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31/05/2007

Jean-Edern Hallier Bréviaire pour une jeunesse déracinée

a4b142127251dbc95e4a5066c585424b.jpegRelu ce livre de Jean-Edern Hallier avant de m’en séparer  par manque de place dans ma bibliothèque et noté quelques-unes de ces remarques.  C’est grâce à lui, certains diront plutôt que c’est à cause de lui que j’ai pris conscience des méfaits des médias. Lecteur de feu « L’Idiot international » un journal où régnait une liberté de ton qu’il n’est plus possible d’avoir de nos jours, Jean-Edern avait eu cette intelligence de choisir les meilleurs collaborateurs de son époque, même s’ils étaient inconnus, provenant de tous les horizons politiques. Tous ceux qui ont commencé à écrire dans ce journal sont aujourd’hui reconnu pour leur talent.

Il dénonce dans ce livre la sous culture journalistique et résume avec clairvoyance les idéaux des partis politiques : « A droite un seul idéal , le marché du bien de consommation. A gauche, les marchés des idées du bien (…) »

 

« Il n’est point de bonheur sans transcendance » Il reprends cette énigmatique remarque de Dostoïevski : « La beauté sauvera le monde » Surpris de constater qu’il met sous  « la même férule totalitaire » : le communisme et l’islam. En 1982, il était encore possible de dénoncer le totalitarisme des pays où règne l’islam. L’auteur de Tristes Tropiques pouvait encore le faire mais maintenant il n’ose plus faire référence à cet ouvrage. Il dénonce cette époque où l’enfant est roi « Les grands peuples enfantins sont presque toujours totalitaires » Retour à la foi religieuse : « Il est de la foi comme de l’enfance : elle en vient et y retourne. »

Sur l’Europe : « La chrétienté a fait l’Europe. La chrétienté est morte ! L’Europe va crever quoi de plus naturel.? » Il soulignait la leçon de résistance des peuples irlandais et polonais grâce à leur foi religieuse. « Ce dont nous avons besoin  : une guerre sainte. Celle qui nous ferait prendre conscience de notre extrême dénouement, de notre indigence. Car la pauvreté spirituelle ressemble en apparence à l’acceptation de la servitude volontaire .»

« Mourir pour la patrie, la terre de ses pères, devint même honteux (…)Peu à peu les meilleures causes sont devenues les plus mauvaises : la patrie, la religion et la révolution. » mais « Jamais non plus les pseudo révoltés, les libérations sectorielles n’ont été si bien accueillis de la part de ceux qui , en d’autres temps, les eussent violemment combattus. »

C’est évidemment un livre polémique ; il dénonce aussi le reniement du passé (toujours aussi actuel ), de la religion: « Vatican II, ce désastre spirituel ». Il cite Péguy qui redevient très actuel. Sa pensée pourrait nous servir de munitions pour combattre cette nouvelle idéologie où le consensus règne, où nous manquons de penseurs, d’intellectuels, d’éveilleurs indépendant du pouvoir médiatique, économique et politique.

 

Jean-Edern Hallier Bréviaire pour une jeunesse déracinée en vente ici à 1,4 €

27/05/2007

Renaud Camus

Renaud Camus était l’invité de l’émission Répliques du samedi 19 mai 2007 présentée par Alain Finkielkraut..

 

J’ai enregistré quelques minutes de cette émission où on peut entendre Renaud Camus lire un extrait de son dernier livre L'amour, l'automne : travers III cinquième volume des Eglogues.

 

 

Églogues vient de ex-logos, hors de la parole ou la parole des autres, le grand discours universel. Elles sont composées, tels un patchwork, de citations de la littérature et de journaux et de fragments autobiographiques, plus ou moins romancés. Ces citations ne sont pas "citées", c'est-à-dire qu'elles ne sont ni identifiées (par des guillemets ou des italiques), ni référencées (nom d'auteur, livre, journal...) C'est au lecteur de se débrouiller. Il n'y a pas d'histoire au sens de récit, il y a tout au plus des fragments qui se répondent, organisés autour de thèmes (la folie, les noms, le double et son corollaire, l'inversion (double en miroir)) et de noms générateurs selon des règles d’homophonie, d’anagrammes et des glissements de sons et de sens (par exemple (Hugo) Wolf, Wolfson, Onslow, (Virginia) Woolf, Saint-Loup, loup (masque sur le visage), loup (animal), etc).


podcast

 

Lecture très impressionnante, très musicale.

