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31/12/2009

Les éditeurs de presse en ligne se répartissent 20 millions d'euros d'aides

Selon Le Monde Plusieurs sites d'information pure players, c'est-à-dire existant uniquement sur Internet, vont bénéficier de subventions : c'est ainsi que Rue89 touchera 249 000 euros, Mediapart 200 000 euros ou encore Slate.fr 199 000 euros. Ces montants sont liés aux demandes formulées dans les dossiers déposés par les pure players, et non à l'audience ou au chiffre d'affaires des sites. Satellifax, lettre spécialisée dans l'audiovisuel, et Yagg, un site homosexuel, devraient également recevoir une aide.

Dans Le grain de sable j'avais déjà souligné qu' en France, tous les quotidiens français sont subventionnés avec l’argent des contribuables, par les gouvernements, qui s’en servent pour façonner l’opinion publique. La liberté le la presse est un vain mot, qui ne saurait plus tromper personne. 


 Excellent article de Narvic  Subventions à la presse en ligne : une trahison pour un plat de lentilles

Comme je l'avais déjà signalé Rue 89 n'est pas du tout  un média impertinent, il est l'allié du pouvoir, ce sont de faux impertinents.

Pas le temps d'en rajouter mais tout avait déjà été dit sur le grain de sable

17:59 Publié dans médias,, politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : médias, censure

28/06/2009

Michael Jackson est mort et je m’en fiche.

Les médias ne cessent de nous matraquer avec cette information de piètre importance. Ainsi ce que j’écrivais il y a de cela plus de 10 ans sur Le grain de sable  se confirme et même s’accélère Le contenu des média s'appauvrit, se désintègre dans l'éphémère, dans l'émotion pure, dans l'illusion et l'artificiel.  Un  Maurice G. Dantec  sur le Ring rend plutôt hommage à Paul Marchand

 Ce héros n'était pas une « icône » mondiale, son nom n'était connu que de ceux qui savent, il ne vouait aucune admiration particulière pour les parcs à enfants et son épiderme n'était sujet à aucune variation de couleur.

Il n'était « Roi » d'aucune « Pop », sinon celle rythmée par le tir des katiouschas et des fusils d'assaut.

La crise cardiaque fatale qui a emporté la superstar bionique de Berverly Hills a très vite focalisé l'attention du troupeau mondialisé sur une mort d'autant plus anecdotique qu'elle était à la hauteur, terriblement banale, de la vie qui l'avait précédée. Celle d'un produit de grande consommation. 

07/05/2009

20 000 € la leçon d’antiracisme

Comme je l’avais déjà écrit sur le grain de sable l’antiracisme est un marché très juteux.

La crise n’est pas encore importante, l’Etat français reverse toujours autant d’argent à  ces associations ;  pour celles-ci l'argent coule à flots. Par la même occasion, je vous invite à signer la pétition pour la suppression de la HALDE . Celle-ci n'est pas une association mais une Haute Autorité.

 

J'ai déjà à plusieurs reprises dénoncé les dérives de tous ceux qui gagnent de l'argent grâce à ce nouveau marché qu'est l'antiracisme.

Si vous voulez des preuves lisez la suite repris par Les Dernières Nouvelles d’Alsace

 

Les refus de Thuram

Adrien Zeller (président du Conseil régional d’Alsace) avait invité l’ex-footballeur Lilian Thuram, 142 sélections en équipe de France, membre du Haut-Conseil à l’intégration, connu pour ses engagements contre le racisme, à venir témoigner face à des lycéens, pour la clôture du Mois de l’Autre.

Thuram a répondu avec un tarif : 20 000 € pour une intervention d’une heure et demie. La Région a fait une nouvelle tentative en expliquant le sens de la démarche qu’elle mène auprès des jeunes, avec le rectorat, en faveur de la tolérance (…)

“On ne vit pas dans le même monde” a soupiré Zeller.

 

22:26 Publié dans médias, | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : antiracisme

10/12/2008

Les éoliennes, l'énergie de la colère

440121222-photo.gifTrès bon reportage sur France-Culture aujourd’hui dans l’émission Sur les docks   les Eoliennes, l’énergie de la colère, à  Antoigné, dans le Maine-et-Loire. Dans ce département où je réside on remarque de plus en plus d’éoliennes. D’après ce reportage cela  ne semblerait pas si efficace, de plus ce n’est pas très esthétique, mais cela rapporte beaucoup d’argent pour  certains. Qu’est-ce qu’on peut faire comme bêtise pour gagner de l’argent !

