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09/04/2007

Le premier pouvoir : Inventaire après liquidation,Elisabeth Lévy

medium_2081200686_01_SCLZZZZZZZ_V24320688_AA240_.jpegPendant deux ans Elisabeth Lévy sur France Culture a animé " Le Premier Pouvoir ", une émission hebdomadaire critique sur " la société des médias " dont elle était aussi la productrice.David Kessler, directeur de France Culture, ancien conseiller de Lionel Jospin a supprimé cette émission pourtant une des plus écoutées avec celle d’Alain Finkielkraut d’ailleurs confirmé par un sondage détaillé commandé à Médiamétrie par France-Culture. Manque de chance pour la direction de France-Culture, les raisons de cette évicton ne peuvent être le manque d’audience.  Comme je le soulignais dans un commentaire suite à un précédent article sur cette éviction, ces sujets étaient trop sensibles car elle dénonçait la nouvelle censure, l'inculpation du passé, le climat de délation, la hantise de la vigilance, le manichéisme accusateur, la diabolisation des dissidences, la propagande-spectacle et comme le regretté Muray ,dont on lui avait " interdit d’évoquer sa mémoire à l’antenne ",la festivité permanente , toutes ces valeurs défendus par la gauche bien-pensante qui domine cette chaîne. " L’ordre subversif y règne "

On peut critiquer les médias si on dénonce la dépendance économique mais comme Elisabeth Lévy le précise : cette dépendance " s’est révélée moins pesante que la tutelle idéologique exercée par des pouvoirs avertis du fait que le pluralisme était leur pire ennemi. " C’est d’ailleurs sur les radios publiques que les informations sont les moins objectives. Seul Du grain à moudre sur France Culture dont je fais souvent la publicité sur ce blog résiste à cette pensée unique en proposant des débats avec des personnes venant d’horizons très divers. C’est souvent ce manque de pluralisme qui me détourne des médias publics.

" Soit rebelle et tais-toi – ainsi est gouvernée France Culture. "

" Personne ne se serait ofusqué qu’un journaliste se fût indigné auprès de Martine Aubry parce que,selon lui, les socialistes avaient été trop timides en matière de régularisations. On imagine le tollé déclenché par l’imprudent qui lui eût adressé le reproche inverse. "

" On attends des journalistes qu’ils confirment l’analyse énoncée a priori (…)Un journaliste à qui il est demandé d’enquêter sur les électeurs du Front national écartera spontanément ceux qui n’entrent pas dans le cadre défini. " Les jounalistes n’ont même pas remarqué qu’ils sont ainsi contre-productifs.

Les faux rebelles y sont aussi attaqués. Karl Zéro ne " cachait pas avoir (provisoirement) sauvé sa tête grâce à l’appui conjugé de Laurent Fabius et de Nicolas sarkozy – hommage du vice politique à la vertu médiatique qui témoignait sans doute de l’impertinence de l’animateur"

Certains chroniqueurs potentiels figurent sur une liste noire comme Philippe Lançon, Henri Maler, l’un des animateurs d’Acrimed, site dédié à " la critique radicale " des médias. J’ai à plusieurs reprises contacté ce site, notamment Henri Maler et je peux assurer qu’il n’est pas très ouvert, qu’il est contre le pluralisme sauf si cela va dans son sens.

Maintenant l’activité médiatique est orienté sur l’émotion. Le spectacle offert par les Don Quichotte et les sans-abri du Canal Saint Martin en est un exemple.

Suit un florilège de " conducteurs " (documents préparatoires définissant les principaux axes de la discussion) écrits avant chacunes de ces émissions et je crois qu’ils étaient disponibles sur le site de FC.

Elisabeth Lévy a insisté sur le fait que la presse française est dénigré, on ne la croit plus. C’est pour cela , entre autres autres que le Traité constitutionnel européen a été rejetée. C’est aussi pour cela que le vote FN ne peut que prendre de l’ampleur. La Presse Française ferait bien mieux de se remettre en question et écrire pour ses lecteurs. Elle ose demander une aide financière de l’Etat alors qu’elle bénéficie déjà des subventions de l'Etat La presse à conquis sa liberté en devenant indépendante vis à vis des pouvoirs en place.L' indépendance passe d'abord par un financement privé, principalement par ses lecteurs.

