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09/11/2006

Le coeur de la France

Interessant article paru sous la plume de Michel Volle à contre-courant du pessimisme ambiant intitulé le coeur de la France

Souvent les étrangers qui visitent la France s’étonnent : comment se fait-il, disent-ils naïvement, que dans ce pays « décadent » où les semaines de travail sont courtes alors que les grèves, les vacances et les repas sont si longs, dans ce pays où « rien ne marche », finalement, tout marche ? Que ces Français si « peu sérieux » soient, finalement, si efficaces ?

Il se peut que cette décadence dont on parle tant, que ce fameux manque de sérieux, ne soient que des couches superficielles qu'il faut décaper pour approcher la réalité. (...)

Mes clients cessent souvent d'écouter lorsque je dis qu'il convient d'être attentif à la qualité des rapports humains dans l'entreprise. Ils croient que le secret du succès réside dans la qualité de l'organisation ; elle y contribue, mais la meilleure des organisations n'aidera en rien si elle n'est pas animée par des personnes de bonne volonté.

Lorsque les spécialités se diversifient comme elles le font aujourd'hui, toujours tentées de se fermer l'une à l'autre, restaurer la capacité d'écoute est une pure question d'efficacité. Si au passage les rapports humains s'améliorent, tant mieux !

*     *

Mon admiration va donc à ces personnes fines et généreuses qui font marcher les choses sans faire de bruit et que j'appelle les « animateurs », ou encore les « vertébrés » : elles apportent à l'entreprise son style, sa personnalité, son âme enfin. Je crois que c'est grâce à elles que notre pays fonctionne ; on les connaît mal parce qu'elles sont discrètes et que leur mode d'action est subtil.

J'an ai rencontré à tous les niveaux de la hiérarchie. Je me rappelle une secrétaire dans un ministère, un vendeur dans un grand magasin, un plâtrier, une dame qui fait tourner les services administratifs d’une université, un facteur, une jeune femme qui s’occupe des vieux dans une maison de retraite, un directeur d'agence à l'ANPE, un informaticien à Air France, un couturier, un artisan chocolatier etc.

Indiquons un ordre de grandeur : la part des animateurs dans la population active me semble être de l'ordre de 10 à 20 % . Cette élite est donc à la fois minoritaire et relativement nombreuse. Je voudrais esquisser ici son portrait.

*     *

Les animateurs sont des personnes modestes et, le plus souvent, peu conscientes d’un rôle qu’elles remplissent avec un grand naturel. Alain Desrosières, à l’INSEE, diffusait avec une générosité infatigable des photocopies d’articles intéressants et mettait assidûment en contact ceux qui avaient des idées à échanger : pour lui cela allait de soi, mais il était le seul à agir ainsi.

L’animateur semble porter en lui une source, ou une force, qui le rend invulnérable à l’ennui comme aux contrariétés. Il aime « que les choses avancent », il cultive la simplicité dans les procédures comme dans son langage que ne pollue aucun anglicisme, aucune concession au politiquement correct. Il est souple mais sa colonne vertébrale est ferme. Il travaille sans bruit, avec un léger sourire, et j'ai vu que cela déconcertait les Allemands qui croient que sourire au travail, ce n’est pas seriös.

(...)

Peut-être l’animateur a-t-il interposé entre le monde et lui un filtre qui protège sa sensibilité. Il détourne son regard des tags qui souillent les murs, des architectures qui déshonorent le paysage, du débraillé des bons sentiments. La prétention des médias, l’agitation futile des milieux de l’édition, l’exhibitionnisme des technoparades et autres gay prides, l’étalage de la pornographie glissent sur lui sans l’atteindre.

Sa simplicité, qui agit sans paraître effleurer les choses, s’appuie sur une lucidité sans illusion : il voit nettement les prostitutions du carriérisme, les cuistreries, scélératesses et perversités, la corruption, la prédation. Mais plutôt que de perdre son temps à s’en indigner il les traite comme des obstacles à contourner.

Je vois dans cette sagesse la vraie richesse, la grande ressource de notre pays. (...)

19:31 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : société, politique

10/09/2006

Les Accroche Coeurs à Angers

medium_Angers-lavie-en-rose.jpgLa vie en rose, c’est le thème de ces derniers Accroches-Coeurs à  Angers , des spectacles de rue durant 4 jours. Dans le guide des programmes que la municipalité offre, on peut lire ceci : « La Ville d’Angers (...) consacre 17 % de son budget de fonctionnement à l’action culturelle. Cet engagement volontariste, accompagné d’une démarche de démocratisation, hisse la culture angevine au niveau national voire international. » Comme je l’avais écrit dans ma note précédente, la priorité de notre époque  est la fête.  On mobilise beaucoup d’argent pour la culture. Cela parait même étrange pour d’autres pays. Les japonais me disaient : « La France est un pays riche pour se permettre d’offrir en permanence des spectacles . »

 

 Les quartiers de la ville se retrouvent bariolées de rose avec des objets du plus bel effet (sacs en plastiques, papiers WC, slips, etc.). Les spectateurs sont invités à s’habiller en rose ; ce qui rends ridicule bon nombre d’entre eux.  Les organisateurs sillonne la ville en se présentant sous le nom du Parti du bonheur. Ils n’osent plus cacher leur véritable intention. Le monde d’Orwell n’est pas loin où le  parti unique et tyrannique contrôle les activités de chacun. Même nos loisirs commencent à être contrôlé. Le  pire est que  toute forme d’opposition est rendue impossible par la novlangue, ce nouveau langage que veut nous imposer des associations comme le MRAP. Comme je l’avais pressenti, les artistes en profitent pour faire de la politique ou peut-être qu’ ils sont obligés de remercier la municipalité socialiste de les avoir invité. Micmac Cie a commencé par des blagues contre Sarkozy. Avec lui, qui vole un oeuf sera en prison le 10.Ensuite ils se mirent à brailler «  Mettez vos bouteilles dans les sacs en plastiques verts, les armes dans le sac bleue et les noms des vermines gauchistes qui ... dans le sac rouge.  C’était un message de l’UMP et du MEDEF. » Le spectacle lamentable, quant à lui firent déguerpir nombres de spectateurs. Moi aussi je n’ai pu résister que quelques minutes.

 

Ensuite j’ai pu voir la Compagnie MAX et MAURICE . L’un avec son fouet coupait un journal que tenait son compère entre ses mains et ceci pendant plus d’un quart d’heure. A chaque fois qu’il réussissait, cette compagnie demandait au public s’il voulait qu’ils continuent. La foule répondait affirmativement à chaque fois ; cette compagnie recommençait donc.Cela devenait lassant.

  Le soir, je  suis allé  voir avec Alain et Stéphane où nous attendaient Joy et Benoît,  Circus Baobab,  « premier cirque acrobatique aérien d’Afrique de l’Ouest » Encore une fois avant que le spectacle commence nous avons eu droit à un discours sur les Sans-papiers de Cachan. Cette compagnie composée d’une vingtaine d’artistes jongleurs, trapézistes, danseurs et musiciens guinéens me semblait prometteur. Hélas le spectacle m’a tenu en haleine que 20 minutes. Ensuite pendant 3 quart d’heure, nous avons eu droit à  une série de roulades accompagné de tam-tam. Sans intérêt. Beaucoup ont senti qu’ils avaient très mal préparé  leur spectacle. J’avais envie de partir ; je n’était pas seul. Au milieu de cette foule cela semblait difficile. Certains ont tout de même réussi à quitter ce spectacle.