 

 

Ajout d'un courrier des lecteurs paru dans Ouest-France

Qui profitera de l'éolien ?

M. Gabriel -Bernard, ingénieur énergéticien, réagit à un article sur les éoliennes en mer : « Le vendeur d'éoliennes (étrangères) en vante les charmes, évidemment, il n'a pas dit ce qui se passe quand il n'y a pas ou peu de vent : du temps admis par les scientifiques. L'éolien ne peut être un outil industriel d'autant plus que sa production très instable perturbe les réseaux électriques.

Pour faire face aux intermittences du vent, les électriciens industriels devront construire une centrale thermique qui rejettera des fumées de CO2 : gaz à effet de serre !

Dans le cas de la France, dont seulement 5 % de la production électrique rejette du CO2, l'éolien est une stupidité :- économique (5,4 milliards d'euros par an ! Investissements démentiels...),- énergétique (on exporte déjà 15 % de notre courant et l'éolien industriel va dérégler nos réseaux),

- écologique (EDF sera obligée de démarrer des centrales thermiques, à flamme- rejetant du CO2 ! pour assurer la fourniture de courant, en raison de l'instabilité du vent).

C'est aussi une catastrophe pour nos paysages, le tourisme, les riverains. Qui profitera de l'éolien industriel ? Les promoteurs et fabricants (étrangers). Lisez le rapport Montaigne L'écologie la grande arnaque de C. Gérondeau. Ils savent de quoi ils parlent ».

21:32 Publié dans médias, | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : écologie

18/11/2008

Etranges sabotages SNCF

20081113autonomesinsideok.jpgSuite à l’affaire des sabotages des lignes SNCF on a pu lire dans les médias que les dix auteurs présumés seraient  membres d'un groupe d'ultra-gauche, et que l’un des théoriciens du groupe serait l’un des fondateurs de la revue  Tiqqun sous-titré "Organe conscient du parti Imaginaire "  Il se trouve que je possède les deux numéros de cette excellente revue. A les lire, cette prose serait plutôt proche des situationnistes même si le 2° numéro était beaucoup plus politique (celui-ci était sous-titré "Organe de liaison du parti Imaginaire ")  c'est sans doute cela qui a  étonné les journalistes peu habitués à ce genre de littérature. Thibault ISABEL  créateur du bulletin gratuit de réflexion mensuel Anaximandre (le dernier numéro  est une réflexion sur le statut de l’écriture, de l’érudition et de la pensée dans le monde moderne), me disait dans un de ces e-mails qu’il exprimait publiquement toute sa «  sympathie aux animateurs de la revue Tiqqun et du « Comité invisible ». Quoi qu’ils aient fait, et quelle qu’ait pu être la légitimité ou la pertinence de leurs actions, je tiens à rendre hommage à leur courage, leur intégrité et la rigueur qu’ils manifestent dans la mise en pratique de leurs idées. Le jour où tous les « délinquants » et les « terroristes » de la terre s’exprimeront dans une langue aussi sophistiquée que la leur, et développeront une pensée aussi subtile et élaborée, je suis persuadé que la civilisation humaine aura accompli un grand bond en avant… »

 

Cette revue osait citer Bloy ,Valéry, Jünger, Goethe, Arendt, et tant d’autres qui ont toute mon affection, elle prônait une critique radicale de cette société et percevait que « la distraction sous toutes ses formes deviendrait absolument vitale pour maintenir l’ordre social » Elle s’en prenait à ces pseudos rebelles et ont d’ailleurs «  rendu publique la première critique honnête Bourdivine ».

 

Jean-Yves Camus sur Rue 89 lui avait ressenti « Des textes aux relents d'extrême droite ». Il utilise une méthode très usité pour discréditer un mouvement ou une personne :  l’affubler du terme d’extrême droite.

Il avait repéré dans le passage suivant tiré du «  "L’Insurrection qui vient" un « "retour aux racines", voire "la terre et les morts", thèmes chers à l'écrivain d'extrême droite Maurice Barrès. »

 

Et de qui sont ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? La vérité, c’est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu’il résulte de cela, en même temps qu’une inédite disposition au tourisme, une indéniable souffrance. Notre histoire est celle des colonisations, des migrations, des guerres, des exils, de la destruction de tous les enracinements.

