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06/08/2009

Le dernier dimanche de Gaspard-Marie Janvier

arton12243-69068.jpgJe consacre dorénavant un peu plus particulièrement ce blog aux journaux intimes, carnets ; ce livre-ci peut s’inscrire dans cette catégorie car  Plutôt que d’aller faire ses courses comme chaque dimanche au centre commercial, un homme rendu à sa solitude par son divorce décide d’aller à la messe. Pendant un an, ce sceptique formé à la discipline la plus cartésienne ne manque pas ce rendez-vous hebdomadaire. Au retour, il note dans un journal ses réflexions, ses réactions et ses émotions. Ce qui s’annonçait comme la simple chronique d’un dimanche de plus en plus menacé par le prosélytisme commercial se transforme en une belle aventure, en un grand roman spirituel et charnel. Une conversion qui ne sera pas celle que l’on croit.

 

Voici quelques citations que j’ai choisis.

La question est là comment dire non chaque soir- non  à la télévision , non  à la consommation, non  à l’économie (...) sans tomber dans un militantisme vaniteux, tapageur et sommaire ? L’Eglise en cette entrée de Carême répond : à l’écran par la prière ;à la consommation par le jeûne ; à la démesure économique par l’aumône. 

Il nous livre ces observations sur cette société de consommation qui nous oblige à acheter en « rendant les anciens modèles non compatibles avec les nouveaux, de sorte que des tonnes de matériels sont parties remplir les décharges et les greniers », sur cette société de loisirs qui  nous fait à chaque fois le coup du touriste qui ne prétend pas être comme les autres touristes, sur ce mot magique qu’est « l’humanitaire »

L’auteur n’allume pas trop tôt son poste de radio le dimanche afin d’éviter les sentences tartinées des évangélistes. Je lui conseillerai de se lever encore plus tôt pour écouter les orthodoxes , c’est profondément spirituel.

 

Laurent Dandrieu dans une vibrante critique parue dans Valeurs Actuelles avait écrit que c’était une chronique aussi vivante que brillamment écrite, où se mêlent l’humour et la mystique, l’enthousiasme et le désarroi, la splendeur du vrai et la médiocrité(...)

04/08/2009

Vernet Joël Le regard du coeur ouvert Des carnets 1978-2002

resize.php?ref=9782844181770&type=1&w=250&h=250&r=0.4&s=0.6Parution du journal ou plutôt des carnets 1978-2002 de Joël Vernet ;  d’ailleurs il le précise bien en quatrième de couverture

 

A nos yeux, le Journal authentique n’existe pas ou à de très rares exceptions, la plupart posthumes. Il n’est le plus souvent qu’accompagnement d’une œuvre ou bribes sauvées à travers les jours lorsque l’écriture s’avère impossible. Il ne peut témoigner d’une extraordinaire authenticité ou d’un pitoyable mensonge. Il est, comme toutes les pages, soumis à réécriture immédiate ou différée. Le Journal ment et révèle, tente un tant soit peu de suspendre le temps dans l’acrobatie des dates, des heures et des jours. Le journal est toujours le Livre par défaut, celui qui marque l’impuissance de l’écrivain à trouver l’élan de l’épopée, du récit ou du poème. Ou alors soumis à d’autres arrières-pensées, même si l’auteur s’en défend.

 

Fidèle lecteur du journal de Renaud Camus, je sens qu’il ne ment pas dans son journal et c’est ce qu’on lui reproche. Je pense qu'il en est de même pour d'autres diaristes. Souvent ils osent exposer leurs mauvaises pensées, se décrire sous un mauvais jour.

 

Sur le site de la Part Commune vous pouvez découvrir le début de ce livre

J’ai eu l’occasion de lire de cet auteur « le désert où la route prend fin », j’avais aimé la poésie qui se dégageait de celui-ci.

