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07/01/2009

Mishima « Yûkoku, Rites d’amour et de mort »

3346030019894.jpgJ’avais pris connaissance de l’existence de ce film de Mishima grâce à ces quelques lignes parues dans le livre de Jean Perol Tôkyô « Mais un des souvenirs de Mishima qui reste pour moi lié de la manière la plus aiguë à Tokyo est la vision de son film, Yûkoku (Tourment du Pays ou/et Patriotisme) dans lequel Mishima tenait le premier rôle, et que j'ai vu dans une petite salle souterraine, détruite depuis, de Yurakucho, près de Ginza. Ce film m'avait alors paru si beau, si fort, que j'ai marché longtemps dans la nuit, le long des remparts du palais impérial pour cacher, sous l'obscurité des arbres, ces larmes qui s'entêtaient à revenir chaque fois que resurgissaient en moi de si récentes images, quelques-unes des plus insistantes. La nuit entière où j'avançais devenait elle-même cette encre de sang et d'amour, dans laquelle l'héroïne trempait le bas de son kimono pour tracer sur les tatamis, avant de se tuer elle-même, la large, souveraine et mortelle calligraphie de la passion. »

Yûkoku, l’unique réalisation de Mishima, produit en 1966 que l’on croyait disparu est ressorti au Japon grâce à une copie miraculeusement retrouvée en 2005.

Ce film prophétique (Yukio Mishima s'est suicidé en 1970) décrit de façon spectaculaire le seppuku d'un patriote japonais déshonoré, très efficace et minimaliste sur le plan  visuel est d'une pureté esthétique similaire à ces propres oeuvres écrites.

  Ce DVD est enrichi d’un passionnant entretien avec le journaliste français Jean-Claude Courdy malheureusement trop court où il s’exprime en français et en japonais sur l’homosexualité, la mort, le suicide, le mariage, la littérature, l’engagement,  Dali ... quelques extraits :   « Dali n’est jamais  ridicule, il est sublime . (...) Au Japon il faudrait qu’un révolutionnaire agisse sous le signe de la tradition. (...)»

Le livret de 32 pages  qui accompagne ce CD réalisé  par Stéphane Giocanti , auteur d’un passionnant roman Kamikaze d'été constitue un magnifique document sur la vie de cet écrivain et la réalisation de ce film.

J’en conviens : ce film pourra rebuter certains et pourtant il restera inoubliable de  part son intensité de ses scènes d’amour et de son extraordinaire seppuku.

Mishima , Yûkoku, Rites d’amour et de mort, Editions Montparnasse  

19:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, japon, mishima