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21/10/2006

16°salon de la revue

Au dernier (16°) salon de la revue à Paris,j’ai pu assister à  un interessant débat entre Vincent Peillon (Membre medium_ptsalon2006.jpgdu courant Nouveau parti socialiste)  et Paul Thibault animé par la revue Le Philosophoire  au demeurant excellente revue. Le thème : La philosophie aujourd'hui: entre sagesse individuelle et idéal politique   J’ai noté quelques propos interessants. 

 Vincent Peillon a abordé le problème de l’Europe dont le principal projet est l’élargissement comme on peut le lire dans les livres scolaires.Paul Thibault : « La France est le pays qui a le plus parié sur la politique. [...]La démocratie a toujours deux faces ;  les mauvais symptômes : obsession de corriger le passé, repentance, etc. L’acharnement contre le passé est passablement triste. » 

Peillon s’est insurgé  à propos de l’affaire Redeker contre le silence de l’Etat où  « pas même un responsable de mon parti » ne s’est prononcé.  «  Il y a une gêne française avec le statut de la religion. »

Paul Thibault  lui a répondu qu’à la fin de sa vie François Furet a dit : « la France est en déficit spirituelle » il voulait dire quelque chose qui assure une identité, un repère dans notre société. Aux Etats-Unis ce qui rassemble est  le nationalisme. 

Vincent Peillon tout cela est remplacé par la religion laïque l’école laïque mais elle est en crise.

Paul Thibault a dit une chose inquiétante concernant les élites qu’il connaît bien :  « les élites méprisent le peuple » 

Je suis plutôt venu pour découvrir des revues car je suis un passionné de revue mais j’en achète de moins en moins. Il y avait un stand consacré aux nouvelles revues. L’intérêt de  créer une nouvelle revue est de  faire place à des courants, à des idées qui ne sont pas ou peu représentés dans les circuits officiels sinon cela n’a aucun sens.  Je constate que l’on voit toujours les mêmes styles de revue . J’aime surtout lire de vieilles revues où les textes étaient très polémiques ; hélas aujourd’hui nous sommes à l’ère du consensus mou et feutré. Il faut des revues qui cherche à dire.

J’ai remarqué tout de même quelques revues intéressantes Bunker (Belle maquette, un ton original) et surtout La nuit, une publication des Éditions Sulliver qui doit paraître prochainement. J’ai pu en  lire les épreuves . On y retrouve des textes d’Irénée D. Lastelle dont j’avais pu lire l’étonnant et  le surprenant Le Scarabée, seuil nucléaire et dissolution , et aussi un texte inédit de Léon Bloy « La revanche de l’infâme » sur la voiture, la vitesse. Voici un extrait de la présentation de cette revue :

 « [...] Si le titre de cette revue fait écho en partie au célèbre Minuit dans le siècle de Victor Serge, il témoigne en outre d'une perte de connaissance et d'un étouffement que trop d'entre nous éprouvent : quand d'autres parlent en lieu et place de chacun, et quand l'écrasement puis le déni des sensations et du langage sous l'effet de l'ordre industriel-marchand conduisent au silence.

Nous avons donc voulu rompre la relative unilatéralité de notre travail d'éditeur en élaborant une revue destinée à réunir des voix la plupart du temps isolées, d'aujourd'hui et parfois même d'hier, et qui pourront être appelées, dans une tâche commune, à instruire une critique utile, centrale, d'une civilisation qui vacille au bord de l'abîme » 

15:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : littérature, revue

18/10/2006

Pourquoi nous sommes chrétiens, Didier Long

Quel parcours étonnant ce  Didier Long. Il  a passé dix années de silence  et de prière dans un monastère bénédictin . Artiste, plasticien, il est aujourd’hui chef d’entreprise , marié et père  de quatre enfants, 

 

  medium_didier-long.gifPour Didier Long, les pannes du désir, l’ angoisse, la perte du goût de l’existence, la dilution du lien social  et de l’envie de vivre ensemble, l’impression de ne plus faire partie de rien : tout cela caractérise l’acédie. L'ère du rien...cette maladie de l'âme qu'éprouvaient les moines partis vivre dans les déserts d'Egypte au IVème siècle. 

