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16/11/2008

Gabriel Matzneff Vous avez dit métèque ?

Matzneff.jpgVous avez dit métèque ? un titre qui fait référence à l’obsession des origines de presque tous les médias français de droite comme de gauche comme lors de l'élection de Nicolas Sarkozy et du décès du cardinal Jean-Marie Lustiger. D’origine russe, il ne peut qu’être exaspéré par les crispations identitaires. Dans sa préface il s’indigne aussi  que les critiques littéraires ne s’intéressent qu’aux scènes d’amour  et non à la dimension spirituelle de ses livres. C’est étrange car c’est plutôt grâce à son oeuvre que je me suis intéressé à l’orthodoxie. Dans ce livre, les pages sur la religion, sur la spiritualité ou plutôt sur cette « dimension divine et sacrée de l’existence »  sont de toute beauté.

Si Dieu n’existe pas, tant pis pour lui. Même si rien de ce qu’enseigne l’Eglise ne s’avérait, je ne regretterais pas d’avoir crié « Christ est ressuscité ! » dans la nuit de Pâques, d’avoir donné le triple baiser de Pâques à mes  jolies voisines. La religion est un des éléments politique de mon existence, j’en aime la folie, j’en aime la sensualité, et même si elle n’était en définitive qu’une illusion, qu’un magique passe-temps, elle me donne tant de plaisir que j’aurais eu raison de vivre comme je vis. 

Il a réuni dans ce gros volume à la fois quelques textes inédits et des articles déjà publiés allant de Combat au Monde, en passant par la Nation française, le Figaro Magazine,  l’Idiot international...

On remarque que ses dernières chroniques ont été publiés uniquement sur son site http.www.matzneff.com . Elles n’ont malheureusement pu être publié dans une revue pourtant, elles sont d’une grande acuité, d’une rare liberté. Je crois que jamais aucune époque n’a écarté aussi vigoureusement l’exception, l’esprit libre. L'ensemble constitue un recueil riche grâce à la variété des sujets abordés : religion, littérature, politique. Ces textes politiques n'ont d'ailleurs pas tous été écrits récemment, loin de là, et pourtant ils ne sont pas démodés.

J’aime particulièrement ces textes consacrés à des écrivains qu’il me fait découvrir ou redécouvrir comme Drieu la Rochelle, Mauriac, Nimier, Berdiaeff, Byron, Boutang, Montherlant  ...

 

Ce qui constitue la richesse de ces textes, c’est son esprit anti-conformiste, son originalité et aussi la qualité de son  écriture, presque classique, d’une limpidité, d’une musicalité extraordinaire.  

 

Vous avez dit métèque ? de Gabriel Matzneff  La Table ronde, 416 pages, 21,50 €.

09:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

08/11/2008

Theodore J. Kaczynski “L’effondrement du système technologique”

Théodore Kaczinski surnommé "Unabomber", est emprisonné à perpétuité dans le Coloradopour avoir envoyé durant 18 ans plusieurs  colis piégés à des professeurs d'universités et à des informaticiens, blessant et causant la mort de plusieurs personnes qu'il jugeait responsables d'une évolution technologique destructrice pour l'humanité et la nature.

Il est aussi connu pour avoir réussi  à  faire publier son manifeste dans d’importants quotidiens américains et ce en échange de l'arrêt de ses attentats.

Ce manifeste a déjà été traduit et publié en France, hélas trop hâtivement comportant de nombreuses erreurs allant parfois jusqu’au contresens.

Il était donc nécessaire de réaliser une nouvelle traduction de  cet important texte. C’est ce que les  éditons Xenia ont réalisé en accord avec l’auteur lui-même, en l’enrichissant d’interview de celui -ci, de correspondances et d’autres textes parus dans diverses revues.

C’est une critique sans appel des principales tares de notre civilisation désenchantée que Théodore Kaczinski nous expose à travers un texte extrêmement dense et  néanmoins claire. Il n’épargne rien ni personne et surtout pas les gauchistes et même la gauche dans son ensemble car selon lui tous ces mouvements constituent « la principale ligne de défense de la société technologique contre la révolution ». Les  gauchistes ne font que développer et insuffler à la société le sentiment d'infériorité ( dévalorisation , haine de soi, haine de l’Occident, culpabilité, bassesse, lâcheté , paresse, etc.). Ils prétendent combattre les défauts des autres mais lorsque ces mêmes défauts se retrouvent dans leur propre camp, ils les excusent. D’ailleurs « les gauchistes des pays occidentaux ont rarement critiqué l’URSS avant l’effondrement du communisme.»