C’est l’histoire de tout ce qui a fait de nous des étrangers dans ce monde, des invités dans

notre propre famille. Nous avons été expropriés de notre langue par l’enseignement, de nos chansons par la variété, de nos chairs par la pornographie de masse, de notre ville par la police, de nos amis par le salariat.

 

 

Ce livre commence ainsi :

Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus. À ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui. Ceux qui prétendent détenir des solutions sont démentis dans l’heure. C’est une chose entendue que tout ne peut aller que de mal en pis. « Le futur n’a plus d’avenir » est la sagesse d’une époque qui en est arrivée, sous ses airs d’extrême normalité, au niveau de conscience des premiers punks.

La sphère de la représentation politique se clôt. De gauche à droite, c’est le même néant qui prend des poses de cador ou des airs de vierge, les mêmes têtes de gondole qui échangent leurs discours d’après les dernières trouvailles du service communication. Ceux qui votent encore donnent l’impression de n’avoir plus d’autre intention que de faire sauter les urnes à force de voter en pure protestation.

On commence à deviner que c’est en fait contre le vote lui-même que l’on continue de voter. Rien de ce qui se présente n’est, de loin, à la hauteur de la situation. Dans son silence même, la population semble infiniment plus adulte que tous les pantins qui se chamaillent pour la gouverner. N’importe quel « chibani » de Belleville est plus sage dans ses paroles qu’aucun de nos soi-disant dirigeants dans toutes leurs déclarations. Le couvercle de la marmite sociale se referme à triple cran tandis qu’à l’intérieur la pression ne cesse de monter. Parti d’Argentine, le spectre du Que se vayan todos ! commence à sérieusement hanter les têtes dirigeantes.

(...)L’impasse du présent, partout perceptible, est partout déniée. Jamais tant de psychologues, de sociologues et de littérateurs ne s’y seront employés, chacun dans son jargon spécial où la conclusion est spécialement manquante. Il suffit d’entendre les chants de l’époque, les bluettes de la « nouvelle chanson française » où la petite bourgeoisie dissèque ses états d’âme et les déclarations de guerre de la mafia d’Evry, pour savoir qu’une coexistence cessera bientôt, qu’une décision est proche. 

Ce texte est signé d’un nom de collectif imaginaire. Ses rédacteurs n’en sont pas les auteurs. Ils se sont contentés de mettre un peu d’ordre dans les lieux communs de l’époque, dans ce qui se murmure aux tables des bars, derrière la porte close des chambres à coucher. Ils n’ont fait que fixer les vérités nécessaires, celles dont le refoulement universel remplit les hôpitaux psychiatriques et les regards de peine. Ils se sont faits les scribes de la situation. C’est le privilège des circonstances radicales que la justesse y mène en bonne logique à la révolution. Il suffit de dire ce que l’on a sous les yeux et de ne pas éluder la conclusion.

Continuons avec d’autres extraits

(...) Qu’on ne nous parle plus de « la ville » et de « la campagne», et moins encore de leur antique opposition.

Ce qui s’étend autour de nous n’y ressemble ni de près ni de loin : c’est une nappe urbaine unique, sans forme et sans ordre, une zone désolée, indéfinie et illimitée, un continuum mondial d’hypercentres muséifiés et de parcs naturels, de grands ensembles et d’immenses exploitations agricoles, de zones industrielles et de lotissements, de gîtes ruraux et de bars branchés : la métropole.

Il y a bien eu la ville antique, la ville médiévale ou la ville moderne; il n’y a pas de ville métropolitaine.

La métropole veut la synthèse de tout le territoire. Tout y cohabite, pas tant géographiquement

que par le maillage de ses réseaux.

C’est justement parce qu’elle achève de disparaître que la ville est maintenant fétichisée, comme Histoire. Les manufactures lilloises deviennent des salles de spectacle, le centre bétonné du Havre est patrimoine de l’Unesco. À Pékin, les hutongs qui entourent la Cité interdite sont détruites, et l’on en reconstruit de fausses, un peu plus loin, à l’attention des curieux. À Troyes, on colle des façades à colombage sur des bâtiments en parpaing, un art du pastiche qui n’est pas sans évoquer lesoutiques style victorien de Disneyland Paris. Les centres historiques, longtemps sièges de la sédition, trouvent sagement leur place dans l’organigramme de la métropole. Ils y sont dévolus au tourisme et à la consommation ostentatoire. Ils sont les îlots de la féerie marchande, que l’on maintient par la foire et l’esthétique, par la force aussi. La mièvrerie étouffante des marchés de Noël se paye par toujours plus de vigiles et de patrouilles de municipaux. Le contrôle s’intègre à merveille au paysage de la marchandise, montrant à qui veut bien la voir sa face autoritaire. L’époque est au mélange, mélange de musiquettes, de matraques

télescopiques et de barbe à papa. Ce que ça suppose de surveillance policière, l’enchantement !