03/08/2009

Jean-Charles Pichon , Reliefs

Feuilleté le dernier Spectacle du monde et évidemment commencé la lecture par la page Culture. Remarqué la critique de  Reliefs de Jean-Charles Pichon sous la plume de Michel Marmin

 

 

EAN9782846082440_CouvReliefsW.jpgUne lueur paraît dans la nuit de l’histoire de la littérature française contemporaine… Grâce à la persévérance et, il faut bien le dire, l’abnégation des éditions Edite, l’œuvre gigantesque de Jean-Charles Pichon (1990-2006) sort de l’oubli. Le lecteur va découvrir un prosateur français comme on n’en avait vu guère depuis Nerval, c’est-à-dire à la fois concret et inspiré. Or, cette œuvre est d’une originalité et d’une profondeur vertigineuses. Dans ses écrits autobiographiques, qui évoquent irrésistiblement le Rousseau des Confessions, dans ses romans, dans ses poèmes dont les plus beaux ne sont pas indignes de Maurice Scève ou de Mallarmé, dans ses passionnants essais d’exégèse mythologique, ésotérique ou historique (son Saint Néron a fait date), Pichon a conçu progressivement une vision cyclique et prophétique de l’univers, fondée sur le principe de complémentarité des contraires : ce qu’il appelle la «machine », le concept s’appliquant aussi aux grandes créations de l’esprit qui en sont l’image et la clé, notamment ces « machines » littéraires que sont, par exemple, les œuvres de Rabelais ou de Kafka. La lecture de Reliefs, un journal inédit rédigé au soir de sa vie, permet d’avoir une parfaite illustration de la méthode de Pichon. De l’introspection autobiographique à la formulation mathématique, de l’intuition à la raison, le lecteur verra, en effet, comment prend forme la « machine », avec des digressions fulgurantes sur Edgar Poe, double spectral de l’auteur, et sur Heidegger.

 

 

"Toute civilisation matérialiste présente les caractères suivants : la peur de la mort et le triomphe du médecin, la peur de manquer et une consommation accrue, la peur de l'immobilité et l'avènement de la vitesse, la peur de la nuit et le culte de la lumière." Jean-Charles Pichon

 

"Je n'ai rien écrit de personnel depuis 1980 (La Terrasse du Dôme). Depuis la mort de ma mère, rien n'était venu troubler la retraite paysanne où nous vivions, Geneviève, sa soeur Hélène et moi. Mais, en avril, Hélène est morte; le mois suivant, un voyage d'une quinzaine de jours nous a menés à travers la France, de Nantes à Limoges, d'Eymoutiers à Cognac, de Nîmes aux Saintes-Maries-de-la-Mer, chez nos filles, leurs enfants et leurs amis. Puisque, enfin, quelque chose s'était passé, j'avais de nouveau quelque chose à dire... que ce journal ne dit pas, car il n'y est question ni de la mort d'Hélène ni du voyage. Mais la mort et les chemins y sont partout présents. ... J'interromps très vite mes journaux, entrepris trop tard ou comme dans l'attente d'un événement qui ne se produit jamais pendant leur écriture. Comme si l'oeuvre, en effet, interdisait la vie. Celui-ci doit être le dizième - ou le douzième - mais la plus grande part en a disparu, perdue dans un déménagement, une fuite, ou, passée dans un roman, un conte, une autobiographie, qui en récupérait le meilleur. ...Si je le dis le dernier, c'est que la mort approche, que la fatigue s'alourdit, que la souffrance gagne, que je me sens vraiment vieux, à ce point qu'un escalier fait peur, le soleil fuir... Ce journal, je l'intitulerai : Reliefs et m'en expliquerai peut-être au terme, bien que, déjà, la partie achevée explicite assez clairement le mot. Il se compose de quelques récits, de méditations inachevées, de certitudes contredites et de références littéraires, nombreuses, à l'Œuvre de Poe et au dernier ouvrage de Martin Heidegger, ainsi que des traces, à peine esquissées, de deux séjours imbriqués, à l'île de Ré et à Saintes."

22/07/2009

Marcello Duarte Mathias A contre-jour (journal 1962-2008)

Lu la critique de ce journal sous la plume d’Alfred Eibel dans le Valeurs Actuelles du 16 juillet ; la page culture de ce magazine est particulièrement intéressante, on peut y lire des critiques de livres non-conformistes et souvent censurés par les autres médias.