C’est bien sûr une critique radicale de l’extrême gauche , de tous ces activistes qui « parviennent à entretenir l’illusion qu’ils se rebellent contre le système » alors qu’ils « font seulement le boulot du système et il le font à leur place ». Le système leur procure « une liste de griefs standarts et stéréotypés  contre lesquels ils peuvent  se révolter : le racisme, l’homo phobie, la condition féminine, la misère.. »

 Unabomber précise que ces remarques sur le gauchisme proviennent des observations de la gauche américaine et ne peuvent peut-être pas s’appliquer à la gauche européenne. S’il savait qu’en France c’est encore pire !

Une des principales maladies de la société moderne est la sursocialisation, qui oblige à penser et agir comme la société l'exige. « La société actuelle s’efforce de nous socialiser à un degré jamais atteint par les sociétés précédentes » On nous explique ce que  nous devons manger, comment éduquer nos enfants, comment se comporter dans toutes les situations. Les hommes subissent dés le plus jeune age un tel bombardement intensif de bonne conscience qu’ils perdent leur défense immunitaire lors d’agressions de toutes sortes. Tout sentiment d’agressivité doit être rejeté . Mais hélas ce sentiment arrive un jour ou l’autre et cela provoque en lui une sensation de culpabilité, une démotivation, une dépréciation  de soi qui peut le faire  basculer à tout moment dans l’insatisfaction de soi, dans l'ennui dans la déprime.

Il donne sa propre analyse des problèmes sociaux sans tous les tabous qui accompagnent les sociologues , par exemple sur la démocratie : « La démocratie réclame une population disciplinée et docile » Dans certains pays cela ne marche pas où la discipline sociale fait défaut comme en Afrique et dans les pays arabes.

Analyse aussi intéressante sur la religion notamment chrétienne à propos de la tolérance qui est l’opposé d’une forte croyance lumineuse ; cela ne peut qu’entraîner un affaiblissement de la foi religieuse.

Il souligne la dégradation des rapports sociaux qu’il attribue à la société   technologique. Seuls les anciennes cultures pouvaient assurer des relations satisfaisantes entre les personnes. « Dans une certaine mesure, la décomposition des valeurs traditionnelles entraîne la dissolution des liens qui unissent les petits groupes humains » Cette dégradation est accentué par la  décomposition des petites communautés naturelles comme la famille et par le développement du nomadisme. De ce fait  nos relations et de nos comportements envers autrui sont régentés par un lacis de lois et de règlements qui se multiplient sans cesse. Unabomber est avant tout un écologiste radical. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Unabomber a mis en acte ses idées en vivant en presque autarcie dans sa  cabane du Montana.

Ainsi tous les maux de la crise moderne proviennent de l’évolution de la société technologique, la seule solution ne  consiste pas à la réformer mais à l’abattre complètement. S’il est bien sûr difficile de le suivre dans cette voie radicale, Unabomber  mérite l’attention car il propose une réflexion tonifiante sur les dangers de la société technologique.

unabomberez9.jpgL’effondrement du système technologique, les écrits complets de Theodore J. Kaczynski, éditions Xenia

Voir aussi http://www.unabomberbook.com/

 

01/11/2008

Les possédés :Soral, Nabe, Costes, James

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Les Possédés aura lieu le dimanche 23 novembre au Théâtre de la Main d’Or
(Paris) à 17 heures

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08/10/2008

La crise financière version Michel Houellebecq

Quand l'écrivain, qui publie « Ennemis publics » avec Bernard-Henri Lévy, pose ses mots sur l'actualité brûlante et sur la musique de Bertrand Burgalat...


podcast

31/08/2008

N'est pas bouddhiste qui veut

41pnlNriyBL__SL500_AA240_.jpgVoilà un petit livre assez passionnant qui permet d’approcher et de mieux comprendre la philosophie bouddhiste, philosophie et non religion comme l’explique l’auteur

 

 

Beaucoup aujourd'hui se réclament du bouddhisme sans en épouser vraiment la philosophie profonde. Contrairement à ce que l’on peut penser, les bouddhistes ne nient pas le bonheur, ne fuient pas la beauté et les plaisirs physiques. Alors que signifie vraiment être bouddhiste ?