 

 

08:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature

23/05/2007

La génération lyrique, François Ricard

525e18503ce904081adcbebd0cdee4ce.jpegRelu La génération lyrique de  François Ricard. Noté ce passage intéressant qui reflète  pertinemment notre époque fascinée par la jeunesse et cette idéologie du mouvement. François Ricard démontre très précisément pourquoi le pouvoir économique soutient très facilement les idéologies contestataires.

C'est pourquoi les idéologies lyriques même les plus “ dures ” et les plus  ouvertement contestataires, quand on les replace dans leur contexte général et qu'on voit leur effet ultime dans la vie et dans la pensée, apparaissent en réalité comme des idéologies de consentement et non d'opposition, d'obéissance plutôt que de révolte. Daniel Bell et Gerald Graff ont bien analysé cette logique à propos de l'avant-garde littéraire et artistique. À partir du moment où l'économie capitaliste,

pour continuer à se développer, n'a plus besoin comme autrefois d'un milieu encadré par des valeurs et des traditions qui en assurent l'ordre

et la stabilité, mais qu'il lui faut au contraire une société éminemment mobile, malléable, “ ouverte ” au changement continuel et prête sans

cesse à rejeter ce qu'elle a en faveur de ce qu'on lui offre, toute idéologie prônant le renouveau incessant et l'abandon des modèles anciens,

toute avant-garde fascinée par la subversion et l'“audace ” cesse de la menacer et devient bel et bien son alliée. L'ancienne inimitié qui opposait le poète ou le révolutionnaire à l'univers des marchands et des“ épiciers ” le cède ainsi à une complicité fondée sur le même besoin  de “ transgression ”, le même refus des “ limites ”, le même oubli du  passé, c'est-à-dire la même vision d'un monde débarrassé de contrainte et infiniment léger. 

Certes, avant-gardistes et idéologues lyriques continuent d'affecter un mépris copieux pour les barons de la finance et autres «  salauds ». Ce pli, qui leur vient de leurs devanciers, est une autre attitude typiquement néo. C'est également une façon commode de ne pas voir la collaboration qui les lie “ objectivement ”, comme disaient les marxistes, au progrès de l'économie de marché, et donc, en faisant taire leur mauvaise conscience, d'y collaborer encore plus activement. Quant au mépris inverse, celui du marchand d'autrefois qui voyait dans l'artiste ou dans le “ novateur ” un réfractaire et un corrupteur de la  jeunesse, il ne cesse de s'atténuer et fait place à une acceptation et même à une admiration qui seraient tout à fait réjouissantes si elles n'étaient  les plus intéressés des sentiments. Car le capitalisme avancé, ainsi qu'on se plaît à désigner notre modernité économique, a très bien compris tout le parti qu'il peut tirer de la fièvre avant-gardiste et de la perpétuelle remise en question des valeurs, tout comme il profite directement de la domestication de l'État et de la banalisation du politique. Que peut-il souhaiter de mieux que de trouver devant lui une société libérée des vieux tabous, déprise de toute fixation sur le passé, uniquement occupée de son bonheur et, selon le mot d'ordre rimbaldien, de la poursuite incessante “ du nouveau ” ?

 

La génération lyrique, François Ricard 7,9 € ici

16:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature

22/05/2007

Laurent Schang : Constat d’Occident

c277bbb5087cf2cf4a22580e5fe542e2.jpegLecture de ce livre en  à peine une heure. Il faut dire que c’est  assez rapide à lire vu qu’il n’y a juste  que 10 petites nouvelles.  Quelques-unes ont d’ailleurs paru dans les revues Cancer ! (vous pouvez les lire ici )  et Tsim soûm. Dommage que cela ne soit pas indiqué. A l’heure où la guerre a mauvaise presse Laurent Schang nous emmène dans des conflits passés et futurs. Ces nouvelles ont une relation entre elles : la guerre, le combat soit pour son pays, soit pour son honneur. Ces héros sont confrontés à la mort, au devoir,au pouvoir, à des valeurs qui paraissent maintenant dépassés en Occident. 

