvre qui compte plus de cinquante livres. Or Le poète russe est depuis longtemps épuisé et non réédité. Sur Amazon, sa cote dépasse 300 euros. À vrai dire, j’estime que sa vraie valeur se situe plutôt autour de 3.000, voire de 30 000 euros, mais passons. Il sera bientôt réédité, j’imagine. Certains de mes livres, encore inédits en France, seront peut-être traduits. »

Continuons plus loin avec Limonov.

— Comment s’est déroulée la rencontre avec le leader du Front national ?

— Le Pen nous a offert un dîner mémorable dans sa propriété du parc de Montretout, à Saint-Cloud, d’où l’on voit tout Paris. Avec Le Pen, Jirinovski et moi-même, nous formions une belle brochette de « bad boys ». Sur les murs de la villa de Montretout, une chose m’a frappé : j’y ai reconnu des tableaux de l’artiste russe Ilya Glazounov. [Ilya Glazounov était lui aussi monarchiste.] Le Pen était étonné que je connaisse cet artiste. Il m’a expliqué qu’ils étaient amis depuis les années 1960.

— Cela ne vous dérange pas de fréquenter des gens qui flirtent avec l’antisémitisme ?

— Il n’existe aucune preuve de ce que vous avancez. Je préfère toujours forger mon opinion à partir d’observations personnelles plutôt que sur la base d’avis extérieurs ou d’articles de presse. Si je me fie à ma méthode de compréhension des hommes au premier regard exposée plus haut, il est clair que Jean-Marie Le Pen est beaucoup plus sympathique que, par exemple, Vladimir Poutine ou Dmitri Medvedev. Il est aussi plus honnête. En fait, Le Pen est sans doute l’homme politique français dont l’honnêteté intellectuelle est la plus incontestable.

J’ai apprécié, chez lui, un côté humain, affable. Il a une manière aimable de recevoir ses invités, sans façons, et en leur faisant sentir qu’ils sont des personnages plus importants que lui-même. Certes, il vit comme un bon bourgeois. Mais il est un peu baroudeur, et un peu voyou, ce qui en fait un type intéressant. Par son talent oratoire et son tempérament impétueux, il m’a fait penser à Danton.

— Le Pen, « sympathique » ? Vous allez encore vous faire des amis en France…

— De moi aussi la moitié des gens disent que je suis antipathique et infréquentable. Mais c’est faux. Voilà peu, mon nouvel agent littéraire François Samuelson buvait une vodka chez moi et l’a dit : « Mais pourquoi Emmanuel Carrère a-t-il écrit que tu étais distant ? Tu n’es pas distant. » Je suis certes un peu froid au premier contact. Mais ensuite, je m’ouvre, je me livre. Carrère a projeté sur moi ce qu’il est : il est beaucoup plus froid, distant, réservé que moi. Le vrai problème avec moi, c’est que j’ouvre ma grande gueule. Une attitude insupportable pour la France qui est le royaume du « political correctness ».

— La France est « politiquement correcte » ?

— Exactement. Il y a chez vous des régions entières de la pensée, des territoires intellectuels, des pans de la mémoire collective qu’il est interdit d’explorer. Je ne veux pas entrer dans les détails. Mais le résultat, c’est qu’en France, les idées se tarissent et la pensée est unique. Ce n’est pas un hasard s’il n’y a plus de grands maîtres à penser, ni de grands écrivains depuis trois bonnes décennies, en France.

— Dans certains cas, le « politiquement correct » n’est-il pas souhaitable, notamment pour empêcher l’expression du racisme assumé ? Certaines pensées sont, en effet, indicibles.

— Je ne suis pas d’accord. En France comme en Allemagne, il est interdit d’exprimer l’idée que l’immigration de masse en provenance des pays musulmans pose des problèmes. Le « politiquement correct » l’interdit. Pourtant, c’est la réalité. Comment traiter cette question si elle n’est pas énoncée ?

 Cet entretien se termine par cette question


— À 69 ans, il serait peut-être temps d’envisager de prendre des vacances ?