Elisabeth Lévy comme nombre de journalistes est très critique vis à vis des gratuits mais en parcourant ceux-ci notamment 20 Minutes  je trouve des infos que l’on ne lit pas ailleurs comme aujourd'hui où j'apprends que le FN a été mis en cause trop rapidement. Par contre Elisabeth Lévy met bien en évidence les liens du capital avec l’Humanité " puisque Lagardère et Bouygues sont, au nom du pluralisme, entrés dans le tour de table du quotidien. "

C’est un petit livre assez personnel puisqu’elle relate son expérience sur France Culture qui ne fait que confirmer tout ce que j’ai constaté et relaté dans Le grain de sable et aussi sur ce blog.

Le premier pouvoir : Inventaire après liquidation, Elisabeth Lévy 15 € disponible à 8,9 €  sur PriceMinister

18/03/2007

Faut-il une grande cuillère pour signer avec Google?

Reçu le dernier catalogue des Editions de l'Eclat où on peut y lire en introduction un interessant article Faut-il une grande cuillère pour signer avec Google?

Le 25 août 2005, les Éditions de l’éclat ont signé un accord de partenariat avec le moteur de recherche Google pour leur projet Google-livres dont le Landernau de l’édition française s’est ému.(...)

Pourtant le projet Google-livres est relativement timide encore par rapport aux possibilités de l’internet de s’associer au livre, mais il part de quelques principes simples : ceux-là mêmes que nous avions énoncés dans le «Petit traité plié en dix sur le lyber», paru en avril 2000 dans le volume Libres enfants du savoir numérique (...)

C’est pourquoi nous avons signé. La quasi-totalité du catalogue est désormais consultable sur Google-Livres, à l’exception – pour le moment – des « nouveautés », pour lesquelles un délai a été respecté, à la suite d’une discussion avec des libraires.(...)

(...)On permet l’accès à une partie des contenus, on permet une recherche thématique à l’intérieur du livre, on renvoie à d’autres livres, à l’éditeur, vers des librairies, etc., mais jamais on ne se substitue au livre, dont la forme reste omni-présente à travers l’image même des pages consultées. Contrairement aux sites, on ne peut ni télécharger, ni imprimer. Paradoxalement, Google-Livres indique ainsi les limites d’une information infinie (qui est un leurre) surfant de blogs en sites, et propose un retour (qui est une avancée) vers un médium ancien, encore aujourd’hui sans équivalent.(...)

 (...)Six années d’expérience lyber nous ont apporté la preuve que la mise en ligne intégrale et gratuite d’un ouvrage, non seulement ne nuit pas à la vente du même ouvrage en librairie, mais, dans la plupart des cas, la stimule. Ce qui ne signifie pas qu’internet soit un « extraordinaire moyen de diffusion de la pensée », mais que la lecture en ligne est une pratique totalement inadaptée au lecteur de livres.(...)

(...)Certains confrères (Le Monde, 24 mars 2006) se sont plaints récemment de la (trop grande) place prise par les petits éditeurs sur les tables des librairies, reprochant ainsi un parasitage de ces tables par une production disparate, incontrôlée, toujours renaissante de ses cendres. La petite édition agace. Ils auraient été plus inspirés de diriger leurs flèches inconsidérées vers les productions tout aussi incontrôlées de livres-people et autres livres-kleenex dont la librairie se demande de plus en plus si ils la concernent, tant leurs « lecteurs » semblent avoir tendance à les acheter(...)

17:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, information

17/03/2007

Le communisme du XXIe siècle

medium_034Communisme.jpegCe livre est un recueil d’éditoriaux parus sur le site du parti de l’In-nocence  dont Renaud Camus est président ; les fidèles de Renaud Camus tel que moi seront un peu déçus mais il est toujours préférable de pouvoir les lire dans un livre et celui-ci est un bien bel objet.