Ce goût de l’authentique-entre-guillemet, et du contrôle qui va avec, accompagne la petite bourgeoisie dans sa colonisation des quartiers populaires.

Poussée hors des hypercentres, elle vient chercher là une « vie de quartier » que jamais elle ne trouverait parmi les maisons Phénix. Et en chassant les pauvres, les voitures et les immigrés, en faisant place nette, en extirpant les microbes, elle pulvérise cela même qu’elle était venue chercher.

Sur une affiche municipale, un agent de nettoyage tend la main à un gardien de la paix ; un slogan : «Montauban, ville propre ».

 

(...)L’écologie, c’est la découverte de l’année. Depuis trente ans, qu’on laissait ça aux Verts, qu’on en riait grassement le dimanche, pour prendre l’air concerné le lundi. Et voilà qu’elle nous rattrape.

Qu’elle envahit les ondes comme un tube en été, parce qu’il fait vingt degrés en décembre.

Un quart des espèces de poissons a disparu des océans. Le reste n’en a plus pour longtemps.

Alerte de grippe aviaire: on promet d’abattre au vol les oiseaux migrateurs, par centaines de milliers.

Le taux de mercure dans le lait maternel est de dix fois supérieur au taux autorisé dans celui des vaches. Et ces lèvres qui gonflent quand je croque dans la pomme – elle venait pourtant du marché.

Les gestes les plus simples sont devenus toxiques. On meurt à trente-cinq ans « d’une longue maladie » que l’on gérera comme on a géré tout le reste. Il aurait fallu tirer les conclusions avant qu’elle ne nous mène là, au pavillon B du centre de soins palliatifs.

Il faut l’avouer : toute cette « catastrophe », dont on nous entretient si bruyamment, ne nous touche pas.(...)

 

L’Occident, aujourd’hui, c’est un GI qui fonce sur Falloudja à bord d’un char Abraham M1 en écoutant du hard rock à plein tube. C’est un touriste perdu au milieu des plaines de la Mongolie, moqué de tous et qui serre sa Carte Bleue comme son unique planche de salut. C’est un manager qui ne jure que par le jeu de go. C’est une jeune fille  qui cherche son bonheur parmi les fringues, les mecs et les crèmes hydratantes. C’est un militant suisse des droits de l’homme qui se rend aux quatre coins de la planète, solidaire de toutes les révoltes pourvu qu’elles soient défaites. C’est un Espagnol qui se fout pas mal de la liberté politique depuis qu’on lui a garanti la liberté sexuelle. C’est un amateur d’art qui offre à l’admiration médusée, et comme dernière expression de génie moderne, un siècle d’artistes qui, du surréalisme à l’actionisme viennois, rivalisent du crachat le mieux ajusté à la face de la civilisation. C’est enfin un cybernéticien qui a trouvé dans le bouddhisme une théorie réaliste de la conscience et un physicien des particules qui est allé chercher dans la métaphysique hindouiste l’inspiration de ses dernières trouvailles.

(...)Il n’y a pas de « choc des civilisations ». Ce qu’il y a, c’est une civilisation en état de mort clinique, sur laquelle on déploie tout un appareillage de survie artificielle, et qui répand dans l’atmosphère planétaire une pestilence caractéristique. À ce point, il n’y a pas une seule de ses « valeurs » à quoi elle arrive encore à croire en quelque façon, et toute affirmation lui fait l’effet d’un acte d’impudence, d’une provocation qu’il convient de dépecer, de déconstruire, et de ramener à l’état de doute.

L’impérialisme occidental, aujourd’hui, c’est celui du relativisme, du c’est ton « point de vue », c’est le petit regard en coin ou la protestation blessée contre tout ce qui est assez bête, assez primitif ou assez suffisant pour croire encore à quelque chose, pour affirmer quoi que ce soit. C’est ce dogmatisme du questionnement qui cligne d’un oeil complice dans toute l’intelligentsia universitaire et littéraire. Aucune critique n’est trop radicale parmi les intelligences postmodernistes, tant qu’elle enveloppe un néant de certitude. Le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd’hui dans toute affirmation qui ne tremble pas. (...)