C’est très rythmé avec des dialogues bien menés et des phrases courtes sans fioritures allant droit à l’essentiel. Laurent Schang pourrait faire sienne cette citation de  Junger  très représentatif de ce livre. : « Une éclatante vérité demeure : la Mort pour une conviction est la plus sublime des fins : elle est Témoignage, Action, Réalisation, Foi, Amour, Espérance et But suprême ; elle est dans ce monde imparfait, une chose parfaite. »

        

On y  croise précisément   Ernst Jünger pendant la guerre  14 - 18, un  soldat de Tsahal , Curzio Malaparte lors de la seconde guerre mondiale, un soldat russe de retour de  Tchétchénie, Guevara en Afrique, Mishima et  son  seppuku. C’est étrange qu’en Occident tout le monde est fasciné par ce fameux seppuku alors qu’au Japon , on veut oublier Mishima. Par  contre en France on parle peu de ses livres qui me semblent d’une grande qualité.

La guerre a toujours existé, on ne pourra jamais l’empêcher qu’elle revienne, c’est ce que Laurent Schang imagine avec Huntingtonons, huntingtonons dans une prochaine guerre mondiale en 2010.

Laurent Schang : Constat d’Occident Editions Alexipharmaque

21:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

27/04/2007

Enquête sur le roman

medium_291649216X_01_SCLZZZZZZZ_V42525395_AA240_.jpeg50 écrivains de notoriété et de genre différents ont répondu à 5 questions sur la littérature, le roman. 384 pages pour 18, 80 € c’est pas très cher, surtout pour lire ces passionnantes réponses ou commentaires et polémiques de ces écrivains contemporains.

Il se dessinent tout de même une complémentarité entre ces écrivains. Il sont nombreux à constater l’effacement du sacré, de la spiritualité, de la religion dans le roman, ce qui ne peut que provoquer un dépérissement de la littérature. C’est d’ailleurs l’avis de Juan Asensio dont ses propos sont toujours aussi détonants et forts intéressants agrémentés de nombreuses références. Je ne le suis pas lorsqu'il écrit qu’il « déteste la facilité et goûte l’hermétisme » Dans un texte, je ne recherche ni la facilité, ni la difficulté mais plutôt la beauté, je pense que l’on peut la trouver cette flamme ,ce lyrisme, ce style lumineux dans un livre aussi bien difficile que facile.

J’ai retrouvé Dragan Babich  que j’avais interviewé sur Le grain de sable, lui il s’est plutôt penché sur cette espace de liberté dans la littérature, un thème qui lui est cher et qui transparaît dans ses romans. Justement Michel Déon voit dans le roman le seul espace de liberté. Les gouvernements en ont peur.

L’intérêt de ce livre outre de lire quelques célébrités (Dantec, Soral , Pierre Jourde, François Taillandier, Michel Surya, Pierre Bordage, etc) est de découvrir des écrivains de notoriété moins importante mais tout de même aussi intéressant voire plus. Quelques écrivains dont j'ai déjà chroniqué leurs livres sur ce blog figurent dans cette enquête comme Mathieu Baumier, Sarah Vajda , Christopher Gérard.

J’ai eu un plaisir de lire Gwen Garnier-Duguy qui constate aussi que la foi est ce qui a déserté la littérature. « Maintenant que les imaginaires ne puisent plus à l’encre de Dieu, s’est substituée à Lui la pensée du Mal. » « Un grand livre est un livre qui change la vie »

Pierre Gillieth est très énervé contre les éditeurs qui manque d‘audace. Michel Horst pense que c’est chez les « petits éditeurs » que l’on peut trouver cette espace de liberté.

La lecture de ce livre est vraiment enrichissante et permet de découvrir de talentueux écrivains. Cette enquête sur le roman me semble très positif car je constate que la littéraire est toujours bien présente dans ce monde et est encore capable de nous surprendre.

Enquête sur le roman de Arnaud Bordes, Stephan Carbonnaux, Serge Takvorian, Le Grand Souffle

11:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

15/04/2007

Avril- 22, Ceux qui préfèrent ne pas

medium_2916492313_01_SCLZZZZZZZ_V42528006_AA240_.jpegEn ces périodes d’injonction à se rendre aux urnes , la lecture de cet ouvrage est salutaire. Sous formes de pamphlets, aphorismes, nouvelles, textes humoristiques,etc. plusieurs écrivains, philosophes, poètes se sont penchés sur cette question « Pourquoi, cette fois-ci ne pas y aller ». Ce n’est plus à la mode de pourfendre les élections comme les anarchistes le pratiquaient vers le début du 19° siècle, pourtant ces auteurs ne sont pas des anarchistes ; ils se situent ,à les lire ,dans des sensibilités politiques forts différentes ; c’est aussi ce qui rend intéressant ce recueil. Chacun a ses raisons de ne pas voter. De très bons textes : celui de Sarah Vajda " Je n’irai plus voter, les lauriers sont coupés » me semble être un des meilleurs , de l’humour, de l’impertinence mais ce qui fait le charme de ce texte c’est la qualité littéraire. « A vouloir contenter tout le monde et son maître, la société française devient une gigantesque société de récréation où , les gosses à coup de pierre, de cocktails Molotov, réclament en vain l’amour du censeur parti sans laisser d’adresse ou inconnu à l’adresse indiquée, dans le temps où l’ordre moral tient pour pédophilie toute estime du maître pour l’élève, à crime le désir et voit dans le dégoût du monde comme il va une tentation fasciste ! "On y trouve un Mehdi Belhaj Kacem toujours aussi révolté avec un texte extrait de son dernier livre très radicale mais beaucoup moins hermétique que ses derniers écrits. C’est d’ailleurs pour cela que je n’avais pas consulté son dernier essai peut-être à tort car en découvrant ce texte je constate qu’il est proche de son pamphlet ravageur, dissident La chute de la démocratie médiatico- parlementaire .

Dès l’instant où les citoyens ont jeté le bulletin dans l’urne, ils ont du même coup remis entièrement leur vie entre les mains de quelques hommes. Et après ? s’interroge Philipe Boisnard.

Malek Abbou se penche sur le vote blanc et plus particulièrement sur l’occultation de celui-ci. Cela m’a paru moi aussi toujours bizarre qu’il soit très difficile de connaître le nombre de bulletins blancs. Malek Abbou ira sans doute voter tout comme Alain Jouffroy qui dans un texte de quelques lignes assez caricaturale « (…)La haine et le mépris de la politique relèvent de la démagogie. En votant je proteste contre elle. » n’incite pas du tout à s‘engager de cette façon.

Beaucoup d’autres textes : Alain Badiou, Acot-Mirande, Eric Arlix, Pierre Audard, , Bertrand Bonello, Alain Brossat, Gilles Châtelet, Sylvain Courtoux, François Cusset, Jean-Pierre Dépétris, Laurent Jeanpierre, Cyril Loriot, Jean-Clet Martin, Jean-Luc Moreau, Olivier Pourriol, Nathalie Quintane, Bernard Sichère, Christophe Spielberger, Bernard Stiegler, Michel Surya, Laurent de Sutter.

Avril-22 : Ceux qui préfèrent ne pas , Le Grand Souffle

 

Afin de prolonger ce texte je vous invite à consulter ce site Nous n’irons plus voter

12/04/2007

La Source pérenne, Christopher Gérard

medium_medium_Source.2.jpgLa source pérenne est un vibrant plaidoyer en faveur du paganisme montrant combien celui-ci, loin de correspondre à la caricature que l’on en fit, représente la religion originelle de l’Europe. Christopher Gérard met particulièrement en valeur l’opposition entre les mentalités chrétiennes et païennes. Le paganisme est pour l‘auteur « exaltation de la vie et de l‘élan éternel. ». La caractéristique du paganisme : « sa profonde tolérance, son respect des différences, son absence de prosélytisme aussi. » Il attache une grande importance aux commémorations ,aux pèlerinages sur les sites sacrés qui lui semblent « le fondement de toute religiosité authentique »

Il met en lumière les origines païennes de la plupart des fêtes chrétiennes qui ont été dénaturées.

Ce livre est une sorte de journal , d’itinéraire d’un païen ,c’est cela qui le rend agréable à lire. L’auteur s’est appuyé sur de nombreux livres mais aussi et principalement sur son expérience : fouilles archéologiques durant l’adolescence, voyages aux Indes et en Irlande et toutes ces manifestations du divin : « la splendeur de l’orage, la beauté d’une femme, l’éclat du soleil. » Il ne croit pas à des Dieux tout puissants mais moi aussi contrairement à nombre de chrétiens et même d’athées, je ne crois pas à la toute puissance d’un Dieu.

Ce témoignage d’un païen est assurément une excellente et vivante introduction au paganisme.

La Source pérenne, Christopher Gérard, Éditions L’Age d’Homme