Le communisme du XXIe siècle est une expression empruntée à Alain Finkielkraut pour désigner l’antiracisme dogmatique. Ce que Renaud Camus reproche à l’antiracisme c’est de ne pas viser comme à sa naissance le seul racisme véritable mais de désigner une notion très flou. De nos jours, le racisme est devenu si ambiguë qu’on en vient même à gommer les civilisations, les ethnies, les peuples, les cultures.

L’antiracisme est érigé en un système étatique,en un dogme que l’on ne peut discuter . les antiracistes peuvent exclure n’importe qui ; ils détiennent ainsi " une sorte de monopole de la haine ".

Renaud Camus met en parralèle les similitudes entre la propagande communiste et antiraciste. Celle-ci va même plus loin car avec l’aide de la télévision, elle déverse à flots constants ce dogme à travers entre autres les téléfilms français. Chacun de nos comportements sont surveillés et ainsi grâce ce dogme le pouvoir peut observer chacun d’entre nous. Il est impossible de s’opposer à ce dogme puisque le récalcitrant sera taxé de raciste, cette " une religion d’Etat " peut donc régner partout, il ne cesse d’augmenter à l’école, dans les médias, chez les hommes politiques, dans les romans…

Renaud Camus est très pessimiste quant à l’avenir : il pense à une islamisaton de la France. Comme remèdes il ne propose pas grand chose ; selon lui, même les politiques natalistes ne feront pas disparaître la culture, la civilisation et le peuple français. Il évoque la possibilité Le Pen et là il est très critique " La critique de l'antiracisme dogmatique instituée n'aura de portée véritable que dès lors qu'elle ne sera pas laissée aux seuls racistes. Abandonné au seul Le Pen, le combat contre l'immigration de masse perd ses dernières chances d'aboutir, puisque nous sommes des millions à refuser de nous joindre à cet homme-là - il n'en est pas question. " Et portant " Jean-Marie Le Pen est bien loin d'avoir toujours tort, Jean-Marie Le Pen est peut-être même, hélas, l'homme politique français des trente dernières années qui, globalement, a eu le plus souvent raison ; mais Jean-Marie Le Pen, comme le Nuno de La Légende des Siècles, dont il n'a certes pas l'innocence, n'est pas possible. "

Pour autant Renaud Camus pense que l'élection présidentielle de 2007 représente " sans doute la dernière chance, pour la civilisation française, pour le peuple français, pour la nation française, de sauver ce qu'ils ont d'unique, d'absolument spécifique, de proprement français (…) "

Renaud Camus, Le Communisme du XXIe siècle, Editions Xenia

 

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature, Camus

07/03/2007

Jean Baudrillard est mort

medium_baudrillard.jpegJean Baudrillard vient de mourir à l’âge de 77 ans. J’aimais bien lire ses rares articles dans Libération car au contraire de nombreux éditorialistes, sa réflexion apportait toujours quelque chose de nouveau. Il était l’un des rares intellectuels a avoir porté un regard original sur les élections présidentielles de 2002 : Au royaume des aveugles

Lecteur d’aphorismes, c’est toujours avec un régal que je lisais les fragments de ses Cool Memories car il  possédait avant tout une belle plume.

« Nous sommes dans une société d'une intolérance glaciale, où la moindre diversion, la moindre infraction au principe de réalité est violemment réprimé. Le pharisaïsme, le philistinisme réaliste triomphent partout. Toutes les idées sont immédiatement coulées dans le béton. L’anathème est le même que dans n’importe quelle société religieuse ou stalinienne. Rien n’a changé. La conjuration des imbéciles est totale. »

Sa participation à un numéro de la revue Krisis en novembre 1996 autour de l’art contemporain avait fait beaucoup de bruit. Baudrillard avait condensé sa thèse dans un article « Le complot de l’art » publié dans Libé ; il avait été alors poursuivi comme un terrible réactionnaire.