Etre bouddhiste c’est accepter et pratiquer les" quatre sceaux " : toute chose composée est impermanente... Toute émotion est douleur... Aucune chose n'existe en et par elle-même... Le nirvana est au-delà des concepts... Toutes ces notions subtiles sont commentées et expliquées.

 Il note que « jusqu’à ce jour les bouddhistes ne sont jamais entrés en guerre contre d’autres religions et n’ont jamais par prosélytisme religieux ravagé des temples au nom du bouddha. » Ce qui est faux, d’ailleurs, Thomas Grimaux dans son livre Le livre noir des persécutions antichrétiennes a signalé que des extrémistes bouddhistes, au nom de la pureté de la race cinghalaise et de la suprématie du bouddhisme ont attaqué des églises catholiques. »  Au moins, on ne risque pas de reprocher à cet auteur d’être ambiguë, tiède ; Il défends ses convictions.

« On peut être roi, marchand, prostitué, junkie ou chef d’entreprise et accepter les quatre sceaux (...) Ce n’est pas parce que vous possédez moins qu’un autre que votre pureté morale et vos vertus sont supérieures : l’humilité peut être une forme d’hypocrisie »

C’est je crois un des éléments essentiels qui différencie les pays de tradition bouddhiste des pays de culture catholique où la richesse, le pouvoir sont des valeurs plutôt négatives. Dzongsar Jamyang Khyentse s’exprime sur la notion de liberté dans le bouddhisme ; le bouddha lui-même a dit : « Vous êtes votre propre maître » Pourtant c’est justement dans les pays de culture catholique que la liberté s’y est le mieux exprimée.

 

Ce livre donne un bon aperçu des fondements de la vue bouddhiste ; l’auteur ne veut surtout pas mettre les mêmes religions sur le même plan et se moque de ceux qui le font pour prouver leur tolérance. En cela il déconcertera peut-être les sympathisants du bouddhisme.

" N'est pas bouddhiste qui veut"de  Dzongsar Jamyang Khyentse Editions Nil

29/06/2008

La grande déculturation" de Renaud Camus

Autour du livre "La grande déculturation" de Renaud Camus, tel était le titre de l’émission Du grain à moudre du 25 juin avec Renaud Camus, Christophe Girard Adjoint au maire de Paris pour les questions culturelles et David Kessler Directeur de France Culture.

J’attendais avec impatience ce débat surtout après la lâche intervention de Frédéric Martel  sur France-Culture avant l’émission Répliques, (Soulignons la courageuse intervention dElisabeth Lévy sur Causeur) lâche car ce monsieur insulte Renaud Camus et Alain Finkielkraut sans qu’ils puissent se défendre et pour cause l’émission Répliques avait été enregistrée. Frédéric Martel dans un lamentable article retirée du site http://www.nonfiction.fr avait écrit « (...)Inutile de débattre, inutile de chroniquer. On ne discute plus avec Renaud Camus. On regrettera simplement que Fayard ait accepté de publier ce livre minuscule et minable. (...) »

Hélas ce débat ne fut pas très polémique puisque Renaud Camus était d’accord avec tout le monde, même Christophe Girard l’a présenté comme un sympathique anarchiste. Le très politiquement correct Frédéric Martel n'a pas dû en revenir.

07/06/2008

Thierry Marignac dans l'émission Derrière ta porte

Un grand moment de radio avec Thierry Marignac dans l'émission  Derrière ta porte ( uniquement sur Internet tous les mardis soirs).

2 heures passionnantes que seul l'internet peut procurer, les médias traditionnels étant trop formatés et donc sans intérêt.

 


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Noté quelques propos intéressants

« Quand un écrivain se met à écrire un roman à thèse, lorsqu’il veut prouver une idée, il devient mauvais la plupart du temps »

Entièrement d’accord avec lui lorsqu’il dit qu’il faut s’immerger dans le milieu sur lequel on écrit pour pouvoir écrire un roman qui s’approche le mieux de la réalité.

A évoqué son ami Edouard Limonov qui n’est plus politiquement correct actuellement et pourtant il a été soutenu par la gauche caviar auparavant.