Bien entendu, l’impérialisme du relatif trouve dans n’importe quel dogmatisme vide, dans n’importe quel marxisme-léninisme, n’importe quel salafisme, dans n’importe quel néo-nazisme, un adversaire à sa mesure : quelqu’un qui, comme les Occidentaux, confond affirmation et provocation. (...)

18:16 Publié dans Livre, médias, | Lien permanent | Commentaires (9)

08/11/2008

Audio Abourayan " Pas de paix sans justice"

A propos de l'élection de Barack Obama : une voix dissonante, étant entendu que je ne le suis pas quant à ses propos sur l'islam .

La république des humoristes par Jean Robin

Nous avons progressivement changé d’ère, sans nous en être rendus compte. Les médias, les politiques, la science, tout change de plus en plus vite. Mais un changement n’a pas fait la une ces derniers temps, alors qu’il est symptomatique d’un changement profond de notre démocratie totalitaire. Ce changement c’est celui qui voit le déclin des publicitaires, et la montée en puissance des humoristes. Lorsque j’écrivais mon livre sur la télévision publique[1], en 2005-2006, je constatais que le pouvoir télévisuel était dans les mains des publicitaires, à commencer par Thierry Ardisson et Jean-Luc Delarue, deux anciens publicitaires alors au sommet de leur gloire. Puis ils furent remplacés tous deux, l’un partant sur une chaîne cryptée, l’autre passant à un horaire plus confidentiel. Et Ardisson fut remplacé par un humoriste, qu’il avait lui-même formé et produit, à savoir Laurent Ruquier. Tout un symbole que ce changement-là.

En effet on se demandait déjà comment un publicitaire pouvait interviewer des écrivains, des hommes politiques ou encore des scientifiques. Et on avait vu le résultat catastrophique que cela donnait. Mais en passant la main à l’humoriste, on descendait encore d’un cran, là où il n’y en avait apparemment plus. Pourtant, Ruquier est loin d’être l’exception, il est la règle : Philippe Val, Bruno Gaccio, Dieudonné, Christophe Alévêque, Guy Bedos, Jean-Marie Bigard, pour ne nommer que ceux qui défraient le plus la chronique, sont autant de « comiques » à qui les médias ont donné une légitimité pour parler de politique, qu’elle soit nationale ou internationale.

On nous dira qu’ils marchent dans les pas de Coluche, qui s‘était présenté à l’élection présidentielle de 1981 et dont un (mauvais) film récent retrace le parcours. Mais la nouveauté vient du fait qu’à l’époque Coluche était considéré comme l’exception, alors qu’il représente aujourd’hui la règle. Quand le discours dominant passe du politique à l’humour politique, il y a de quoi s’inquiéter, car rien n’est pire que l’humour qui se prend au sérieux. Parole politique décrédibilisée, voire délégitimée, cohabite désormais avec la parole people ultra-médiatisée, donc ultra-légitimée. Le fond n’importe plus, seul compte la forme.

Pourquoi accorder tant d’importance aux déclarations politiques d’humoristes ? La responsabilité des médias est une fois de plus écrasante dans cette fuite en avant vers le néant politique. Confiez une émission à Ruquier, et étonnez-vous par la suite qu’il annonce à tort la mort d’un présentateur de la même chaîne[2], ou qu’il laisse un autre humoriste[3] déblatérer les inepties qu’il a entendues sur Internet à propos du 11 septembre. Il n’y a pas à s’étonner, tout cela est dans la logique des choses. De même qu’il est dans la logique des choses que Ségolène Royal soit photographiée en compagnie de Bruno Gaccio, fondateur et animateur historique des Guignols de l’info, et que leur relation semble plus que platonique. Ségolène Royal ayant terminé à quelques voies de la Présidence de la République, et espérant bien remettre ça, imaginez-vous, en 2012, Bruno Gaccio comme future 1ère dame de France ! Nous n’en sommes pas si loin que cela finalement.

Notre société d’ultra-consommation a besoin de cette union sacrée entre le sérieux et l’humour, entre la réflexion et le bon mot, entre le roi et son bouffon. Auparavant, les hommes politiques étaient leurs propres bouffons : un De Gaulle faisait montre en privé d’un humour ravageur, fin, et fort à propos. A un quidam qui lui présentait son épouse en proclamant « Voici ma femme, mon général. C’est une vraie gaulliste », il répondit, désabusé, « La mienne, cela dépend des jours ». Un Sarkozy ou une Ségolène Royal en sont totalement incapables, sauf quand ils font des gaffes. Or ce manque de légèreté est devenu criminel dans notre société de loisirs, et tout comme Ardisson (l’homme en noir qui n’a pas d’humour) était toujours accompagné d’un humoriste (Ruquier d’abord, Baffie ensuite), les politiques ne peuvent plus se passer de leurs humoristes-people.

Voyez Jean-Marie Bigard accompagner Nicolas Sarkozy, Président de la République Française faut-il le rappeler, pour rencontrer sa sainteté le Pape en personne, et lui baiser la main solennellement ! D’habitude le mot « baiser » a une toute autre connotation dans la bouche du souverain humoriste… Mais voilà, lui a rempli le Stade de France, ce dont Sarkozy est totalement incapable. Vous trouvez cela excessif, que notre Président emmène en voyage officiel et donc aux frais du contribuable un des hommes les plus vulgaires de France ? Regardez un peu dans le marc de café, et projetez-vous 10 ans, peut-être même 5 ans seulement dans l’avenir, en suivant la campagne électorale américaine.

C’est bien connu, ce qui arrive aux USA une année se produit en Europe quelques années plus tard. Ils avaient 70 chaînes de télé en 1975, nous en avons eu autant trente ans plus tard. Ils étaient 20% d’obèses en 1995, nous sommes en passe d’en avoir autant chez nous. Et par conséquent quand nous voyons les deux principaux candidats à la présidence américaine prononcer un discours à vocation humoristique[4], ou bien s’auto-parodier dans des émissions à grande écoute[5], vous pouvez être certains que cela va bientôt débarquer en France. Il deviendra même sans doute choquant qu’un homme ou une femme politique qui prétendra aux plus hautes responsabilités chez nous ne participe pas à ce genre de manifestations grotesques, car cela démontrera le manque d’auto-dérision des candidats en question. Il faut bien reconnaître que cela fait partie des qualités cardinales d’un Président de la République.

Dès lors comment prendre encore au sérieux la parole publique ? Avoir une parole est-elle une expression qui fait sens ? Le bon mot ne vaut-il pas déjà mieux que le mot vrai ? Nos médias, qui nous ont habitué depuis bien des années aux petites phrases, seront-ils un jour en mesure de revenir en arrière, de revenir au fond des choses ? Difficile à croire, vu que les politiques ont déjà pris le pli et construisent désormais leurs discours sur quelques petites phrases dont ils savent qu’elles resteront, et pas le reste du discours.

Pas étonnant que les humoristes aient le beau rôle dans cette histoire : leur métier consiste à produire des bons mots, quel qu’en soit le sens. Et poussée par les médias, l’opinion publique a tôt fait de conférer à ces humoristes l’importance de personnalités appartenant à l’élite de la nation. Bigard sur le 11 septembre : scandaleux ! Dieudonné sur Israël : monstrueux ! Philippe Val publie les caricatures de Mahomet : formidable !

Qui sait que Philippe Val, avant de devenir directeur de Charlie Hebdo, était un chansonnier, qui a arrêté ses études à 17 ans ? Celui qui est souvent invité plusieurs fois par semaine dans les plus grands médias hexagonaux, pour parler de politique, n’a même pas son bac ! Mais il se prononce sur tous types de sujets, de l’islamisme à la liberté d’expression en passant par la laïcité et le libéralisme. Et jamais son authentique métier, sa réelle formation, sa seule légitimité, humoriste, n’est rappelé dans les portraits tous plus laudateurs les uns que les autres qui sont faits de lui. Au contraire, on le laisse déblatérer ses idées reçues et ses obsessions (notamment sur les islamistes et les antisémites qui sont partout) et jamais on ne remet en cause sa légitimité pour parler de ces choses.

Parce que l’humoriste a désormais tous les droits, y compris celui d’être le roi dont les politiques sont devenus les bouffons. Mieux vaut en rire.

 

 



[1] Ils ont tué la télé publique, editions du journalisme continu, avril 2006

[2] Pascal Sevran en l’occurrence

[3] Jean-Marie Bigard en l’occurrence

[4] Le fameux dîner Al Smith

[5] Notamment au Saturday Night Live, ou au DailyShow de John Stewart

 

 

Jean Robin est fondateur des éditions Tatamis qui viennent de sortir 2 nouveaux livres.