Baudrillard avait répondu dans un article de Libération (7 mai 1997)

«(...) Que peut-on opposer à cette conjuration respectueuse des imbéciles ? Rien malheureusement ne peut corriger ce mécanisme de perversion intellectuelle, puisqu’il s’inspire de la mauvaise conscience et de l‘impuissance de nos élites «démocratiques » a résoudre aussi bien l’impasse de l’art que l’impasse politique de la lutte contre le Front national. La solution la plus simple est de confondre les deux problèmes dans la même vitupération moralisante La vraie question devient alors : ne peut-on plus l’ « ouvrir » de quelque façon, proférer quoi que ce soit d’insolite, d’insolent d’hétérodoxe ou de paradoxal sans être automatiquement d’extrême droite (ce qui, il faut bien le dire, est un hommage à l’extrême droite) ? Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche?

Révision déchirante : alors que la droite incarnait les valeurs morales, et la gauche au contraire une certaine exigence historique et politique contradictoire, aujourd’hui, celle-ci, dépouillée de toute énergie politique, est devenue une pure juridiction morale, incarnation des valeurs universelles, championne du règne de la Vertu et tenancière des valeurs muséales du Bien et du Vrai, juridiction qui peut demander des comptes à tout le monde sans avoir à en rendre à personne ».

Tout comme Philippe Muray, il pensait le plus grand mal du discours du bien.

Un hommage à Jean Baudrillard est a écouter sur France-Culture.

21:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature

21/02/2007

Matthieu Baumier La démocratie totalitaire

medium_Baumier.gifMatthieu Baumier auteur de L'Anti-Traité d'athéologie : le système Onfray mis à nu vient d’écrire un nouveau livre sur la post-démocratie, ce monde dans lequel nous vivons qui se confond de plus en plus avec une démocratie virtuelle aidée par une propagande politique et médiatique toute puissante . Ce sont souvent des thèmes que j’ai abordés dans ce blog. ; je ne peux qu’être d’accord avec Mathieu Baumier même si j’aurais aimé un approfondissement de ces sujets. Toutefois il met bien en évidence la primauté du bien particulier,une des principales caractéristiques de la post-démocratie alors que l‘idée républicaine implique que le bien commun prime sur le bien individuel. Je crois aussi que cela ne peut que s’aggraver. Chaque communauté demande de plus en plus de droits.

Cet auteur constate que deux écrivains français ont chacun perçu cette post-démocratie : Houellebecq et son acceptation de ce monde terriblement nihiliste et Maurice G. Dantec qui lui combat le nihilisme sous ses différents aspects. Mathieu Baumier nous met en garde contre la montée totalitaire de l’islamisme radical. On a peur de désigner ce mouvement par les mots fascisme vert pourtant l’auteur nous précise que ce terme fasciste est utilisé par le monde arabe qui sont eux confrontés à ce problème mais nous ne voulons pas le voir comme au temps de la dictature communiste en URSS où ces régimes totalitaires étaient soutenus par les intellectuels français. Dans ce livre un chapitre est consacré à François Bayrou qui dit tout « haut ce que chacun sait tout bas : la post-démocratie est un haut lieu des collusions d’intérêts entre politiques, industriels et journalistes »

Il se forme ainsi une fracture entre ce que les médias disent et ce que les gens vivent. « En post-démocratie, la seule information est celle de la propagande. Il n’est plus d’information, il n’est que des propagandes (…) L’ère de l’émotion a remplacé celle de l’analyse des faits ».

Par contre sa critique de Nietzsche ne me parait pas opportune. Même si ce philosophe était profondément anti-chrétien il avait apporté beaucoup de réflexions intéressantes pour nous aider à combattre les dérives de l‘humanisme issu, il est vrai du christianisme: égalitarisme, compassion, moralisme… D’ailleurs Maurice G. Dantec lui aussi utilise beaucoup de ces concepts pour combattre le nihilisme. La pensée de Nietzsche est l’une des plus vivifiantes de ces derniers siècles. Matthieu Baumier préfère appeler à la rescousse des auteurs tels que Bernanos et Zinoviev avec de nombreuses citations à l’appui. Il aborde aussi le thème de la Personne humaine à travers le personnalisme, concept développé par Emmanuel Mounier.