A travers sa propre expérience, il nous fait part de ses réflexions sur la crise de la société occidentale et s’interroge sur le lien entre  l’acédie et l’effacement du sacré. 

A toutes les époques, dans toutes les civilisations,  le sacré, le spirituel a fait partie du quotidien. C’est le religieux qui assurait la cohésion sociale. Cela permettait d’assurer une identité, un repère dans la société, un lien avec le passé. 

 Nous sommes maintenant à un point de rupture avec le sacré. Pourtant beaucoup des valeurs de notre société prennent racine dans le christianisme comme l’égalité qui « ne se trouve pas dans l’islam où la séparation entre les musulmans et les non-musulmans est radicale. » 

Pendant des millénaires, les religions ont été un « formidable moteur de civilisation ». Aujourd’hui, principalement en France, nous avons pris la triste habitude de dénigrer notre pays, de faire repentance.

« Nous avons honte de notre civilisation, nous ne sommes pas fiers d’en faire partie, et les tentatives pour créer  une civilisation à partir d’une identité européenne en dehors du christianisme sont tellement abstraites que personne n’est prêt à mourir pour cette nouvelle  patrie » Il n’est dons pas étonnant que l’islam soit en plein essor. « A long terme l’islam gagnera » grâce à la démographie de la population musulmane.

Il imagine alors 3 scénarios possibles : - soit nous deviendrons musulmans dans une démocratie islamique...qui n’a jamais existé.

-Soit il faudra faire face à un  affrontement violent à  une guerre civile.

-Soit, ce que tout le monde espère : « une rencontre pacifique de l’Occident et de l’islam ».

De toute façon l’Europe sera confronté à l’islam « La rencontre des civilisations risque de provoquer un choc que nous devons anticiper. »

 Nous sommes contraints de trouver un remède à la crise spirituelle que notre civilisation traverse.

 

Pourquoi nous sommes chrétiens, D. Long, Le Cherche-Midi

04/07/2006

Jean GABARD Le féminisme et ses dérives

Une réflexion intéressante sur la féminisation de la société et des dérives d'une idéologie féministe dominante  sans épouser les excès d’un pamphlet. Un sujet délicat car comme il le précise en quatrième de couverture « Oser critiquer un certain féminisme valait, il y a peu, d'être taxé de réactionnaire, mais aujourd'hui le sujet peut être traité sans oeillères. cet essai vient relancer le débat. » Pour l’auteur, cette idéologie a commencé à vraiment se manifester au XVème siècle. C’est à cette époque qu’on a eu les « premiers doutes sur le sacré qui fond(ait) le pouvoir patriarcal » Au XIX° siècle l’industrialisation avec la mécanisation a modifié la place de l’homme dans la société : sa force physique n’étant plus aussi indispensable. 

L’auteur brosse ainsi toutes ces évolutions qui ont permis le triomphe de la féminité et de l’idéologie féministe au 20 ème siècle. C’est aussi le début d’une « nouvelle pensée dominante » qui défends les dominés jusqu'à l'obsession. « Tout ce qui est opposé au grand en place, devient beau et bon. » D’ailleurs, nous entrons dans une société qui nie les différences des sexes et  qui  veut même supprimer toutes différences.

L’auteur se penche sur les religions qui ne sont pas d’un apport aussi négatives que ce que l’on nous asséne, elle permettent de distinguer le bien du mal ou tout du moins puisque maintenant ces mots semblent bannis du discours dominant, elles permettent de distinguer ce qui perturbe de ce qui permet de mieux vivre.

Jean Gabard ne s’arrête pas là : il fait de cette féminisation de  la société , l’indice d’une crise beaucoup plus grave : recherche du plaisir furtif, repli dans l’individualisme, manque d’aspiration collective, crise de l’éducation. 

  Dans nos sociétés occidentales l’autorité paternelle est de plus en plus mis à mal. Pourtant l’autorité peut être bénéfique pour l’enfant. Cela peut justement enrayer la violence et préserver l’harmonie.      