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Né à Lisbonne en 1938 ce diplomate de carrière a occupé des postes à New York, Bruxelles,New Delhi, Buenos Aires. Depuis un demi-siècle il tient un journal intime. Ce volume offre aux lecteurs français les pages les plus significatives sélectionnées par l’auteur. La grande question posée ici est celle de l’identité. Qui je fus. Qui je suis. Ne pas passer à côté du temps qui file. Revoir ce qui a été vu, raccorder ses impressions d’hier et d’aujourd’hui, des villes hantées, des rues arpentées. Ne pas juger, révéler l’évidence, étiqueter les rencontres, appartenir au décor dans lequel on évolue; rendre avec plus de clarté chaque pays où l’on se trouve, car partout où l’on va on est spectateur d’une représentation. Néanmoins il faut s’insérer tant bien que mal, se demander ce que valent nos souvenirs. L’écrivain veut transformer les mots en réalités. C’est une des qualités majeures de ce journal de ne pas s’attarder sur les événements passés en revue. Marcello Duarte Mathias a l’esprit aphoristique. Il ne cesse de se poser des questions, cerne avec justesse quelques écrivains fanfarons ou quelques hommes politiques caméléons, rejoignant ainsi Malaparte.

21/07/2009

Marcel Conche Diversités Journal étrange IV

J’aime lire les journaux intimes des écrivains, j’ai donc feuilleté celui-ci édité dans la collection Encre marine en  grand format avec des pages non coupés, une belle typographie, un bel objet.

Dans son avant-propos, au dos du livre  et sur le site d’Encre Marine , on peut lire ceci :
Ce quatrième tome de mon
Journal est, comme les précédents, « étrange », en ce sens que je n'y relate pas ce qui m'arrive « au jour le jour », mais seulement ce qui me vient à l’esprit de façon imprévue et non préparée – et qui, la plupart du temps, m’entraîne fort loin de mes occupations du jour. Je vais à l’aventure, accueillant tout, dès lors que j’y trouve quelque trait piquant. C’est le vagabondage de mes pensées. Des observations sur des poètes, des écrivains, des Philosophes (d’Épicure à Clément Rosset) voisinent avec des réflexions sur des problèmes de métaphysique, de morale, d’éthique, de politique avec des échanges épistolaires et les lettres mêmes d’amis ou d’amies (Élodie, Julie, Émilie, Marilyne…). – Il y a toutefois une différence entre ce volume et les précédents. La suite des chapitres n’y est pas gouvernée par le seul hasard des pensées. L’on y trouve, en filigrane, une orientation, et c’est une orientation vers Émilie – qui d’ailleurs donnera son titre au tome V : Émilie. Journal étrange V..

 

En feuilletant son journal je m’aperçois que ce philosophe tient des propos que tout intellectuel ou tout homme médiatique doit assener ; ainsi Au nom de l'éducation et de l'instruction, il avoue de l'indulgence pour les régimes non démocratiques qui en font des priorités. Il juge que le capitalisme est un «scandale humain» et «une catastrophe planétaire», il parle  du racisme de «Tintin au Congo» , des communistes auxquels il donna sa voix à l'élection présidentielle au prétexte qu'ils étaient les seuls à demander la régularisation des sans-papiers.

 

L’autre soir lors d’un concert gratuit, très fréquent à Angers , le groupe Zel (sur le plan musical un des meilleurs  groupes angevins) tenait les mêmes propos. Le chanteur a profité de son  pouvoir sur la scène pour demander à ceux qui n’était pas d’accord avec cette société de lever la main. Je sentais l’esbroufe. Evidemment la plupart des spectateurs se sont sentis obligés de lever leur main. Et ainsi ce groupe a pu chanter une ode aux sans papiers . La solution, selon ce groupe, de tous nos problèmes serait de libérer les frontières . Un programme politique bien vide.

 

 

Les Carnets d'un vaincu de Nicolas Gomez Davila

Excellente critique lu sous la plume de Pierre Poucet dans le Ring à propos de Les Carnets d'un vaincu de Nicolas Gomez Davila.

J’ai eu l’occasion de lire ses deux précédents livres traduits en français dont les titres résument très bien sa pensée : Les horreurs de la démocratie et Le Réactionnaire authentique. Il a vraiment l’art de l’aphorisme.

Voici donc un petit extrait de cet article

 

"(...)

« L'idée improvisée brille et s'éteint ». Point à la ligne, aphorisme suivant : « Des catastrophes individuelles et sociales les plus graves, les victimes n'ont bien souvent pas conscience : les individus s'abêtissent et les sociétés s'avilissent inconsciemment ». Point... à la ligne... aphorisme suivant... « En réalité, seul vaut le fruit spontané de méditations oubliées ».... « Je ne comprends pas comment on peut être de gauche au sein du monde moderne où tout le monde est plus ou moins de gauche »...

(...)

Je disais réaction. Parce que c'est aussi indubitable que l'histoire des miettes : Gomez Davila est loin d'être de gauche, pour faire court. C'est un de ces réactionnaires de charme qui flirtent élégamment avec l'antimodernité, qui la connaissent, la pensent et la pratiquent. Tout tient en une phrase : « La racine de la pensée réactionnaire n'est pas sa défiance à l'égard de la raison mais sa défiance à l'égard de la volonté ». Gomez Davila sait de quoi il parle, n'a pas besoin d'une démonstration scientifique. Il assène (« Le terroriste est le petit-fils du libéral », une de mes favorites), frappe (« L'homme moderne n'est mû ni par l'amour, ni par la faim mais par la luxure et la gourmandise »), percute (« Rien ne devient plus rapidement obsolète que ce qui s'avère être le plus audacieusement moderne »). Le tout avec la force de l'arbitraire (« N'est intéressant que ce qui implique une transcendance »)."

 

 

Je n’irai pas plus loin ce sont ses aphorismes qui me semblent plus important ; j’en ai fait une petite sélection d’après ce que j’ai pu en lire de cet article :

 Le moderne croit vivre dans un pluralisme d'opinions tandis qu'il ne règne aujourd'hui qu'une unanimité asphyxiante.

 

 

L'histoire semble se réduire à deux périodes alternatives : soudaine expérience religieuse propageant l'avènement d'un modèle humain nouveau ; lent processus de démantèlement du modèle .

 

Je ne vivrais pas une fraction de seconde si je cessais de sentir la protection de l'existence de Dieu.  

 

 Je ne veux pas d'une sérénité stoïquement conquise mais d'une sérénité chrétiennement reçue.

 Au cours des siècles spirituellement désertiques, seul se rend compte que le siècle est en train de mourir de soif celui qui capte les eaux souterraines

 

 Le vaincu ne doit pas se consoler des possibles représailles de l'histoire, mais de l'excellence nue de sa cause 

 

 Critiquer un présent au nom d'un passé peut se révéler vain, mais l'avoir critiqué au nom d'un futur s'avère bien souvent ridicule lorsque ce futur survient 

 

 

 Le moderne n'a pas de vie intérieure : tout juste des conflits internes

 

La relativité du goût est l'excuse qu'adoptent les époques qui en sont dépourvues 

 

Si nous oublions momentanément la valeur dont il participe, l'objet se parcellise sans fin 

 

La civilisation perdure dans un pays tant qu'il lui reste des traces de coutumes aristocratiques.

 

Les fragments du passé qui survivent font honte au paysage moderne au sein duquel ils s'élèvent.

 

Appelons « rationalisme » l'attitude intellectuelle qui ne considère rationnel que ce qui participe à notre bien-être physique 

  

 

Dans Les horreurs de la démocratie un livre qui m’avait frappé par sa pensée, par ses propos clairs et vraiment non-conformistes,  on pouvait lire ceci Le réactionnaire est l’instigateur de cette insurrection radicale contre la société moderne que la gauche ne cesse de prôner, mais qu’elle élude avec soin dans ses farces révolutionnaires.

L’adhésion au communisme est le rite qui permet à l’intellectuel bourgeois d’exorciser sa mauvaise conscience sa abjurer sa condition de bourgeois.

Pour la défense de la liberté, il suffit d’un soldat ; l’égalité, pour s’imposer, a besoin d’un escadron de policiers.

 

 

18:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, aphorismes

18/07/2009

Orelsan : le coupable idéal

orelsan1.jpgOrelsan depuis quelques mois fait l'objet d'une violente polémique que seule la France peut connaître. Encore aujourd’hui, je continue à lire des inepties sous la plume de l’éditorialiste de mon canard local « Le courrier de l’Ouest »,  Yves Durand , qui s’étonne qu’un ministre de droite comme Frédéric Mitterrand puisse défendre ce rappeur alors que la gauche comme la communiste Buffet ou la socialiste Royal  le condamne. Il en conclue c’est le monde à l’envers. Si ce « journaliste » se renseignait il apprendrait que la gauche et notamment les communistes sont toujours les premiers à vouloir établir une censure. Dans le précédent journal ce Durand ne manquait d’ailleurs pas de toupet en critiquant le fonctionnement des médias et leur tendance à s’emballer.

Heureusement qu’il existe des journaux sérieux comme La Croix qui dés le 5 mai 2009 avait rétabli les faits, c’est d’ailleurs ce qu’on demande à un journaliste et celui-ci ne peut avoir l’excuse du manque de temps.

 Cette histoire m'est parvenue comme de loin et, la rumeur enflant, elle m'a peu à peu vraiment contrariée. Il s'agit d'un jeune rappeur normand qui se fait appeler Orelsan. Il a écrit une chanson parmi d'autres,dont je vous épargne le titre, et d'ailleurs aussi le refrain, les paroles, tout. Racontons seulement la trame : un garçon surprend sa copine dans les bras d'un autre et laisse éclater sa jalousie.La chanson a été écrite il y a deux ou trois ans, et parce qu'elle choquait par sa violence sans limites dirigée contre la jeune fille imaginaire, Orelsan a décidé de ne plus la chanter en public. Elle ne passe pas non plus à la radio,même sur les stations musicales, ne figure sur aucun CD.

Pour l'entendre, il faut le vouloir absolument et aller la chercher exprès sur Internet. Pourtant, malgré l'absence de désordre provoqué grâce à l'accumulation de ces précautions, des voix indignées se sont fait entendre, de plus en plus fort, et ont fini par rendre célèbre, une chanson qu’en gros personne ne connaissait  auparavant.J'ai toujours cru à l'importance des mots. Ils reflètent la pensée, qui n'a pas à se répandre n'importe où n'importe comment(...)

Tout le monde n'est pas fait pour affronter les mêmes émotions, les mêmes questionnements et Orelsan l'a bien compris en ne proposant le plus brutal de ses titres qu'à ceux qui voulaient vraiment l'entendre. Comment en vient-on à entendre des ministres et leaders politiques s'exprimer sur une absence de problème ? Qui crée du désordre autour de cette chanson, si ce n'est ceux qui la dénoncent? Comment le président du conseil général du Cher en vient-il à envisager de retirer purement et simplement sa subvention au festival du Printemps de Bourges si Orelsan s'y produit? Pour, finalement, arriver à une solution complètement alambiquée, en supprimant les 1500€ correspondant au cachet du rappeur, pour le punir en somme -et punir ceux qui le programment- Si ça ne suffit pas de ne pas chanter une chanson, de ne pas accrocher un tableau, de ne pas publier un livre afin de ne pas choquer, que faut-il faire? Ne plus penser?

 (...) Quant à ce qu'on peut entendre sur les radios dont les jeunes sont la cible, c'est souvent ahurissant de brutalité, de vulgarité, et de mépris envers les filles. Or, justement parce que son auteur y veille, personne ne tombera par hasard sur la chanson d'Orelsan, qu'on peut ne pas vouloir entendre et qui, je le pense moi aussi, n'a pas à être diffusée publiquement.

C'est tout de même dommage que ce soit justement de cette chanson-là qu'entre toutes, de belles âmes se soient crues obligées de s'émouvoir.

Dans le dernier numéro de la  revue Flash Soral s’interrogeait :C’est marrant de voir qu’une obscénité, selon qu’elle soit proférée par un blanc ou un noir ne soit pas assujettie au même traitement...(...)On trouve choquant qu’un blanc puisse être aussi con et vulgaire qu’un Noir ! Pourtant, en matière de mépris, de misogynie et de délinquance avérée, c’est quoi, Oreslan comparé à Doc Gynéco et Joey Starr ?

Les français s’intéressent de moins en moins aux élections mais si les hommes politiques s’occupaient vraiment des problèmes essentiels et non secondaires de la France il en serait tout autrement.

21:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique, censure