Cet ouvrage en dénonçant cette démocratie formelle et ce nihilisme qui s’installe sous nos yeux apporte quelques réponses pour défendre une démocratie qui passe selon lui par une redécouverte du christianisme, certes mais je pense qu’une redécouverte de la pensée de Nietzsche est aussi nécessaire pour dépasser le nihilisme vers lequel nous nous acheminons.

Matthieu Baumier La démocratie totalitaire Penser la modernité post-démocratique (pour en savoir plus ou le commander cliquez ici )

29/01/2007

Maurice G. Dantec : American Black Box 2

medium_Dantec-blackbloc.2.gifTerminé la lecture d’American Black Box de Dantec. Si les premières pages m’avaient plutôt enchanté ( voir ma première impression) la poursuite de cette lecture me procure un jugement plus nuancé. En fait, je suis plutôt déçu, je pense même que je ne conserverai pas ce livre. Beaucoup de répétitions, de violence, des phrases de ce style  « Pendant que les microbes parisiens s’amusent dans leurs madréporaires raclures de bains de pieds, qu’ils ingurgitent en proportion de volume de papier-journal putrescible qu’ils sécrètent, le sort du mode est suspendu (…) »

Je suis souvent d’accord avec ses propos sur l’islam même s’il est vrai que je ne vais pas aussi loin que lui. J’avais reçu une lettre d’insulte de sa part, sans doute mal conseillé ,cela m’avait déçu car je ne le considère pas comme un ennemi. Pourtant, Maurice G.Dantec fait référence à Carl Schmitt qui considère que la distinction entre l’ami et l’ennemi est primordiale en politique. Il faut avant tout savoir qui sont nos ennemis. Pour Dantec cela ne fait aucun doute, les islamistes en font partie et ceux qui les soutiennent.

« Et l’Islam est un nihilisme, si ce n’est le nihilisme par excellence. (…) L’islam ce communisme du désert » Je ne pense pas aussi que l’islam est une religion, d’ailleurs cette idéologie est soutenu en France par des athées.« L’aveuglement des nihilistes occidentaux au sujet de l’islam semble un condensé de tous les aveuglements successifs de l’Occident depuis deux siècles. Sur le danger jacobin, sur le danger marxiste, positiviste, bolchevik, puis nazi, tiers-mondiste, maoïste, post-moderniste. »

Par contre Maurice G. Dantec aurait pu insister sur l’anti-christianisme en France où les profanations d’églises et de cimetières se passent dans le silence des élites et malheureusement des prélats.

Maurice G. Dantec raconte sa conversion au catholicisme et en bon catholique défend les croisades. Je rappellerai d’ailleurs que ne sont pas les croisés qui ont envahi les terres musulmanes, ils ont été défendre les chrétiens d’Orient et les lieux saints de la chrétienté. La première croisade est un élan de foi. Léon Bloy a écrit : « la folie des croisades est ce qui a le plus honoré a raison humaine » J’ai eu l’occasion d’écouter Mgr Brizard directeur de l’œuvre d’Orient dans une de ces remarquables conférences organisées par l’association Foi et Culture à Angers. « Notre foi s’appuie sur le tombeau vide. Rendre visite au Saint Sépulcre, c’est faire l’expérience de la foi. Les croisades sont motivés par la défense du Saint Sépulcre. »

On pourrait aussi parler de l’Inquisition médiévale. Je commence à comprendre cette époque où l’emprise de la religion était très importante. Il suffit de transposer le délit d’opinion du domaine religieux au domaine politique. Dans un ou deux siècles on se moquera peut-être de notre époque si moralisante : on peut être condamné pour une parole de travers.

Dans ce livre par rapport à ces précédents journaux , Maurice G. Dantec parle peu de littérature. Il cite tout de même des écrivains que l'on peut  taxer de réactionnaires dont Dominique de Roux (Je n'y ai jamais trouvé un intérêt à le lire) et évidemment des mystiques. Ainsi dans American Black Box alternent des citations de Nicolas Gomez d'avila et de G. K. Chesterton.