— Je n’en ai jamais pris. Je n’ai jamais voyagé avec l’idée de me reposer ou de visiter des endroits. Tous mes déplacements avaient un objectif professionnel : participer à un salon littéraire, tenir un meeting, faire la guerre. Voilà mon idée des vacances. Le tourisme est une occupation artificielle, inintéressante. Regarder une carte postale procure autant de plaisir.

Cependant, j’aurais aimé explorer l’Afrique au temps de Livingstone et Stanley. Ce n’était pas du tourisme, c’était une aventure trépidante, une lutte pour la vie. L’industrie du tourisme me dégoûte. J’étais ravi quand j’ai appris que des requins avaient dévoré des touristes allemands en Égypte !


Bien sûr dans ce livre beaucoup de thèmes sont abordés : son enfance, ses parents, sa vie de voyou, son départ d’URSS , ses rencontres avec des artistes, le mouvement punk, L’Idiot international, la prison, le milieu littéraire parisien, la prison, la guerre …

18/07/2012

Stéphane Beau Le Coffret

coffret.jpgProfité de la dernière braderie du Petit Pavé pour acquérir des livres à petits prix. Cette fois-ci je suis tombé sur un roman de Stéphane Beau  intitulé Le Coffret. Pour 1 euro, pas la peine de se priver, d'autant plus que j'avais déjà apprécié son recueil d'aphorismes.
Je suis vite rentré dans le sujet, d'ailleurs j'ai lu ce roman d'une seule traite, en un peu plus d'une heure exactement ; c'est peut être un reproche,  que je lui ferai mais c'est aussi ce qui fait  son efficacité. Pas de fioritures.
C'est un roman d'anticipation, de contre-utopie, ça m'a fait penser à Fareinheit 451 ; les livres ont disparu mais cela s’est fait très naturellement

Nathanaël va trouver, par inadvertance  un coffret de bois cadenassé.  A l'intérieur il découvrira les livres de  six importants penseurs : Nietzsche, Junger, Thoreau, Palante, Montaigne, Freud…  et un manuscrit intitulé " A l’aube de la dictature universelle".  de Jean Grill, un nom qui ne lui est pas inconnu puisque c'est  son grand-père,  Le choix de ces auteurs n'est pas anodin ; cela lui permet de retranscrire quelques extraits de leurs œuvres et ainsi de nous faire redécouvrir  des auteurs qu’il a à cœur comme Palante, Stéphane Beau lui a consacré un numéro dans sa revue Le Grognard.

En suivant le parcours de son grand-père , il découvrira que la liberté est un mythe et deviendra lui aussi un homme proscrit pour simplement avoir lu des livres.

En tous temps,   toute pensée différente, un peu hardie, tout scepticisme, toute critique qui n’est pas seulement superficielle et propre à donner l’illusion de la liberté sont condamnés, seuls les moyens de répression changent. 

09:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

24/05/2012

Paul de Roux , Les intermittences du jour

Quelques notes tirées de" Les intermittences du jour,"  carnets 1984-1985,

 

1502929_8920950.jpgIci, lorsqu'on se promène, on découvre à chaque pas les traces d'une campagne soigneusement aménagée, en un temps où la main seule s y employa longuement. Aménagements chaque jour anéantis par les usages et les besoins nouveaux. Anéantis parce que la main n'est plus là pour remonter murs pierre à pierre, replanter les arbres, aménager les sentiers, etc. La main est devenue trop chère pour le paysage. 24/6


 

Si nous étions moins accoutumés à l'existence, si nous étions un peu plus étonnés de nous trouver là, nous serions moins étonnés de la possibilité de Dieu.

S'étonner d'être, c'est s'étonner de tout. (Quel étonnement qui ne soit englobé, confondu avec l'étonnement d'être, avec la stupeur d'être ?) 3/6

 

 

Paul de Roux , Les intermittences du jour, carnets 1984-1985, Le Temps qu’il fait, 1989

 


 

 

 

 

 

 

 

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23/02/2012

L’Anjou en toutes lettres, un abécédaire amoureux

lanjou-en-toutes-lettres-couverture-170.jpg?w=170&h=171Voilà un livre que j'attendais, un abécédaire amoureux de l'Anjou. J'ai eu l'occasion d'acheter des livres sur cette région mais ce sont souvent des dictionnaires besogneux et exténuant. Avec celui-ci il en est tout autrement, le style est enjoué, passionné. C'est un vrai plaisir de lire ces chroniques sur des écrivains, des sculpteurs, des artistes, des demeures, des lieux , des mets dont le point commun est cette belle région qu'est l'Anjou. C'est une sorte de promenade temporelle et spatiale dans l'Anjou, et comme dans tout voyage, les auteurs se hasardent à prendre des chemins buissonniers, des détours semés d'impromptus, des escapades hors des normes, ainsi tout un chacun y découvrira des espaces méconnus.

Arrivé en Anjou, il y a plus de quinze ans, j'ai la chance d'arpenter cette région de par mon travail, je suis toujours étonné de découvrir encore de nouveaux lieux. Et avec ce livre, j'ai encore de belles promenades en perspective. Comme le soulignent les auteurs :
Quiconque a voyagé dans d'autres parties du monde, notamment extra-européennes, a pu remarquer combien rares sont les contrées où abondent ainsi dans les campagnes des bâtiments anciens à la valeur incertaine.
Cette diversité se retrouve dans le vin, cela fait aussi partie du charme de l'Anjou : blanc, rouge, sec, à bulles, moelleux, il y en a pour tous les goûts et certains peuvent encore choisir des  alcools plus fort comme le Cointreau ou cette liqueur, l'Elixir Combier. On se délecte à lire ces savoureuses pages sur le vin
 L'Anjou est décidément prodigue en distilleries, en caves et en chais. Cette abondance explique à n'en pas douter la bonne santé et le caractère heureux de l'Angevin, même si la modestie innée des producteurs et certaines lois scélérates marquées au sceau de la démagogie la plus vile leur interdisent d'en faire état.

Vraiment une belle réussite que ce livre qui témoigne de la richesse culturelle de l'Anjou

 

L’Anjou en toutes lettres, un abécédaire amoureux

19:30 Publié dans Angers, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

27/09/2011

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps René Guénon


730167_1312469-184x300.jpgJe profite  d’une période de convalescence après une opération chirurgicale pour assouvir ma passion : la lecture.

En ce moment je suis en train de lire « Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps » de
René Guénon. Je suis tombé sur un chapitre fort intéressant et très actuel sur « La dégénérescence de la monnaie »
La monnaie selon Guénon était chargée d’une «influence spirituelle », elle était sous le contrôle de l’autorité spirituelle tant que l’on vivait dans une civilisation traditionnelle.


(…)depuis que la monnaie a perdu toute garantie d’ordre supérieur, elle a vu sa valeur
quantitative elle-même, ou ce que le jargon des «économistes» appelle son «pouvoir d’achat», aller sans cesse en diminuant, si bien qu’on peut concevoir que, à une limite dont on s’approche de plus en plus, elle aura perdu toute raison d’être, même simplement «pratique» ou «matérielle», et elle devra disparaître comme d’elle-même de l’existence humaine.  

Pour en revenir à mon opération, j’ai été très étonné des questions des infirmières à chaque fois : «  Pouvez vous évaluer votre douleur en sachant que 0 est l’absence de douleur  et 10 est une douleur insupportable » J’avais envie de leur répondre que cela ressemblait à un point de côté mais donner une valeur, c’est très subjectif.

Ce moment à l’hôpital me revient car justement dans ce même chapitre, Guénon écrit :

Ces exemples montrent aussi qu’il y a une véritable dégénérescence du langage, accompagnant ou suivant inévitablement celle de toutes choses; en effet, dans un
monde où l’on s’efforce de tout réduire à la quantité, il faut évidemment se servir d’un langage qui lui-même n’évoque plus que des idées purement quantitatives.

19:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

26/09/2011

Nous sommes des zéros satisfaits -- Piergiorgio Bellocchio

Les Editions de l’Encyclopédie des nuisances continuent toujours la publication de livres se situant dans la critique radicale de la société industrielle, de cette société moderne. Cette fois-ci il s’agit de textes de Piergiorgio Bellocchio traduits par Jean-Marc Mandosio. J’avais eu avec ce dernier quelques échanges plus viesurterre.jpgou moins énervées qu’il a fait paraître dans sa revue « Nouvelles de nulle part » et aussi dans un de ces  livres « D’or et de sable » mais cela ne m’empêche pas d’apprécier cette maison d’Editions.


Piergiorgio Bellocchio a créé une revue Diario (« Journal » au sens d’un recueil de notes prises au jour le jour) . C’est ce qu’on retrouve dans ce recueil ; le journal, c’est un genre que j’affectionne plus particulièrement. Dans la préface Mandosio note que Presque tous ces textes ont pour point de départ une expérience vécue ou une observation personnelle. Ils tournent autour d’une question : comment les espoirs d’hier ont-ils pu devenir, presque du jour au lendemain, si « vertigineusement vides «  que la seule attitude digne au sein de ce désastre , pour ceux qui ne se résignent pas à la capitulation, est d’essayer de « limiter le déshonneur » ?

Tous ces textes évoquent plus ou moins un sentiment positif envers le passé en sachant bien que La nostalgie est le sentiment le plus malfamé, le plus intolérable aux yeux de la majorité des représentants de la culture actuelle comme le rappelle La Porta cité dans ce recueil par Mandosio. Filippo La Porta continue : La nostalgie de l'individu est peut-être la seule boussole, si minuscule soit-elle, capable de nous orienter dans le présent.

On y trouve des propos sur le bruit que ne renierait pas Renaud Camus.
Terrasse d’une pizzeria. Près des tables, un groupe d’adolescents  sur leurs motos arrêtés, moteur allumés. Toutes les dix ou vingt secondes, un coup de gaz. Le bruit couvre les conversations, impossible de se parler. L’air devient irrespirable. Au bout d’un bon quart d’heure, je hurle : « alors on y va ? » Deux ou trois d’entre eux se retournent, me regardent avec l’expression de qui n’a pas compris. J’explique : « Ou vous décidez à partir, ou vous éteignez le moteur. » Il faut deux minutes pour surmonter le choc, puis les jeunes gens décident de s’éloigner. Je les entends bougonner : « Quelle mentalité ! »
Mais aux tables aussi, la réaction est de surprise et de curiosité : personne  ne s’était aperçu de rien, personne n’avait été dérangé.

Sur le monde d’hier. Sa fille a fait des cauchemars après avoir vu à la Télévision Grands Cœurs.
Qu’est-ce qui lui a fait si peur ? Je crois pouvoir répondre : la misère. L’image d’une Italie, d’un monde trop pauvre. Enfants  pauvres, famille pauvres, maisons pauvres, vêtements pauvres (aucun des camarades de ma fille n’a l’air d’un pauvre, ils ont tous le même aspect)Même le maître d’école est pratiquement un pauvre. Mais le riche aussi, dans ces maisons sans réfrigérateur ni télévision, sans salles de bains resplendissante de céramiques(…)
Cette ville sombre, sans automobiles, sans néons…Inconcevables, inacceptables.
(…)
Le soupçon que, voici à peine quelques générations, la vie était vraiment comme ça, suscite évidemment une terrible peur qu’elle puisse redevenir telle, malgré les temps merveilleux que nous traversons.

Sur les achats de livres
Mes rares achats, je les fais presque uniquement aux puces, dans quelque vieille librairie un peu négligente en matière de retours, ou bien chez les soldeurs.
En ces lieux comme ailleurs, 99% de la marchandise est de la cochonnerie, invendue parce qu'invendable : d'innombrables petits monuments – des pierres tombales – où la vulgarité et l'ignorance, l'insanité et l'escroquerie, qui se seraient bien contentées de faire illusion pendant une seule saison (le temps d'épuiser le tirage), sont condamnées à une embarrassante durée. Ce sont des lieux de justice où les auteurs et les éditeurs expient leur vanité, leur imprévoyance, leurs ambitions ratées.
(...)
Il est néanmoins possible de faire dans ces cimetières quelques rencontres nettement plus agréables que celles qu'offrent les librairies, au-delà de leur avantage économique. Il s'agit de livres dont on ne m'inflige pas la publicité dans les journaux, dont je n'entends pas parler à la télévision, et dont je n'ai pas à lire les honteux éloges écrits par des critiques qui font semblant d'en rendre compte.

16:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)