L’ouvrage de Jean Gabard, riche et exigeant, mais très accessible grâce à une écriture alerte, s’avère très stimulant pour le lecteur soucieux de mener une réflexion sur le bien commun et l’avenir de notre société. 

Jean GABARD « Le féminisme et ses dérives » Les Éditions de Paris

   

20:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature, féminisme

19/06/2006

Daniel Oster Rangements

medium_oster.2.gifEn exergue à ce livre Daniel Oster cite R. Barthes « Tout à coup, il m’est devenu indifférent de ne pas être moderne » Oster, hélas disparu se sent étranger à notre époque : votre conception du monde, je le sens bien m’exclut. 

Rangement est une sorte de journal intime mais pour lui un « vrai » journal « intime » serait constitué aux trois quarts de notations qui n’ont d’intérêt que pour soi (...). C’est plutôt un recueil de notes,  extraits de livres. Grand lecteur de journal intime : Bloy, Queneau, De Mann, Gide, Valéry, A.O. Banabooth, Léautaud, Eliade, Barthes, Barbey d’Aurevilly, Kierkegaard,etc, il nous fait part de ces réflexions sur ce genre littéraire. Le langage de l’intimité persuade d’emblée, échappe sur le champ à toute vérification, c’est la violence à l’état pur. Le plus despotique des discours vrais. 

En fait dans ce livre, ce sont presque uniquement des réflexions sur la littérature et Dieu ; d’ailleurs pour lui, tout cela est étroitement lié. Il y a deux sortes d ‘écrivains : ceux qui ont lu la Bible et qui ont lu Dante, les autres, (...). La littérature fut encore au XIX° l’ombre portée de l’Ecriture Sainte (...) Elle n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même, ombre d’une ombre.(...) L’idée même de Dieu les gêne, leur fait obstacle. Sans Dieu leur ego irait mieux, serait plus expansif, se dilaterait comme un gaz dans tout l’espace possible, enfin libre.

La littérature a ainsi évolué  A partir des années soixante on voit apparaître des écrivains non lettrés.  La critique ne s’en sort pas  mieux ; dans des émissions radiophoniques comme le  Masque et la plume  :  renvois  d’ascenseurs, aucune analyse, chacun tire en public les bénéfices de son pouvoir

09/06/2006

Renaud Camus, « Rannoch Moor - Journal 2003 »

La sortie d’un livre de Renaud Camus constitue pour moi un évènement. Elle devrait l’être aussi pour la critique littéraire mais hélas elle semble l’ignorer ;  pourtant Renaud Camus est certainement l’un des plus brillants styliste de notre époque. Mais de nos jours, une oeuvre est dite bonne ou mauvaise au regard de la morale, des valeurs de notre époque.  « Je déteste mon époque, j’ai horreur de la classe qui y occupe tous les emplois, je trouve l’état de la société intolérable et les valeurs qu’elle chérit le plus fort me soulèvent le cœur. Il aurait été bien étonnant que l’époque, la classe unique aux affaires et la société en place aillent me chercher pour me faire fête. » Hélas les critères de l’esthétique de la langue ne compte plus. De ses écrits on n’a seulement retenu une phrase sortie de son contexte et de plus amputée. 
 
Son journal est toujours aussi volumineux, aussi dense (814 pages) ;  il n’hésite pas à exposer les moindres détails de sa vie jusqu’aux pensées les plus intimes sans s’épargner. Et s’exposer à notre époque comme le fait Renaud Camus, c’est prendre un risque. Il aborde même les relations avec ses amis comme Finkielkraut et Pascal Sevran, ses problèmes d’argent, ses contrats avec ses éditeurs.

Cette année une large place est consacrée à son voyage en Ecosse,  d’où le titre Rannoch Moor emprunté à un coin d'une lande écossaise, où il nous fait découvrir ces jardins, villages, châteaux, maisons d’artistes, églises et ses souvenirs de jeunesse. Renaud Camus aime les vastes étendus parsemées de toute architecture qui puisse enlaidir le paysage.

Pour ceux qui ont l’intention de voyager en Ecosse, ce livre constitue assurément un bon guide certes très subjectif mais néanmoins très libre(L’index des nom de lieux que ce soit des hôtels, restaurant, châteaux, etc, est fort utile). Quelquefois ses considérations historiques sur ces lieux ressemble hélas trop à un guide historique.

Il nous fait part de  ses lectures :  Tocqueville mais aussi Hobbes, Sterne et Platon dans le texte original.

Ce qui est le plus intéressant dans ce livre ce sont toutes les réflexions sur la déliquescence de la société, la dégradation de langue et les mutations du vocabulaire. On n’ose plus nommer les choses, on ne peut plus dire toute vérité factuelle qui ne convient pas à l’idéologie dominante. Renaud Camus écrit dans une langue admirable ce qu’on ne peut  plus penser. 


 

Renaud Camus, « Rannoch Moor - Journal 2003 » (Ed. Fayard)

17:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

27/05/2006

Les mosquées de Roissy

Profité d’un passage à la bibliothèque d’Angers pour emprunter le  livre de Philippe de Villiers qui a fait sensation Les mosquées de Roissy (Albin Michel). C’est une chance de pouvoir lire gratuitement des livres dès leur sortie que l'on n'aurais jamais eu l'intention d'acheter.
 En fait le titre est trompeur ;  les révélations concernant  l’infiltration du grand aéroport international par des militants islamistes radicaux   n’occupent que quelques pages. C’est plutôt un document sur le danger de l’islamisation de la France.

Je pense qu’il existe  d’autres livres sur ce sujet beaucoup plus intéressants. Il profite de la difficulté qu’ont nos journalistes d’aborder ce thème : certains utilisent la religion, l’islam en particulier, pour mener une action explicitement dirigée contre les institutions de la République ou la culture occidentale au sens large.

Ce livre a été écrit bien trop rapidement : l’affaire Ilan Halimi et des faits datant de 2006 sont évoqués dans ce livre.  Des sites Internet, Rioufol et autres ont aussi abordé ce sujet plus sérieusement.  Est-ce à un homme politique de faire une telle enquête ? Il est vrai que des journalistes font aussi de la politique. Sous leur apparente objectivité ils délivrent un message très politique.

 
Hélas on ne peu que s’inquiéter de cette prolifération de livres qui n’ont rien de littéraire. D’ailleurs les émissions littéraires à la télévision n’invitent plus d’écrivains mais des journalistes, des hommes politiques... Dans le numéro du 20 mai de Télérama, il est plutôt reproché à Campus de ne pas respecter la parité :  « Au risque de radoter, pouvons- nous exprimer le fol espoir qu’un jour l’invité principal de Guillaume Durand soit une invitée ? » Même ce magazine soit-disant culturel ne s'inquiète plus de la disparition d'émissions vraiment littéraires.

15:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

03/05/2006

"Ils ont tué la télé publique" de Jean Robin

Le livre "Ils ont tué la télé publique" de Jean Robin vient de paraître.

"En 2005, les éditions Flammarion publiaient "Confessions d'un baby-Boomer"
de Thierry Ardisson. Au même moment, un jeune inconnu décidait de mener sa
propre enquête loin des spots de la promo du livre. Seul un travail de taupe
enfermé plusieurs mois dans des archives et bibliothèques pouvait permettre
la découverte des révélations qu'offrent la parution du livre choc de Jean
Robin. Il voit étrangement son enquête refusée par une vingtaine d'éditeurs
français, souvent sans même en avoir lu une seule ligne. Car le sujet est
tabou dans les milieux de l'édition, qui dépendent en grande partie des
faveurs de Thierry Ardisson et de ses copains pour écouler leur «
marchandise ». " 

Sur le site surlering , on peut y lire un entretien interessant avec l’auteur.  

Dans Libération, Daniel Schneidermann a consacré sa chronique du 28 avril à ce livre qui "brise les tabous" et qui est une "charge au canon contre les irresponsables télévisuels subventionnés par chacun d'entre nous", dont sa majesté Ardisson bien sûr.

21:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)