Au niveau musique  seuls Johny Cash Richard Pinhas,Recoil ou  Nine Inch Nails trouve grâce à ces yeux  Plus cet objet (...) Ezékiel un groupe de Lyon pour moi totalement inconnu mais qui me sidère, au sens strict dès la première écoute.Sans doute le seul groupe made-in-France qui à ma connaissance, puisse se hisser- et dès le premier opus! - à la hauteur des artistes susnommés.

On y découvre Dali qui lui aussi avait des opinions très mal-pensantes.

Ce livre se termine par les émeutes de novembre 1995, venant confirmer son analyse de la situation française.

Je terminerai ce texte par cette citation de Cioran qui résume bien le thème principal de ce livre « La complaisance pour l’adversaire, signe distinctif de la débilité, c’est-à-dire de la tolérance, laquelle n’est en dernier ressort qu’une coquetterie d’agonisant »

American Black Box : Le théâtre des opérations 2002-2006

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : littérature, Dantec

24/01/2007

Peine perdue , Laurent Rochut

medium_Laurent-Rochut.jpgVoilà un écrivain qui a le goût de la polémique ; ce qui ne peut que révolter les bien-pensants. Il a d’ailleurs été formé à la bonne école : L’idiot International , la revue de feu Jean-Edern Hallier. Peine perdue est une lettre cinglante de rupture à sa mère, un règlement de compte « familial » et aussi un réquisitoire contre l’idéologie soixante-huitarde. C’est un roman mais comme tout roman il y a une part de soi-même. On en vient même à se perdre ; est-ce son autobiographie ou un roman ?

On sent dans son écriture une énergie débordante, une volonté d'en découdre avec la gauche moralisante.

Peu à peu, vous avez appris à faire votre travail de pions, de kapos des consciences. Vous êtes devenus experts en procès d'intention, en comités de vigilance, en professions de foi. C'était une version socialo-opportuniste de la révolution culturelle. Il n'y aurait de place au soleil qu'à ce prix.
Terroriser la pensée, la fliquer dans la moindre de ses manifestations d'indépendance ou de virilité. Mettre au pas l'opinion, d'une dénonciation l'autre, telle aura été votre sale besogne.

Il y a aussi de la foi dans ce livre.

L’humanité est malade de la mort de Dieu. Elle est veuve du sacré et s’invente des mystères de tireuse de cartes. Lorsqu’il parle de Dieu , c’est un dieu qui part en croisade, libère Jérusalem, châtie les médiocres et non celui qui pardonne, qui écarte les bras pour mieux nous étreindre.

Violente charge contre la presse : Un de ces procès expéditifs qui se bâclent en un éditorial commandé. Les chroniqueurs sont les commissaires politiques du nouvel ordre mondial.

Il raconte l’histoire de ce jeune homme poursuivi pour avoir participé à une manifestation contre l’avortement.  Plusieurs CRS l’ont poursuivi jusque dans un immeuble où il s’était réfugié. Il a refusé d’obtempérer et a ouvert la fenêtre du palier, au dernier étage. Il s’est faufilé sur la corniche et a glissé. Il venait d’avoir 22 ans. Sa mort n’a pas ému un journaliste. Je me souviens très bien de cette anecdote ; cela doit faire plus de 10 ans. C’est à cause de cela que ma vision des médias et de la politique s’est radicalement transformé.

Ce roman est aussi celui d'une génération sacrifiée. « Nous sommes un paradoxe vivant, un plissement d'histoire, un noeud gordien, trop vieux pour avaler les couleuvres du modernisme épuré que nous préparent les thuriféraires du XXIe siècle et trop jeunes pour nous sentir coupables du passé. »

 

Ce que j’aime aussi dans ce livre, c’est son écriture fluide, ses phrases claires, courtes « Dans ce monde surveillé, je suis un passager clandestin. Je ne joue pas le jeu. Je ne joue pas. Je ne suis pas un animal social. Je suis l'esprit d'enfance entré en résistance. »

J’attends vraiment avec impatience son prochain roman car Laurent Rochut fait partie de ces belles surprises de ces dernières années.

Peine perdue , Laurent Rochut, Phébus

20:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature